Voici donc la fin du carnet. J'ai mis beaucoup plus de temps que ce que je pensais au début, et c'est aussi bien plus long à lire que ce que j'avais imaginé. Je sais que certains ont suivi fort assidument depuis le début et ça m'a fait bien plaisir, me donnant le courage parfois de continuer. J'espère en tout cas que la longueur du carnet ne découragera pas trop ceux qui ont moins de temps...

Ce carnet, je l'ai fait pour vous, mais aussi bien sûr pour mon père et moi, pour que nos aventures restent écrites quelque part avec le temps qui passe et les souvenirs qui partent souvent trop vite. En tout cas merci bien de me m'avoir lu et c'est parti tout de suite pour la vallée du feu...
J17: Zion National Park (express), Valley Of Fire, nuit Valley Of Fire
Dernière journée complète du voyage dans ces contrées perdues aux paysages grandioses. Et oui, il faut bien une fin. Le petit déjeuner de qualité du B&B ne me retire pas ce petit sentiment amer à l’idée de me rapprocher de la
France. Je me console dans le fait qu’il nous reste encore les heureux paysages de
Valley of Fire. Petit state park que j’avais adoré l’année dernière alors que peu de gens ici en parlaient. Sa situation ne doit pas le servir, trop près de
Zion. C’est un endroit idéal pour une escapade en A/R de
Las Vegas pour ceux qui en ont marre des casinos et des excès de la ville du vice. En 2009, j’avais regretté de ne pouvoir y dormir, alors cette année la nuit camping est au programme. Et puis je trouvais que c’était une jolie fin de voyage, une tente, avec le Dad, au milieu de rien.
Nous partons donc direction la vallée de feu, en passant par
Zion. Aux abords de
Zion, près de la route, un champ envahi par des bisons tranquilles, pas vraiment apeurés par les quelques voitures arrêtées sur le bas-côté. Elles sont assez élégantes finalement ces grosses bêtes. Et puis c’est l’une des images emblématiques des westerns. Ils m’évoquent aussi plus précisément « Danse avec les Loups », l’un de mes films référence que j’avais été voir au cinéma tout petit. Lieutenant Dunbar, sors de moi. J’ai d’ailleurs pensé à lancer une de mes chaussettes dans le champ pour mieux coller au film. Logique.
Puis direction
Zion National Park. Le passage est express, encore plus que l’année dernière. Nous sommes partis assez tôt de
Bryce mais la route est longue jusque Valley Of Lire où je souhaite vraiment que nous prenions notre temps. Pas de randonnée donc, à peine quelques poses en bord de route. Et donc quelques photos pour un aperçu...
Quelques heures plus tard, arrivée à
Valley Of Fire par l’entrée est du parc. Zone que je n’avais pas explorée l’année passée. Avec notamment « Elephant Rock ». De ce côté-ci la forme éléphant n’est pas aussi évidente que de l’autre côté mais mes photos en sens inverse sont en plein contre-jour et donc plus à leur place dans la poubelle.

Près du rocher éléphant, un gros lézard, peu effrayé par ma présence. Il a la classe non ? Il est d’ailleurs en train de vous regarder. Vous qui violez honteusement son intimité.
Sur le parking, nous rencontrons un ranger qui nous conseille d’aller dès maintenant réserver un emplacement dans l’un des deux campings sauvages. Et il avait raison, nous avons par chance obtenu le dernier emplacement de tout
Valley Of Fire. Étonnant, parce que l’année dernière c’était quasiment vide. Et voici notre installation de fortune :
En attendant la nuit, nous partons randonner vers « Ephemeral Arch ». Une randonnée pas très longue mais assez rude dans le sable, sous un soleil bien lourd. J’apprécie le moment, parce que l’endroit parait dénué de toute vie humaine possible, uniquement habité de roches rouges. Mon père est plutôt réservé sur l’intérêt d’une telle promenade, il préfère la neige apparemment...

C’est d’ailleurs la seule fois où il me dira ne pas avoir pris de plaisir. Le dernier jour. Mince. Raté Aurel.
Ca ne l’empêche pas de marcher loin devant... pour en finir plus vite peut être ? Et vous pouvez admirer nos « styles » un peu merdiques... oups. Nous assumons.
Un semblant de végétation qui sort du sable :
Une première arche le long du trail :
Et puis nous arrivons face à "Ephemeral Arch".
Après être restée maîtresse de ces lieux pendant des milliers d’années Ephemeral s’est écroulée un mois après notre passage. Elle portait bien son nom en somme. En espérant que ce ne soit pas le fait d'un imbécile et plutôt l’œuvre de l’érosion naturelle.
Le temps passe vite, il nous faut rejoindre la voiture pour voir "White Dome" puis le sunset à Rainbow vista. "White Dome" est la plus belle randonnée du parc. Nous déambulons pendant une heure au milieu de roches joliment colorées de rose, de jaune, d’orange, et de blanc aussi évidemment. Nous l’avons malheureusement faite trop rapidement mais j’en garde vraiment un bon souvenir. En voici quelques illustrations...
Une tentative de macro florale. J’admets mon échec. Je n’ai jamais fait et je n’ai d’ailleurs pas le matériel adapté. Un jour peut-être je prendrai le temps d’apprendre... il me faudrait une prof (notez bien le féminin, je suis malin

).
Le soleil commence à s’évader derrière les roches, laissant mieux apparaître les multiples couleurs des roches :
Il est temps de rallier la Rainbow vista pour le coucher de soleil. Avant ceci, un petit détour un peu à l’écart de la scenic drive pour observer cette segmentation de couleurs crème / rouge étonnante :
Et nous voici donc sur la scenic drive, près de Rainbow vista, dans la partie la plus étonnante. Toujours aussi éclatant de couleurs. Même heureuse impression que l’année passée.
Difficile de faire une pause ici, il n’y a que quelques dégagements en bord de route qui sont d’ailleurs interdits (dixit le ranger venu nous accoster gentiment). Les pauses il faut les faire dans le wash éventuellement, mais pas en bord de piste.
Mais j’avais déjà eu le temps de partir un peu à l’écart shooter parmi mes dernières photos du voyage. Une partie du parc choisie un peu au hasard, même si j’estime avoir été plutôt chanceux. Mon père est resté près de la voiture, je me pose donc seulement brièvement pour pouvoir le rejoindre pour notre dernier coucher de soleil tous les deux perdus dans l’ouest. Quelques photos de mon trip shoot, qui sont toutes verticales d’ailleurs, je devais avoir un bug cérébral :
Retour auprès du père. Nous sommes tous les deux assis en bord de route à observer les dernières lueurs. Titine juste derrière. Pour ma part, j’ai la gorge serrée, de savoir que cette aventure tous les deux touche à sa fin après un beau voyage de plus de trois semaines.Aujourd'hui nous nous connaissons mieux.
Du superbe
Valley Of Fire, je ne regrette pas ce choix pour terminer en beauté. Alors encore quelques extraits pour les gourmands. Avec quelques rayons de soleil...
Et puis à l’ombre...
Retour en toute fin de journée au camping. Sympa aussi l’idée de retrouver un peu de « roots » pour le dernier soir. Et si vous avez bonne mémoire, vous pouvez remarquer que lors du voyage nous n’avons finalement campé qu’en deux occasions, dans la
vallée de la mort et dans la vallée du feu. Coïncidence, mais je trouve que ça en jette pas mal.
J18: Valley Of Fire, nuit San Francisco
Ce matin nous nous levons en même temps que le soleil. Enfin non, il n’y a pas de soleil malheureusement. La dernière journée sera grisâtre, un peu dommage. Il est 6h et nous devons quitter
Valley of Fire vers 15h au plus tard pour rejoindre
Las Vegas, rendre titine et enfin nous envoler pour
San Francisco.
Pour commencer la journée, j’ai prévu un détour par les pétroglyphs et les arches proches de la zone camping. Les couleurs ne sont vraiment pas terribles hormis peut-être ce pétroglyph :
Et voici « Piano Arch » :
La suite de la matinée c’est de randonner à « Petroglyphs Canyon » jusqu’au réservoir d’eau « Mouse Tank ». L’occasion pour mon père de m’apprendre que si les chars d’assauts ont été appelés « tank » pendant la guerre c’était justement pour que sur les plans ils soient confondus par l’ennemi avec des réservoirs. Peut être que ça sert d'aller dans les musées finalement?

Nous voici donc dans « petroglyph canyon », une petite randonnée où des pétroglyphs ont été inscrits un peu partout le long du chemin par les indiens qui s’y étaient réfugiés lors de l’arrivée des colons. Il y a ceux qui sont visibles assez facilement, comme ceux-ci :
Et puis avec mon père nous décidons de partir à la recherche d’autres pétroglyphs perdus ici ou là au milieu des roches rouges. Ben oui quoi, non seulement nous n’avons pas été en mode escapade aventureuse (et perdus) depuis quelques jours mais ici nous pensons avoir de fortes chances de faire des découvertes et d’avoir quelques clichés originaux à rapporter en
France. Alors, autant le dire tout de suite, la réponse est non.

Nous avons bien tenté de grimper un peu partout, au point de (presque) nous perdre, rallongeant la rando d’une heure ou deux. Sans résultat. Mais avec tout de même ce plaisir à crapahuter à l’envie au milieu des caillasses. C’était notre dernier moment à l’envie, notre dernier moment dans la nature du grand ouest, du moins pour cette année 2010.
Et oui, car à force de trainer dans les rochers, il est l’heure de délaisser
Valley Of Fire pour retourner à
San Francisco. Un mois passé bien vite. Et forcément, quand on se retrouve au Burger King puis dans un avion de Virgin America tendance boite de nuit comme le montre la photo ci-dessous, on préfère déjà se remémorer les beaux instants de nature...

Mon père passera un bout de nuit à
San Francisco avant de rejoindre
Paris. J’aurai quelques jours bonus chez mon pote Morgan qui habite toujours là-bas. A festoyer quelques restos à sushi, à vider les futs de bière de divers bars et surtout à retrouver encore un peu les plaisirs de cette ville qui me plait tant.
Et puis pour terminer, je vous propose un instant musical qui m’évoquera toujours
San Francisco puisqu’il a tourné en boucle les trois années où j’y ai arpenté les rues :
www.deezer.com/listen-551023
Vous savez, l’
ouest américain c’est vraiment bien. Mais avec son Dad, l’
ouest américain c’est encore mieux.
Aurélien