A l’arrêt d’un bus pour prendre d’autres passants, au détour d’une rue, dans l'ambiance d'un café, à la descente de l’avion, à la rencontre de l’inconnu...
Le cœur balance... Quand j’allais être sur le point de partir en
Irlande pour y vivre un an, ma famille et mes amis... Personne ne me forçait à rester car mon choix était fait depuis longtemps mais je le sentais osciller au creux de moi...
Le coeur penche... La décision était finale, je m’en allais en
Inde avec une personne que je connaissais à peine pour découvrir ce fabuleux pays... Depuis, il est resté dans cette position pour m’inciter à aller encore plus loin.
Le cœur s’épanche... Autour d’une pinte tandis que les musiciens s’acharnaient à faire résonner de plus belle le fiddle, la guitare et le bodhràn... Avec les « drink mates », on s’évertuait à refaire le monde pour en finir avec des confidences... Cette liberté de s’exprimer avec des étrangers que je ne reverrais probablement plus jamais...
Le coeur s’émoustille... A la vue de Munnar, région montagneuse au cœur du
Kerala où s’étalent les plantations de thé, feuilles de nectar soigneusement recueillies par les Indiennes qui relèvent la tête par surprise pour nous observer... Comme des anges.
Le coeur sursaute... Un mendiant à
Hong Kong sous les averses sans pitié... Après lui avoir donner ce qui me restait de dollars, il n’a fait qu’un bond en apercevant des personnes qui hésitaient à en faire de même par peur du regard des autres...
Le coeur s’emballe... Dans la moiteur de la jungle à Sayaxe, à la recherche de temples mayas, des grognements dignes d’un tigre (dans mon imaginaire... Je n’en ai jamais vu et encore moins entendu) nous avaient entraînés dans un course éperdue pour échapper à ce vorace qui grondait de plus en plus... C’était la fin, pensais-je... Qui pourrait croire que ce n’étaient que des singes hurleurs ?
Et le cœur s’arrête... Dans le pub où je travaille... Enya, un petit bout de chou de 3 ans que je voyais tous les dimanches avant de demander à être de congé ce jour... Je l’ai croisé par hasard en allant au travail pour vérifier mon emploi du temps, Enya m’a aperçue et s’est spontanément jetée dans mes bras... Cette sensation de douceur qui s’était emparée de moi ce jour-là m’a rappelée que ça faisait longtemps que je n’avais pas serré d’enfant contre moi... Et que dans ce monde de brutes, il régnait encore de la tendresse à donner...
Si je laissais mon cœur dominer par la raison, sans doute n’aurais-je jamais ressenti tout ce qu’il me dit au travers de ses tempos... Le cœur a aussi ses raisons d’être et bien que la raison soit amie, elle doit aussi s’effacer pour nous faire vivre tous ces moments...
Et vous... Votre cœur, que fait-il ?