Je déteste les cimetières où sont enterrés mes proches français. Ces monuments de granit luisant qui écrasent le visiteur, dont la masse imposante et gelée étouffe les plus éclatantes des chrysanthèmes aussi grosses soient-elles, rigoureusement alignés de part et d'autres des allées, me glacent. J'y passe en apnée et fuis rapidement, incapable d'invoquer dans un tel cadre l'image d'un être cher. Ce sont des iles désolées et hostiles à la vie.
En me baladant je suis tombée sur un étrange cimetière, le plus petit que je connaisse, il semble entretenu (j'y suis passé à Toussaint il était fleuri) au bord d'une vicinale qui traverse un sous bois sur plusieurs kilomètres. Les deux tombes sont seules au milieu de nulle part, pas de bâtisses autour, un lieu très isolé.
Une impression de paix, juste ces deux croix de bois, pas de " granit ", tout en simplicité pas de nom, bref on peut rêver et plaquer toute sorte d'histoire sur ce lieu.