3h30 : comme prévu, nous sommes réveillés aux aurores. Après un réassortiment initial des valises, chacun récupérant la tenue de secours prévue dans la valise des autres en cas de perte, nous voilà prêts à tracer la route, après avoir avalé en guise de pré-petit-déjeuner les délicieux cookies qu’ils ont eu la gentillesse de nous offrir à la réception.
Nous branchons le GPS, direction
Las Vegas. Nous arpentons les immenses autoroutes désertes de LA dans la nuit noire. Je suis étonnée qu’on ne voie pas
Downtown au loin, ou qu’il n’y ait pas plus de vie autour. Peu à peu, la circulation s’intensifie dans l’autre sens. Nous roulons depuis plus d’une heure, sans aucun embouteillage, et nous sommes toujours dans l’agglomération de LA. Nous passons par des quartiers miniers et industriels qui ne doivent pas être très agréables à vivre. La grisaille de l’aube n’enjolive pas le tableau.
Nous semblons enfin sortir de LA. La route commence à monter, le désert pointe le bout de son nez, la radio commence à grésiller, sur fond de country. J’avais prévu de prendre le petit-déj au Big Boy de Barstow, si on tenait jusque là. Planning tenu : nous y sommes à 6h30. Ce que je n’avais pas prévu, c’est que ce ne serait pas encore ouvert ! Ce genre de mésaventure nous arrivera quelques fois. Qui a dit que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt ?! Nous déambulons donc sur les parkings, sirotant un jus d’orange du Carl’s Jr voisin, déjà ouvert lui, observant les enseignes des outlets fermés et la valse des poids lourds qui se réapprovisionnent en carburant. Il fait magnifique, pas un nuage. La température est très agréable. Il y a des palmiers partout. On est aux
USA. Le voyage commence. Pur bonheur.
Après un petit déj très copieux, nous reprenons la route. Pas pour très longtemps, puisque nous faisons une halte à Calico, la ville minière fantôme. Je sais que c’est une attraction à touristes, mais quand on voyage avec un enfant, on voit les choses avec plus d'indulgence. En l’occurrence, ce n’est pas touristique du tout puisque c’est... fermé ! Du moins, pas encore ouvert. Car nous pouvons entrer dans le village et nous balader, pour le coup, dans un village vraiment fantôme. Nous sommes seuls au monde. Ca donne une autre dimension à ce petit village assez sympa, quand on fait abstraction de tous les restaurants d’opérettes et des gargotes de souvenirs, peu menaçantes puisqu’à rideau baissé.
Retour dans le RAV4. Nous croisons les employés du village, qui vont commencer leur journée. Marrant de les voir sortir, en habits d’époque, de leurs grosses américaines modernes. Ils doivent habiter dans le coin, dans les quelques bungalows isolés croisés ça et là, avec champs de poussière en guise de gazon et voitures décrépies pour seul aménagement de jardin. Qu’y a-t-il à faire dans cette région, un peu paumée entre
Las Vegas et LA ? Pas grand-chose, apparemment.
OK, nous sommes sur la bonne route ! Étonnamment chargée, il faut le dire. Pourtant, nous sommes en semaine, et il est tôt. Je me demande ce que ça donne les veilles de week-end. À vrai dire, je ne suis pas rassurée : c’est le désert autour, et on voit beaucoup de pneus éclatés et de voitures en panne. Les bandes sont étroites, les gens dépassent indifféremment par la gauche et la droite, et conduisent plus vite que dans mon souvenir. Je déchante un peu. Pour passer le temps, je tente des clichés des gros camions. Des joshua trees. Des panneaux
Death Valley et
Las Vegas. Ainsi que des gros camions, des joshuas trees et des panneaux. Sans grande réussite. Zut alors, moi qui suis une pro de la photo au vol en voiture normalement !
Nous arrivons enfin à
Las Vegas, je suis soulagée. Je pensais arriver par
le Strip comme dans mes souvenirs, mais non, nous arrivons par l’arrière des hôtels, par l’autoroute quoi. Ca fait drôle de deviner ces mastodontes que je reconnais. Mais la skyline a bien changé depuis 1999 et notre dernier voyage à Sin City.
Nous logeons au
Flamingo mais le check-in n’étant qu’à 16h, j’ai prévu de faire le sud du strip, puis d’aller prendre la chambre, et de faire le nord. Nous commençons par la traditionnelle photo devant le « Welcome to Fabulous
Las Vegas », puis allons nous garer à l’
Excalibur, bien situé pour rayonner dans le coin. Nous commençons par le
Luxor. Mon fils est tout fou de voir une grande pub Transformers sur la pyramide. L’intérieur a changé depuis notre dernière visite. Il s’est « rempli ». On dirait une grande foire commerciale, avec ses voitures de luxe qui tournoient, lentement, pour appâter les joueurs. Je découvre la présence de deux expos que j’aurais aimé visiter : Body et Titanic. Pas le temps, malheureusement. Nous traversons l’
Excalibur : aucun intérêt. Nous rejoignons le NY NY par la passerelle, et c’est déjà nettement plus fun. Mon fils veut absolument faire l’attraction. Arrivés là, on se rend compte qu’il n’a pas la taille requise. Grosse déception. Du coup, il se rabat (et son papa aussi, par la force des choses) sur un genre de simulateur de grand huit. Aux dires d’un petit habitué des attractions et d’un grand habitué des simulateurs : ce truc, c’est d’la balle ! Plus vrai que nature ! Je les crois volontiers sur parole.
Nous traversons la rue vers les magasins M&M’s, Coca-Cola et le nouveau Hard Rock Café. Rapides photos devant la guitare géante pour mes deux guitaristes en herbe, puis retour à la voiture. Il fait une chaleur incroyable, avec beaucoup de vent. Comme un sèche-cheveux géant qui nous pousserait dans le dos. Marrant.
Nous arrivons au
Flamingo. Sur le trajet, je me rends compte qu’il subsiste quand même encore quelques-unes de ces petites échoppes modestes et pas très nettes, qui contribuaient au charme sulfureux du
Las Vegas d'antan, avant les gratte-ciel profilés, avant l’ombre de ces monstres en construction à côté du Monte-Carlo, là où se trouvait je pense un hôtel à montagne russe bien kitsch, très « old days ». Des titans moches avant d’être achevés. Un « bel » exploit. Je trouve qu’ils défigurent tout
le Strip. Enfin...
Après avoir un peu galéré pour trouver le parking et s’y retrouver dans ce dédale de béton, nous faisons le check-in et découvrons la chambre. Allais-je regretter de ne pas avoir réservé au
Bellagio ? La réponse est non. La vue est somptueuse, la chambre design et un rien déjantée comme j’aime, mon fils hallucine, et mon mari a un écran plat même dans la salle de bain... Tout le monde est content !
Nous redescendons et allons visiter le
Paris, très bien reconstitué je trouve, surtout la partie magasins. La partie casino est beaucoup moins réussie à mes yeux. La coupole et le restaurant sont très chics. « On dirait des vrais ! » Marrant de voir l’Arc de triomphe sur le côté de l’hôtel, tout calme, sans voitures. Une dimension de la Place de l’étoile qu’ils ont oubliée de recréer ! La terrasse du café du
Paris semble bien agréable, avec ses brumisateurs et sa vue imprenable sur les fontaines du
Bellagio...
Bellagio où l’on essaie de se rendre, mais c’est un peu la galère : pas d’endroit pour traverser et quand on a enfin parcouru les 2km nécessaires, c’est pour en parcourir 3 de plus de galeries commerciales et de casinos avant d’arriver enfin à la réception. Celle-ci, fidèle à mon souvenir, ne me plaît que moyennement. Ces fleurs de verre au plafond m’oppressent, et on se croirait dans un hall de gare tellement ça fourmille de gens. Le vacarme est assourdissant, ça résonne beaucoup. On est loin d’une atmosphère feutrée de palace... Par contre, la serre adjacente est magnifique. Certaines compositions florales sont époustouflantes, d’autres très mignonnes, enfantines. J’adore les fontaines « boules de verre ». Un bon moment.
Nous repassons par la réception et réempruntons les kilomètres de couloirs pour ressortir. Là, on s’aperçoit que les fontaines ont un petit problème, et qu’un plongeur en zodiac est en train de remettre de l’ordre dans tout ça. Rigolo.
De beaux restos design nous ont fait de l’œil en chemin, mais vu l’heure et l’affluence... A essayer !
Nous traversons la rue vers le Caesar Palace. Là aussi, il a fallu marcher énormément avant ne fut-ce que de retrouver les magasins et la reconstitution de
Rome. Une fois sur place, elle m’a semblée moins belle que dans mes souvenirs. C’est néanmoins il me semble l’hôtel qui a innové sur la voie de la reconstitution d’une ville entre 40 murs – tout est grand, à
Las Vegas –, avec ciel artificiel, nuages roses et tout le tintouin, sur lequel ont lâchement copié le
Paris et le Venetian. Comme c’est l’un des premiers hôtels du Strip et que j’aime le kitsch et l’esprit novateur, je lui garde une place spéciale dans mon cœur. C’est là aussi que j’ai trouvé une chemise Guess jolie comme tout, mais là, je m’égare.
Épuisés de toute cette marche, nous retournons au
Flamingo, juste en face. On se tâte pour une tête dans la piscine, mais le temps tourne à l’orage. Le vent est toujours là, mais plus le soleil. On opte pour une petite sieste. Enfin, les hommes. Moi, j’ai trop peur de ne pas me réveiller pour aller à
Fremont Street, que je n’ai jamais vue. Et si moi je ne les réveille pas, personne ne le fera. Je me force donc à garder les yeux ouverts, admirant les fontaines du
Bellagio, lisant mes guides et mes notes, prenant des photos du Strip. Je lutte, mais c’est dur. Motivation, motivation.
Je réveille mes troupes vers 19h. Le ciel est beau, on dirait celui du Caesar Palace.

L’énergie me revient. En route pour le vieux
Las Vegas ! Au passage, j’admire le Wynn et le Encore, qui ont belle allure, dans le soleil couchant...
Nous passons devant le
Circus Circus, le Riviera, la
Stratosphere. C’est vraiment loin, à la fois du Strip et du vieux
Vegas. Et qui plus est, au milieu des chantiers de la Trump Tower. Mais ces hôtels ont un cachet certain, il faut le reconnaître. Avec le recul, je me dis que le Riviera ne dépareillerait pas dans
Fremont Street.
Nous croisons un panneau « Welcome to Fabulous
Old Town Las Vegas ». Je tente la photo. Ratée (forcément). Re-zut.
Aller dans le vieux
Las Vegas prend moins de temps que dans mes souvenirs. À notre première visite, le trajet nous avait paru tellement interminable et glauque. On avait rebroussé chemin. Puis
Fremont Street Experience n’existait pas encore. Les suivantes, on n'avait pas retenté le coup, trop avides de se brûler aux lumières du Strip.
Arrivés sur place, le choc. Le bonheur à l’état pur. L’extase. J’adore l’ambiance qui se dégage de cette vieille rue, son passé imprégné sur chaque façade, si palpable. C’est tellement plus intéressant que le carton-pâte du Strip ! Un grand moment... que transcendent les artistes de rue et les projections au rythme
Route 66 et Summer of 69 du toit lumineux. Le spectacle est complet. Mais mon fils s’endort sur les épaules de son papa, non sans m’avoir extorqué une étoile de shérif « Nathan,
Las Vegas », qu’il arborera fièrement tout au long du voyage. J’aurais voulu qu’au retour, il puisse voir les pirates du
Treasure Island, le Volcan du Mirage... mais tant pis. Nous sommes coincés devant pendant un bon bout de temps à cause des embouteillages, ça aurait été l’occasion, mais pas de bol, ce n’est pas l’heure H. On s’en remettra. Quant aux fontaines du
Bellagio, elles sont devant nous, faisant leur grand boucan et leur petit effet (ou inversement).
Retour à l’hôtel. Mon fils ouvre à peine un œil pour voir les fontaines, mon mari ouvre à peine l’autre. Moi, j’ai les deux bien ouverts. Je voudrais repousser le sommeil encore et encore. Mais ce n’est pas raisonnable. Demain programme : petit-déj au
Treasure Island, visite du Venetian tout proche, attractions de la Stratosphère,
Valley of Fire et
Bryce. On n’est pas là pour rigoler !