| Danger du voyageur Nicodilo · 7 février 2010 à 14:31 7 messages · 6 participants · 3 111 affichages | | | | 7 février 2010 à 14:31 Danger du voyageur Message 1 de 7 · 3 111 affichages · Partager LA SCIENCE INFUSE
En effet, qui est capable de s’apercevoir qu’en racontant ses voyages, sa passion lui monte à la tête et le dérobe pour qu’enfin il ne raconte plus avec toute l’humilité (qu’il prétend avoir acquis), mais de façon parfois abusive, en énumérant que les anecdotes croustillantes, en affirmant des croyances personnelles comme des vérités établies, quand ce n’est pas le courage et la bravoure qui sont évoqués et qui le transforme en grand aventurier à son plus grand plaisir !
Il y a beaucoup de personnes qui sortent de ce schéma évidemment, et tant mieux, leur égo se tient tranquille.
Pourtant, avec tous ces voyageurs, je ne suis pas le seul à m’emporter, croyez moi !
Mais ensuite, une fois calmer de mon agitation, je me rend compte du comportement que j’ai et qui est très clairement orgueilleux. Et je ne comprend pas qu’est ce qui me pousse, pour avoir un peu voyagé, à débiter mes exploits comme si j’avais « la connaissance du monde » limite en exhibant mon passeport comme une preuve exhaustive !
Je me dis alors, « c’est pour donner envie de voyager » ! mais en réalité je ne suis pas clair avec moi même. Je me mets tout simplement en valeur. Besoin de reconnaissance ???
Voilà pourquoi, moi qui prétend être un peu baroudeur, l’on doit m’aider aujourd’hui, à rendre la mesure de ce que je suis vraiment et de ce qu’est, en réalité, un baroudeur ?
« Le parfait petit voyageur qui sort des sentiers battus alors qu’il reproduit pratiquement la même logique d’un parcours touristique tout en ayant l’impression de vivre une aventure incroyable. »
Le voyageur qui a conscience de sa relative connaissance aura certainement la présence d’esprit de mesurer son égo avant de déballer son savoir.
On sait tous qu’il n’y a rien de bien compliqué à voyager, à faire des visas et à aller VOIR !
Pourquoi quelqu’un qui a multiplié les expériences, les voyages ou les tampons, doit-il assurément en savoir plus que qui conque ?
C’est pourtant juste une expérience personnelle (égoïste ?) qui apporte à la mesure de ses interrogations, de sa culture et non pas la science infuse.
Donc ma question la voici, sans tomber dans l’exagération énumérer plus haut, où se trouve la frontière entre la possibilité de raconter des voyages, des lieux, des rencontres avec toute l’émotion qu’on ressent encore mais malgré tout avec humilité. Ou bien, de rien raconter du tout par ce que, on peut considérer dans l’extrême, qu’à partir du moment où l’on raconte, on se vante.
Pour moi aujourd’hui, la frontière n’est pas net. Aussi, comme je lis chaque jour un peu vos post, je m’aperçois que chacun y va de ses connaissances et de ses expériences. (souvent remises en questions le post d’après). Alors qui sait, qui ne sait pas, qui est modeste, qui ne l’est pas ? Qui a le droit de parler ? Y a-t-il des grandes sages du voyage ? Un état d’esprit à avoir, une épreuve à passer ??? | | | À: Nicodilo · 7 février 2010 à 14:49 Re: Danger du voyageur Message 2 de 7 · 3 102 affichages · Partager En substance... Extrait du récit Improvisation Nomade
M’accorderas-tu cette danse ? Aéroport d’Istanbul. Le 25 mai 2005.
Comment réaliser que c’est la fin d’un an de voyage ? La fin d’une belle partie de ma vie. Hier soir, j’ai quitté Daoud. Sans doute pour toujours si l’on considère l’état d’amitié auquel on était parvenus. Lui le savait aussi. Tout va tellement vite. On ne tisse pas de liens plus solides que loin de chez soi. On était tristes. Je crois que si nous étions moins fiers, nous aurions pleuré. Mais voilà, nous nous sommes serrés quelques secondes, puis on s’est dit adieu et je suis parti sans me retourner. Le manque n’apparaît pas tout de suite. On s’en aperçoit plus tard. Un an ensemble. C’est la moitié de nous-mêmes qui est partie... Devant moi, il y a ma route, sans lui. Sans doute commencer une nouvelle histoire. Une nouvelle aventure avec ses épreuves et ses réussites. Une aventure avec quelqu’un d’autre. Du moins, je l’espère. Elle ne m’a pas répondu. Cette femme. Ce sera bien différent. J’ai tellement peur. Peur qu’elle me prenne ma liberté, ma douce indépendance, tant de projets rêvés, espérés. Je ne peux pas m’empêcher d’être inquiet. On n’est jamais tranquille. Toujours à se poser des questions, à changer d’avis et à se contredire. Aéroport d’Istanbul. Des milliers de gens prennent l’avion. Comme eux, les avions font la queue pour décoller et pour atterrir. Je suis au milieu de cette grande salle, de cet immense aéroport et je cherche où je dois me rendre. Un panneau avec marqué dessus « C’est par-là, Nico, ton chemin » ce serait plus simple. Pose plus de questions Nico, obéis. Mais non, je suis libre, on ne m’a pas façonné l’esprit et maintenant, je dois gérer. Mais je suis bien. L’avion, là-bas, me ramène chez moi. Peut-être bien qu’il y aura quelqu’un pour m’attendre. Peut-être pas. Verra bien. Je crois que j’aime laisser le destin choisir pour moi. C’est bien la preuve de mon piètre caractère. Mais c’est tellement difficile de faire des choix, de s’engager. C’est difficile car on n’a pas la possibilité de voir l’avenir. Alors jusqu’au bout, je me dis que, quoi qu’il arrive, je m’en fous et je laisse le destin choisir. Elle ou une autre, quelle importance. C’est vrai, je ne sais pas pourquoi je suis accro à cette nana-là. Et puis, ce n’est rien l’amour. C’est du temps. Et pour nous, seulement un instant. Le plus beau. Celui qui précède la rencontre. Une esquisse, une promesse. Quelques secondes. Un coup de vent. Une sensation. Des yeux, des cheveux, une main, un regard, une illusion, un chef-d’œuvre d’illusions. Un souffle d’amour s’engouffre dans notre pauvre carcasse. Une tromperie, un mirage, une secousse, une bourrasque, une tornade ! Emporte-moi avec toi, tornade ! Où sont les musiciens ? Reprenez la musique. Que l’on tourne encore ! Avant de disparaître aspirés par l’océan des âges. Qu’il ne reste de nous que des décombres, le plat, le néant. Oui, je vais partir avec toi, tornade, tourner jusqu’à ton dernier souffle. Je suis derviche, drogué d’amour et aveugle comme la foi. M’accorderas-tu cette danse ? Ne sommes-nous pas comme tant d’hommes et de femmes, moustiques d’une nuit ou papillons d’une saison ? Tout n’est qu’illusion. Naître et mourir. Souffrir et aimer. Tout naît de l’illogisme. Provisoire, dérisoire. Une vie, un amour. Du temps. Istanbul encore. En arrivant ce matin, au lever du jour sur le Bosphore, j’aperçois des hectares de bâtiments, de bateaux, de voitures et de gens. Tout s’agite très tôt. Mais pour moi, tout va au ralenti. Les secondes prennent leur temps ce matin... Jamais on ne peut faire demi-tour. Il ne fait pas beau. Je ne vois pas la rive occidentale de la ville. Elle est dans le brouillard. Je dois la pénétrer. Avancer dans la brume. Aller voir derrière. On ne sait jamais vraiment où l’on va, ni ce que l’on cherche. Mais on avance. On avance dans le noir comme des aveugles. Dans le brouillard de cette ville. Cette nuit, dans le bus, le gamin à côté de moi était tout heureux d’avoir un étranger près de lui. Je lui faisais l’honneur de ma présence et il manifestait l’envie d’échanger. Il ne parlait pas anglais. Pas un mot. Mais parler aurait été possible. Avec des signes, des mots internationaux, on aurait appris au moins nos noms. Si j’étais moins fier. À quoi ça sert ? Je n’ai plus envie. Je suis blasé. Fallait être là au début. Que m’apprendrais-tu que je ne sache pas déjà ? J’ai tellement l’impression de tout savoir. Au lieu de sagesse, je crois bien que j’ai pris en voyage une espèce d’orgueil misérable. Il est sans doute entré en moi alors que je me sentais le roi du monde, alors que je me prenais pour un grand voyageur. Ce n’est pas de la prétention qu’il faut acquérir en voyage mais bien au contraire, du respect, de l’humilité et de la tolérance. Peut-être le voyage n’apporte-t-il pas cela à tout le monde. Il fallait me le dire avant... À la sortie du bus, j’ai tout de suite été assailli par les chauffeurs de taxi. Ça m’aurait étonné qu’ils ne soient pas déjà levés ceux-là. Et j’ai beau leur expliquer que je n’ai plus un rond et que je veux prendre le bus, moins cher, ils ne veulent pas comprendre. Pas de bus, ils me disent. Mais bien sûr, les copains. Je reviens d’un voyage où j’en ai connu des plus malins. Enfin, ils disaient la vérité pour une fois. Il n’y a pas de bus en effet en service pour l’aéroport. Ou je ne l’ai pas trouvé. Par contre, il y a un métro à cent mètres de là, dissimulé derrière un petit resto qui va directement à l’aéroport. Comme les infos, ils ne m’avaient pas menti mais avaient oublié la plus grande partie de la réalité. Mais voilà l’heure de prendre l’avion. Ça me rappelle ce grand moment où nous sommes partis en Inde avec Daoud. Et cette gentille dame de l’agence qui nous avait vendu notre premier billet. Pas cher le vol. On avait pris un petit supplément pour que le mini-bus de l’agence passe nous chercher à notre hôtel. Il n’est jamais venu. Une si gentille personne. Elle aussi, mentait. Elle savait qu’on ne pourrait pas faire demi-tour. Les gens mentent. C’est ainsi. Et moi, je suis fier. J’ai fait un voyage. J’ai découvert d’autres façons de vivre. Plus simples, plus naturelles, moins superficielles. Et en retrouvant toutes ces mascarades si chères à nos latitudes, j’ai peur de m’emplir d’arrogance et de cynisme, de me sentir supérieur. Comment réagiriez-vous ? Comment le partager ? Dire aux gens que je m’en fous de leurs reportages de la télé qu’ils croient incontestables, de leurs insignifiants problèmes qui accaparent toute leur vie et qui bientôt reprendront la mienne comme si l’homme n’avait d’yeux que pour lui-même. Nous sommes égoïstes. Je suis le plus égoïste. J’ai fait un voyage pour moi. Je vis pour moi. Et je mens moi aussi, surtout à moi-même. Quelle est cette relation qui balbutie dans mon cœur ? Pourquoi suis-je en train de me remettre en question ? Je ne la mérite pas, c’est ce que vous pensez, vous aussi ? Maintenant, je me souviens. Tout commence à me revenir. Des images. Comme un souvenir. Comme du passé... C’est déjà du passé ! Je me souviens de ce jour, ici à Istanbul, où tu es passée derrière moi la première fois et que j’ai senti ton souffle. Je t’aimais déjà. La nuit qui a suivi, sur la terrasse, on est restés tous les deux, je me demandais si c’était bien moi qui te prenais dans mes bras. Et puis quand tu es partie sans me regarder, la tête haute. Tu m’as laissé seul alors qu’on commençait juste à se voir, à se voir pour de vrai j’entends, de tous nos yeux. Je t’ai rejoint le lendemain à l’autre bout de la Turquie au milieu de l’hiver, alors que je partais bientôt. Qu’étais-je venu chercher ? À Bruxelles, ma barbe et mon accoutrement attirent l’attention. Les douaniers me toisent. Évidemment, ils me choisissent parmi d’autres pour me fouiller. Quels sont tous ces tampons en arabe sur ton passeport ? Pourquoi une barbe si épaisse ? Est-ce bien toi sur la photo ? Faut dire que j’ai changé, vous ne trouvez pas ? Les yeux surtout. Ils en disent long les yeux. Ils font peur quelquefois. Combien de mystères sont enfouis pour toujours dans leurs creux... Plus que quelques heures ? Je survole la France. Je survole tout. De Palolem, je suis parti alors que tu arrivais en Inde la semaine suivante. Là, je t’ai bien eue encore. Mais tu te mentais à toi-même. Tu me disais que tu ne venais pas pour moi. Tu mentais, dis-moi ? Quand je t’ai dit de me rejoindre à Cochin pour le nouvel an, tu étais si contente. Mais je n’y étais pas, c’est vrai. Tu m’as fait la tête longtemps. Mais je suis venu finalement et nous sommes partis tous les deux. On était bien n’est-ce pas ? Combien de temps déjà ? Depuis combien de temps tu existes pour moi, animes mes pensées et fais battre mon cœur ? Je ne sais pas. Je n’ai jamais vu très clair dans cette histoire. Nous sommes tellement fiers... Depuis combien de temps sommes-nous à nouveau séparés ? Quelle importance ? Mon cœur ne fait qu’un battement à la fois et il est pour toi. Tu le sais. Mais tu es gonflée. Gonflée de me dire que tu ne m’attendras pas, que tu es trop impatiente pour cela. Moi, je ne te crois pas. On n’oublie pas les gens comme ça. Ou alors on ne s’approprie pas leur cœur. Je ne te crois pas. J’ai juste voulu te faire marcher. Voir si tu tenais vraiment à moi. J’ai fait aussi vite que j’ai pu et j’ai respecté ton silence... Je ne t’ai pas cru. Il n’y avait personne à l’aéroport. J’ai attendu. Combien de temps ai-je attendu ? Ça n’a plus d’importance. Il faisait nuit. Je fumais un cigare que le dernier employé m’avait donné par pitié. Il n’y croyait plus. ... Tu es si belle. | | | À: Nicodilo · 7 février 2010 à 18:34 Re: Danger du voyageur Message 3 de 7 · 3 059 affichages · Partager ... tu devrais peux-être supprimer le premier de ces deux messages : il évoque et inspire trop ce qu'il dénonce...
... et déplacer le second en rubrique Carnets de voyage, textes de voyageurs où il a toute sa place... | | | À: Maitairoa · 8 février 2010 à 5:44 Re: Danger du voyageur Message 4 de 7 · 3 009 affichages · Partager Etre soit même sans prise de choux, avec tout le respect que l'on se doit. Un voyage reste une expérience parmis d'autres  et n'a rien d'un exploit | | | À: Nicodilo · 9 février 2010 à 11:02 Re: Danger du voyageur Message 5 de 7 · 2 908 affichages · Partager LA SCIENCE INFUSE
En effet, qui est capable de s’apercevoir qu’en racontant ses voyages, sa passion lui monte à la tête et le dérobe pour qu’enfin il ne raconte plus avec toute l’humilité (qu’il prétend avoir acquis), mais de façon parfois abusive, en énumérant que les anecdotes croustillantes, en affirmant des croyances personnelles comme des vérités établies, quand ce n’est pas le courage et la bravoure qui sont évoqués et qui le transforme en grand aventurier à son plus grand plaisir !
Il y a beaucoup de personnes qui sortent de ce schéma évidemment, et tant mieux, leur égo se tient tranquille.
Pourtant, avec tous ces voyageurs, je ne suis pas le seul à m’emporter, croyez moi !
Mais ensuite, une fois calmer de mon agitation, je me rend compte du comportement que j’ai et qui est très clairement orgueilleux. Et je ne comprend pas qu’est ce qui me pousse, pour avoir un peu voyagé, à débiter mes exploits comme si j’avais « la connaissance du monde » limite en exhibant mon passeport comme une preuve exhaustive !
Je me dis alors, « c’est pour donner envie de voyager » ! mais en réalité je ne suis pas clair avec moi même. Je me mets tout simplement en valeur. Besoin de reconnaissance ???
Voilà pourquoi, moi qui prétend être un peu baroudeur, l’on doit m’aider aujourd’hui, à rendre la mesure de ce que je suis vraiment et de ce qu’est, en réalité, un baroudeur ?
Si tu posais cette question à un maître de l’advaïta il te dirait en substance (du moins je pense....) « En réalité, il n’y a aucun baroudeur » !  Bon ok elle est facile celle là... 
Pourquoi quelqu’un qui a multiplié les expériences, les voyages ou les tampons, doit-il assurément en savoir plus que qui conque ?
C’est pourtant juste une expérience personnelle (égoïste ?) qui apporte à la mesure de ses interrogations, de sa culture et non pas la science infuse.
Ben là-dessus tu donnes toi-même la réponse. En effet voyager apporte des expériences à chaque voyageur, quelles que soient ces expériences. Si l’on compare un voyageur à un non voyageur, le premier peut être tenté de se dire et de se prétendre plus « riche » que le second. Sur un plan objectif, il aura raison de se dire qu’il a vécu des expériences inconnues de l’autre. Cependant, il serait dans l’erreur d’affirmer que « ses » expériences sont meilleures dans l’absolu. Le fait que dans de nombreux cas, c’est bien ce qui se produit et ce qu’affirment certains, n’est que le résultat d’un fonctionnement ego-narcissique basique et bien connu depuis au moins des millénaires...
Lorsqu’on part uniquement de son référentiel, on a souvent une tendance innée au mépris ou, du moins, à la volonté de se persuader de sa supériorité vis-à-vis des autres. C’est un processus parfaitement naturel.
Donc ma question la voici, sans tomber dans l’exagération énumérer plus haut, où se trouve la frontière entre la possibilité de raconter des voyages, des lieux, des rencontres avec toute l’émotion qu’on ressent encore mais malgré tout avec humilité. Ou bien, de rien raconter du tout par ce que, on peut considérer dans l’extrême, qu’à partir du moment où l’on raconte, on se vante.
Pour moi aujourd’hui, la frontière n’est pas net. Aussi, comme je lis chaque jour un peu vos post, je m’aperçois que chacun y va de ses connaissances et de ses expériences. (souvent remises en questions le post d’après). Alors qui sait, qui ne sait pas, qui est modeste, qui ne l’est pas ? Qui a le droit de parler ? Y a-t-il des grandes sages du voyage ? Un état d’esprit à avoir, une épreuve à passer ???
En réalité tu poses non pas une mais plusieurs questions ! Donc il y a plusieurs réponses !
Tu nous demandes « Comment peut on raconter ses voyages avec humilité ? » « Est-ce que raconter un voyage suppose nécessairement que l’on se vante ou que l’on sera perçu comme tel ?»...
Je ne sais pas si j’ai bien compris le sens latent de tes interrogations mais je veux bien me risquer à donner mon point de vue...
Ayant lu pas mal de tes posts et notamment celui que tu as publié en suivant, je devine que tes interrogations sont en grande partie liées à ta démarche littéraire.
Du coup, une constante à garder présente à l’esprit est que tu ne saurais aucunement maîtriser la perception de tes écrits chez tes lecteurs (élémentaire mon cher W !). Pour l’aigri moyen, est ce que la découverte de tes aventures sont de la vantardise ? Sont-ce des mises en avant jalousables ? Sans doute !
Pour le lecteur curieux et sans a priori : sont-ce de beaux récits ? A-t-il la chance de te lire et de partager à travers la lecture, tes expériences ? Sans doute !
Donc, comme plus haut, la perception de chacun dépend de son « référentiel ». Ce mot que j’emploie est bien sûr impropre pour (tenter de) définir ce que j’y conçois. Je parle du conditionnement de chacun dans sa façon de vivre et de ressentir, de percevoir, en fonction de son détachement, sa sagesse, ou bien de ses névroses, psychoses, tares intellectuelles ou affectives et qui ne sont que le résultat du fonctionnement de la vie individuelle qu’il nous a été donnée de vivre...
Donc bref, il n’y pas vraiment de réponse tranchée à ta question si ce n’est que d’affirmer que le subjectif naît du jugement de l’individu. Et en disant cela je sais bien que je ne fais pas avancer ton schmilblick.
Cependant, d’un point de vue littéraire, les réactions vont dépendre également du « choix » de l’auteur.
Par exemple, tu as choisis de raconter tes expériences à la première personne en dévoilant tes sentiments et en y conférant, non sans un certain talent, une trame ou une démarche littéraire.
A ce titre, ton lecteur ne va pas ressentir la même chose en te lisant qu’en lisant le journal de bord du forumiste alpha détaillant avec moult précisions son voyage en termes de prix de la course de taxi, renseignement pratiques sur la gestion de son budget au quotidien, temps de transports et astuces dépourvues de la moindre humanité...
D’autres vont tenter une approche poétique ou provocatrice ou stylée de leurs récits et ces différentes approches emporteront autant de type de réactions possibles en fonction de la sensibilité de chacun.
Mais du coup je pense arriver à la véritable interrogation... Est que celui qui écrit doit écrire en fonction des autres et de leurs potentielles réactions ?
Ma réponse est NON ! Bien sûr que non !
Est-ce que celui qui écrit, écrit-il aussi pour lui et sa satisfactions ? Oui, probablement.
Est-ce que celui qui vit l’écriture comme un besoin vital (et ce, peu importe que ce ne soit qu’en voyage ou bien à la maison...), viscéral, doit il écrire coûte que coûte lorsque lui vient l'inspiration ? ASSUREMENT ! | | | À: Gilloug · 1 mars 2010 à 13:21 Re: Danger du voyageur Message 6 de 7 · 2 471 affichages · Partager La frontiere se trouve dans les yeux de ton auditoire avant tout! | | | À: Chengdu · 1 mars 2010 à 23:05 Re: Danger du voyageur Message 7 de 7 · 2 443 affichages · Partager +1 ! 
Dans le premier message du post je me reconnais un peu.
en rentrant de voyage on a surtout envie de partager ce que l'on a vécu, et comme il s'agit souvent de moments inédits que l'on a vécu, de personnes uniques et originales avec qui on a voyager/discuter, qui font que l'expérience du voyage est trépidante et donne envie de la montrer aux autres, ceux qui ne sont jamais parti et qui ne "connaissent" pas.
J'ai souvent tendance justement a dire des trucs "tiens la dernière fois que j'ai ecouté cette musique c'était dans un bar dans tel ou tel endroit du monde..." par exemple; c'est tellement ridicule pourtant! l'interlocuteur pourrait dire on s'en fout!! alors que pour moi c'est un flashback dans un moment de mon voyage qui me rappelle énormément de sentiments...
Alors oui il est bien d'avoir des interlocuteurs compréhensifs! ou qui font au moins l'effort d'écouter! ceux qui ont certainement l'envie et la curiosité de vouloir voyager.
Et c'est une satisfaction personnelle de pouvoir captiver l'intéret de quelqu'un sur son expérience, quelle qu'elle soit! | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 9 218 visiteurs en ligne depuis une heure! |