je mange dans la rue au moins une fois par jour depuis plusieurs années et je n'ai jamais eu une gastro.
Mais Il ne s'agit pas d'une question d'hygiène dans les lieux qui servent de la bouffe même si parfois c'est assez effrayant niveau propreté:
Justiceforth à raison sur toute la ligne.
(Et encore il n'a rien dit sur le poisson et les crevettes d'élevage !)
Et ses sources sont avérées, ayant habité à la campagne ici pendant plusieurs années j'ai largement eu le temps de le constater.
L'observation de ce qui se vend dans les magasins de semences à la campagne et les discussions avec les paysans viets est sans appel :
Quasi uniquement de la semence OGM fabriquée par Monsanto, Bayer etc... Ils sont tous présents au
Vietnam depuis plusieurs années.
Je te parle même pas des pesticides massivement pulvérisés; à côté, l'agent orange c'était de la rigolade.
Plus evidemment les sources fournies par le gouvernement lui même qui encourage et promeut les cultures OGM (c'est noir sur blanc dans les magazines économiques viets).
Quand à ton deuxième point, le fait de t'etre régalé n'a malheureusement pas grand chose à voir avec les qualités intrinsèques des aliments.
De plus affirmer que la nourriture vietnamienne est excellente ne veut rien dire.
Comme partout, tout dépend de qui la cuisine !!!
À
Hanoi j'ai mangé des centaines de soupes Phở, dont la meilleure mais aussi la pire.
Idem à Huế où j'ai aussi vécu, avec le Bún Bò Huế.
Et je n'aborderai même pas le sujet de la cuisine "impériale", vaste fumisterie attrape gogo, sans aucun intérêt gustatif de mon point de vue de gastronome.
Manifestement les empereurs étaient plus préoccupés par leur goût pour leurs tres nombreuses concubines que par la finesse gustative de ce qu'on leur servait à manger.
Tout dans la déco, rien dans le goût.
C'est ce qui est perpétué aujourd'hui à Huế dans les restos proposant cette fameuse cuisine impériale où en plus on se gêne même pas pour refiler d'un client à l'autre la déco en fruit et légumes, sur plusieurs services, bonjour l'hygiène.
À ceux qui seraient tentés par l'expérience je conseille dailleurs de bien regarder avant de manger l'état de fraîcheur de la déco qui est en contact avec la nourriture dans l'assiette... Ça en dit long sur ce que vous allez manger.
Mes souvenirs culinaires de mon séjour à Huế resteront d'ailleurs un fameux Bún Bò Huế servi le matin uniquement par une mamie dans une cabane en tôle, avec cette menthe glaciale que je n'ai goûté que à Huế et qui sublime ce plat.
Et aussi, au coin de ma rue, une solide soupe de riz à la mâchoire de porc en guise de petit déjeuner agrémentée d'une simple sauce de poissons ail gingembre piments frais et d'une poignée de ciboules qui me fait toujours autant saliver.
Concernant les huiles, oui c'est la vérité, c'est une pratique très courante.
Ça c'est d'ailleurs fait longtemps en
Chine jusqu'à ce que cela soit porté à la connaissance du public il y a quelques années et que les consommateurs scandalisés et les autorités fassent revenir certains restaurateurs à des pratiques moins dégueu.
D'une manière générale si la composition des plats, le choix et l'assemblage des ingrédients utilisés dans la cuisine viet sont séduisants sur le papier et donnent d'excellents plats lorsqu'ils sont bien réalisés, en revanche lorsqu'on y ajoute une tonne de sucre, de glutamate, d'huile, de gras de porc, de sauces toutes faîtes bourrées de sel de sucre de conservateurs, comme c'est malheureusement trop le cas aujourd'hui au
Vietnam, que tu manges dans un boui-boui sur le trottoir ou dans un resto qui a pignon sur rue cela donne des plats médiocres gustativement, c'est tout.
Au
Vietnam la bouffe est un business comme un autre, peu ouvrent des restos par passion et parce-quils ont des dons particuliers pour la cuisine ou une solide expérience tout simplement.
Ici on ouvre un resto parce que le voisin l'a fait et que ça marche pour lui, ou comme partout parce qu'il y a une place à prendre, un bon emplacement.
Et on y servira ce que l'on sait faire, bien ou pas bien, avec ou sans talents mais souvent ce sera grossier.
De toute façon, pour la majorité, la bouffe n'a qu'une fonction : nourrir, calmer la faim.
Ou alors elle obéit au calendrier lunaire qui à telle date te "dicte" de manger végétarien, ou du chien (la viande de chien ne se consomme pas n'importe quand).
La notion de plaisir gustatif est elle très relative...
Et elle est evidemment majoritairement réservée à la classe moyenne et aux riches qui ont les moyens d'éduquer leur palais en élargissant leur palette de goûts, ayant accès dans les villes, physiquement et financièrement à de la nourriture étrangère, ou venant de n'importe quelle partie du
Vietnam.
Ne pas oublier justement non plus le coût absolument prohibitif (pour plein de raisons diverses et variées) des aliments rapporté au niveau de vie (je fais mon marché tous les jours je connais le sujet et je précise que je paye rarement la "white tax").
Un kilo de bœuf à braiser au
Vietnam c'est 250000 vnd en ville au marché ou au supermarché (Big C, Co-op mart...) pour du steak il faut compter 300000 à 400000 vnd suivant l'origine de la viande (locale, indienne, australienne, NZ ou US).
Le poulet est très cher aussi, le porc beaucoup plus abordable.
Une autre chose qui en dit long sur l'inquiétude qui commence à toucher les Vietnamiens en milieu urbain quant à la qualité de leur alimentation c'est l'éclosion de boutiques "Bio" (hữu cơ) grace a l'apparition de labels, ou plus modestement proposant des produits "sạch" ("propres") et vietGAP (agriculture raisonnée), ce qui n'est pas exactement la même chose que le bio surtout quand dans ces dernières on voit les produits qui y sont vendus !!! Soit beaucoup de produits importés remplis de saloperies !
Faut-il préciser que la plupart de la clientèle que j'y ai rencontré, notamment à
Saigon lorsque j'y ai habité, était composée de femmes enceintes...
Bref je me suis un peu étalé et dispersé mais oui justiceforth a raison.
L'alimentation au
Vietnam ça craint si on y regarde d'un peu plus près.
Et pour ceux qui ont un palais je conseille de manger un plat lambda n'importe où dans la rue, dans un resto à touriste ou un resto de base et ensuite d'aller manger la même chose dans le resto d'un hotel 5 étoiles où officient de vrais chefs.
Là vous goûterez et comprendrez la vraie cuisine vietnamienne.
Et y'a pas photo. Alors oui ça coûte plus cher que dans la rue mais c'est complètement accessible par rapport à ce que ça coûterait en
France, soit le coût d'un steak frites dans votre cantine de quartier.
Sinon de nombreux chefs viets bien formés, ayant de l'expérience à l'étranger, ouvrent leurs propres restos souvent après avoir travaillé dans des 5 étoiles au
Vietnam et proposent la cuisine viet de demain (je ne parle pas de cuisine "fusion" hein).
C'est également le cas de chefs français dont le plus connu et emblématique Didier Corlou à
Hanoi et bientôt à Hội An.
Ça vaut le coup de les tester, il y a de vrais (bonnes) surprises.
Et dernier conseil fuyez les restos conseillés par les guides du Routard et Lonely Planet surtout lorsqu'il sont situés dans les quartiers routards ou extrêmement touristiques.
À une ou deux exceptions près, vous y mangerez médiocrement ou mal, trop cher, et entouré de gens comme vous, avec le guide du routard posé sur la table.
À moins que ce soit l'idée que vous vous faites de votre voyage au
Vietnam, fuyez et suivez votre instinct et aussi un peu TripAdvisor si vous savez lire entre les lignes.
Quand aux adresses de Larsay que j'apprécie beaucoup pour sa connaissance du terrain et les informations précises qu'il livre, je pense malheureusement pour avoir testées ses adresses que ce n'est pas le meilleur guide gastronomique, qu'il y a mieux et qu'il faudrait qu'il remette à jour son logiciel qui date un peu.
De plus avoir affirmé recemment que Chau Doc est un désert gastronomique alors qu'on y fait un des Plat les plus goûteux du sud
Vietnam, le bún cá Châu đốc (à goûter au marché et au Victoria s'il existe encore), c'est un peu rédhibitoire.
Bon séjour gastronomique au
Vietnam à tous.