La suite, avec le départ pour la côte californienne...
Titine, notre Jeep :
L’un des moments importants d’un voyage que l’on sait exigeant au niveau des routes empruntées est l’épreuve de la récupération de la voiture... On connait la gamme réservée mais on ne sait pas exactement quel véhicule nous sera attribué...
Pour présenter le contexte : je n’y connais rien en voiture, trois ou quatre marques même si en bon français je connais aussi le symbole de Renault. Je n’ai pas les facultés de négociation de Philippe (voir son carnet de voyage ici
voyageforum.com/...partie_n_1_D3279413/
et vous comprendrez le sens de ma remarque). Et je n’ai aucune idée de la réelle difficulté des pistes qu’on va traverser. J’espérais donc toujours aussi logiquement une sorte de 4x4 bazooka qui défonce tout sur son passage avec option branchement lecteur MP3 parce que j’ai envie d’écouter de l’Ennio Morricone pendant les heures de voiture. Logique.
Et nous avons donc obtenu... une Jeep Wrangler. La Jeep Wrangler est à première vue extra : c’est un 4x4, ça fait ranger aventurier (c’est bien nous ça !), on va pouvoir tout traverser. Alors oui c’est vrai, on a vraiment tout pu traverser et c’est l’essentiel...
... mais la Jeep Wrangler est également parfaite pour ceux qui aiment retrouver les sensations d’un petit avion à hélice, pour ceux qui n’ont pas de valises, et pour ceux qui n’ont jamais chaud. Cette brave bête n’a en effet pas de climatisation. Cette brave bête n’a que deux portes, donc on passe son temps à galérer pour sortir les valises de 20kg par-dessus les sièges inclinés. Cette brave bête est décapotable, ce qui à première vue peut paraitre sympa, mais dans la réalité on ne la décapote pas parce qu’on a peur de s’envoler et surtout de ne plus pouvoir entendre Ennio Morricone. Une capote qui présente d’ailleurs comme principal intérêt de pouvoir par une simple remontée de fermeture éclair accessible depuis l’extérieur se servir dans nos valises. Pratique et très adaptée en fait la Jeep Wrangler. Une sorte de Jeep « vazy-sers-toi, c’est gratuit, de toute façon on a chaud ici ».
Mais en ce premier jour de location, excité par le périple à venir je n’avais pas encore remarqué ces formidables atouts de notre Jeep. J’étais juste content que l’on puisse affronter n’importe quelle condition de route. Mon père, lui, ne savait pas encore dans quel voyage nous nous embarquions. Je ne lui avais rien dit ou presque, quasi interdit de regarder des photos à l’avance des lieux que nous allions arpenter, je voulais qu’il découvre sur place, de surprises en surprises. Il m'avait fait confiance, lui qui d'habitude a toujours tout organisé dans le détails pour nos vacances familiales quand on était petits. Mais donc cette Jeep, pour lui s’apparentait surtout à ce ramassis d’inconvénients et valait bien quelques râleries de qualité (une sorte de trait de caractère familial généralisé). Il a compris plus tard l’intérêt principal d’un tel véhicule lorsque notre titine (c'est son logique petit nom lorsque j'en parle en bien) nous a sorti de situations pas évidentes. Car titine n’a pas peur, elle traverse les situations les plus périlleuses (pistes indiennes, slickrock, wash, petites rivières...). Je vous présente donc notre voiture à double facette, notre titine « vazy-sers-toi c’est gratuit, de toute façon on a chaud ici » :
J1 : Highway 1 - Carmel - Point Lobos - nuit Monterey
Avant de partir je n’étais pas spécialement attiré par ces étapes sur la côte pacifique, bien plus par les canyons et merveilles des terres intérieures. Des côtes on en a de très belles en
France, et je suis aussi généralement plus émerveillé par les paysages que par les zones urbaines. Mais les témoignages de plusieurs personnes et l’intérêt témoigné par mon père de voir aussi de la « ville » américaine m’avaient fait inscrire deux nuits au programme, dans les villes de
Monterey et de
San Luis Obispo.
En ce jour de départ de
San Francisco, un dernier passage par une portion de 49 Scenic Drive, notamment pour la vue de
Twin Peaks présentée dans le chapitre précédent. Et puis nous voilà donc partis sur la
Highway 1, en direction du sud, les yeux rivés sur notre droite à l’affut des jolies plages et des belles criques sauvages. Nous marquerons de nombreuses poses, avec une côte qui révèle des contours variés, d'heureuses impressions différentes.
Puis nous dépassons volontairement
Monterey prévu pour le lendemain pour aller visiter la mission "San Carlos" de
Carmel.
Carmel, pour ceux qui ne connaissent pas encore des multiples autres carnets de voyages, c'est une petite ville "fortement aisée" dont Clint Eastwood fut le maire. La promenade dans la mission est agréable, il n'y a quasiment personne :
La fin de journée se fera à "Point Lobos", une réserve naturelle d'état plus au sud le long de la côte. C'est vraiment un très bel endroit, là encore nous sommes seuls ou presque. La côte très découpée peux rappeler la
Bretagne, c'est très sauvage et les petits promenades de 30min à 1h sont faciles et accessibles à tous :
Quelques essais de photos de fleurs... qu'on trouve d'ailleurs à peu près partout dans l'
ouest américain...
Retour du regard vers la mer :
Une crique que je trouve superbe :
Ou des rochers avec des phoques et des oiseaux perchés...
Et pour bien finir notre journée bien remplie notre fameux premier coucher de soleil nature au calme...
Retour sur
Monterey pour un très bon diner au "Hula's Island Grill" dont j'avais récupéré les coordonnées sur Internet avant le départ. Nous y croiserons d'ailleurs deux locaux qui nous confirment qu'on ne mange pas très bien sur
Monterey et que nous sommes bien à "The place to be". Elle est pas belle la vie? Ils s'inquiètent d'ailleurs bien plus que nous du fait qu'on n'ait pas encore de motel pour la nuit et nous indiquent gentiment de nous dépêcher pour aller... ben euh... par là bas. C'est là bas que sont les motels il parait. Le GPS nous amène en effet en sortie de ville où notre recherche de motel est finalement assez rapide : nous optons pour le moins cher, le Eldorado Inn.
J2 : Monterey - Big Sur - Julian Pfeiffer State Park - nuit Fresno
La journée du lendemain débute comme prévu par un tour dans l'Aquarium de
Monterey. En règle générale je ne suis pas un grand fan des aquariums. On pourrait même dire que ça me gonfle totalement. Surement le côté
Disney autour des animaux. Et comme souvent aux
états unis, il y a en effet un côté
Disney exacerbé par les séances "venez, on nourrit les pingouins" ou "venez, on nourrit les requins", ou encore les "asseyez vous les enfants, ceci est une méduse qui pique". Mais malgré ceci, je dois reconnaitre que j'ai trouvé cet Aquarium particulièrement beau, aussi bien l'intérieur du bâtiment que les différentes espèces que nous avons croisées. Nous ne sommes pas très originaux, ce sont les méduses qui nous ont le plus médusés (ceci étant donc une blague absolument géniale.).
Des méduses donc, les pingouins qui mangent, mais aussi des espèces de semi-poissons semi-mammifères qui du coup ne servent pas à grand chose. Pour peu qu'ils aient une mémoire de poisson rouge et on obtient vraiment une espèce totalement précaire qui chaque seconde ne sait pas si elle doit ramper ou plutôt nager. On pourrait penser qu'ils étaient le ou l'un des traits d'union qui apportèrent la vie sur terre et permirent le développement des mammifères, c'est d'ailleurs la seule raison pour laquelle ils sont en photo ici. Ben oui, parce que c'est vraiment moche :
Suivent des coraux et des poissons plus exotiques nettement plus beaux et qui ré égaient nos rétines (le père triche, il a des lunettes) :
Et pour finir sur l'Aquarium de
Monterey, les derniers arrivés, les hippocampes. Un "animal" qui m'a toujours plu je ne sais pas trop pourquoi. Ci-dessous la version hippocampe tchernobyl :
Et deux hippocampes amoureux ou qui se font la tête. Assez élégants au final.
Nous sommes restés deux bonnes heures dans l'aquarium mais il est temps de repartir vers
Big Sur. C'est là d'ailleurs que germe en nous l'idée d'écourter la partie côte Californienne. Nous n'en avions pas trop parlé mais l'un comme l'autre avions le sentiment à peu près en même temps d'avoir déjà pas mal vu et apprécié sur la côte et qu'il n'était peut-être pas indispensable de pousser jusque
San Luis Obispo. J'ai proposé un changement au père, en fait une option que j'avais mise de côté avant le départ car je trouvais la route trop longue : un passage par
Sequoia national Park pour voir des célèbres Sequoias géants que j'avais déjà ratés l'année dernière. Et c'est décidé, c'est dans la boite! Mais avant de nous éloigner dans les terres j'ai souhaité maintenir le passage par "
Big Sur" et "Julian Pfeiffer State park", estimant que 1) ce sont des endroits qui m'avaient été fortement recommandés et 2) nous ne serions de toute façon pas à
Sequoia avant la nuit.
Nous voilà donc de retour sur la route de la côte où s'offrent à nous de nouvelles vues et nos dernières de la mer... entre deux assoupissements du père. Oui, car j'ai oublié de le dire mais le père ne conduit pas. J'ai imposé sauvagement cette règle au départ tout seul sans le consulter. Comme un sale gosse. Ca m'aura d'ailleurs valu quelques ronchonnements (autre spécialité familiale) lorsque sur les longues routes droites sans voiture j'osais - oh quel fou - dépasser de 10miles/h la vitesse limite autorisée. Des chamailleries masculines testostéronées. Mais globalement l'idée que je sois celui qui conduit a été très bien acceptée. Et j'espère d'ailleurs que ma future femme sera aussi docile que mon père... Logique non?
Bref, voici de la macho-plage autour de "
Big Sur", avec cette presqu'île formée d'une colline joliment arrondie :
Vient alors le temps du "Julian Pfeiffer State Park". Un peu en retrait de la côte, avec une rivière qui le traverse, un parc qui nous a bien plu sans toutefois nous emballer. Avec notre compagnon de déjeuner :
Nous y faisons une promenade plaisante vers un beau point de vue de la vallée et surtout vers une jolie cascade :
Sachant que la cascade est une vraie merveille de la nature : on y rencontre une femme en petite tenue en séance photo pour nous faire plaisir rien que pour nous (et son mec peut-être?). Sympa. L'
ouest américain c'est vraiment bien. A n'en pas douter le meilleur moment du parc. Et oui, ce jour 2 est effectivement le jour macho. Des questions? :oP Allez, une photo qui n'engage pas grand chose :
Sur ces belles images, on quitte le parc en fin d'après midi avec un dernier regard sur la mer, j'aime bien cette photo...
... et nous voilà donc partis dans les terres direction
Sequoia National Park situé à plus de 400km. La route est vraiment longue (les autouroutes sont en option pour ce type de transverse peu pratiqué) et la nuit tombée nous décidons de nous arrêter à
Fresno.
Fresno, une ville sans intérêt particulier mais la dernière vraie ville avec des motels car la route pour
Sequoia Park est une route de montagne dont nous ne savions rien.
S'offre alors à nous un repos bien mérité... nous sommes partis finalement fort dès les premiers jours et nous resterons sur ce rythme à peu près tout du long. D'autant plus qu'une nouvelle proposition de changement d'itinéraire a été rapidement validée par mon père : demain nous n'irons pas à
Las Vegas directement pour y passer deux nuits mais plutôt ouvrir nos grands yeux et dormir dans la
vallée de la mort.
Il fait nuit sur
Fresno... et sur le carnet de voyage aussi. La suite les jours prochains.
Je n'ai malheureusement pas prévu de détour
vallée de la mort demain mais il est parfois bon de dormir aussi à
Paris. En même temps, mon job n'est il pas une sorte de
vallée de la mort parisienne?
La suite ici :
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