29/06
Bon ! Adrien n’est pas enfermé dans la salle de bain ! Nous pouvons donc partir tranquilles, sac à dos chargés d’une grande quantité d’eau fraîche et de sandwichs.
Lors de la journée avec notre guide, j’avais repéré le parking et le début du trail, donc, comme dirait le gars qui saute du 10ème étage en passant devant le 1er : jusque-là, ça va ! Philippe m’avait donné des idées de précautions supplémentaires, comme : se retourner régulièrement, se mettre à plusieurs pour repérer la route et faire des photos destinées au trajet avec un repère comme placer un doigt devant l’objectif pour ne pas les mélanger avec les photos souvenirs. Je garde cette dernière option en réserve au cas où je trouve que cela devienne très difficile.
Nous nous repérons parfaitement tant que le chemin est indiqué (encore heureux !) puis quand nous arrivons sur le ridge, de nombreux cairns confirment les photos et le plan fournis par le BLM. Somme toute, c’est plus facile que je ne m’y attendais. Le retour ne posera pas plus de problèmes et le seul endroit où nous pourrions nous tromper, c’est au moment de quitter le ridge et tourner donc à gauche au bon moment. Aucun souci !
Rien que le trajet pour
The Wave est de nouveau un enchantement continuel. Quel bonheur de randonner dans un tel décor !
Il n’est même pas 10:00 et nous croisons quelques heureux élus déjà de retour ! Comment quitter si vite un endroit pareil ?? Je n’en reviens pas ! Nous arrivons sur place vers 11:00. Il fait chaud mais c’est soutenable. Nous profitons des ombres dès l’entrée pour faire un pique-nique dans un décor inimaginable pour qui n’a jamais vu une telle merveille de la nature.
Nous nous régalons de beef jerky, du bœuf séché que nous ne connaissons pas chez nous. Des italiens font irruption et nous discutons un peu dans une langue qui nous permet enfin de nous exprimer à la hauteur de notre pensée : cela fait du bien ! Evidemment, je commence à prendre des photos et ressemble à une abeille prise de folie devant un champ de fleurs. Je cours dans tous les sens pour chercher des angles qui me conviennent, jouant avec les nuages qui moutonnent dans le ciel. D’ailleurs, ils moutonnent un peu trop à mon goût, jusqu’à cacher le soleil pendant de très longs moments, ce qui nous oblige à attendre pour retrouver une lumière suffisante. Nous en profitons pour rejoindre The second Wave. Tout est si beau que je n’arrête plus de shooter.. Je m’oblige à poser l’appareil, pour admirer par mes propres yeux, et pas seulement par les verres de mon objectif. Mon mari est dans le même état que moi. Les enfants trouvent le coin aussi sublime que délirant. Ils s’arrêtent devant une petite marre et, comme des gamins, s’amusent avec les têtards.
Le Petit Hamburger
Second Wave
Nous devons songer à regret de retourner à la voiture.
Nous croisons un américain d’un âge certain qui ne semble pas avoir de permis. Nous nous poussons pour lui permettre de prendre ses photos mais au contraire, il réclame une présence humaine. Si cela peut lui faire plaisir... Il repartira peu après nous, et nous surveillons du coin de l’œil s’il nous suit pour la route. Nous ne le voyons plus un très long moment. Je ralentis le rythme car je m’inquiète un peu qu’il ne se perde, vu son âge. Il a tourné sans doute bien après sur le ridge car soudain il réapparaît beaucoup plus loin. Tout va bien !
Même la route pour rentrer est sublime !
Nous arrivons chez Bob et après une bonne douche, allons dîner à l’excellent Dam Bar and Grill. Comme souvent, la commande du plat principal nous donne droit à une entrée gratuite en supplément. « Soup or Salad ?» demande la serveuse à mon mari. « Super salato !!!!! » rétorque vivement Francesco (qui ne parle pas anglais) d’un air complètement dépité (il déteste le sel et est... très expressif). La serveuse semble tomber des nues et nous éclatons de rire devant cette incompréhension mutuelle. Je suis fan de ce genre d’équivoques et les enfants et moi piquerons régulièrement un fou rire à ce souvenir. Après une journée pareille, sûr que nous allons bien dormir...
30/06
Ben non ! Toujours des réveils intempestifs à pas d’heure ! Bon, aujourd’hui, c’est encore une belle journée avec plein de projets !
Antelope Canyon Upper et Lower et croisière au coucher de soleil sur le
Lake Powell.
En route avec une petite pause sur le lac.
Après avoir payé l’entrée principale, nous prenons les billets pour la visite de Lower à midi et revenons à Upper. Là encore nous réglons l’entrée. Pour 4, ça fait quand même un sacré montant tout cela, un peu plus de 180 $ en tout. Enfin, comme disent les enfants : le budget y est !
C’est parti. Un jeune
navajo à la guitare nous accompagne. Il répète toujours les mêmes accords mais dans le canyon, le son de la guitare rend bien. Je le lui dis, ce qui lui arrache difficilement un sourire. Pour moi début le stress : comment rendre la beauté des lieux en photo ? Evidemment, j’ai pris le trépied et j’ai même autour du coup le badge photographe donné à l’accueil pour que l’on ne me presse pas trop à l’intérieur du canyon. Même le matin, il y a du monde. Je fais de mon mieux, mais mon mieux n’est pas en forme aujourd’hui... Le trépied n’est pas facile à régler, à la fin je décide de baisser les iso avec des temps de pause plus long et de ranger ce fichu trépied. C’est moyen. Pourtant la ballade au fond de ce canyon est superbe ! Je me dis que je ferai mieux au suivant...
Pour Upper, nous attendons maintenant le 4x4 à ciel ouvert qui va nous transporter jusqu'à l’entrée. Nous grimpons en premier et évitons les sièges au plastique brûlant en choisissant ceux à l’ombre. Ouahou ! Ca déménage ! Notre guide
navajo au si joli prénom de Céleste, manie le 4x4 au pas de charge. La ballade est amusante jusqu’à ce que nous croisions un 4x4 sur le retour qui soulève un beau nuage de poussière malgré le ralentissement des 2 protagonistes !! Arrivés sur place, il y a foule. Notre guide fait de son mieux et nous alternons les sites avec les autres groupes. Certains jettent du sable pour mieux visualiser les rais de lumière. C’est splendide ! Je n’arrive toujours pas à ce que je veux avec mon appareil. En moi se confrontent la touriste ravie et la photographe déçue. Il doit être 14:30 quand nous terminons. Je donne un bon pourboire à Céleste, qui nous a bien informé et a même aidé les photographes pour leur montrer les meilleurs spots.
Spot «
Monument Valley
Nous irons faire les courses au Walmart et rentrons grignoter. Entre une douche, laver un peu de linge et autres fantaisies, il est déjà l’heure de repartir à Wahweap Marina. Je présente mon fax de réservation. Une aimable personne me propose alors de changer mon tour « Cruise without dinner » contre « Cruise Antelope ». Elle m’explique que le premier reste au large pour que ceux qui ont réservé puissent admirer le coucher de soleil en dînant. Vu que nous ne dînons pas, autant prendre l’autre qui visite le canyon d’Antelope. Il part ¼ h plus tard et ne me coûtera rien de plus ! Je suis ravie ! Nous embarquons pour environ 1h30 et profitons d’un magnifique coucher de soleil qui donne de belles couleurs aux roches.
Nous nous enfonçons dans la faille jusqu’à ce que le bateau ne puisse plus passer. Selon le niveau de l’eau, le bateau s’enfonce plus ou moins avant. Notre commandant recule et nous rentrons. Citronnade, ersatz de café, eau à volonté. Nous avons bien profité des sièges sur le pont à l’extérieur. C’était très agréable ce coucher de soleil !
Nous avons vu aussi un homme très grand et, hélas pour lui, particulièrement obèse. C’est incroyable qu’il puisse encore marcher. Le nombre de personne en surpoids que nous verrons pendant tout notre séjour est vraiment impressionnant pour nous. Pourtant, nous pouvons trouver de tout dans les supermarchés et salades et fruits sont là à profusion à des prix raisonnables. C’est vraiment un problème de santé publique.
Nous dinons rapidement dans nos appartements avant de sombrer dans une nuit toujours aussi entrecoupée.
1/07
Nous disons au revoir à Bob et quittons Page, désolés de laisser une si belle région. Direction le Visitor Center. J’ai l’intention de demander si nous pouvons accéder aux Wahweap hoodoos sans passer par les 10km de marche. Je parle au ranger de la Blm 431 : « non c’est strictement interdit de passer par là » et c’est devenu officiel d’après ses dires. Exit les hoodoos blancs car nous ne comptons pas faire les 10 km à pied. Retour au plan initial. Direction Paria Movie Set, puis petit retour en arrière pour rejoindre la Cottonwood Road.
Nous accédons facilement au premier. Les pistes succèdent aux routes.
C’est plus long que je n’imaginais. Finalement, nous arrivons au sein de collines aux couleurs fantastiques.
Quelques photos plus tard, nous réempruntons la piste du retour qui me semble différente de l’aller. Je retourne donc sur nos pas et prends une autre piste qui se resserre beaucoup. Les branchages fouettent la voiture. Ce n’est pas celle-là ! Je trouve enfin où faire demi-tour. Je suis stressée : à qui demander son chemin ?!! J’ai hâte de retrouver la route. Au bout d’un moment, nous reprenons la piste qui ne me semblait pas bonne. Mais c’est bien celle-là. Ouf ! Quelques minutes plus tard nous descendons de la voiture pour examiner les dégâts. Gloups ! Sur la poussière, la quantité de rayures est impressionnante. Abimer une voiture presque neuve : cela fait mal au coeur. Je joue le côté zen : nous sommes assurés, même la franchise nous sera remboursée. Mais je suis moins sûre de moi que je n’en ai l’air. Tout le monde se tait et je roule dans le silence jusqu’à l’entrée de la Cottonwood. Je me mets en AWD, me réservant le 4WD pour les endroits difficiles. Mais tout va bien, en roulant doucement, je passe partout. Les débuts sont assez lunaires dans les tons gris. Sur les 13 premiers miles, je suis presque déçue : je m’attendais à mieux. Puis, les couleurs se réchauffent.
Une fois de plus l’aspect torturé des éléments m’interpelle.
Quelles forces telluriques ont été capables de soulever tout cela ! Ce n’est même pas imaginable. Ce qui me gâche le plaisir, c’est tout de même les lignes électriques et poteaux qui suivent le même chemin et gênent constamment la vue. Je passe devant Yellow rock don’t j’aperçois le dôme jaune sur le côté ouest. Un coup d’oeil à mes passagers : inutile de demander si quelqu’un est ok pour minimum 2:00 de rando. Les enfants dorment et mon mari digère encore l’état dans lequel j’ai mis la voiture. L’animation reprend quand nous arrivons sur une vue spectaculaire à mon gout. Arrêt photo obligatoire !
Mais le déjeuner ne pourra se faire là tant les moucherons nous piquent. Mes fils ressemblent à des moulins à vent. Dommage de ne pouvoir rester là. C’est reparti et le décor change constamment.
Plus loin, c’est Grosvenor Arch. Vraiment imposante !
Nous arrivons ensuite à Kachrome Basin : un joli petit parc aux formes évocatrices... Le temps n’est pas avec nous. A chaque fois que je veux prendre une photo, un nuage s’interpose. Nous commençons à fatiguer et la route n’est pas finie jusqu’à
Bryce. Nous visitons donc au pas de charge ! Petite rando et points de vue et nous voilà repartis !
Et encore une fois, il fait particulièrement gris. Nous emménageons dans un ravissant petit chalet en rondin à quelques mètres de la Rim. Comble du bonheur, une cheminée avec un simple bouton pour l’allumer. C’est comme dans « Les Visiteurs » et nous jouons à Chaud /Froid au lieu de Jour/Nuit...
Le temps de faire mumuse et un coup d’œil à l’extérieur me ravit : un soleil bas illumine tout. Nous courons au bord de la rim pour faire quelques photos. 10 mn de pur bonheur juste au coucher de soleil.
Me voilà toute optimiste pour demain. Je sens que je vais me régaler... Nous déjeunons correctement au resto du lodge. Une fois de plus, des voisins de table entendant nos paroles nous interpellent pour savoir d’où nous venons etc. Vraiment, nous avons beaucoup apprécié ce côté “friendly” typique des américains qui se montrent sincèrement ravis de voir que vous aimez leur pays ! Et le plus amusant, c’est qu’ils ont toujours “une cousine de la grand-tante du voisin de leur oncle...” qui connaît la
France.