| Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne AirOne · 18 octobre 2011 à 19:45 · 285 photos 41 messages · 8 participants · 17 411 affichages | | | | 18 octobre 2011 à 19:45 · Modifié le 31 oct. 2011 à 14:57 Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne Message 1 de 41 · Page 1 de 3 · 13 988 affichages · Partager UNE BALADE EN AUSTRALIEC'est ça oui, une balade, une balade comme une autre, il y a tant de choses à faire dans ce pays qu'il vaut mieux l'envisager par petits bouts plutôt que de vouloir tout voir tout faire...ou alors il faut se donner 6 mois et 6 mois je ne peux pas, c'est trop tard, ou trop tôt pour pouvoir envisager des vacances aussi longues. J'y vais donc 3 ou 4 semaines à chaque fois. Cette fois ci on part pour 4; nous allons nous balader, je dis bien balader, c'est à dire qu'il n'est pas question de foncer d'un point à un autre l'angoisse au ventre en craignant par dessus tout de n'avoir pas TOUT vu. Si j'ai pas tout vu, je m'en fous : ça me donne une bonne raison de revenir, c'est tout... Alors on va faire comme d'hab', on va dans un coin, on se pose vraiment quelques jours, le temps que l'épicier ou le marchand de pinard du coin reconnaisse ma tronche (ben oui, Sabine et moi on aime bien prendre un petit verre de blanc le soir quand on est en vacances...parfois plusieurs même...faut dire qu' ils ont du bon vin là bas.). Et puis c'est qu'on est pas tous seuls, nous trimballons 2 minettes tout à fait charmantes, mais qui savent bien bien nous dire quand elles se font chier, c'est à dire quand on abuse des transferts. Seul contre 3 furies bien déterminées, je ne fais pas le poids : je m'incline. Grandeur et décadence du mâle européen. Je prépare donc le voyage comme d'habitude en utilisant au maximum internet pour me renseigner sur place, contacter les prestataires rechercher des accoms sympas, poser quelques questions sur les forums australiens ou francophones. La zone visée, c'est le Queensland d'où je dégage quelques endroits qui me semblent intéressants, j'en écarte d'autres déjà vus ou jugés trop fréquentés, donc peu fréquentables... Pas de Witsundays cette fois-ci, déjà visité, rien de plus à offrir que beaucoup d'îles d' Asie du Sud Est ou du pacifique et un peu trop fréquentées de surcroît. Pas non plus de Mission Beach, Hinchinbrook Island et Palm Island Group, je projetais très sérieusement de passer un bon bout de temps sur cette zone mais le cyclone Yasi a balayé mes espoirs de découvrir cette région cette fois ci. Quand la nature vous balance un signe de cet acabit, on ne discute pas : on s'incline. Respect... Ben oui, mais ça ne va pas du tout ça, puisque nous, ce qu'on voulait, c'est voir des casoars et Mission Beach est un coin très réputé pour ça ! Vous me direz, maintenant que le cyclone est passé, ils seront encore plus facile à voir les bestiaux ! ce à quoi je répondrais du tac au tac, oui, certes mais bon, quand même ! Et donc de Mission Beach point... Quid alors ? Quid quid quid ? Et bien le choix de la Daintree Rainforest s'imposait, c'est l'autre endroit où on en voit pas mal. Nous décidons également d'aller faire un tour, un vrai tour de plusieurs jours dans les Atherton Tablelands pour y approfondir ce qui n'avait été qu'effleuré jadis. Mais ça ne vous fait pas un mois tout ça... Nous nous mettons d'accord avec les copains de Sydney pour aller à Fraser Island qu'ils n'ont jamais visitée et que je n'ai visité qu'en trombe, c'est à dire sur 1 malheureuse journée (à éviter absolument), ce sera donc 4 jours de camping sur l'île pour nous, nos amis australiens ayant lâchement opté pour le Kingfisherbay resort. Si un peu de plongée ne nuit pas, trop de plongée peut gravement porter atteinte au portefeuille en cette contrée lointaine, aussi faut il savamment choisir ses spots. Je vais tanner les plongeurs locaux sur Diveoz et Scubaboard, je ressortirai de ces recherches Weboqueenslandaises 2 incontournables : Wolfrock et le Yongala. Les classiques croisières de 6 jours sur la grande barrière pour 4 étant très attrayantes jusqu'au moment où on tombe sur le prix : c'est là qu'on perd connaissance.
Et puis après tout ça, on ira passer 5 ou 6 jours à Melbourne chez les copains de plus bas et aux frais de la princesse. Héhé...
Et c'est donc par un petit matin blafard que le 777 d'Emirates nous débarque sans ménagement à l'aéroport de Brisbane. Et c'est là qu'on se pose des questions vu qu'on a encore pas pu s'empêcher de ramener des cadeaux aux copains. Bien sûr, un français qui fait des cadeaux c'est du parfum, du pinard ou de la bouffe. Le pinard ne pouvant pas supporter le voyage sans dommages, nous avons opté pour les 2 autres. On s'est dit, Ooooooooh, et puis merde ! ça va passer ! Même pas peur de leur sale clebs à la mormoal ! Et puis là, en récupérant les sacs, ben on fait moins les malins... on entend encore passer en boucle dans nos têtes la voix inquiétante du douanier du clip qui passe dans l'avion "...YOU- WILL-BE-FINE ! " Alors on se dégonfle et on va tout penauds voir le douanier côté "quelque chose à déclarer". Bien nous en a pris, de l'autre côté c'est la grosse file d'attente, le type tout à fait charmant regarde nos conserves et paquets de biscuits, fait un grand sourire et nous balance l'habituel " No worries" ! Et voilà, on passe devant la file des collègues passagers qui vident leurs sacs, on se retient de ne pas ricaner : on a de l'éducation. Ben dis donc, ça caille un poil non ? Ben oui, 7° affiché, on fonce vers la voiture de loc : pourvu qu'il y ait du chauffage ! Heureusement il fait très beau. J'attends que le TomTom se réveille avec la gueule de bois d'avoir à digérer l'énorme carte Australienne, lui qui ne prend qu'une petite carte de France de temps en temps...Ah ! ça y est : Cap au Nord vers Rainbow Beach.
Nous l'avons mis en anglais : " bare right" "left turn ahead" "take the motorway" "take the exit" " You've reach to your destination"...Arf, fatigant de reprendre 3h de conduite après 23h de voyage surtout quand en plus le volant est à droite, rien à faire : les premiers jours, on se rapproche invariablement trop près du bord gauche de la route, ce qui déclenche régulièrement des petits cris apeurés du passager avant qui n'en mène pas large... La résidence, Rainbow Getaway est agréable sans casser des briques, les gérants sont serviables sans plus, l'accueil est poli sans être chaleureux. Il y a une petite piscine non chauffée et donc glaciale en hiver (températures entre 5 et 10 ° la nuit), un super barbecue comme toujours, les chambres sont très bien, les lits très confortables, le matériel de cuisine pas au top. Bon bref, c'est du standard moyen/bon. Je signale que pour couper l'alarme incendie, c'est à l'extérieur, mais faut avoir la clé... (Sont pénibles avec leurs détecteurs super sensibles qu'on peut même pas se faire griller une tartine sans déclencher l'apocalypse)
Que dire de Rainbow Beach ? C'est une toute petite station balnéaire, une sorte de tout petit Noosa, une superbe plage devant avec des falaises de sable solidifié de très belles couleurs, cette plage peut-être fréquentée en 4*4 sur une 20taine de km, c'est une balade sympa qui vaut largement la grande plage de Fraser. Curieusement, sur cette plage les requins tigres et autres dangereux carnassiers des mers qui semblent pulluler, d'après les guides, à Fraser, autant dire la porte à côté, ici, personne n'en parle ! Ap'us les requins, pa'tis les requins... Au dessus de ces falaises, le Carlo Sandblow est à ne pas louper tant il est beau, il faut y aller au moment des lumières rasantes qui suivent le lever ou précèdent le coucher du soleil.
Derrière Rainbow Beach, Tin Can Bay, une grande baie fermée où grouillent les dauphins (j'exagère un peu, disons qu'il y en a beaucoup), des sorties en Kayak sont organisables. A ne pas louper : le boucher et la marchande d'alcools, 2 passages m'ont suffit pour en faire des potes ! Bon, en même temps, après on s'est barrés, alors c'est triste... Le fish &ships au bout de la rue à gauche est potable. Et puis, l'attraction de Rainbow Beach, enfin pour moi je veux dire, c'est le Wolfrock Dive center , difficile de confondre, il n'y en a qu'un, paumé dans la zone du bled. Le boss c'est Kevin, ancien commando marine australien, sympa comme tout et sacré grande gueule. On ne se connaissait pas depuis 24h qu'il avait l'outrecuidance de surnommer ma fille Camille " Bougez bougez" (de la pub "Budget" australienne) et moi Cdt Cousteau...Son dive master n'y a pas échappé, surnommé Hoosta' (because he is my host and is a rooster...ah? bon...hahaha...), sinon, à part ça Kevin est très agréable et parfois vraiment drôle. Et puis avec Kevin on peut discuter, c'est pas toujours le cas avec les anglo-saxons : il a accepté d'emmener ma fille de 17 ans simple OW Padi sur Wolfrock (36m) dans le cadre d'une formation AOW, bien sûr moyennant un supplément de 25$/plongée, la double dive avec location de matos étant déjà à 220$...pas donné qu'on vous dit la plongée en OZ...
(à suivre wolfrock) | | | À: AirOne · 18 octobre 2011 à 20:10 · Modifié le 18 oct. 2011 à 20:48 Re: Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne Message 2 de 41 · Page 1 de 3 · 13 951 affichages · Partager WOLFROCK
Après la prise de contact du premier soir, nous nous présentons le lendemain matin pour les 2 premières plongées, je suis seul avec Sabine et Camille surveille sa petite soeur (Fanny 11 ans). Il fait beau. La mise à l'eau se fait côté Tin Can Bay. Il fait beau, nous sommes les 2 seuls clients sur le bateau, c'est génial, il fait beau, pas de vent, mer plate. Mer plate sur Tin Can Bay... La bateau est une petite coque alu de 6 m, la forme est celle d'un semi rigide classique, sauf que c'est en alu. La sortie de Tin Can Bay se fait entre Fraser Island et Inskip point où nous faisons cap tribord vers le sud et c'est là que les ennuis commencent.
Tout d'abord, je m'aperçois qu'il y a plus de vent que je ne pensais et puis surtout, beaucoup plus de mer : une houle de 1.5 m au moins avec des creux de 2 m parfois. Et puis surtout il y a une putain de barre, on la voit très nettement avant d'y arriver, ça mousse grave..Quand on est dessus, c'est carrément impressionnant, un vrai bouillon style pointe du Raz à mi marée. Comme il y a très peu de fond, 3-4 m pas plus, la mer est turquoise, c'est très beau et on en oublie d'être inquiet, et je me lève pour m'accrocher aux arceaux du toit pour mieux profiter du spectacle...mais Kevin me fait vite rasseoir, il ne plaisante plus du tout : bon, OK, c'est chaud.
Passé la sand bar, ça reste agité, mais c'est plus gérable, le problème c'est qu'il y a encore 1/2 h de route quasiment à cause de cette mer contraire, ça tape un bateau alu, c'est un peu longuet tout ça mais on arrive tout de même au rocher du loup. Il a franchement une sale gueule celui là, dépassant à peine en surface, il est régulièrement recouvert par la houle qui casse dessus et ne représente pas vraiment un abri : l'esquif tangue sévère. Sachant que nous allons passer une heure comme ça au mouillage entre les 2 plongées, nous ne regrettons pas nos combi' 2 fois 7 mm avec cagoule + coupe vent en surface. C'est comme ça, le breton a pris des baffes, alors en vieillissant, il devient prudent et il s'équipe. Reste à prier pour que le mal de mer, ce gnome insidieux autant qu'imprévisible ne vienne pas nous rendre visite tout à l'heure. je ne l'ai pas croisé depuis fort longtemps, mais il ne m'a pas manqué, il ne manque à personne en fait, alors il s'invite le diable et il vous pourrit l'ambiance... Beurk ! Kevin nous a fait le briefing à terre, on comprend mieux pourquoi maintenant. Nous nous équipons et nous plongeons.
Excellente surprise : la visi est bonne, environs 15 m ce qui n'est pas si fréquent ici, mais ça peut aller jusqu'à 20 m et puis on peut aussi n'avoir que 5 m. la température de l'eau est de 19°, nous sommes en Août, c'est l'hiver, y'en a qui connaissent pas leur bonheur. Autre surprise : le son, le bruit des bulles comme d'habitude mais on perçoit aussi nettement des grondements, des sifflements, des miaulements : c'est le chant des baleines, il nous accompagnera durant chacune de nos plongées.
Et puis ils sont là, nous ne sommes pas à 15 m qu'on croise déjà le premier requin, c'est pour eux que nous sommes venu ici : les requins taureaux ou grey nurse sharks, l' Australie est le meilleur endroit pour plonger avec ces gros poissons, mais on peut aussi facilement en voir en Afrique du Sud ou sur la côtes est des états Unis. Zut ! J'ai même pas eu le temps de préparer l'appareil, pas grave, un deuxième arrive et puis un autre et un autre et puis 3, 4 à la fois, il y en a des 10zaines qui se baladent entre le fond et 15 m, nonchalants avec leurs tronches de râteau tout cassé. Ils sont massifs et les plus gros font dans les 3 m, c'est magnifique !
Pour qu'on ne s'ennuie pas trop, la maison a pensé à disposer ça et là des bancs de carangues et platax amicaux et de gros queensland gropers de 1.5m. Pour la touche d'élégance, quelques raies léopards passent furtivement.
Sur la photo suivante, en regardant bien on aperçoit au moins 5 ou 6 raies en formation qui passent derrière, j'étais tellement concentré sur le requin que je ne les ai pas vues sous l'eau.
Plongée magique. Entre 2 c'est moins drôle, Ashleen l'épouse de Kevin qui est là elle aussi nous a préparé...une soupe à l'oignon...et quelques snacks aussi, je ne suis pas sûr que le choix du parfum de la soupe soit judicieux mais ça se passe bien, le gnome nous a oublié. "F**K !!!" hurlais-je, ce qui m'attire immédiatement le regard désapprobateur de Ashleen qui s'apprête à me rappeler qu'on est pas aux states ici, mais comme elle voit la même chose que moi, à savoir 2 baleines qui viennent de faire surface à 2 m du bateau, elle s'interrompt la bouche ouverte et le doigt en l'air. Les 2 baleines en profitent pour sonder les bougresses. Merde alors !!!?!
On s'en remet et puisqu'il faut bien et qu'on a payé, on replonge. Accessoirement on est pas mécontents d'échapper au roulis pendant 1 h. Plongée suivante copie conforme de la première : magique.
On rentre en début d'après midi ce qui laisse le temps d'aller se balader vers inskip point où nous verrons des dingos, des Bush Turkeys et autres kangourous. Côté Tin Can Bay on voit souvent les dauphins et des aigles pêcheurs, on voit ces aigles aussi sur Carlo Sandblow, il y a une photo sur le premier post. Nous retournons plonger le lendemain, nouveau binôme, cette fois ci c'est moi et ma fille Camille... (oui, LE plongeur de la famille c'est MOI et j'ai bien le droit de plongeur DEUX fois puisque c'est MOI qui leur ai fait connaître la plongée et donc que J'AI bien le droit de plonger plus ! Ben oui papa mais on a rien dit, pourquoi tu t'énerves ? J'M'ENERVE PAS J'ESSPLIQUE !!!)
Cette fois ci nous ne serons point seuls, 2 gars de la Gold Coast ou de la Sunshine coast, à moins que ce ne soit de surfer paradise, ou peut-être de Brisbane, je sais plus, bref, ils sont là et ont manifestement la ferme intention de plonger avec nous les bougres. "G'day mate " "Euh Hi !" ben celui là, c'est sûr, il est du cru. Ils sont très bien équipés pour les prises de vue : vidéo pour l'un et reflex avec fisheye pour l'autre, ça ne rigole pas. Par contre, côté équipement plongée, je discerne comme une faille : ils semblent fermement décidés à plonger avec des mono pièce 5 mm sans cagoule ! Une h à 20 degré, faut être solide dans cette tenue. Habitué aux eaux beaucoup plus froides, je porte une deux fois 7 avec cagoule et ma fille aussi. Je leur en fait la remarque, ils ricanent...c'est vrai, les mecs du coin qui connaissent, c'est eux, alors... Heureuse surprise passé Inskip point, la mer est bien moins agitée et le vent a franchement molli, nous allons donc bien plus vite et le trajet prend au moins 10 mn de moins. Mise à l'eau plus simple donc, ce qui n'est pas plus mal pour Camille qui n'a qu'une 15zaine de plongées à son actif. Kevin la conduit doucement au fond non sans passer dire bonjours aux requins qui sont toujours là, ils se posent sur le sable à 36 m et commencent les exercices d'évaluation de la narcose : une petite ardoise, Kevin écrit " What is mm name" et Camille écrit..."Camille"...complètement pétée la petite... 
Pas grave, il va la remonter un poil vers 25 m et elle fera une superbe plongée, tout comme moi avec les mêmes ingrédients + quelques ptérois, de petites murènes grises assez moches, toujours des raies aigles, des mérous des platax, mais les requins mobilisent mon attention et mon appareil photo, nos 2 camarades sans cagoule font de même.
1 h plus tard nous sommes sur le bateau. Ils claquent des dents nos amis, ils sont un peu verts aussi, la soupe à l'oignon est fatale à l'un d'eux qui va passer l'heure "de repos" la tête par dessus bord, il ne profitera même pas des baleines que nous verrons passer à 50 m du bateau. Mais l'australien est coriace, il se remet à l'eau ! La dernière plongée sera sans particularité et égale aux précédentes, un détail simplement, nous avons tous entendu un choc sourd qui a provoqué un mouvement brutal des requins, j'ai cru qu'un plongeur avait tapé violemment son bloc contre un rocher, mais pas du tout : Kevin qui est resté en sécu surface nous apprendra qu'une baleine a fait son breaching tout près du bateau et quasiment au dessus de nos têtes ! Mais nous n'en verrons aucune sous l'eau hélas. Livingstone, c'est vraiment son nom de famille, Brian Livingstone, est très mal. De plus en plus vert, de plus en plus réfrigéré il perd figure humaine, il faut rentrer. Heureusement pour lui, c'est beaucoup plus facile avec la mer dans le dos que face à la lame, mais il souffre tout de même le martyre. "Are you OK Brian ?" demande Kevin..."what a stupid question !" rétorquais-je...il en convient d'un sourire. Brian agonise, il faut foncer. La barre passée il va mieux : il est sauvé.
Bilan Rainbow beach : un endroit calme et magnifique éloigné des zones de grand passage et sans doute promis à un avenir plus agité. Pour l'instant, c'est l'endroit idéal pour se reposer d'un long voyage. Les activités phares y sont le surf, le départ vers Fraser Island, les balades en 4*4 sur la grande plage et les balades kayak sur Tin Can Bay. Et puis la plongée bien sûr, mais elle reste encore très confidentielle. Le prix est un prix habituel australien, ni plus ni moins. La prestation est bonne si l'on garde à l'esprit qu'il sont 3 à chaque fois pour vous conduire à Wolfrock (2 accompagnants à chaque plongée et 1 pour la sécu surface). Le matériel loué est de bonne qualité. les guides sont à la hauteur. La plongée sur Wolfrock est clairement une plongée "engagée" avec mise à l'eau et retour parfois délicat pour partir sur un fond de près de 40 m, le courant est imprévisible.
(A suivre Hervey Bay) | | | À: AirOne · 19 octobre 2011 à 12:19 Re: Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne Message 3 de 41 · Page 1 de 3 · 13 830 affichages · Partager La suite du programme c'est Fraser Island où nous avons prévu de résider 4 jours. Nous partirons de Hervey Bay où j'ai réservé un troopy.
Sur la route nous passons par Maryborough ville natale de Pamela Travers auteur de Mary Poppins.
Nous restons 2 nuits à Hervey Bay pour prendre le temps d'aller voir les baleines. Nous avons réservé une journée avec freedom whalewatch , ils sont plus chers mais vous gardent plus longtemps sur l'eau augmentant ainsi les chances de croiser des baleines, contrairement aux autres opérateurs, ils ne font qu'une sortie quotidienne au lieu de deux. Nous logeons au Delfinos Bay resort . Les gérants sont absolument géniaux, dévoués souriants sympa, extrêmement accueillants, c'est une adresse qui vaut le coup d'être notée, les apparts sont spacieux, un peu passés de mode mais très lumineux avec une petite terrasse, en face du resort, il suffit de traverser la route pour aller piquer une tête sur la jolie plage de Hervey Bay, nous sommes toujours dans le great sandy national park, la construction en front de mer est absolument interdite, il y a donc une zone boisée tout au long de la plage qui vous fait vous sentir à l'écart de toute civilisation, les nombreux perroquets couvrant utilement le bruit des voitures. si la plage ne vous tente pas, il y a une petite piscine chauffée.
Il n'y a pas d'autre réel intérêt à aller à Hervey Bay que les baleines et le départ pour Fraser Island. Journée baleine sur le Freedom Whale III donc. C'est du tout cuit. Ils vous ramassent le matin devant l'hôtel (c'est notre sympathique gérant qui a organisé ça), vous déversent avec précaution à la marina,
vous embarquent sur la bateau, vous font un briefing assez complet, vous nourrissent comme des chancres et vous emmènent à la chasse à la baleine. L'aventure quoi...
Bon, on s'en fout, on aime bien être dorlotés aussi. Le personnel de bord est très enthousiaste. Il nous annonce que pour faire venir les baleines au bateau, il faut faire du bruit : elles sont curieuses, il faut aiguiser cette curiosité. Nous croiserons un premier groupe de baleines que nous n'approcherons pas à moins de 100 m, ce qui est assez loin. Les cris à bord sont très mitigés : nous sommes gênés. Deuxième groupe de baleines le long des côtes de Fraser Island : nouveau chou blanc, elles n'approchent pas. Puis s'ensuit une longue période de creux, rien d'autres à l'horizon que les fous du coin, jumeaux de ceux de Bassan que nous connaissons bien...
Improbables Acchab, nous errons sur le pont trainant notre frustration telle une jambe de bois : Nous voulons des baleines A CÔTE du bateau. Mais voilà, on voit bien que le bateau fait route vers le port, inexorablement, c'est que l'heure tourne, d'ailleurs, il fonce le bateau pressé de retrouver son ponton et de prendre une longue goulée de gasoil en goûtant un repos bien mérité...Il est comme ça le bateau, les baleines ? Il s'en fout...
"ELLE SOUUUUUUUUUUUUUUUUFLE !!!!!"
"Qu'as tu vu Ô noble Queequeg ?" "Là bas, des baleines Ishmaël !" "Oh ! Mais oui ! Brave Queequeg, tu seras récompensé par moult colifichets et verroteries ! Je m'en vais prévenir le capitaine et me contenterai pour ma part d'une simple guinée d'or..."
Nous faisons route vers les bestiaux, cette fois, sentant la fin proche, les passagers exultent, ça s'agite, ça braille, ça meugle, ça remue, ça gueule, ça couine, ça saute, ça espère...et ça marche ! Tranquillement, les 3 baleines viennent vers nous !
Elles passeront pratiquement 45 mn près du bateau, passant dessous, dessus...euh, non, pas dessus : à côté, sortant le museau, s'éloignant un peu pour faire un joli saut,
et que je te montre ma queue et mon bidon et mon museau. De vraies cabochardes !
Un autre bateau arrive, rassasiés, nous lui laissons la place. Génial et à faire absolument si vous passez à Fraser Island.
Allons-y d'ailleurs. | | | À: AirOne · 19 octobre 2011 à 16:04 · Modifié le 25 nov. 2011 à 17:32 Re: Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne Message 4 de 41 · Page 1 de 3 · 13 809 affichages · Partager FRASER ISLAND
J'ai réservé le véhicule chez Fraser Magic . Pourquoi là plutôt qu'ailleurs ? Parce que je suis méfiant, les retours de touristes arnaqués par les loueurs de 4x4 sont fréquents, c'est un sport local, tantôt il vous est reproché d'avoir détruit les suspensions, d'avoir roulé dans l'eau de mer, d'avoir bousillé le système informatique etc...Je me renseigne auprès de mes connaissances locales qui me recommande de louer un véhicule solide et souvent révisé, démonté, nettoyé, bref, soit un vieux Toyota, soit un vieux Landrover. on me conseille Fraser Magic qui répond très bien à ce cahier des charges : ils louent des vieux Landrover, les fameux "Troopys". Peu de confort, pas du tout d'électronique mais quasi indestructibles. Le briefing fait franchement froid dans le dos, c'est en fait le moment le plus difficile, il vous est expliqué que la mort vous guette partout : les requins dans l'eau, es dingos qui bouffent vos gamins, les pièges qui font se retourner les 4*4 sur les chemins mais aussi sur la plage où l'on se sent enfin libre et où on a tendance à lâcher les chevaux et là BING une rivière sournoise qui vous fait un gros décrochage, le 4x4 se plante, se retourne, vous êtes tous morts, au suivant...
"glps" dis-je... Et puis ce n'est pas tout, faut faire gaffe à pas se prendre un avion sur la gueule, ou un tsunami qui vous emporte comme un vulgaire fétu et pourquoi pas une araignée mortelle ou pire: un PV pour excès de vitesse !
On y perd son latin. Je sors groggy, plus par mon lever trop précoce à 5h que par leurs commentaires qui n'ont cependant pas arrangé les choses. Visite de l'engin : très bonne surprise, ils les ont transformés en vitesse auto, voilà qui va grandement simplifier les choses ! La famille me rejoint et nous partons pour notre dernier voyage, si j'en crois les loueurs. Le temps change, quelques gouttes tombent, un très bel arc en ciel réjouit les enfants.
Si elles savaient...mais elles ne savent pas, alors elles me demandent pourquoi tu fais la gueule papa ?  c'est dur d'être un adulte responsable et de gérer seul le stress d'une mort annoncée, inéluctable, atroce...J'imagine déjà les titres dans la feuille de chou locale : " une famille biend'cheunous meurt dans un terrible accident de 4x4, les requins et les dingos se disputent les dépouilles"... 
J'en fais trop, mais c'est un peu l'ambiance. On vous met une pression excessive, les sorties à Fraser Island ne présentent pratiquement pas de danger, bien sûr qu'on peut avoir un accident, comme partout ailleurs ! Quand il y a un accident, surtout quand des touriste sont impliqués, les médias australiens en font des tonnes, tout comme quand un européen se perd dans le bush, ou quand un bateau du Vendée Globe se retourne, ou, bien sûr, quand il y a une attaque de requin... Quant-aux requins et autres dingos, vous avez autant de chance de vous faire bouffer par eux que de vous prendre une météorite sur le coin du museau. Les requins sont beaucoup plus souvent les victimes sur cette plage que les baigneurs Il faut se calmer et relativiser. Fraser, ce n'est pas l'aventure, on y va avec les enfants sans problème, on se la joue pour les laisser penser que si, c'est l'aventure mais on oublie pas que les secours sont proches, que les chemins sont fréquentés et qu'on attend jamais trop longtemps avant le prochain 4x4. L'aventure sur Fraser, c'est pour ceux qui la traversent à pied. C'est quelque chose à faire ça tiens ! Mais Fraser Island est un superbe terrain de jeu. Je ne suis pas un amateur de 4x4, mais j'avoue m'être bien marré au volant de mon Troopy. Les premiers kilomètres ont été laborieux sur un chemin pourtant facile (à posteriori), mais rapidement je m'habitue, c'est un peu comme de la conduite sur neige en plus facile. La conduite se fait le plus souvent sur le mode normal, on passe rarement en "low gear", mais on échappe pas au mode low gear sur Fraser si on se balade beaucoup. Vu les quelques faibles averses qui ont détrempé le terrain et rendu le sable pus lourd, la conduite en a été grandement facilitée et nous n'avons pas été ensablés une seule fois, on est pas passés loin parfois, mais c'est toujours passé.
Certains passages sont vraiment impressionnants, avec des trous de 50 à 80 cms, des pentes ahurissantes, on sent assez souvent, sur certains passages, taper ou frotter le bouclier. L'un des pires chemins étant celui qui va au Kingfisher bay resort où logent les amis de Sydney. Un autre qui vaut le détour tant il peut être pénible est celui qui va au lac Garawongera : des coefficients de pente impressionnants et des chaos euuuh...chaotiques. Même chose pour le chemin qui va de Ely creek au Lake Allom (où il y a les petites tortues). La plage de l'Est est facile à conduire mais 2 h avant et après la marée haute, il faut s'arrêter, enfin, il vaut mieux, sinon on continue dans le sable mou à 20 km/h en écoutant son moteur hurler et en étant balancé à droite et à gauche tout en sachant qu'à un moment ou à un autre on sera arrêté par la mer qui rejoint les rochers. Alors on s'arrête.
Sur la plage, les rivières sont le principal danger, à marée descendante, elles n'ont pas eu le temps de creuser le sable et si on roule au plus près de la mer, il n'y a jamais de gros décrochage, mais là, encore faut-il faire attention aux vagues traîtresses ! En fin de montante, 3 h après le bas, c'est là que tout se complique, les rivières ont beaucoup creusé et le décrochage se fait à angle droit, ça peut tomber de 1 m, si on arrive pleine balle là dessus, on se retrouve sur le toit, c'est réellement dangereux et nous sommes prévenus. c'est aussi dangereux que de foncer au feu rouge en fait... En 4 jours de conduite sur l'île, je n'ai eu qu'un seul coup de chaud : une perte totale de contrôle alors que je totalisait à peine 5 h de conduite, je commençais à prendre bien confiance en moi, sur un chemin de sable mou assez large, la voiture a dérapé et je n'ai pas immédiatement contre braqué, j'ai bêtement freiné et fait un joli tête à queue. Si une voiture était arrivée en face, c'était l'accident, tôle froissée en perspective, sans plus (bien embêtant quand même), sur un chemin plus étroit, ce pouvait être une sortie de route et le 4x4 dans les arbres : beaucoup plus embêtant, mais la forêt est trop dense pour que le véhicule puisse dévaler les pentes. Comme partout ailleurs, le port de la ceinture pour tous les passagers est donc important. Sachant tout cela, on peut y aller détendu, tout ce qu'on risque en respectant les règles de prudence de base, c'est d'y laisser un maximum de fric...
Notre trajet fut le suivant : 1 nuit dans la brousse, c'est à dire dans la dune sur la plage de l'Est, une nuit au camping de Dundabara au Nord, une renuit dans la brousse, et une nuit à central station dans la forêt. Il ne faisait pas super chaud, 20° au plus chaud et c'est descendu jusqu'à 5° au petit matin. On a presque regretté de passer au camping de Dundabara qui est surtout fréquenté par les pêcheurs à la ligne locaux qui ne font pas vraiment dans la finesse. Ils ont une furieuse tendance à être incapables d'ingérer un liquide dépourvu de bulles et donc à éructer bruyamment le soir autour du brasero, le tout s'accompagnant des gros rires gras qui vont bien...le lendemain, ils s'en vont à la plage, forment de grosses grappes de 4x4, boivent encore beaucoup de bières en éructant encore (mais on entend rien grâce au bruit des vagues) et pêchent tout de même de temps en temps, malheureusement pour les poissons...c'est un spectacle intéressant, un moment d'anthropologie...
Il y beaucoup de choses à voir sur Fraser. Des poissons que les pêcheurs ont loupé, mais qui ont tout de même trouvé moyen de s'échouer...c'est malin, on l'aurait préféré dans l'eau ce gros pépère...snif...
De belles falaises, red Canyon et Cathedral beach où l'on voit souvent les aigles pêcheurs.
L'épave célèbre du Maneho où l'on ne s'arrête qu'en l'absence de bus, au premier passage, il y en avait 5, on a cru que c'était une manif pour demander d'évacuer cette grosse daube de la plage...on avait trouvé ça abusif, mais ce n'était que des touristes à la journée.
Ely creek, c'est un peu pareil, il faut y aller tôt pour en profiter seuls, ce que nous avons réussi à faire 1 fois, lors des autres passages, il y avait foule, nous ne nous sommes donc pas arrêtés.
Il ne faut bien sûr pas louper les lacs, le plus beau est incontestablement le lac Mackenzie. C'est aussi le plus fréquenté et ça peut être littéralement submergé du fait de la taille ridicule des plages près du parking (du fait d'un niveau d'eau assez élevé suite au pluies diluviennes de Février Mars). Dès lors, 2 solutions : prendre le chemin et marcher le long du lac pour rejoindre les autres plages, désertes ou passer le matin avant les premiers bus. C'est ce que nous avons d'abord décidé de faire avec les Thompsons : bingo! il n'y avait personne ! Par contre temps très maussade qui gâche la fête... Nous essaierons à nouveau en famille, après 15 h pour éviter la foule, là c'est moins garanti, à notre arrivée, beaucoup de monde, mais coup de bol, les 2 bus présents décollent presque immédiatement, nous voilà quasiment seuls avec 2 ou trois autres petits groupes. Seuls pendant une heure...et puis boum ! Un flot continu arrive le long des barrières et on se retrouve les uns contre les autres, serviette contre serviette, la côte d'azur un 15 Août...nous partons. Mais il est beau ce lac, très beau même, on ne peut pas en faire l'économie.
Autre merveille, le lac Wabby, prudents, nous y allons le matins et arrivons vers 10h au parking le plus proche, 2 km de marche et nous voilà sur place, à nouveau seuls : absolument fantastique, les poissons chats dans le lac (impossible de les prendre en photo) les petits aigles à tête blanche les cormorans les perroquets qui passent au dessus. Les petites tortues qu'on aperçoit furtivement. Nous dévalons la dune abrupte comme des dingues pour finir dans l'eau (ne le faites pas, c'est très dangereux : vous allez mourir dans d'atroces souffrances qu'on nous a dit...), après 1 h de tranquillité un autre groupe arrive, ils vont à l'opposé, nous ne nous voyons pas les une les autres, nous passons une autre heure tranquilles : un grand moment.
Si vous voulez fuir ces 2 lacs trop fréquentés et voir malgré tout un très beau spécimen, une seule adresse : le lac birabeen, l'eau n'y est pas aussi claire ni aussi bleue qu'au lac Mackenzie, mais le sable y est largement aussi blanc.
Il y a aussi le lake Basin...quand il y a le bon niveau d'eau dedans, ce n'était pas le cas : plus du tout de plage, les lacs allom, Boomanjin et Garawongerra sont moins spectaculaires.
Quand on va à Fraser Island, on ne pense pas à la forêt, pourtant les vallées sont luxuriantes et absolument magnifiques, les balades autour de Central station le long de la rivière sont réellement inoubliables.
Tout au nord, il y a Indian Head puis Waddy point. Le paysage vu d'Indian Head est superbe, à faire plutôt le soir. C'est assez fatigant tant la plage est molle à cet endroit, on roule doucement sur les 5 derniers km, quand on passe de l'autre côté, c'est pareil et jusqu'à Waddy point, le chemin qui rentre un peu dans les terres pour faire le tour d'Indian Head est en sable très mou, on s'y engage à fond et on ne s'arrête pas, sauf si ça commence à patiner, là il ne faut surtout pas insister : on s'enfonce, il faut s'arrêter, dégager les roues, les dégonfler un peu et repartir en "low gear", on a vu un couple coincé, je lui ai répété ces conseils qu'on m'avait prodigué et ça a très bien marché ma foi...en plus, j'ai eu l'air d'être un super pro ! "Friiiimeur !" qu'elle m'a dit ma fille. Comme les gens qu'on a sauvé ne veulent plus aller plus loin, ils viennent avec nous sur Indian Head et pour nous récompenser nous proposent de nous prendre en photo...ouéééééééééééééé...
En principe, nous sommes là pour chercher des baleines et puis ces fameux requins tigres et autres abominables bouledogues qui pullulent 40 m plus bas... onscruteonscruteonscrute...pas la queue d'un ! On m'aurait menti ? (ou la lumière était trop rasante plutôt...)
Dépités nous rentrons car la nuit tombe et il ne faut pas conduire sur la plage la nuit parce que sinon nous allons mourir dans d'atroces souffrances. Nous nous faisons un peu avoir, il a fallu allumer les phares puisqu'il faisait tout noir, bizarrement, nous ne sommes pas tous morts. Étrange, il ne faisait sans doute pas vraiment nuit...juste tout noir...
Que dire d'autre concernant Fraser Island? Les dingos ?
Oui, les dingos sont là, assez inquisiteurs, ils n'hésitent pas à approcher assez près, on les voit beaucoup sur la plage et n'ont pas l'air du tout dangereux, il ne faut pas s'y fier bien sûr, ce sont des animaux sauvages. Beaucoup plus ennuyeux, leur comportement la nuit. Si vous êtes sur une aire de camping aménagée, pas de souci, il y a des barrières à dingos très efficaces. Il en va tout autrement quand vous faites du camping " sauvage". Le long de la plage il existe des zones autorisées, on passe la dune et en retrait on peut trouver de chouettes petites clairières. OUAIIIIIIIIS YOUPIIIIII ON EST DES ESPLORATEUR-EU ! ON EST DES ESPLORATEUR-EU !
Nous installons le camp et le crépuscule s'installe, tout d'abord nous avons la surprise de voir un aigle pêcheur nous survoler de très près, il est passé à 5m pas plus, il semblait surpris de notre présence et a fait une belle embardée, Ces oiseaux font plus de 1.5 m d'envergure et sont donc assez impressionnants à cette distance. Puis vinrent les dingos, attirés par l'odeur de la nourriture...ben oui, faut bien manger et on ne va tout de même pas se barricader dans la voiture pour ça !?!. Il yen avait 2 je pense, en tous cas nous n'en avons jamais vu plus de 2 à la fois, les lampes sont assez efficaces pour les faire fuir, le fait de se mettre debout face à eux également. Nous mangeons donc sans traîner, ramassons bien tous les déchets et les planquons dans la voiture comme conseillé. Je pense que les filles vont se retenir d'aller faire pipi cette nuit...on est des esplorateur-eu on est des esplorateur eu... Par la suite, aucun grognement ni hurlement inquiétant. Je me lève à l'aube pour profiter du lever de soleil sur la plage, ils ne sont plus là.
Peu avant que nous levions le camp, une patrouille de rangers vient nous voir, ils nous interrogent sur les dingos et nous demandent de décrire leur comportement, si un dingo se montre agressif, il est éliminé ou déplacé hors de l'île. Le ranger, un aborigène me félicite sur la place de camping qu'il trouve excellente et qu'il ne connaissait pas ! (normal : on est des esplorateurs !) comme nous finissons de ranger le campement, il nous félicite également sur la propreté, y compris sur le coin toilette, il est content de nous, alors forcément nous somme fiers comme des poux ! Il nous dispense même de déballer les toiles de tente sur lesquelles nous avons bêtement laissé accroché notre permis de camper...
Nous quittons les Thompson après une dernière balade en commun et rejoignons notre dernier lieu de camping à central Station, royaume de Kookaburras et des goanas. ces derniers sont beaucoup plus petits que leurs congénères du Sud du pays qui atteignent facilement les 2 m. Central station est un camping en forêt et donc totalement dépourvu de pêcheurs à la ligne, c'est plutôt fréquenté par les touristes comme nous ou par les randonneurs qui traversent l'île à pieds. Situé dans une vallée près d'une rivière en pleine forêt, ce site est magnifique comme je l'ai déjà dit.
Mais ici les sons portent beaucoup contrairement à Dundabarra situé en bord de plage. Un groupe qui débarque au camping peut donc s'avérer extrêmement nuisible, et voilà que débarque un groupe...nous sommes à 100 m d'eux et je puis déjà affirmer qu'ils sont francophones. L'ambiance est bonne chez eux ceci dit, ça rigole fort, ça s'interpelle, on profite bien de toutes leurs vannes...et on se demande à quelle heure ils vont s'arrêter... Nos voisins australiens semblent avoir les mêmes préoccupations. Pourtant, heureuse surprise, nous somme tombés sur un groupe de jeunes français (ce sont bien des français) hors norme, le règlement du camping stipule que tout bruit doit s'arrêter à 21h, eux se calmeront d'un seul coup à 20 h ! je dois dire que je suis surpris, n'étant pas habitué à une telle discipline chez mes compatriotes...les temps changent, la jeunesse donne l'exemple et redonne confiance en l'avenir...une larme coule le long de ma joue tannée et burinée par les ans et le soc de la longue expérience qui a creusé sur ma face les profonds et stériles sillons de la désillusion dont... " bon ça va papa, t'en fais pas un poil trop là ?" "Hum, oui, pardon : je m'oublie" Nous passerons notre dernière nuit à Central Station, au petit matin, frisquet, 5°, pas plus. Heureusement il y a des douches chaudes (mais payantes).
Retour au bac l'après midi après les dernières balades en forêt. Nous quittons à regret cet endroit merveilleux, pas mécontents tout de même de retrouver de vrais lits et de vraies douches. Enfin, Sabine et moi je veux dire, parce que les filles, elles, elles s'en foutent. C'est comme ça les vieux, ça s'embourgeoise, ça aime son petit confort sa petite routine... C'est donc avec en tête la promesse d'un lit douillet propre à me faire oublier ce mal de dos lancinant qui point le bout de son nez que je fais route vers Fraser Magic où nous devons rendre notre 4x4. Perdu dans mes pensées, un sourire béât au coin des lèvres... "HORREUR-ATTENTIONFANNY AUDSSUTATÊTEUNMONSTRE AAAAAAAAAAKESKECESTMAMAN RHAAAAAUNEGROSSEMIGALEONVATOUSMOURIR" Épouvanté et sorti de ma torpeur par les hurlements, je fais une grande embardée, pour le coup, c'est là qu'on a failli l'avoir l'accident ! Je rétablis et furieux me retourne vers les passagers, prêt à sévir en bon pater familias : la loi ! Et puis je la vois... AAAAAAAAAAAAAAAAHMAISKESKECESTCETRUCALACON !?!?!? C'est une très grosse araignée effectivement, du genre mygale, toute grise et toute velue, le corps doit bien faire dans les 5 cm...Se trouvant sans doute fort mal à l'aise sur le toit du fait de mon accélération inopportune, l'animal a vu cette fenêtre entrebâillée prometteuse d'un abri douillet et réconfortant...la pauvre, elle ne savait pas où elle mettait les pieds : 2 arachnophobes et un conducteur qui rêvasse forment un cocktail détonnant particulièrement dangereux pour une pauvre araignée en vadrouille... Je stoppe le véhicule les oreilles vrillées par les hurlements des phobiques qui sont entrées en transe, d'un magistral coup de tong je balance l'intruse qui valdingue dans le fossé, vivante mais expulsée manu militari de son île chérie pour se retrouver sur un bord de route quelconque, hostile et très fréquenté... Je suis un monstre, j'ai honte... Nous rendons tout de même le véhicule, récupérons l'autre et filons à Brisbane prendre l'avion pour Townsville. à suivre donc... | | | À: AirOne · 20 octobre 2011 à 16:51 · Modifié le 5 nov. 2011 à 12:58 Re: Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne Message 5 de 41 · Page 1 de 3 · 13 751 affichages · Partager LE YONGALALe trajet depuis Hervey Bay vers Brisbane se fait facilement et sans encombre. Le rendu de clé chez Thrifty également. L'avion de Jetstar est à l'heure, le check in online facilite grandement les choses, nous voilà partis vers Townsville où nous ne resterons pas cette fois-ci. Tout juste le temps de récupérer la voiture et nous filons vers le Sud, de nuit, slalomant entre les bushfires et les feux de champ de cane à sucre nous arrivons à Ayr où nous faisons le shopping...à 21h30...c'est toujours ouvert et tant mieux car nous tournons à gauche vers Alva Beach notre destination finale. De nombreux petits wallabies de type pademelon gambadent sur le bord de route. Nous arriverons à bon bort sans en écrabouiller un seul. Le camping n'est pas si mal, nous avons loué un mobile home de base, les unités sont un peu les unes sur les autres, la déco est minimaliste...disons plutôt absente. Les lits assez moyens. Le matériel de cuisine couci couça. Le boss est une espèce d'ours qui n'en dit pas plus qu'il n'en faut, mais répond sans problème aux questions et accède assez facilement aux demandes, c'est juste qu'il ne faut pas avoir peur de demander...et il y aurait de quoi avoir peur. Sur le site web du camping, on le voit préparant le barbecue... Je ne me plains pas, j'étais prévenu et les prix sont tout à fait en rapport avec la prestation. Mais dans ce cas que fais tu là mon ami ? Me demanderez vous interloqués. Ce à quoi je vous répondrai que, bon, on a pas élevé les cochons ensembles, mais d'accord, on se tutoie ! Nous sommes là pour le Yongala. Mais le Yongalakesse? Pardon : le Yongala qu'est-ce ? Le Yongala, vois-tu, est une épave, une épave magnifique posée à 28 m sur un fond de sable, les 30 km alentours sont un désert de sable, le Yongala est le seul récif du coin, le seul endroit où du corail est susceptible de pousser, et donc d'héberger une petite faune, qui attire une faune plus grosse, qui attire une faune plus grosse etc...C'est une oasis où grouille la vie sous marine, c'est ça le Yongala ! On peut y plonger de Townsville : 3h de navigation... Partant de Alva Beach : 20 mn à 35 mn maximum par mer formée...choisis ton camp camarade ! Nous avons une non plongeuse, si nous voulons passer quelques moments tous ensembles, il vaut bien mieux partir de Alva Beach. Dès lors, pour se loger : 3 choix, Ayr et ses motels confortables se trouve tout de même à 20 mn de voiture. Yongaladive , le dive shop a des chambres, mais c'est assez minimaliste et les filles vont se retrouver dans le dortoir avec les autres plongeurs. Le camping est la meilleure alternative pour nous, de plus sa piscine est très chouette et Fanny aime beaucoup les piscines.
Nous nous présentons donc le matin, assez tôt, c'est à dire à 7 h pour préparer toute la paperasse, louer ce qui nous manque (bcd+reg+tank=stab+détendeur+ bouteille)) et s'équiper. Yongaladive accepte comme convenu au préalable de faire plonger Camille sur 30 m, toujours dans le cadre d'une formation AOW (Advance Open Water) Il y a bien plus de monde qu'à Wolfrock, le Yongala est un must internationalement connu comme l'une des plus belles plongées d' Australie. Sur le bateau, 2 suédois, 2 belges, 1 espagnole (2 en fait avec le divemaster), 1 américain, 2 français (nous) et 3 australiens. Soit 11 sur le bateau + 1 dive instructor, 1 dive master et 1 boat man. Yongaladive n'est qu'à 300 m du camping, mais est encore à 300 m de la plage, nous y allons donc en 4x4 cahin caha, le bateau suit traîné par son tracteur, la mise à l'eau se fait sur la plage qui est abritée par une sandbar...encore...
Le temps est radieux et le vent ne souffle presque pas... ALLELUYA !!!Mais enfin papa ! Arrête ! Tu vas nous faire remarquer !!! Hem...désolé, je m'emporte, je m'emporte... C'est parti, la mer est quasi plate, les 2 gros moulins de 150 cv crachent et nous font voler vers la balise du Yongala. Vingt minutes plus tard nous y sommes et nous nous équipons.
Nous descendons le long des bouts d'amarrage permanent pour rejoindre l'arrière de l'épave.
Le safran est toujours en place, pas très loin je tombe sur un hublot intact posé sur le sable, chose assez rare, on peut même dire inexistante en France pour une épave si peu profonde et autant plongée.
Le Yongala est une tombe interdite à la pénétration, cette interdiction est respectée semble t'il. La pêche est interdite ici et ça se voit, les bancs de poissons sont impressionnants, barracudas, carangues à foison, murs de platax.
Les raies pastenagues sont également nombreuses, tout comme les gros mérous qu'on approche beaucoup plus facilement ici qu'à Wolfrock.
Les mantas sont absentes ou très rarement rencontrées en hiver, mais très fréquentes en période chaude. Il y a 2 requins bouledogues résidents, ils restent en permanence autour de l'épave, j'aurai l'occasion d'en voir 2 fois passer en limite de visibilité, mais ils n'approcheront pas assez pour la photo. Les requins guitare sont régulièrement croisés ici, mais je n'en verrai aucun, c'est pas faute d'avoir cherché sur le sable pourtant...
Les tortues, elles, sont quasi inratables.
En cherchant bien sous les serpents, on peut trouver de beaux nudibranches : les fameuses danseuses espagnoles, il faut faire vite, il semble que les plongeurs locaux s'en délectent.
Entre 2 plongées les snacks sont au rendez vous avec café thé ou soupe s'il fait froid, ce n'était pas le cas, 15° le matin et 25 l'AM, l'ombre du toit du semi rigide est donc tout à fait bienvenue. Durant l'heure accordée pour l'intervalle de surface l'odyssée du Yongala nous est contée par les instructeurs. Ce bateau du début du 20e siècle a fait la fortune de ses armateurs à l'époque de la ruée vers l'or dans le Victoria, il faisait la liaison Darwin Melbourne et était un des seuls à disposer de cales réfrigérées et plus de ses cales de fret habituelles. Pour son plus grand malheur, alors qu'il passait la région de Townsville, il s'est trouvé face à un cyclone de 5e catégorie. Ses grandes cales étaient simplement bâchées. Il semble que les bâches aient été arrachées par le vent (de plus de 250 km/h) et que les vagues submergeant le pont aient rapidement remplis les cales et fait couler le navire. Le grand nombre de corps présents dans ces cales attesterait cette hypothèse : les matelots y sont descendus en nombre pour y actionner un maximum de pompes. Le Yongala est célèbre également pour les trésors qu'il aurait transporté et qui n'ont pas été retrouvés. L'épave a été redécouverte dans les années 60, alors que 2 signalement d'une anomalie sur le fond avait été faite dans les années 40 et que l'épave avait été visitée par des plongeurs en 58, l'identification officielle a eu lieu en 1961. Tous les marins et passagers périrent à bord et y sont encore d'où ce statut de tombe immergée interdisant la pénétration par les plongeurs.
C'est une plongée mémorable à ne pas rater.
Je ferai 4 plongées sur le Yongala, toutes mémorables. Cerise sur le gâteau, le deuxième jour, les baleines à bosse viennent nous faire grâce de leurs joli sauts. (Cette photo n'est pas de moi, je n'en ai pas fait une seule correcte de saut de baleine, ce n'est pas faute d'en avoir vu pourtant ! J'ai également emprunté des photos de surface sur le site yongaladive)
Cerise sur la cerise, les petits crabes bleus de la plage :
Mais il est temps de passer à autre chose, fini la mer, passons à la montagne : à nous les Atherton Tablelands ! | | | À: AirOne · 24 octobre 2011 à 15:28 Re: Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne Message 6 de 41 · Page 1 de 3 · 13 706 affichages · Partager Heu Airone... t'es sur qu'ils sont innofensifs ces grey nurse shark?? Ils ont pas l'air franchement sympa... et leur petites dents on l'air bien affûtées... 
A part ça super photos et super articles, merci de nous faire partager 
Jour J - 3 pour notre part!!!   | | | À: Marilynb · 24 octobre 2011 à 17:06 Re: Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne Message 7 de 41 · Page 1 de 3 · 13 696 affichages · Partager Totalement inoffensifs, à moins de les acculer au fond d'une grotte...  Bon voyage, amuse toi bien là bas. J'en ai encore pour un bon moment pour finir ce carnet... | | | À: AirOne · 25 octobre 2011 à 11:16 Re: Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne Message 8 de 41 · Page 1 de 3 · 13 683 affichages · Partager J'ai pris beaucoup de plaisir à lire :) Spécialement les passages en plongée, ou j'entendais les bulles... J'suis passé en Oz, (98-99) de Cairns à Sydney, plongé (au départ de Cairns) à Holmes Reef, j'ai adoré ce pays... Merci tout plein  P.S: Je vous conseille Hinchinbrook island pour une prochaine fois, en espérant que les dégats du cyclone auront disparus...
| | | À: AirOne · 25 octobre 2011 à 14:01 Re: Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne Message 9 de 41 · Page 1 de 3 · 13 668 affichages · Partager Me voilà rassurée... mais je reste sur ma position qu'ils n'ont pas l'air très sympa... 
Merci encore et vivement la suite... je te lirais en Australie...
A bientôt | | | À: AirOne · 30 octobre 2011 à 0:24 · Modifié le 25 nov. 2011 à 17:45 Re: Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne Message 10 de 41 · Page 1 de 3 · 13 616 affichages · Partager ATHERTON TABLELANDS
Après la dernière plongée sur le Yongala, nous sommes rentrés à terre vers 14h30 et le matériel était vite rincé, nous pensions donc pouvoir partir très vite au plus tard vers 15 h...C'était sans compter sur le zèle de nos amis australiens qui proposent à Camille une...interro écrite !!! Ben oui, PADI c'est sérieux, ça rigole pas, y'a des standards. Oui mais nous on a 5 heures de rouuuuuuuuuuuhouhouhoubouhouhouuuuuuuute. Mes larmes ne les émeuvent pas, nous ne partirons pas avant 17 h 30...c'est à dire 1 h après l'heure où nous devions arriver pour prendre les clés à la location près de Yungaburra...
Je rappelle le gars de l'accom, pas de problème il est d'accord pour nous attendre même après 23h s'il le faut. Faut dire qu'il me vaut bien ça le bougre, 2 jours plus tôt je l'avais déjà contacté pour préparer notre arrivée et ce schtroumpf de m'annoncer que, ben non, il n'y a rien de réservé à mon nom, que c'est bien dommage mais que c'est une erreur et que j'ai du réserver ailleurs et puis voilà....mais moi je suis archi sûr que c'est chez lui sauf que j'avais communiqué par mail avec sa femme...elle est pas là ? Oh meeeeerde...mais il doit bien y avoir une trace des mails ? L'a du mal avec l'ordinateur aujourd'hui, faudra rappeler quand elle va rentrer, en attendant, on ne confirme rien. Je prie pour que sa femme n'ait pas un accident de voiture en rentrant des courses, l'angoisse au ventre (bon, en même temps on trouvera toujours à se loger, mais c'est chiant quand tu as déjà versé 150$ d'acompte) Je rappelle : Jenny est bien rentrée : aucun prob' tout est bien réservé !" Hey you scared me mate !" que je lui balance, ce qui le fait beaucoup rire, le queenslandais met des "mates " à toutes les sauces, il faut le prononcer bien comme il faut, bien nasillard, un peu comme les mouettes dans Némo " Mat', mat' " on entent presque plus le "t". J'en profite pour faire passer l'heure d'arrivée tardive : je lui annonce 21 h...No worries mate !
Nous partons donc tardivement, quasiment à la nuit tombante vers les tablelands, il faut d'abord rejoindre Innisfail puis tourner à gauche et monter. Sur le chemin nous verrons encore de nombreux feux de champ de cane, ce qui est assez distrayant, sauf quand ça se transforme en bush fire et que ça arrive au bord de la route... Près d'Innisfail, les dégâts de Yasi se voient même de nuit : les arbres sont tout dégarni et manifestement clairsemés. Je ne regrette donc pas trop d'avoir annulé la petite croisière que j'envisageais à Palm Island et surtout la location prévue à Mission Beach. Et puis, la location du bateau coûtait la peau des fesses, dans les 4000$ pour 7 nuits, du coup, je me suis un peu lâché sur les locations, j'ai pris du plutôt haut de gamme. Nous nous rendons donc près du lake Eacham crater lake accomodations De petites maisons en bois disséminées dans un petit patch de forêt vierge autour d'un lac.
Il en existe 2 du même type, celle que j'ai choisie et, pour pratiquement 100 $/jour de moins, ils nourrissent activement eux même les animaux, ce qui fait qu'on en voit sans doutes plus, en particulier ils réussissent à attirer de petits phalangers volants (sugar gliders). Parce que tout l'attrait du lieu, c'est de voir des bestioles et en particulier, des oiseaux. Mais nous n'y sommes pas. "Sabine, on passe près d'Innisfail là, on fait le plein ?" "Maiiiiiiis nooooooooooooon, je pense qu'on a assez pour aller au bout et si on en manque un peu, on prendra sur la route..." "Ah ? OK..." J'ai juste oublié un truc, même chez nous, là où elle connait par coeur sa voiture et toutes les stations essence avec horaire d'ouverture, Sabine est régulièrement à deux doigts de la panne d'essence, c'est maladif chez elle : rien à faire... Nous montons donc sur les Tablelands, ça monte raide d'ailleurs, parfois c'est comme monter en station ! Nous montons nous montons nous montons...et nous consommons nous consommons nous consommons...trop... A droite une mur de forêt vierge, à gauche, le même, sauf qu'il est à gauche, au milieu : la jauge qui se casse la gueule...Nous sortons de la forêt et traversons bien quelques micro bleds où les lampadaires ne sont même plus allumés, il y a bien de ci de là des pompes à essence...fermées, éteintes, hostiles, inutiles, insupportables au regard de notre pauvre jauge qui nous affiche lamentablement moins que zéro...la salope ! "Bon, c'est pas une raison pour t'énerver non plus, je pouvais pas savoir qu'ils n'avaient pas de station ouverte dans ce coin et puis c'est toi qui a préparé le voyage, je ne savais pas qu'on allait dans un coin paumé comme ça ! T'étais pas obligé de me faire la surprise..." "Non non, salope, c'était pour la voiture chérie..." "Ah ? Je me disais aussi..." Bon, appelons Jenny, on verra bien, elle nous confirme que nous sommes tout près, 10 km, si nous tombons en rade elle fera la route entre le lac Eacham et Malanda où nous sommes et nous trouvera au bord de la route. Sympa, ça fait déjà pas mal de km que l'ordinateur de bord nous indique "0 km" l'inquiétant menteur...Mais nous arriverons tout de même à bon port et John et Jenny nous payent un coup malgrés l'heure tardive. Et nous nous installons, c'est très confortable et ils donnent en prime un gros panier petit dej de très bonne qualité (produits du terroir) et qui tombe bien vu que nous n'avons pas fait de courses.
Dès le lendemain matin nous sommes mis dans l'ambiance, les oiseaux arrivent : le beau merle (c'est cet oiseau de la famille des paradisiers qui fait cette parade spectaculaire en arrondissant ses 2 ailes au dessus de sa tête, nous en verrons des 10zaines, mâles comme femelles, mais nous n'aurons pas le droit au mating : fait trop froid, c'est l'hiver.)
Joli n'est-ce pas ? je ne vous mets pas de photo des épouses : trop moches pour justifier d'une belle parade et donc d'une photo (je suis vexé...)
Le gros vert, très joli, qui se déplace presque exclusiment par bonds spectaculaires
pas mal de passereaux bien moins beaux
des kookaburras bien sûr, des bush Turkeys of course, des musky rat kangaroo, un gros rat marsupial très mignon,
un autre beaucoup plus rapide et très inquiétant puisqu'on nous a recommandé de ne pas le laisser rentrer dans les maisons, or ils vous filent entre les pattes à une vitesse impressionnante et n'ont pas l'air intimidés pour deux sous... Nous en verrons même un trimballer ses petits, trop gros pour rentrer dans la poche !
des pademelons, qui sont de petits wallabies, mais ils n'approcheront pas assez pour être pris correctement en photo, qu'à cela ne tienne, nous irons voir leurs proches cousins, les Rock Wallabies à Granite Gorge pas très loin qui eux se prêtent bien volontiers aux séances de pose : ils sont semi apprivoisés.
Bref, cet endroit perdu dans la forêt est génial, tout particulièrement si vous êtes passionné par les oiseaux ou si vous avez des enfants.
Le lac eacham est très beau et très sympa pour la baignade, on y voit facilement des tortues.
Yungaburra, la petite ville la plus proche est à 6 km est très sympathique, les restau sont bien et très accueillant, l'office du tourisme également, il y a un petit atelier de taille d'opales où on peut acheter des bijoux pour tous les prix. L'attraction de Yungaburra, c'est le curtain fig tree, probablement l'endroit d' australie où vous avez le plus de chance de voir les tree kangaroos, mais nous n'en avons pas vu, il vaut mieux prendre un guide pour ça je pense...
Par contre, il y a une autre bestiole habituellement difficile à observer en l' australie mais qu'ici on voit très facilement, c'est Mister platypus, le célèbre ornithorynque, que rien que son nom c'est incroyable, mais la bestiole !!! Il suffit de se poster le long de la rivière, sur un banc en fin d'après midi, ne pas bouger et attendre, ça peut durer 1 heure, mais vous finirez par le voir : il descendent et remontent la rivière pratiquement en continu semble t'il, on peut les voir de très près : cette photo a été prise à moins de 2 m.
Yungaburra est célèbre pour ses platypus, il en ont même vu un sur la route une fois !
Mais ce n'est pas tout, ce coin est extrêmement riche en balades et autres attractions, il y a d'autres lacs : le lac Barrine qui est un clone du lac Eacham et le lac Tinaroo pour ceux qui aiment la pêche au baramundi. Moi j'aime pas. Qu'à cela ne tienne, filons donc voir les cascades, il y a la célèbre route de cascades près de Milaa Milaa, assez fréquentée par les tours opérateurs venant de Cairns, surtout la plus belle, celle de Milaa Milaa.
les autres sont bien aussi et on peut en voir beaucoup d'autres dans le Wooroonooran National Parc où il existe de bien belles rando,
la plus célèbre est l'ascension du Mont Bartle Frère 1600 m, une très grosse balade, nous nous contenterons de petites rando de 2 h en forêt, trop de choses à voir pour consacrer toute une journée à la randonnée.
Il faut passer voir le cratère aussi et puis ne pas oublier une petit tour dans les mareeba wetlands, contraste étonnant qui vous fait passer de la forêt vierge du lac Eacham,
aux paysages de moyenne montagne digne du massif central des Atherton Tablelands
pour vous retrouver dans le bush de Mareeba avec ses kangourous (le plus souvent morts en bord de route) et ses termitières.
La petite balade en canoë est sympa sur le petit lac près du centre touristique, il n'y a pas de crocodiles dans ce lac, ils se trouvent un peu plus loin dans les wetlands sur la route de Cairns, là il faut faire attention.
La balade en canoë permet de voir quelques beaux oiseaux assez communs : grande aigrette, Ibis, Cormorans, Jacanna...
On rencontre facilement en se promenant autour du lac à cette période les grandes grues à tête rouge qui remontent de Tasmanie et de Nouvelle Zélande en Hiver. On les retrouvera également dans un champ sur les Tablelands où j'ai pris ces photos :
Nous verrons également mais de très loins, 2 Jabirus. les grosses jumelles étaient bienvenues, le 300 mm du réflex était insuffisant. Beaucoup d'autres oiseaux, dont un groupe d'émeus qui étaient fort peu farouches malgrés les poussins et ce beau guépier
Ce séjour sur les Tablelands s'achève sur une impression de pas assez. Les paysages très valonés vont nous manquer, avec ces grands bagnans ou manguiers sortis de nulle part et trônant près de petites fermes, si vous avez vu le film "l'arbre" avec Charlotte Gainsbourg, vous pouvez vous faire une idée assez précise de cet endroit très particulier. Tout y est calme, peu de touristes viennent et quand ils viennent c'est pour effectuer le circuit des cascades, un passage au curtain fig tree et une pause sur un des lacs. Pourtant, il est réellement agréable d'y rester, Yungaburra tout particulièrement est un village très sympathique, je n'en dirais pas autant de Atherton, ni même de Milaa Milaa où l'accueil n'est pas toujours à la hauteur. Le gros bémol en cette saison, ce sont les températures nocturnes qui, malgré les latitudes tropicales, descendent à 10°, voir 5° les nuits d'hiver : les matins sont frisquets et nous faisions fonctionner le poêle.
C'est donc avec plaisir que nous repartons vers le Nord : prochaine étape, la daintree Rainforest. La route qui va de Atherton à Port Douglas est absolument magnifique et offre des points de vue superbes.
| | | À: AirOne · 30 octobre 2011 à 19:37 · Modifié le 2 nov. 2011 à 16:40 Re: Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne Message 11 de 41 · Page 1 de 3 · 12 919 affichages · Partager THE DAINTREE RAINFOREST
Dans rain forest il y a rain, c'est le souci du lieu, nous sommes certes en saison sèche, mais le camping est une solution à risque pour nous, je ne me rappelle pas d'un seul épisode camping sans pluie. Rien que pour ce voyage nous n'avons eu qu'un seul épisode de pluie, c'est à Fraser Island...quand nous campions (je veux dire, en vrai : sous la tente), or la pluie est extrêmement rare autour de Brisbane en Hiver...oui mais voilà : nous campions... Donc, fort des pépètes sauvées par l'anulation de la croisière, nous continuons de nous la pêter grave : je loue carrement une baraque dans la Daintree et au bord de la mer, à Cow Bay s'il vous plaït ! Monsieur se lâche, il est en phase maniaque... Tant pis pour le camping de Noah beach sur lequel je lorgnais. Il y a 2 campings au bord de l'eau dans la daintree ; un calme Noah Beach où il faut avoir sa voiture, un pas calme du tout à Cape Tribulation, là, pas besoin de voiture mais prenez les boules quies, cape Trib' a sa boite de nuit et ça picole sec croyez moi...pour ceux qui aiment... Moi, j'aime pas... Il y a pas mal d'options de logement dans la daintree, de l'autre côté de la rivière s'entend, ce qui permet de ne prendre qu'un aller retour de bac. C'est une économie financière vite perdue puisque les logements sont plus chers côté forêt, mais c'est un gain de temps énorme : la circulation n'est pas toujours facile, surtout en ce moment, ils refont la route 2km après l'embarquadère. Il y a plusieurs lodges qui proposent un peu toutes les options possibles, il y en a pour toutes les bourses mais avec un surcoût à chaque fois. Je suis passé au Crocodilus village , pas cher, logement dans de grandes tentes minimalistes, pas mal, mais je pense qu'à tout prendre il vaut mieux camper à Noah Beach , c'est un chouette petit camping le long de la plage, il y a très peu d'emplacement (16 je crois), il faut donc réserver. Donc, placez vous côté forêt pour la chasse au casoar. Il y a beaucoup de dos d'ânes dans la Daintree, fort bien et fort souvent signalés. Beaucoup de panneaux ont été détournés et transformés en escargots, le plus célèbre étant celui du casoar mort, "avant, après"
C'est en grande partie pour ça que nous sommes là, nous voulons voir un casoar, il paraît qu'on en voit facilement ici, moins facilement qu'à Mission Beach, mais Mission Beach... Nous prenons le bac non sans avoir préalablement scruté la rivière à la recherche des salties, ces gros crocodiles aussi marins que dangereux, car mangeurs d' hommmeenuneseulebouchéeetsansmâchersilvousplaît ! Fichtre, ça craint...je veux dire, that sucks mate ! Nous traversons en priant pour que le frêle esquif ne chavire point.
Ouf ! Il a bravé la tempête sans faillir et nous dépose saufs sur l'autre rive, s'il ne se planquait pas dans sa cabine tout là haut, je pense que j'aurais fait une bise au capitaine...c'est peut-être pour ça que sa cabine est haut perchée comme ça d'ailleurs ?
La route offre de magnifiques point de vue sur l'estuaire de la Daintree, tout au fond c'est Port Douglas. Nous rejoignons notre home, superbe maison queenslandaise sur pilotis à flanc de colline, entièrement autonome avec panneaux solaires et citernes d'eau. Du coup, pas de machine à laver ni sèche linge qui sont trop gourmands en énergie, mais il y a l'indispensable frigo...C'est peu dire que cette maison est agréable, elle est chère, mais elle le vaut. C'est vraiment un cadeau qu'on s'offre, pour ceux qui seraient tentés : daintree magic
La grande terrasse avec son hamac est particulièrement appréciée. On peut loger dans cette maison à 3 couples sans problème, ce qui fait 100$ par couple et devient abordable. Pour une famille...hem, c'est tout de même très cher, il faut vraiment être un maudit de la pluie au camping... Nous nous installons, ravis. La propriétaire n'est même pas là, c'est ouvert, appelez moi en arrivant, vous êtes bien installés ? Bon, rappelez moi en partant... Sont pas chiants dis donc par ici ! Nous sommes enthousiastes, nous décidons d'aller voir la plage à côté, il est déjà 16 h et la nuit tombe à 18 h.
Et dans le chemin de la propriété : un... un... un...UN CASOAR !!!! AVEC SON POUSSIN EN PLUS !!! Nous sommes dans la voiture, ils passent devant, très cool, à 10 m de nous, pas pressés, jetant un petit coup d'oeil de temps en temps. [hurlements chuchotés] : BORDELBORDELBORDELBORDEL OU EST L'APPAREIL PHOTO ?!?! L'APPAREIL PHOTO !!! MAIS CH'AIS PAS CH'AIS PAS !!! MAIS C'EST KIKILAPRIS C'EST KIKIL...ha ! le voilà...VIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIITE PADPANIK PADPANIK PADPANIK. nos deux amis sont de l'autre côté du chemin maintenant et le poussin s'engage dans le fourré, hors de portée de tir...pas grave, il me reste la mère, je vise et je shoote, clakclakclakclak, j'ai le temps de la cadrer 10 fois au moins, YES !!! Et la maman disparaît à son tour. OUAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIS !!!! ONAVU UNCASOAR-EUH ! ONAVU UNCASOAR-EUH!!! T'as fait de belles photos papa ? Ouais, je cr...oh merde pensais-je, j'étais en iso 100 et réglé pour des photos prises en plein soleil, fermé à fond et vitesse > 500/s. Et je suis même pas passé sur auto, ou prio ouverture au moins, non non : je suis resté en manuel. Et ça fait 10 belles photos TOUUUUUUUUUUUUUUTES NOAAAAAAAAAAAAARES BOUHOUHOUUUUUU. T'es nul papa... Les enfants sont cruels... Magie de l'informatique, en jouant à fond sur la correction gamma, on arrive tout de même à récupérer quelques pixels :
Magie de l'internet, on arrive à récupérer des photos de photographes compétents :
c'est exactement ça qu'on a vu.
Allez, allons-y à Cow Bay. (onavu uncasoar-euh onavu uncasoar-euh) C'est un bien jolie plage ma fois, assez peu fréquentée, de toutes façon, les plages ne manquent pas ici, elles sont toutes aussi belles, c'est juste le problème des panneaux qui vous annoncent partout méduses mortelles et crocodiles mesquins prêts à vous emporter la jambe gauche (il paraît que, bizarrement, ils préfèrent la jambe gauche...).
Une seule exception pour ces panneaux à Thornton Beach, et c'est bien sûr là que nous verrons un crocodile près de l'estuaire, mais côté rivière, pas loin, à 200 m, pas plus. Il n'en reste pas moins qu'à 200m de lui, des gens se baignaient. Nous leurs avons signalé le lascar, ils nous ont répondu sûrs d'eux (en bons allemands), "impossible ! Il n'y a pas de panneaux d'avertissement ici !" il a fallu que je leur montre...
Moralité, ce n'est pas tant aux panneaux qu'il faut se fier, mais à la proximité des embouchures de rivière, pas de ruisseaux, de rivière, le crocodile a besoin de pouvoir se faire chauffer au soleil, il faut donc que la rivière soit suffisamment large pour être dégagée. En saison sèche, ils s'aventurent extrêmement rarement loin de l'embouchure, on peut donc se baigner à Cow Bay ou à cape Tribulation sans s'éloigner du bord, à Thornton Beach une trempette rapide, pas plus. En saison humide on ne va carrément plus dans l'eau à cause des cuboméduses. (ces renseignements ont été pris auprès de plusieurs locaux qui vivent en permanence là bas) Mais ce sont tout de même de bien belles plages.
Oui, la plage c'est bien, mais c'est vite chiant, il ne faut surtout pas trop y trainer, il y a tant de choses à faire ici : demain, balade sur la Daintree avec Dan Irby. | | | À: AirOne · 31 octobre 2011 à 13:19 · Modifié le 2 nov. 2011 à 16:39 Re: Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne Message 12 de 41 · Page 1 de 3 · 12 893 affichages · Partager LA RIVIERE DAINTREE AVEC DAN IRBY
Nous avons réservé 2 tours sur la Daintree, un de jour et un au coucher du soleil. j'ai passé en revue les opérateurs et mon choix s'est porté sur 2 d'entre eux qui faisaient des tours de 2h, les tours de 1h étant presque exclusivement consacrés aux crocodiles. De plus ces tours de courte durée obligent à limiter la distance parcourue sur la rivière, or ils sont les plus nombreux car 2 fois moins chers (25$), il se trouve donc une petite portion de la rivière autour de l'embarcadère qui reçoit un grand nombre de barges à touristes. La plupart du temps, ces touristes veulent uniquement du sensationnel, des crocodiles quoi...pour ceux qui aiment... Moi j'aime pas... Je choisis donc le tour de 2h et mon choix se porte sur Dan Irby parce que...parce que il a une bonne tronche... L'autre c'est lui : www.daintreerivertours.com.au/ Bon, je ne me contente pas de ce critère purement esthétique en fait, le bateau me convient bien, pas de toit ce qui permet de mieux voir dans les arbres (s'il ne pleut pas), petit nombre de sièges : pas plus de 8 personnes, et les sièges sont orientables, ce qui est assez confortable je dois dire. Voilà, c'est décidé, ce sera Dan sans toit et 2 fois 2h ! Je me lâche je vous dis, c'est la crise, faut tout claquer avant que les banques ne se cassent définitivement la gueule ! Pour la retraite...on verra bien...
Dan c'est demain après midi, on se couche, on dort. Et on se réveille au milieu de la nuit : un vacarne assourdissant, comme si on se retrouvait au milieu d'un énorme baton de pluie, parce que justement, c'est ça : il pleut. Mais alors il pleut bien bien bien, je vais voir sur la terrasse, c'est impressionnant comme ça tombe, tu marches 2 m et t'es mouillé comme si t'étais passé dans la baignoire, ha ha ! C'est dingue ! quand je pense qu'on aurait pu camper ! Ha Ha Ha ! Et puis là, je repense aux sorties prévues le lendemain...et meeeeerde... Je me recouche en repensant à l'autre bateau, celui qui a un toit...
Fort heureusement, les colères du ciel tropical sont de très courte durée en saison sèche et le lendemain matin tout va bien, le soleil est revenu ! Nous avons repéré des petits chemins autour de la maison qui s'enfoncent dans la forêt vierge, vu notre situation, coincés entre la route la colline au pied de laquelle coule un ruisseau et la mer, il y a peut de chance qu'on se paume définitivement là dedans. Alors on va se promener au pif, c'est vraiment la forêt vierge, les guêtres ne sont pas de trop, nous marchons une demi heure et le chemin disparaît dans la brousse, plus moyen d'avancer, nous espérions tomber sur nos casoars, nous avons bien retrouvé leurs fruits favoris, pas plus. Nous n'avons vu absolument aucun animal, quelques araignées, des fourmis, c'est tout, mais les bruits tout autour sont permanents, il suffit de s'arrêter et d'écouter pour se rendre compte que la faune est partout.
Revenant vers la maisons, nous prenons un autre chemin qui s'arrête brutalement face à une forte pente qui descend 10 m plus bas où coule le ruisseau, me vient alors cette idée géniale, pardon, à la con : "Ouah hé, trop cool, on suit le ruisseau jusqu'à la mer, ce serait comme man vs wild hé !" "Oh non, et si y'a des crocodiles ?" "Ouah l'aut' hé, la trouillarde hé ! Y'a même pas de crocodiles, c'est bien trop p'tit d'abord hé !" Nous formerons 2 groupes, moi et Camille qui suivrons la rivière jusqu'à la plage à 2-300 m à vol d'oiseau et l'autre qui fait le tour par la route.
Au début, pas de problème, la petite vallée est assez large et on marche le long de la rivière facilement, c'est tout de même assez problématique, les fougères sont souvent redoutablement épineuses, et, contrairement aux essplorateurs de la télé, nous n'avons point de machette... Et puis la vallée se resserre, se resserre, pour finir le ruisseau passe entre 2 talus de terre escarpés...pas le choix, il faut marcher dedans, jusqu'à présent nous n'avions eu qu'à tremper les pieds, ce qui en soit était déjà assez désagréable, mais là nous passons à la vitesse au dessus : jusqu'à la taille.. "Papa?" "Heu...oui ?" "T'as vraiment des idées à la con !" "Mais euh, c'est man vs wild !" "Oui, mais c'est surtout très con..."
Nous bataillons fermement, luttant contre les lianes épineuses, les toiles d'araignées et l'angoisse du crocodile qui aurait oublié que les crocodiles n'ont rien à faire dans les petits ruisseaux...je me surprend à imaginer un crocodile mutants qui aurait une autonomie extra longue, un crocodile alcaline, ou pire un croco NIMH ! Mon dieu ! Je presse le pas.
(cette deuxième araignée se trouvais en toute simplicité dans notre location...au dessus du lit...) Une heure, il nous aura fallu une heure pour faire 300 m, il faut dire que le ruisseau serpente dur et que les obstacles sont nombreux, mais on l'a fait non de dieu ! Sabine était à 2 doigts d'appeler les secours...
Nous passons quelques temps sur la plage, repos bien mérité avant d'aller retrouver Dan sur la grande rivière, celle où grouillent les crocos : la Daintree !
Nous retrouvons Dan près de l'embarcadère, une vraie bouille de père Noël et très sympa, d'emblée nous sympathisons. Nous serons 6 passagers, nous et 2 touristes américano australiennes.
Dan ne se contente pas de montrer 3 crocodiles, il explique la rivière, les mangroves, leur évolution, leur reproduction. Par exemple, je suis stupéfait d'apprendre que d'une rive à l'autre, sur un affluent de la rivière qui ne fait pas plus de 15 m de large et qui est quasiment couvert par le feuillage, les essences sont différentes d'une rive à l'autre. Il nous en apprendra bien d'autres.
Nous verrons énormément de martins pêcheurs de 3 espèces différentes, quelques guêpiers, de grands hérons locaux, grandes aigrettes, spatules.
Et puis, bien sûr le seigneur du lieu, sa majesté le croc'. Le petit bateau ne l'impressionne pas celui là, il est pratiquement aussi long, il ne bouge pas, impressionnant, Dan approche à 2 m ! Je suis même obligé de changer le 70-300 pour le 18-200, il me faut du grand-angle !
Nous verrons d'autres crocodiles de plus loin, moins enclins à se laisser aborder car plus petits.
Les 2 h passent vite, trop vite et je ne regrette ni d'avoir pris un tour longue durée, ni d'en avoir même pris 2.
Dan dépose nos 2 copines et nous attendons les 3 suivants. Surprise, ils sont français, Dan se retrouve donc seul au milieu de 7 français ! L'un d'entre eux est quasiment un local, il travaille à Port Douglas. L'ambiance est bonne à bord, le langage reste principalement l'anglais sauf quand il s'agit de traduire à Fanny. C'est toujours marrant de se retrouver entre français et de parler en anglais...
Le tour au coucher du soleil est très différent, les animaux recherchés ne sont pas les mêmes, bien sûr, les crocodiles sont de mise, nous passerons voir le fameux "scar face" dont les habitudes sont telles qu'on ne peut pas le manquer nous apprendra Dan, nous en verrons un autre en goguette
et plusieurs petits de nuit repérés par la lampe qui fait luire leurs yeux.. Plus la nuit tombe, plus l'ambiance devient extraordinaire, nous nous sentons pris par l'ambiance de la rivière, de la forêt. Nous suivons des vols de petites aigrettes qui remontent toutes la rivière jusqu'à ce que nous tombions sur leur dortoir ! Des centaines, voir des milliers d'aigrettes rassemblées pour dormir. Ces oiseaux ne sont pas une découverte pour nous, puisqu'ils sont quasiment ubiquitaires sur la planète, sauf en régions polaires. le spectacle n'en est pas moins surprenant.
Dan nous trouvera quelques grenouilles arboricoles, dont celle ci qui est la plus grosse au monde, de la taille d'une grosse rainette elle dépasse largement ses congénères qui avoisinent en général la taille d'un phalange.
Et puis nous finirons en beauté par un superbe Papuan Frogmouth, l'oiseau star du lieu.
Bref, un tour à ne louper sous aucun prétexte et vraiment, vraiment préférez le tour de 2 h avec un guide qui vous fera découvrir la rivière. Si vous êtes intéressés surtout par les serpents et autres reptiles, préférez le tour du matin. Les crocos se voient quasiment à toute heure, bien entendu, la nuit, ils sont plus difficiles à voir. | | | À: AirOne · 2 novembre 2011 à 16:38 Re: Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne Message 13 de 41 · Page 1 de 3 · 12 842 affichages · Partager SNAPPER ISLAND
Aujourd'hui nous avons décidé de passer une journée sur une petite île qui se trouve en face de l'embouchure de la Daintree : Snapper Island. Elles est inhabitée, il y a assez peu de tours qui s'y rendent et c'est toujours en kayak, va pour le kayak donc. Je suis passé par le Crocodilus vilage qui se situe près de notre location à Cow Bay, j'en ai déjà parlé plus haut, on peut aussi y aller avec un opérateur à partir de Port Douglas . Crocodilus organise des séjours sur l'île de 24 h dont une nuit sur place, ce qui ne nous intéresse pas vu que nous sommes très bien logés et que, accessoirement, ce n'est pas donné... Je fais valoir tout ceci aux gens de Crocodilus, je leur signale également qu'un prestataire de Port Douglas fait des sorties journée sans la nuit sur place...il n'en faudra pas plus pour les convaincre : le Crocodilus village fait maintenant des sorties à la journée ET des sorties 24 h. Rendez vous est pris au petit jour sur Cow Bay beach. le vent qui souffle assez fort depuis quelques jours s'est bien calmé, par contre, quelques même s'il fait très beau à terre de gros nuage sous lesquels il pleut manifestement beaucoup nonchalamment passent sur la mer...ça, c'est pour nous me dis-je pessimiste.
Nous sommes 14, 2 jeunes Australiens de Newcastle, 2 autres Australiennes? une famille de 4 allemands, nous 4, 2 américains et, encadrant ce joli groupe digne d'un inventaire à la Prévert, nos 2 accompagnateurs. Petit briefing sue la plage " qui n'a jamais fait de kayak ? Qui a une bonne pratique ?" Sabine et moi levons la main fort de nos 15 ans de pratique régulière du kayak de mer, nous signalons qu'étant tellement forts, nous trimballerons sans problème nos 2 poids morts de progéniture, nous faisons rouler nos muscles saillants et balançons un sourire carnassier, la blancheur insoutenable de nos dentitions parfaites éblouit nos congénères...alors, nos yeux délavés d'aventuriers aux joues creuses se portent vers le large, sans plus un regard vers les autres, nous empoignons kayaks et pagaies et d'une foulée ample mais souple (au ralenti) nous nous lançons vers les flots tumultueux et infestés de crocodiles affamés. Je fais monter Fanny devant, Sabine fait de même avec Camille. Camille souhaite apprendre, elle me demande comment on fait pour tourner, je lui explique qu'étant à l'avant, elle doit aller chercher loin du côté où elle veut tourner et ramener la pagaie vers elle. Aller chercher loin consiste à bien tendre le bras en dehors de l'esquif, la pagaie devant être quasi verticale il faut légèrement s'incliner et prendre légèrement appuis sur la pagaie. Bref, ça ne s'improvise pas, ça justifie un peu d'entrainement et ma petite démonstration est sans doute un peu insuffisante... Toujours est il que la bougresse s'exécute aussitôt, lance sa pagaie bien loin sur tribord, tout le buste suit, la pagaie est bien verticale et n'offre aucun appuis, elle s'enfonce donc inexorablement, les lois de l'attraction universelle et de la physique en général s'appliquant à elle comme à Sabine, le kayak se retourne.. Du coup, notre statut d'aventuriers aux joues creuses en prend un sacré coup. Sabine n'arrange rien en vociférant " Au secours ! Les crocodiles ! Ils vont me manger !" Je m'approche pour donner un coup de main en stabilisant le kayak qu'elles viennent de retourner. Conscient du ridicule, je remercie le ciel que nos cokayakistes ne parlent pas le français et..."Vous voulez un coup de main ?" nous demande gentiment notre accompagnateur australien qui a fait ses classes de moniteur de kayak dans notre beau pays... Je maudits le ciel... Cette petite mésaventure a pour effet de considérablement refroidir les ardeurs, nous avons 4.5 milles à parcourir, il y a des requins et des crocodiles qui fourmillent sous nos fesses : ne pas tomber...ne paaaaas toooomber... Personne ne tombe plus. Ceci dit, ça ne fourmile pas du tout de bêtes féroces sous nos fesses...mais on ne sait jamais... Un des gros nuages qui passaient au loin vient nous rendre visite comme prévu et nous arrose assez légèrement, il nous effleure dirons nous. Nous n'en verrons pas d'autres. La mer est clémente et le clapot est très léger. traversée sans encombre donc. Snapper island est une jolie petite île avec de très belles plages côté Nord, bien exposées au soleil et bien à l'abri du vent. Le récif de corail est en bon état et le snorkeling y est agréable sans être exceptionnel : la proximité de la Daintree rend l'eau turbide et la visibilité n'excède pas 5 m ce qui n'est pas trop gênant si près de la surface. On voit régulièrement des tortues dans ce coin, mais nous n'en verrons pas.
Un petit campement est installé dans la forêt où nous ferons notre pique nique. La journée se passe en balade, bronzette et natation, il n'y a pas de crocodiles ici : trop loin du bord.
Et puis nous rentrons. C'est une petite sortie très sympathique, je pense qu'il ne faut pas hésiter à passer la nuit sur l'île pour ceux qui n'ont pas de logement programmé pour la nuit. Le plus simple étant de loger au Crocodilus et de programmer une nuit à Snapper Island. | | | À: AirOne · 2 novembre 2011 à 21:55 · Modifié le 5 nov. 2011 à 13:17 Re: Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne Message 14 de 41 · Page 1 de 3 · 12 831 affichages · Partager NOUS AVONS POSE NOS PALMES SUR LA GRANDE BARRIERE !!!
La visite de la grande barrière est considérée par tout bon touriste Européen ou autre qui passe dans le Queensland comme un must do. Je n'en suis pas si sûr. Bien sûr, si vous faites une croisière Mike Ball qui vaut un oeil + un bras, vous en aurez pour vos pépettes, mais vous ne serez sans doutes pas beaucoup plus impressionnés que si vous aviez fait 2 semaines de croisière plongée aux Maldives...et 1 semaine avec Mike Ball, c'est 2 semaines aux Maldives. Faites vos jeux. Nous avons décidé de nous lâcher, mais pas à ce point là. Le Yongala + Wolfrock nous ont déjà bien rassasiés. Mais bon, c'est dommage de ne pas aller y faire un tour sur la grande barrière ! Les tour opérateurs de Cairns et Port Douglas proposent tous la même formule : un gros bateau avec 50 à 100 personnes à bord que l'on lâche sur un récif qui n'a fait de mal à personne et qui n'a rien demandé. Le gros des troupes en snorkeling et le reste avec bouteilles. Pour notre Whale watching à Hervey Bay nous n'étions même pas une trentaine à bord et je trouvais que cétait beaucoup ! Alors 50 à 100 ! Faut aimer ! Moi, j'aime pas... Mais il y a d'autres solutions, il faut préférer les bateaux de plus petite capacité qui ne prennent qu'une 20taine de passagers. Ces bateaux ne prennent que des snorkelers mais ils ont l'avantage de pouvoir choisir un site qui ne convient qu'au snorkeling, sans être obligés d'aller sur un site pouvant recevoir snorkelers et scuba divers. Ces petits bateaux se retrouvent donc habituellement seuls sur leur récif, c'est bien plus agréable. Nous sommes au nord de la Daintree, dès lors un seul choix : Ocean Safari - C'est une petite structure basée à Cape Tribulation, ils proposent un tour d'une demi journée seulement pour 2 raisons très simples : tout d'abord leur bateau est extrêmement rapide, ensuite le récif est plus proche de Cape Trib que de Port Douglas et à fortiori de Cairns. 1/2 h de trajet, parti à 9h tu rentres pour midi ! L'accueil est très sympathique, à l'australienne. Ils prêtent des combi aux enfants, les adultes doivent louer, le reste du matériel, palmes masque et tuba (PMT) sont fournis, ils fournissent aussi des coupe vents aux imprudents qui ne savent pas que même quand il faut chaud, en mer, on peut avoir froid, surtout quand on vient de passer 2 h dans l'eau... Le départ se fait de la plage, au nord ou au sud du cap selon le vent. Nous embarquons, nous sommes une vingtaine. Les énormes moulins du gros semi rigide vrombissent et on décolle !
Zzzzzzzioufffffff On est arrivé ! Pas croyab' ! On arrive là :
J'ai pioché cette photo sur le web, les conditions étaient exactement celles là : le vent a cessé de souffler depuis 2 jours et nous ne nous en plaignons pas ! C'est superbe.
Le récif lui aussi est superbe, Camille et moi habitués à la pratique du snorkeling et même de l'apnée, partons bille en tête sans trop nous rendre compte que nous sortons de la zone impartie.
Je finis par me rendre compte que tout là bas, un gars me fait des signes désespérés pour que je me recentre par rapport au bateau. Ce que nous fîmes. C'est vraiment un très chouette coin pour le snorkeling, on y voit en particulier énormément de tortues et également des raies aigles qui passent. Ils croisent souvent des requins pointes blanche de récif, mais nous n'en verrons pas. Les tortues se voient très facilement dans la zone la moins profonde, 2 m pas plus.
On croise aussi un peu plus loin des bénitiers absolument gigantesques, je n'en ai jamais vu d'aussi gros, plus de 1 m !
Et de grands classiques comme cette pastenague à points bleus ou ces poissons clown
Après 2 heurs dans l'eau nous finissons par avoir froid et la polaire n'est pas de trop malgré le chaud soleil tropical. Une petite séance photo avant de partir et... Vroooooom zzzzzzziouf...Argh ! Encore des baleines ! Eh oui, encore des baleines à bosses qui réjouissent tout le monde à bord et qui nous font encore un joli saut...que je loupe encore une fois... rezzzzzzzziouffff et nous sommes arrivés cette fois ci
Super matinée, nous sommes ravis. J'ai beau être plongeur expérimenté, plus de 600 plongées un peu partout dans le monde, ce petit PMT m'a enchanté et permis de faire des chouettes photos. J'utilise un grand angle et un flash déporté, mais avec un matériel beaucoup plus basique on peut faire de très belles photos à cet endroit. Nous consacrerons notre dernière après midi à la plage, puis à la chasse au casoar. Et nous en reverrons 1 autre dans un petit chemin adjacent, de trop loin pour la photo. Nous sommes également à la recherche de papillons Ulysses. ces grands papillons bleu vif que l'on voit assez souvent mais qui semblent ne jamais vouloir se poser près du photographe, rien à faire, je n'en aurai pas un seul ! (je sais pas comment il a fait ce lui qui a pris celui là :)
Je me contenterai de celui là, beaucoup moins beau mais bien plus cabotin !
et puis ces bestioles étranges que l'on trouve dans certaines plantes grasses
Il est temps de ranger notre chouette maison et de faire les sacs, demains nous prenons l'avion pour l'hiver : nous allons à Melbourne chez des amis et là bas, ça caille ! Dernières chauves souris avant de partir.
A nous Melbourne ! | | | À: AirOne · 4 novembre 2011 à 21:43 · Modifié le 7 nov. 2011 à 15:16 Re: Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne Message 15 de 41 · Page 1 de 3 · 12 796 affichages · Partager LES KOALAS DE LA GREAT OCEAN ROAD
La route qui va de Cape Tribuation à Cairns longe la côte et est plutôt sympa, jalonnée de belles plages et de quelques joli points de vue dont nous profiterons avidement. Ce qui perturbera grandement ce pauvre parapentiste qui ne réussira jamais à faire voler son machin sous nos regards goguenards et impitoyables...hin hin hin...
Nous voici donc partis pour Melbourne, les nouvelle de la météo tout là bas ne sont pas catastrophiques : beau temps, 5° le matin et 15° l'après midi. Si ça reste comme ça je signe des 2 mains me dis-je avec gourmandise. Maintenant je peux vous l'avouer avec une pointe de honte : c'est resté comme ça et ça c'est même amélioré, il a fait plus chaud. Si je regarde bien, je m'aperçois que nous avons eu le même temps près de Brisbane et à Melbourne ! Soleil ultra majoritaire, vent très variable et un poil de pluie. C'est pas souvent que ça se passe comme ça, j'apprécie.
Nous nous rendons donc à Melbourne chez l'ami David qui, le bougre, possède une ferme à 70 km au Nord de la ville à Bullengarook. Non, ne cherchez pas. C'est un hobby, David est avocat d'affaire et fils de fermier, il dispose d'une maison à Toorak dans la proche et huppée banlieue de Melbourne. La ferme lui manquait, alors il s'est acheté une ferme de 40 ha et une petit troupeau de 25 têtes, et puis des chevaux aussi...bref, nous disons que nous aurions peut-être du faire du droit.
Voyant comment il est installé, je réalise avec angoisse comment il a pu considérer ma propre maison quand il est venu il y a 2 ans. elle est bien ma maison, mais rien à faire : la sienne est beaucoup mieux. Je préfère me dire que, sur ce coup là, je suis gagnant. Faut être positif dans la vie ! Et je décide dans la foulée de profiter sans vergogne de la vie luxueuse des avocats d'affaires anglo saxons ! Non mais !
Ceci dit, si l'on oublie le prix cumulé des 2 maisons, ils vivent assez simplement nos amis ce qui met finalement tout le monde très à l'aise. La vie à la ferme, c'est la vie à la ferme, alors nous allons comme tout le monde participer au marquage des veaux
et la nuit venue, nous allons aider à faire le feu de broussailles. Tout fermier australien qui se respecte doit le faire, il s'agit de ramasser un maximum de déchets végétaux qui gisent sous les eucalyptus et de débroussailler un peu. Le tout doit être mis en tas et brûlé. Cet entretient régulier limite le risque de feu. Les incendies de forêt d'eucalyptus se propagent à des vitesses fulgurantes et sont souvent meurtriers l'été venu : en 2009 plus de 300 morts. Donc, on prévient :
Mais les loisirs sont aussi au rendez vous, les filles vont faire du cheval, sur 40 ha, il y a de quoi faire...
De vrais coq en pâte : une honte je vous dis !
Les choses à voir dans ce coin ci ne valent pas forcement le déplacement : la vue du Mont Macedon qui culmine à 1000 m d'où on voit une partie de Melbourne et de Philip Bay est sympa sans être très spectaculaire. Le petit parc de Hanging Rocks près de Woodend est plus intéressant avec ses cahots granitiques (j'avais oublié l'appareil photo alors j'ai encore une fois dévalisé la toile)
On y voit souvent des Kangourous, dont un permanent qui assure la garde. Pas très loin, quoique bien plus à l'Est, se trouve l'ancienne mine de Balarat et le parc de Sovereign Hill où les copains tiennent à nous conduire.
L'Australien a ceci en commun avec l'Américain que son histoire nationale lui paraît trop courte, c'est bien sûr encore plus vrai chez le premier. Il tient donc à montrer à ses cousins Européens, continent si riche culturellement que les vestiges débordent et tombent en ruine tant ils sont nombreux, que lui aussi il a une histoire ! Na ! Il existe donc près de Balarat au Nord Ouest de Melbourne, un parc qui est une ville minière reconstituée sur les lieux de la première ruée vers l'or Australienne. Il y avait eu là à la fin du 19e une rébellion avec acte de sécession suite à une taxation abusive de l'état du Victoria. Rébellion rapidement matée qui n'a rien à voir avec la guerre de cécession ou avec la commune de Paris. Quels petits joueurs ces Australiens ! Ha ha ! Oui, mais bon, ce serait impoli de refuser. Au moins pourrais-je explorer cet endroit pour les futurs voyageurs qui passeraient dans le coin et auraient l'idée saugrenue de vouloir visiter ça. D'autant plus impoli que rien à faire, David invite : il veut payer l'entrée pour tout le monde ! Et c'est pas donné en plus : 40 $ par tête de pipe ! Le parc lui même est très sympathique et très bien fait avec des acteurs en costume d'époque qui vaquent.
Divers métiers sont représentés, forgeron, fabriquant de bougies, un tour à bois impressionnant, une fabrique de wagonnets etc...
On retrouve la vielle mine bien sûr que l'on peut visiter, c'est dans cette mine qu'un pépite de 10 kg avait été retrouvée, un record national.
Il y a un petit ruisseau qui coule où ils laissent filer de temps en temps un peu d'or, libre à chacun de prendre sa bâtée et de tenter sa chance...nous n'avons rien trouvé bien sûr...
Et puis nous avons rencontré là un gar qui nous a dit qu'il savait où trouver des koalas. Nous discuttions de choses et d'autres, il nous demande ce que nous faisions le lendemain, j'annonce mon intention de me balader sur la Great Ocean Road et il me dit connaître l'endroit où on en trouve le plus facilement : sur la route de Cape Ottway.
OK pour Cape Otway ! lui dis-je. Le lendemain nous partons donc pour la GOR, nous rejoindrons les amis à Melbourne tard le soir.
La Great Ocean Road ! Tout le monde en parle, c'est magique! C'est magnifique ! C'est le pied !
Ben en fait non... Vivant en Europe, nous avons un kilométrage de côtes absolument impressionnant et donc des routes côtières fabuleuses, bien plus belles que la GOR. Faites Marselle La Ciotat, Sagone Porto, Saint Malo Trébeurden, vous en prendrez autant, sinon plus dans la vue. L'endroit le plus impressionnant de la GOR, c'est les 12 apôtres, cette fois ci, on y va même pas, ça fait un peu loin et on veut passer du temps avec les koalas. C'est rigolo les koalas... Bien, ceci dit, ce n'est pas non plus hideux. La mer est belle et claire, il y a de petite villes côtières très sympa (j'aime beaucoup Lorne) et des forêts qui justifient de belles balades, surtout dans les Otway range. La route en elle même est particulièrement belle après la sortie de la forêt de Otway NP. Sinon, ce sont des colines qui tombent dans la mer et de belles plages de surf, rien de très extraordinaire mais un très jolie balade
Alors il ne faut surtout pas rater les koalas. Sur cette route il y a pas mal d'endroits où on peut les voir, mais le plus spectaculaire me semble être la route du Cape Otway, celle qui va vers le phare (lighthouse); Papa ! Là ! Un koala ! Nous commencions à désespérer, navigant entre les hauts eucalyptus bien touffus, ne repérant pas la moindre trace des bestioles. Ce n'était tout simplement pas les bons arbres, ces gentils nounours sont difficiles et ne mangent pas les feuilles de n'importe quelle espèce. En règle générale, quand les eucalyptus s'éclaircissent, il faut chercher : il y en a. Notre première peluche se trouve au bord de la route à 3 m du sol pas plus avec son petit dans les bras, ils sommeillent en boule et tournent le dos au soleil, la photo n'est donc pas aisée. Qu'à cela ne tienne, fort de mon succès auprès des casoars, je me dis astucieusement qu'il serait bon de multiplier les tentatives pour espérer avoir un seul cliché qui tienne la route. Nous en verrons des dizaines dont certains de vraiment très très près. Nous aurions facilement pu toucher l'un d'entre eux qui dormait dans un petit arbre facile à escalader, ce que nous avons fait, il ne s'est même pas réveillé ! Il parait qu'ils sont complètement défoncés quand ils digèrent leurs feuilles.
C'est le dernier, là, juste au dessus qu'on a failli ramener chez nous.
Un moment très apprécié des enfants, même des grands (et puis, pour ne rien vous cacher, des parents aussi...)
Cette journée est bien longue tout de même, la pause Koala a duré quasiment 2 heures, nous ne pourrons donc pas aller très loin et les 12 apôtres (9 restant) sont donc hors de portée...comme prévu au départ. Nous rentrons donc vers Melbourne ("Mets l'bourre noeud" comme dit ma fille qui n'a aucune éducation...) Un bon repas préparé par Simone nous attend, il ne faut pas traîner.
Voilà Melbourne, ville "sombrero : toute plate avec un gros pic de sky scrapers au milieu, comme beaucoup de villes australiennes. Trafic dense, voir intense aux heures de pointe, fort heureusement nous arrivons après, mais c'est tout de même dense. Vive le GPS, nous arrivons sans encombre chez David à Toorak. La vue de la terrasse au dessus de la maison vaut le déplacement...
| | | À: AirOne · 6 novembre 2011 à 0:57 Re: Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne Message 16 de 41 · Page 1 de 3 · 12 695 affichages · Partager Il faut tout de même que j'en parle de cette ville. Je l'aime beaucoup d'ailleurs. C'est une ville très étalée avec beaucoup de quartiers résidentiels, beaucoup trop sans doutes. Nous sommes à Toorak où une amie des amis nous a prêté une petite maison pas loin de chez eux. Royal ! Toorak est un quartier chic, le nombre de Porsches au km carré est impressionnant, ici, il y a beaucoup de pognon et ça se voit. Le prix du m2 n'est pas donné, on atteint pas les records parisiens, mais on en est pas loin. Toorak comprend quelques rues commerçantes assez intéressantes pour le shopping, c'est moins cher qu'au centre ville. Il y a pas mal de restau plus que convenables. Je ne donnerai pas d'adresse de restaurant ou bars n'ayant rien fréquenté d'extraordinaire, par contre, tous ceux où nous sommes allés étaient de bonne qualité et à des prix raisonnables. Il n'est pas difficile de trouver son bonheur ici, surtout dans la City dans les petites rues traversières, près de l'ancienne poste, le bâtiment a été reconverti en centre commercial, il y a par là un restau japonais super.
Ambiance agréable de ces petites ruelles qui ont indéniablement un parfum d'Europe, en moins stressé peut-être ? La city n'est pas très étendue et se visite facilement à pieds, le vieux tram qui en fait le tour est gratuit.
Un incontournable de la City est de monter en haut de la tour Eureka .300 m 88 étages.
La vue du sommet est fabuleuse, il n'est pas très utile de compléter la visite par le " skydeck", attraction qui demande de payer un peu plus cher mais n'apporte pas grand chose, un petit frisson tout de même.
La tour qui ressemble à la tour Eiffel est une partie du NGV
Juste à côté de la City, les amateurs d'art ne doivent en AUCUN CAS louper le NGV , musée d'art moderne en 2 parties, gratuit sauf pour les expo temporaires
En sortant, traversez la Yarra pour aller acheter votre Akkubra chez city hatters de Melbourne, à la gare, là, juste à droite de la grande entrée en arc de cercle :
Si vous avez des enfants que l'art soûle, préférez lui le qui se trouve quasiment à l'opposé du NGV par rapport à la City, un petit coup de tram gratuit et hop ! Descendez là :
Le musée est derrière
Une énorme serre, magnifique où pousse un petit bout de rainforest Victorienne. Des dinosaures et des animaux naturalisés. Une salle dédiée à la culture Aborigène, une autre à l'histoire de Melbourne. Des salles interactives à orientation naturaliste ou scientifique : un très beau musée qui vaut bien une demi journée. ça les épuisé les filles !
Vous pouvez aussi aller à l'aquarium que nous n'avons pas visité cette fois ci, mais qui vaut le coup, surtout si vous ne plongez pas.
Je serais très surpris qu'il soit plus beau que le Taroonga zoo à Sydney.
Très proche de la city, la plage de St Kilda, c'est un quartier aux allures de Californie mais sans le surf.
Le surf se fait en dehors de la baie de Port Philips sur les plages du Sud à Portsea, ou à l'Ouest sur la Great Ocean Road. Ou à l'Est...partout au Sud quoi... Nous ne sommes pas allé les voir, mais il y a des pingouins à St Kilda, sur la plage, ce qui peut éviter d'aller faire l'excursion de Philip Island .
Melbourne est une ville qui regorge d'espaces verts, on se sent parfois comme en pleine campagne alors qu'on est quasiment au centre ville, cette vue aérienne de la ville le montre clairement, elle montre aussi une petite partie des incroyables infrastructures sportives dont dispose cette ville : les Australiens sont fous de sport, à Melbourne, ils sont pires...
Cette photo a peut-être été prise d'un ballon, Melbourne étant une des seules capitales mondiales que vous pouvez survoler en ballon . Nous ne l'avons pas fait, David oui : il m'a dit que c'est une expérience inoubliable.
350$ par personne tout de même...
Melbourne est une ville agréable, on s'y sent bien, on aime y flâner, s'y perdre y faire son shopping. C'est un avis très personnel, mais je préfère Melbourne à Sydney, même si les plages de Sydney me paraissent inégalables. Nous y passons 3 jours pleins et c'est insuffisant; Sabine et les filles y passeront une journée supplémentaire, mais sans moi. Demain c'est la dernière journée, nous prenons l'avion le jour suivant. Demain, je pars seul, je pars à la chasse au dragons... | | | À: AirOne · 6 novembre 2011 à 9:53 Re: Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne Message 17 de 41 · Page 1 de 3 · 12 683 affichages · Partager Salut Airone super tes articles merci bcp     Je t'envoie un petit coucou depuis Perth, nous y sommes depuis 1 semaine et tout se passe très bien, entre nos cours d'anglais et le week-end on en profite un max pour visiter les alentours de la ville. Au plaisir de lire la suite de tes aventures... très joli les koalas, on les a vu et même caressé dans un wildpark, ils sont adorables! Me réjouis de les voir dans la nature sur la GOR! A bientôt | | | À: Marilynb · 6 novembre 2011 à 10:18 · Modifié le 7 nov. 2011 à 12:14 Re: Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne Message 18 de 41 · Page 1 de 3 · 12 682 affichages · Partager A Perth ?!? Mais alors : tu fais tout le tour du pays ?  Je ne pensais pas que tu restais aussi longtemps là bas, combien de temps au fait ?
EDIT : j'ai ma réponse, vous restez 3 mois.  Bon Voyage ! | | | À: AirOne · 13 novembre 2011 à 22:58 · Modifié le 21 nov. 2011 à 10:12 Re: Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne Message 19 de 41 · Page 1 de 3 · 12 414 affichages · Partager (Ce message a été supprimé par le membre AirOne le 21 novembre 2011 à 10:14.)
| | | À: AirOne · 21 novembre 2011 à 10:13 Re: Carnets d'Oz: balades et plongées sur la côte Est australienne Message 20 de 41 · Page 1 de 3 · 12 075 affichages · Partager LES DRAGONS DE FLINDERS PIER
Tout a commencé il y a 2 ans lors de mon dernier voyage. J'avais effectué plusieurs plongées espérant vaguement les voir, espérance renforcée par les dires des locaux de Sydney et de Narooma qui affirmaient qu'ILS étaient là. Mais ILS n'étaient pas là. Pas de chance me disait-on, ou mal renseigné par quelqu'un qui cherche avant tout à te vendre une plongée pensais-je. J'ai donc mené enquête. Où sont ils, où peut-on les voir à tous les coups, je ne doit pas me planter cette fois-ci, je sollicite donc à nouveau la communauté du net, principalement les locaux de Melbourne puisque j'ai oui dire que le Sud Australien est le mieux fourni en dragons. Patient, tel un sherlock de la toile je recueille, je recoupe, j'assimile, je confronte, je déjoue les intrigues, je redemande et rerecoupe pour arriver à la conclusion suivante : Les dragons sont à Flinders ! Je ne me rappelle pas avoir plongé à Flinders sans voir les dragons me dira un vieux baroudeur des antipodes chasseur de dragons devant l'éternel, un collier de dents de dragons ceinture son cou épais, une cicatrice barre sa face de pixels, son oeil unique me fixe tel une webcam. Mais où à Flinders ? Où ? Dites moi où ?!? L'internetuteur prend une longue bouffée virtuelle et exhale un nuage de bits vers mon écran avant de répondre : Flinders Pier, il te faudra plonger à Flinders Pier, là tu les verras et pourra tenter de les capturer, mais fais bien attention, tu devras attendre la marée haute, 1 h avant exactement, tu devras fuir les vent d'Est, surtout les vents de Sud Est qui sont poisons pour les dragons, tu devras enfin mettre un cierge à la basilique Sainte Gertrude de Portsea, Sainte Gertrude est la patronne des chasseurs de dragons, elle te protégera... Sain...Sainte Gertrude ? interloquais-je. Non : je déconne... Ah ? Bien...
Je sais où ils sont, mes obligations à Melbourne envers me hôtes sont multiples, ils ont bloqué des jours pour nous accompagner, il est difficile de les planter là... Ne reste que cette journée, je les avais prévenu qu'il me fallait une journée, on m'a laissé celle là. Depuis que nous sommes à Melbourne, c'est grand beau et de plus en plus chaud : hier il n'y avait pas de vent et il faisait 20 °. Aujourd'hui la température a chuté et il souffle un vent à décorner les dragons : 40 noeuds...au moins est-ce un vent d'Ouest. Et des nuage arrivent en plus...
Je file vers le sud, il me faut préalablement passer par Mornington au dive shop pour louer le matériel. Je ne vous donnerai pas l'adresse, le gars, un employé espagnol, m'a arnaqué de 30$ par rapport à ce qui est annoncé sur le site, il me fait valoir que c'est pour les plombs ! Le prix affiché, c'est sans les plombs ! Si je les achetais, j'en aurais pour moins cher...mais qu'est-ce que j'en ferai de ces plombs ? Je n'ai pas le temps d'aller voir au dive shop de Portsea, ou chez diving doctor à Rye qui n'est pas trop loin, j'ai un impératif de marée.. Donc, je prends...c'est pas trop mon genre de faire des esclandres, un chasseur de dragon doit être au dessus de ces basses contingences matérielles...peuh ! Je fais donc sonner doublons et ducats sur le vil comptoir du faquin et m'en retourne à mon destrier : hue dia noble bucéphale ! L'aventure nous attend !
La solitude a sur moi des effets étranges...
Je roule donc vers Flinders, le coup de vent est bien là, Philip Bay n'est plus bleue : elle est blanche! Un fort vent d'ouest soulève des vagues conséquentes pour une baie fermée de cette taille. Diantre me dis-je tout de go. Fasse le seigneur que les dragons ne fuient point afin que je puisse les affronter et ramener moult trophées à ma dulcinée. Flinders se trouve sur Mornington Peninsula, en bas à gauche, Portsea est en bas à droite Portsea est un endroit beaucoup plus couru. Flinders est un petit village surplombant une plage orientée à l'Est sur laquelle se trouve une longue jetée : MA jetée.
(ce n'est pas ma photo : il faisait moins beau et il y avait des travaux sur la jetée, ils sont en train de la dédoubler)
Le chasseur de dragons m'a bien expliqué qu'il fallait se mettre à l'eau tout au bout, c'est là qu'ILS sont. Je suis arrivé un peu tôt. J'attends... De jeunes plongeurs locaux, sans doutes des apprentis chasseurs de dragons locaux, sortent de l'eau frigorifiés. J'avance sur la jetée et vais m'enquérir auprès de leur chef. - Sont ILS là ? LES a t'il vu ? - Mmmmmh ? Who ? Hi by the way... - Sorry : hi...The dragons ! - Oh yeah : heaps ! - Des tonnes ?!?!!! Traduisais-je aussi approximativement que je suis incrédule. - What ? - Heaps ? - Yes heaps, and there is a seal also. - Un PHOQUE ? Traduisais-je bruyamment aussi imprudemment qu'inutilement. - Hem, yes, this is...fucking great ! se méprend t'il... You are american aren't you? - Hu ? American ? No, I'm French. - Just a question, never mind, you're welcome anyway... - Thanks.
Nous nous quittons là dessus et je réalise soudain la proximité phonétique existant entre Phoque et fuck. Je rougis. Mais pas le temps d'avoir honte, ils sont déjà là, inutile d'attendre plus avant ! Oyez écuyers ! Hurlais-je : Mon heaume, mon écu, ma cotte et mon épée que je parte affronter la bête ! Personne ne répond, je cavale donc tout du long de la digue vers le parking de la plage sous le regard incrédule des locaux. "French !" dira simplement leur chef les yeux au ciel et hochant la tête.
Tandis que je m'équipe, le nuages s'amoncèlent sur Flinders, le jour s'assombrit, les ténèbres viennent : sûrement l'oeuvre du malin qui cherche a préserver son troupeau... Mais je suis prêt et déjà m'élance sur la jetée l'appareil photo à la main alors que tombent les premières gouttes...TAILLAUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU !!!. C'est pas bon pour l'éclairage ce temps à la con...crotte ! Je saute... Plouf ! dit la mer.
Le fond n'est pas bien loin, 6 ou 7 m, pas plus. L'eau est assez claire, au moins 10 m de visibilité, elle n'est pas bien chaude, 12°. Les piliers sont couverts de faune fixée, des éponges surtout ce qui leur donne de fort belles couleurs ma foi.
Et je le vois.
Mon premier spécimen, tranquilement posé au fond qui gobe ses proies de petits mouvements rapides du museau, tchac! tchac! Impitoyable pour ses victimes. il est énorme : au moins 40 cm ! Je suis prêt. Clack clak clak, c'est dans la boite ! et d'un ! exhultais-je. Mais regardez moi cet air féroce !!! :
Aaaaaaaaaaaarrrrrh
J'en verrai bien d'autres, au moins une dizaine, les fameux seadragons australiens, enfin je les ai trouvés, ce n'était pas bien dur : il suffisait juste d'aller moins profond en fait...
Clak Clak Clak, j'en mets d'autres dans la boite quand un petit trublion tente e me distraire de ma mission, mais il n'approche pas assez prêt pour être intéressant, il passera plusieurs fois, pleine balle, à 3-4 m de moi, un peu juste pour le flash qu'il semble d'ailleurs assez peu goûter...
L'ambiance sous cette jetée est superbe, dommage que le soleil ne soit pas de la partie, je continue ma promenade durant une heure, puis, sentant venir le froid, je me décide à sortir : heureux, enfin comblé. Je les ai eus !
parenthèse : Plongée faite avec scaphandre par commodité et pour faciliter la photo, mais avec un peu d'expérience en apnée, on peut se passer de bouteille : tout le monde peut y aller. ceux qui connaissent la plongée peuvent facilement louer du matériel à Mornington (que je ne peux donc pas recommander), à Rye ou à portsea. Il est vrai que venant de Melbourne, le plus simple c'est bien Mornington, Rye ou Portsea vous font faire un gros détour. Je conseille à ceux qui iraient à Mornington de bien faire préciser les tarifs par téléphone.
Enfin, je peux rentrer le coeur léger du sentiment d'avoir accompli mon devoir. Maintenant oui : maintenant je peux rentrer...
Alors nous rentrons. Nous subissons cette incroyable violence mêlant un vague plaisir de revoir ses pénates et sa routine, la mélancolie des merveilleuses journées passées et le décalage horaire...encore... C'est la fin du voyage.
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