04 août
Journée assez chargée, Visite de
Bodie, Diner à
Bishop, rando dans les dunes de Stoveppipe Wells, soirée à l’hôtel (piscine) et surtout plus de 400km, beaucoup, mais pas le choix pour la bonne suite de notre circuit.
C’est pour çà que nous nous levons à 6h30, Les enfants et moi allons prendre le petit déjeuner, Laurence n’est pas trop bacon, œuf, etc.
Donc elle zappe et prépare les valises pour le départ.
Nous voyons Jean François qui prend aussi des forces pour la journée et comme Mado veut prendre des pancakes, il nous montre sa demi-portion de pancake, monstrueux.
On échange nos programmes pour la journée et on se dit au revoir et à ce soir.
Nous quittons l’hôtel un peu plus tôt que prévu, on devient bon.
La route pour
Bodie est désertique, à part une voiture un peu devant nous, nous sommes seuls, c’est très agréable.
Comme la route est annoncée accidentée, je décide de faire joujou avec le 4X4 de la Tahoé.
Mais c’est la première fois de ma vie que je conduis un vrai 4X4, c’est surprenant, on a l’impression de conduire un tracteur.
Bien vite je repasse en mode 4X4 automatique et c’est bien mieux.
Surtout que la route ne nécessite pas un vrai 4X4, une suspension un peu plus élevée est suffisante et même une berline passe en étant un peu prudent.
Bodie est en vue, cette ville surgie d’une autre époque, d’un temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaitre....
Au cabanon pour payer, je m’attends à voir un vieux ranger, comme j’avais lu sur un compte rendu, et bien non c’est une jeune dame.
On achète le plan de la ville, il est en anglais, mais on trouve ça utile.
C’est une visite très attendue, on a vraiment envie de découvrir cette ville fantôme (pour l’anecdote, nous avons appelé notre dernier petit chat
Bodie !)
Seulement quelques voitures sur le parking, des conditions parfaites pour s’imprégner de l’ambiance, c'est-à-dire, le silence, la sensation que toute vie s’est arrêtée.
C’est assez étrange.
Nous commençons la visite par l’église qui est ouverte, ensuite une maison dont nous pouvons entrer et bien profiter de la reconstitution du mobilier et puis plus rien n’est ouvert à part le musée.
Nous devons admirer l’école, les magasins, saloon et hôtel à travers une vitre qui est assez souvent sale.
Nous sommes un peu déçus de
Bodie.
En nous baladant, un couple de Québécois nous interpelle pour nous demander où nous avons trouvé le plan de la ville, car rien grand-chose n’est indiqué sur le site, à part des numéros renvoyant au fascicule vendu à l’entrée.
Nous leur expliquons et prenons le temps de parler, comme ils ne désirent pas retourner chercher un plan, nous leur montrons le nôtre.
Nous les avons croisés plusieurs fois et spontanément on leur proposait le plan (une intuition ou un geste de sympathie de notre part ?)
Nous croisons une dames âgée, elle nous demande si nous parlons français et d’où nous venons.
Elle est aux anges d’apprendre que nous sommes Belges, car elle est Belge, de
Liège.
Il y a 47 ans qu’elle a quitté la
Belgique pour se marier avec un américain et s’installer près de Palm Spring, surement une rencontre d’après guerre.
Nous continuons la visite et terminons par le musée, nous sommes un peu déçu de n’avoir pu faire des photos qu’au travers d’une vitre, on pourrait peut être ouvrir les portes et installer un grillage, une corde pour limiter l’accès.
Nous allons rejoindre la voiture, un passage par les toilettes avant de reprendre la route et Laurence arrive vers moi le visage blême avec la clé de la voiture cassée.
Il manque un morceau et comme chez Alamo nous n’avons qu’une clé, on est mal.
Un sentiment de solitude m’envahi, que faire ?
Laurence ne retrouve pas le morceau manquant et je me dis que la clé a dû casser dans le contact.
J’essaie d’introduire la clé et impossible de démarrer.
Laurence retourne aux toilettes pour essayer de trouver le morceau et c’est dans ma poche que je le retrouve.
Une belle cassure, nette et précise, j’ai bien travaillé je n’aurais pas su faire mieux.
Nous voilà en plein désert, pas un seul magasin, resto, hôtel, liaison gsm à moins de 30 km.
Dans un site qui ferme à 18h !
La seule solution, le ranger du site, car il n’y en a qu’un seul.
Mais voila, je sais demander à boire, à manger et éventuellement mon chemin en anglais, mais expliquer la situation c’est autre chose.
Laurence qui est plus douée que moi en anglais perd tous ses moyens dans une situation comme celle-ci.
Très vite je pense aux rencontres faites dans le parc, les Québécois et la belge, qui savent parler Anglais.
On part à leur recherche et on trouve nos sauveurs venus du
Québec.
Qu’on dise ce qu’on veut, les habitants d’
Amérique du Nord sont autrement plus serviables que nous Européens !
On explique notre situation, le monsieur, Marc, qui parle couramment Anglais accepte de nous aider.
On va trouver le Ranger, il regarde la clé, notre chance est que ce n’est pas une clé avec une puce électronique pour couper l’allumage, mais une simple clé.
Il nous trouve un serrurier à Bridgeport, qui peut faire ce modèle de clé.
Nous avons l’adresse, Marc et Sylvie nous conduisent à Bridgeport.
Marc était surtout ennuyé de devoir laisser Mado et Laurence à
Bodie car leur voiture ne pouvait pas prendre plus de 3 autres passagers.
Bon, nous avons des réserves d’eau fraiche et un peu de nourriture, viande séchée, biscuits secs et fruits, elles peuvent tenir le siège à
Bodie.
Ce qui est positif, c’est que nous pouvons faire plus amples connaissances, parler de nos familles, pays, coutumes, etc.
Ils sont en vacances et nous disent qu’ils ont de l’avance sur leur programme, on se demande si ce n’est pas pour nous rassurer, car nous sommes très ennuyés de prendre de leur temps de vacances.
Nous trouvons le serrurier, on n’apprend pas tous les jours dans un cours d’Anglais le vocabulaire pour refaire une clé.
Marc nous est d’un grand secours, le quincailler, regarde les deux morceaux et fait la moue, ce serait trop beau que ce soit si facile.
Il regarde sont stock de matrice de clé et oui, il n’a pas le modèle, notre voiture est trop récente, une 2010, il en a jusque 2009, mais pas encore 2010.
Pour trouver un autre serrurier, on doit aller à plus de 100km de là, ce n’est pas possible, surtout que l’on risque d’avoir le même problème.
C’est Marc qui nous trouve encore une solution, Alamo Assistance.
J’ai tous les papiers et dessus le numéro de téléphone et oui, il se propose de téléphoner lui-même.
Je veux lui passer mon Gsm, il me dit non, car c’est un numéro gratuit et on doit savoir appeler d’une cabine publique.
Première tentative, échec, il réessaie et enfin il a la communication.
Apres avoir fait quelques choix en encodant des numéros, il a enfin une dame.
Il explique la situation.
Ils doivent nous changer le véhicule et Alamo nous trouve un Pick-up.
Marc insiste bien sur le fait que nous sommes 4 avec des bagages, on lui dit : pas de problème, tout rentrera dedans.
On pourra continuer notre circuit et passer changer de véhicule si on le désire à
Las Vegas.
Mais voila, l’opératrice ne parvient pas à situer
Bodie sur le système informatique, le lieu est inconnu, elle doit le trouver manuellement.
Il faut aussi qu’elle en informe le chauffeur qui doit venir nous dépanner et tout cela prend 50 min.
Marc reste en ligne pour nous 50 min sans même montrer un moment d’ennui, de dépit de perdre autant de temps pour des inconnus que nous sommes.
Il va même me proposer d’aller pendant qu’il attend en ligne, chercher de la nourriture pour passer les 4h d’attente sur le parking de
Bodie.
Et oui, le camion a besoin de 4 h pour venir nous dépanner.
Il me conseille de trouver de quoi attacher et protéger nos valises, car le pick-up n’est pas fermé derrière.
Et c’est en partie soulagé d’avoir trouvé une solution que l’on retourne à
Bodie.
Nous sommes partis plus d’1h30 et les filles sont restées à
Bodie sans nouvelle, pas de gsm pour prévenir et c’est un grand soulagement lorsqu’elles nous voient revenir.
Nous donnons quelques explications et la bonne humeur de ce couple Québécois redonne du baume aux cœurs des filles.
Nous nous échangeons nos adresses postales et électroniques en promettant de se contacter lors de notre retour en
Belgique.
Ils seront d’ailleurs toujours les bienvenus si un jour ils décident de faire un voyage en Europe.
Pour nous commence une longue attente, je pense à un plan bis, car partir de
Bodie vers 16h30 cela va nous faire arriver de nuit dans la Death Vallée.
Tant pis, on le fera, on a un gps si jamais on se perd.
Nous rassemblons toutes nos affaires pour faire le changement de véhicule.
Comme personne ne veut retourner dans
Bodie, je décide d’y aller me balader.
Il y a beaucoup plus de monde que ce matin et comme je suis le seul de la famille a aimer les musées, j’en profite pour prendre mon temps dans celui de
Bodie.
Le ranger de ce matin me demande comment se passe notre problème de clé, il est très compréhensif et fait un effort pour comprendre mon anglais sommaire.
Autour de moi, il y pas mal de français et cela me fait sourire, car ces gens parlent entre eux sans se douter que la personne près d’eux comprend ce qu’ils disent.
Ils n’ont rien dit de bien méchant ni grossier et je reconnais là mon côté un peu voyeur.
Je retourne à la voiture, car dans une vingtaine de minutes, le camion devrait arriver.
C’est avec 20 min de retard que l’on aperçoit le camion, je prépare mon appareil photos pour immortaliser le moment où le camion sauveur va arriver sur le parking.
De loin, le pick-up promis me semble petit, je ne distingue pas encore bien de quel véhicule il s’agit.
Le Camion arrive sur le parking, notre tête !
Moi je devais avoir la tête d’un personnage de dessin animé, ma mâchoire a du tomber au sol et mes yeux sortir de ses orbites.
Le pick-up est passé au car-wash sans utiliser « Dreft », c’est une VW Bettle !!!
Soit on abandonne les enfants ici ou les valises.
4 adultes, 4 valises, 2 trolleys, 2 sacs à dos et un frigo box, impossible de tout faire rentrer dedans.
Le chauffeur comprend la situation et est bien embêté, il existe bien une solution, j’y avais pensé mais pas osé le faire, c’est à dire comme la cassure est nette, mettre le petit morceau et puis le grand dans le contact.
Seulement, c’est une voiture de location et cette solution signifie devoir changer le barillet de la voiture.
Je n’ai pas osé essayer, cela aurait été ma solution de dernière chance, mais ici c’est le dépanneur de chez Alamo qui le fait et cela fonctionne.
La voiture démarre.
Il nous demande la suite de notre parcours, on lui dit la
Death Valley et ensuite
Las Vegas.
Il nous conseille de se rendre directement à
Las Vegas et d’aller changer de véhicule.
Car le fait d’éteindre et d’allumer le moteur, le contact pourrait user un des morceaux de la clé et alors on serait de nouveau en panne.
C’est comme ça que se termine notre visite de la
vallée de la mort, sans même l’avoir commencée.
Et on dit vive le gps, car on va devoir rouler de nuit.
Avant de partir, j’avais cherché toutes les adresses Alamo le long de notre parcours et tout noté dans le road book.
Quelle bonne idée, il nous suffi de taper l’adresse à
Las Vegas, parcours le plus rapide et voila le résultat... 600kms et 7h de route.
Il est déjà 17h00.
Nous devons faire le plein et c'est à Lee Vining, à une station près d'un motel que l'on s'arrête pour faire le plein.
Le problème est qu’on doit couper le moteur et on ne sait pas s'il va repartir.
Première tentative, le bouchon est de l'autre coté et le tuyau est trop court, il faut redémarrer et changer de pompe.
Cette fois c'est bon et on sait redémarrer.
C'est parti pour un marathon de 600km, moi qui ne voulais pas faire d’étapes de plus de 400km, c'est raté !
De plus, la
Death Valley était un endroit que j'avais vraiment le plus envie de visiter.
Ce n’est pas difficile, on contourne la
Death valley par le nord, en prenant la 120 jusque Benton, la 95 jusque Tonopah.
Dommage car cette route est vraiment belle et nous n'avons pas le temps de faire du tourisme.
Nous avons croisé une voiture et un mobil home.
Pas une seule station service, quelques habitations, vraiment pas envie de tomber en panne.
A Tonopah, nous avons pris la 95 jusque
Las Vegas.
Mon malheur fait le bonheur des enfants, une journée de plus à
Vegas.
Il est finalement minuit trente quand nous arrivons chez Alamo, ils devaient être informé par le dépanneur, car à la réception ils ne sont pas surpris de notre problème.
Ou alors ils font leur job comme des automates et ont déjà rencontré des cas bien pire.
On devient des habitués pour choisir une voiture de nuit.
Finalement, on ne perd pas au change, c'est une Buick Enclave, de 24000 km, intérieur cuir et bois.
Radar et camera de recul, ouverture du coffre automatique, Clim réglable séparément à l'avant et à l’arrière.
Cette voiture me plait vraiment beaucoup, Laurence préférait la Tahoé.
Reste un problème à résoudre, où dormir ?
Nous devions dormir au Furnace creek...
Enfin
Las Vegas ne manque pas d'hôtels et comme nous avons une réservation au
Paris pour 2 nuits, on tente le coup pour avoir une nuit supplémentaire.
La première impression du Strip, est que l'on ne voit que des flambeurs et frimeurs.
À 1h du mat ce sont les gens de la nuit, qui sont ici pour sortir et flamber.
On trouve le parking du
Paris, la chaleur est encore accablante et ce malgré la nuit.
Tous les gens que nous croisons sont sur leur 31 : Costume, robe très courte et décolleté profond, hauts talons qui obligent les filles à terminer la soirée à pieds nus.
Nous, habillés pour faire le désert de la
Death Valley, je me sentais cloche en tongs, bermuda et tee shirt super léger.
Pour ceux qui connaissent le hall du
Paris, où l'on fait le check in, je trouve qu'on faisait tache.
Enfin à
Vegas ils en ont vu d'autre.
Evidemment, l'hôtel est complet, mais la réceptionniste téléphone pour essayer de nous trouver une chambre.
C'est au Bally’s, juste à coté, que l'on trouvera un logement pour la nuit, du moins ce qu’il en reste.
Nous allons voir la chambre avant d'aller chercher les valises, on ne sait jamais avec notre chance de la journée... la 796 est nickel, quelle classe, une voiture luxueuse, un palace pour la nuit, que demander de plus....
Je sais, dormir, il est 1h30.