La relation d'une mère à son enfant est le thême principal de cette tragégie clintonienne...
On aurait préféré quelqu'un d'autre dans le rôle de la mère tragique: Angelina Jolie fait beaucoup d'effort pour rentrer dans le rôle, mais la densité des situations, la lutte acharnée qu'elle mène contre les forces du mal, pour être digne de la mémoire de son enfant, sauve l'actrice d'un pathos lourd à gérer.
On en vient presque à la trouver « héroique ».
Il faut dire que, comme à son habitude, Clint ne fait pas dans la nuance: les flics sont corrompus, les médecins véreux et machistes, seule la justice est rédemptrice, univers de bons et de méchants, où la vertu et le courage finissent par gagner.
Mais les bons sentiments ne font pas de bonne tragédie, et Clint nous inflige les pires détails d'une éxécution par pendaison, comme si l'on ne devait pas oublier que la société américaine est restée barbare, et que la loi du talion permet toutes les rédermptions.
Ici, la famille n'est pas oppressante, elle n'existe pas, les contraintes sont reprises par l'image qu'une police corrompue veut donner d'elle-même: on infligera à la mère la reconnaissance d'un enfant qu'elle ne reconnaît pas.
Point de pression sociale, d'environnement oppressant, ici les obligations de la mère sont réduites à son univers mental et à l'obligation qu'elle s'impose de croire en un avenir possible.
Clint Eastwood laisse le spectateur conclure lui-même la rédeption de la mère, une fois justice faite, choisira-t-elle le manager de son service de call-center, le flic à l'écoute, ou la défense des femmes opprimées dans un système qui l'a brisé ? elle choisit de s'en tenir à la maxime qu'elle enseignait à son fils chéri: « quand tu commences une bagarre, qu'importe celui qui l'a provoquée, mais termine là » (maxime de cow-boy)
une tragégie à la Clint, façon Hilary