Au risque de raviver certaines polémiques et tensions, je voudrais aller un petit peu plus loin dans l'analyse des évènements de
NOSY BE.
En premier lieu, je constate que les "édifices sociaux" sur lesquels la société malgache est prétendue être bâtie - mpanjaka, fokontany, fokonola,..... - n'ont pas fonctionné et n'ont pu enrayer la vindicte populaire, ce qui souligne une fois encore, je pense, la déliquescence de nombreuses valeurs - morale, civisme, respect,.... - au niveau de la société malgache actuelle.
De même y-a-t-il, à
NOSY BE et à AMBATOLOAKA, une minorité - certes faible - d'étrangers, installés de longue date, qui passent pour avoir une bonne moralité et qui sont respectés de la population locale.
Ils n'ont pu, là aussi, incarner une forme "d'intermédiation", bon nombre d'entre eux se réfugiant dans des vedettes à destination de ANKIFY, ce que, bien entendu, on peut parfaitement comprendre en pareilles circonstances.
Enfin, il me semble utile de rappeler que nous portons tous en nous les gênes de nos origines et les stigmates de notre culture et de notre éducation.
Un occidental ne sera ainsi jamais africain ou malgache, n'en déplaise à certains humanistes.
Les crédos - très "bobo" et à la mode - de certains touristes qui claironnent qu'ils souhaitent "découvrir
MADAGASCAR hors des sentiers battus, en vivant parmi les malgaches et comme eux pour mieux s'immerger et s'imprégner du pays" ne sont que de "gentilles" élucubrations.
Les malgaches n'ont, culturellement, aucune propension particulière à ouvrir leur quotidien et leur intimité aux étrangers, à partager leur "loaka" ou leur matelas avec eux.
S'ils consentent généralement à vivre "à côté" ou "avec" les étrangers, c'est plus rarement "ensemble".
Il y a également une différence notable entre "aller au devant des gens", "leur tendre" la main" et "engager le dialogue et les échanges" et "s'acoquiner et déambuler bras dessus bras dessous" avec celui que l'on connaît depuis deux jours et que l'on appelle déjà "son frère malgache".
Sébastien JUDALET a manifestement - et malheureusement - payé de sa vie la fréquentation de certaines personnes considérées comme "douteuses et mauvaises" par la population nossibéenne.