Ce matin, Nathan est réveillé avant nous. Dans un demi-sommeil, je le vois qui gribouille au bureau, près de la fenêtre. «Qu’est-ce que tu fais mon chéri ? » « Je dessine, je veux montrer ces montagnes, ces palmiers et l’autoroute à Papy et Mamy. Mais c’est pas facile car aujourd’hui, y a plein de brouillard. » QUOI !? Je bondis sur mes pieds. En un saut, me voilà à la fenêtre, et c’est bien vrai : une vraie purée de pois. Alors qu’aujourd’hui, on visite
Hollywood,
downtown LA, bref, la totale, j’ai un circuit d’enfer préparé comme un plan de vol, c’est juste pas possible qu’il ne fasse pas beau !
Semi-comateux (ben oui, il ne rajeunit pas lui non plus, et Universal Studios, ça laisse des traces !), mon mari, toujours prompt à me rassurer dans ces moments d’existentielle angoisse météorologique, bougonne un truc sur la pollution, le soleil, ça va se lever, no soucy, on dort encore un peu ?
Le petit-dej du pauvre au Hilton tient à nouveau ses promesses. Impossible de connaître l’évolution du temps, satanées fenêtres sans tain. Mais remontés dans la chambre pour préparer les valises, lueur d’espoir, quelques traînées de ciel bleu. Ca devient bon !
Et ça va vite... Le temps de regagner notre fidèle Rav4 – après avoir parcouru une dernière fois nos kilomètres de moquette et dit au revoir à notre grand lustre en cristal – voilà un ciel d’un bleu éclatant. Aussitôt, je mitraille ! L’une des photos que je préfère de tout le voyage, c’est celle d’un parking en face de l’hôtel ! Ca ne s’invente pas !
Direction
Hollywood Boulevard. Il est tôt, il n’y a pas grand monde, tant mieux. J’hallucine sur le symbole de la lutte contre le sida affiché en grand sur une église. Verrait-on ça chez nous ?
Par hasard, nous tombons sur l’étoile de Farrah Fawcett, ornée de messages émouvants. Sa disparition est reléguée au second plan, avec le décès de Michael
Jackson. Son étoile à lui n’est pas loin de là, mais étrangement, presque nue. L’explication : elle est « débarrassée » régulièrement de toutes les bougies et fleurs qui s’y amoncellent depuis deux semaines. N’empêche, ça fait bizarre, ce dépouillement, surtout dans le recueillement collectif actuel.
Nous jouons aux touristes devant le Chinese Theatre, Nathan aime beaucoup et se montre très curieux. Idem pour toutes les étoiles. Nous avons marché pendant une bonne heure, et les avons toutes vues, a priori. Il ne s’est jamais lassé, réclamait des explications, posait à côté d’Elvis, de James Dean, de Zak Efron (autre génération, autre idole !)... Je garde un très bon souvenir de cette balade sur
Hollywood Boulevard. Sous le soleil, peu de monde, pas glauque ou sale comme on le lit souvent. Et mon plus beau souvenir, c’est l’enthousiasme de mon petit garçon. Même si jeune,
Hollywood, pour lui, ça voulait déjà dire quelque chose. Encore plus maintenant.
J’avais préparé tout un circuit en voiture dans
Los Angeles. L’étape suivante, ce sont les Studios Paramount. Nous espérons qu’enfin, nous apercevrons les lettres
Hollywood, parce que, pour l’instant, rien. On nous les a enlevées cette nuit ou quoi ?
Eh bien finalement, on ne les verra jamais. J’avais pourtant noté que c’était depuis
Highland qu’on les voyait le mieux, mais inexplicablement, que cela soit sur
Hollywood Boulevard ou après, RIEN. On les a aperçues au loin, au travers du portail de la Paramount (sympa, le clin d’œil !), mais sinon, totalement bredouilles. J’avais pourtant le souvenir que les autres fois où j’étais allée à
Los Angeles, elles étaient omniprésentes, visibles de partout. Wrong impression.
Nous mettons le cap sur le centre-ville, car oui, il y en a bien un, contrairement à ce qu’affirment les détracteurs de la, certes tentaculaire,
Los Angeles. Je suis bien décidée à visiter la gare, que nous venons d’ailleurs de revoir dans Rain Man, le quartier mexicain – j’adore – et les buildings des grandes avenues. Apercevoir un skyline de gratte-ciel, ça fait partie de mes plaisirs aux
USA, ne cherchez pas à comprendre. Bon, LA, ça ne vaut pas
New York, loin de là, mais les palmiers compensent pas mal.
La gare est effectivement splendide. Les mauvaises langues diront « Bof, ce n’est qu’une gare ! Une ville dans laquelle on doit s’abaisser à visiter une gare pour trouver un monument valable, franchement... ! ». Ce n’est pas faux. Mais c’est une gare art déco, de style mexicain, entourée de palmiers. Jackpot, en ce qui me concerne. Et aussi, cette étrange sensation que le voyage en train existe encore un peu aux
USA. Je regarde tous ces gens avec curiosité : pourquoi prennent-ils le train, dans ce pays du tout-avion, de la toute puissante voiture ? Cette gare, c’est un peu un retour dans le temps. Il y fait si calme...
Juste en face, le quartier mexicain (Olvera Street) nous fait encore plus remonter le temps. Ce n’est pas hyper spectaculaire, mais très sympa. La maison la plus vieille de
Los Angeles a de quoi faire sourire quand on connaît la grand-place de
Bruxelles, mais ne faisons pas nos dédaigneux de base. C’est super joli. Plein de restos, d’échoppes. Un beau kiosque, de beaux arbres, de vieux bâtiments, du calme, de la musique douce et mélodieuse. Là aussi, la sensation que le temps s’est arrêté. Re-jackpot. Jusqu’à présent,
Los Angeles downtown tient toutes ses promesses.
Après un repas mexicain, comme de juste, direction les gratte-ciel. A pied car selon mon mari, ce n’est pas loin ! Non, c’est sûr, mais l’air de rien, le circuit que j’ai concocté n’est pas court-court ! « Mais si, ça ira ! ». Un kilomètre à pied, ça use, ça use...
Nous passons devant la mairie, puis remontons vers le
Walt Disney Concert Hall. Nous marchons depuis une petite heure. Ca monte, il fait chaud et, avouons-le, à part des clochards et des gens peu avenants, nous sommes les seuls à pied... Nous nous dirigeons vers les gratte-ciel plus récents, nous admirons l’ancien funiculaire et là, mon mari rend les armes : « Je vais chercher la voiture parce que sinon, on n’est pas arrivés ! » Voiture stationnée, rappelons-le... à côté de la gare ! Bon courage mon chéri !
Nathan et moi continuons notre balade seuls. D’abord le marché couvert, endroit surprenant dans un pays comme les
USA. Nous achetons une succulente glace qui, sous le climat los angelien, a pour gros désavantage de fondre à vue d’œil. Pas pratique ! Nous traversons la rue et admirons le superbe hall du Bradbury Building, et sa sculpture de Charlie Chaplin.
Il y a plus d’animation dans ce coin-là que près du
Walt Disney Concert Hall, mais quand même... Le fait de me balader avec un petit garçon de 8 ans semble m’éviter quelques « rencontres », si j’en crois certains regards. Bref, on fait un peu tache. Néanmoins, je me régale. L’architecture est magnifique à mon goût. Je retrouve le côté vieux théâtres, buildings en acier, grandes affiches... que j’aime tant à
New York. Je ne boude pas mon plaisir et je mitraille à tout-va, flanquée de mon petit garde du corps.
Mon mari nous rejoint, et nous finissons le tour en voiture. Ca va évidemment beaucoup plus vite. Je continue de mitrailler tout ce que je vois. Je passe un excellent moment. Mais il est clair que faire le centre à pied, c’était une erreur. C’est trop grand, il fait trop chaud, et l’ambiance n’est pas forcément engageante. N’empêche, j’ai adoré, et je continuerai à défendre bec et ongle
Downtown LA !
La suite du programme, c’est Westwood, quartier découvert grâce à un super site sur l’architecture de
Los Angeles. Un côté 50s que j’espérais retrouver encore aujourd’hui. Ce fut le cas. Ca nous plaît beaucoup, mais pas le temps de s’attarder... Notre fameuse marche à pied dans le centre – c’était vraiment une mauvaise idée, je m’en veux de ne pas avoir insisté davantage pour qu’on prenne la voiture – nous a retardés. J’avais prévu de me rendre au musée Getty, mais le choix a été fait pour nous : trop tard et, surtout, tous les accès sont bloqués à cause d’un incendie aux alentours, a-t-on entendu à la radio. Avec la litanie habituelle sur les embouteillages. Que nous aurions dû mieux écouter, car on s’y est jetés comme dans la gueule du loup.
Agacés au possible de faire du sur place sur la 405, j’encourage mon mari à oublier le GPS et à descendre sur les « petites routes ». Ce qui au passage nous vaut de traverser
Beverly Hills... au pas, là aussi. Je ne sais pas s’il y a de tels embouteillages tous les jours, ou si c’était à cause de l’incendie, mais là, sérieusement, c’était intenable. Coincés plus d’une heure sans bouger sur Sunset Boulevard, nous avons eu la furieuse envie de faire grimper le 4x4 sur le terreplein en gazon impeccablement tondu pour repartir dans l’autre sens, où ça roulait nickel. Mais ça aurait fait désordre.
Prenant notre mal en patience, nous sommes finalement parvenus en haut de la colline, pour prendre
Mulholland Drive et retomber sur la 405. Près de trois heures se sont écoulées depuis Westwood. Rageant.
Il était prévu que nous logions à
Santa Barbara le soir. Vu la tournure des événements, j’ai pensé annuler et rester sur
Los Angeles, ne croyant jamais arriver. Mais une fois sur la 405, tout roule, c’est le cas de le dire.
Santa Barbara est cependant plus loin que je ne le pensais. Ou peut-être est-on épuisé, je ne sais pas. Toujours est-il que ça semble long.
Nous arrivons pour le coucher de soleil. A la vue de ces immenses palmiers, toute contrariété s’envole aussitôt. Nous n’avons pas encore repéré l’hôtel, mais notre estomac criant famine, c’est tout naturellement que nous nous dirigeons vers la rue principale, après une petite balade en voiture le long de la côte.
Ce qui surprend de prime abord à
Santa Barbara, c’est l’animation qui règne dans la rue. Rien à envier à l’
Espagne ! Pléthore de restaurants et de cafés, des jeunes partout. Je n’avais jamais vu cela aux
USA. D’emblée, j’adore. Nous nous installons à la terrasse d’un café « bio » (pas fait exprès), où ils ne servent pas de coca et où on se sert soi-même dans des frigos. Etrange. Le restaurant est lui-même adjacent à une boutique d’artisanat très baba cool. Le ton est donné.
Il fait nuit noire quand nous tentons de trouver l’hôtel. Il est sur le front de mer, mais étonnamment, tout est très peu éclairé (décidément !). C’est pas la Croisette !
Il était pourtant difficile à rater, l’hôtel. En fait, il est tellement étalé qu’on croyait que c’était un quartier de maisons ! Parking très peu éclairé là encore (seulement des photophores au ras du sol !). La gentille dame de l’accueil nous annonce que « comme nous sommes Gold », nous avons été surclassés dans le bâtiment principal, chambre avec vue mer. C’est bien urbain de votre part, merci ! Et nous remet les traditionnels cookies, encore tièdes. Slurp.
La chambre est si loin, on met tellement de temps à la trouver (c’est pas notre jour), qu’on pense encore s’être plantés quelque part. Mais évidemment, quand l’hôtel ne fait qu’un étage et qu’il a je ne sais combien de chambres, les couloirs deviennent vite des pistes d’athlétisme. Avec moquette, of course.
La chambre est à la hauteur de notre impatience : une vraie salle de bal ! Avec un beau grand balcon, dont la vue semble très prometteuse malgré l’obscurité... Vivement demain matin !