Ca y est, vu le fameux Rusty Boys d’Andy Bausch (
Luxembourg).
« Le premier qui pète, rote ou écoute RTL en cachette... éjecte ». Voilà grosso modo à quoi se résument les règles fixées par la nouvelle communauté formée par une bande de vétérans échappés d’un mouroir communément appelé Maison de retraite. Ou plus exactement flanqués dehors parce que dealant des clopes dans les couloirs ou baisant dans des plumards étriqués alors que leurs congénères s’appliquent à des séances de tai qi ou des cours de chorale quotidiens.
Il y a le géronte intello et embourgeoisé de la bande, le dentiste retraité qui tente d’écrire ses mémoires et se fatigue de subventionner junior, pseudo artiste, à qui il y a payé assez chèrement des cours d’art dramatique à
Paris mais qui ne parvient pas à décrocher d’autre contrat que de clown sur échasses dans des maisons de retraite.
Ya aussi la gâteuse qui pète un câble parce qu’il manque deux bougies sur le gâteau du clampin qui va vaillamment sur ses 86 balais. Comme le lui fait remarquer à juste titre Fons, l’un des protagonistes, « du calme », il est peu probable que le gaillard compte les bougies en les soufflant.
Il y a aussi Yängi, reclus dans sa cabane de jardin, qui craint moins le voisinage de la communauté portugaise que les loups de la finance et de l’immobilier dont l’intention est de bientôt raser le quartier pour le refaire à neuf.
La nouvelle communauté de potes rebelles, portés sur la fumette tout autant que sur la picole, se veut autonome mais le plus prolo et sexiste de la bande, Fons, n’a pas capté le concept et bafouille « automatique » auprès des personnes respectables supposées leur accorder les fonds et autorisations nécessaires.
« Comme les hippies au bon vieux temps » semble être le nouveau mot d’ordre rassembleur, sauf que pour passer du crâne d’œuf à la coupe John Lennon, y a du boulot.
La comédie fonctionne à merveille, les répliques fusent. On se fend bien la poire, ce qui n’empêche pas la sensibilité et les émotions d’affleurer ici et là. Le réalisateur a campé son film à la frontière sud du pays où la mixité sociale l’emporte sur les magouilles de la haute, loin des clichés du Luxembourgeois plein aux as véhiculés par les médias.