Merci pour tes renseignements sur le Dr Yersin
Voici la suite des histoires intéressantes sur le Docteur A Yersin que l'on ne trouve jamais dans les bibliograhies.
La piété filiale
Loin de chez soi, que ce soit en
France, au
VietNam ou en
Chine, il semblait que toutes les semaines, il écrivait à sa mère. Jusqu'au décès de celle-ci, en 1905, il a envoyé plus de 1000 lettres, pour la tenir au courant de sa santé et de son travail quotidien.
Sa mère disparue, il continuait à écrire à sa soeur Emilie.
Parfois, ses lettres étaient assez drôles, comme quand il a écrit une fois à sa mère de
Hong Kong: "J'ai encore plusieurs choses à te raconter, mais il reste 2 cadavres qui m'attendent et qui désirent se rendre plus tôt au cimetière. Au revoir chère Maman. Tu devrais te laver les mains après avoir lu cette lettre pour ne pas attraper la peste, ok maman".
Yersin humaniste
Noel Bernard écrivait à propos d' A. Yersin: "Il existe peu de gens désintéressés comme Yersin, modeste, simple, poli".
Il s'habillait avec un uniforme kaki simple, vieux et délavé, une veste à 4 boutons et 3 poches, une chemise blanche à col ouvert, un pantalon kaki large en haut et étroit en bas, bien lavé mais jamais repassé. La poche en haut à gauche contenait un pendule avec une cordelette rouge tressée. Il faut dire que Yersin ne manquait pas de pendules. En 1945, on pouvait voir dans l'armoire métallique de l'Institut Pasteur de
Nha Trang beaucoup de pendules fabriquées en
Suisse, la plupart en or. A l'intérieur de la couvercle, ces quelques mots: Créé spécialement pour le Docteur Yersin.
Le 22 Novembre 1920, il s'embarquait à bord du Paul Lecat pour
Marseille. Un jeune employé ne le connaissait pas, et s'opposa de façon énergique son entrée dans la salle à manger. La règle intérieure obligeait le port de la cravate avant de pénétrer dans le salon. Yersin rentra à sa cabine et revint à la salle à manger en disant à l'employé: "Cette cravate vous convient elle?" et en montrant dans la partie ouverte de sa chemise la médaille de la Légion d'Honneur.
Un matin en 1925, il alla rencontrer dans une concession automobile un français riche et élégant, qui venait d'arriver de
France. Ce dernier le voyant habillé trop simplement l'interpella: "Qu'est-ce qu'il fait ce galopin ici".
Ses repas étaient toujours sobres. Le mets qu'il aimait le plus c'est une soupe de légumes avec du pain ou des biscottes. Durant le temps de guerre, il mangeait des galettes de riz à la place du pain. Il préférait le poisson à la viande. Les poissons qu'il adorait sont le thon ou le mérou.
Son apéritif habituel c'était de l'eau avec de la poudre de quinquina qu'il fabriquait lui-même. Il buvait parfois de l'eau aux feuilles de citronnelle en expliquant que c'était pour une digestion facile. A l'occasion de ses explorations en zones dangereuses des haut-plateaux, il ne mangeait que du riz, 2 mois durant.
Parce que
Nha Trang était exposé cyclones, Yersin étudiait le climat et la météo pour apporter du secours aux autochtones.
Il faisait fabriquer 2 gros paniers, avec un miroir long d'un mètre, peints en noirs. Quand la tempête fut annoncé, il fit suspendre les 2 paniers sur les poteaux de filao au dessus du mont Sinh Trung pour signaler.
Novembre 1939, en prévoyant l'apparition d'un cyclone sur la baie de
Nha Trang, Yersin fit rassembler tous les gens du village Xóm Côn;n dans sa maison. La violente tempête a charrié toutes les maisons du village mais personne n'a été victime.
Depuis cette nuit, Yersin a reçu des villageois de Xóm Côn le surnom "l'homme qui a dompté le tsurami"
En parlant de Yersin, et de l'institut Pasteur de
Nha Trang, Henri Jacotot avait des paroles belles et glorifiantes.
"En des temps importants, Yersin vivait toujours dans un état d'alerte permanente de jour et de nuit"
Non seulement il s'employait à protéger les gens contre les intempéries, Yersin se montrait toujours humanitaire envers le peuple de
Nha Trang, ce pourquoi il était aimé et respecté par les Vietnamiens. Il se conduisait comme faisant parti du village, une personne ayant un sort plus chanceux que les autres, ainsi il se voyait obligé de consoler et d'aider en soins médicamenteux.
Un jour, en route vers son bureau en vélo, il se fit renverser par inadvertance par un chauffeur. Sans dire un mot, il redressa vite son vélo et partit vers l'institut pour faire son pansement, sans s'en prendre au chauffeur fautif.
Une autre fois, il aperçut un paysan dormir sur sa charrette au pied d'un arbre. Le soleil est d'aplomb et l'ombre a changé de côté, il appela de l'aide pour pousser la charrette dans la partie ombragée.
Il aimait beaucoup les enfants de Xóm Côn, leur projetait souvent des films. Les enfants l'adoraient pour leur avoir distribué toujours des bonbons. Un jour, ils firent tomber un pot de fleurs, il dit au serviteur: "Ne pas gronder, pour ne pas faire peur".
Il lisait régulièrement les journaux en vietnamien. Un jour, il confia à Bùi Quang Phuong, un collaborateur depuis 1897, une poésie Les 5 personnes dans le journal Tiêng Dân de Huynh Thúc Kháng racontant l'histoire de 5 ministres actuels remplacés par 5 autres personnes désignées par l'Etat Français. La poésie était difficile à comprendre à cause des mots ayant des mots figurés.
Yersin était très patient et très gentil avec les collaborateurs du pays, sans jamais élever la voix ni se montrer menaçant... demain la suite...