Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Sarana · 15 avril 2020 à 20:56 · 195 photos 178 messages · 28 participants · 13 712 affichages | | | | À: Sarana · 21 avril 2020 à 18:59 · Modifié le 21 avr. 2020 à 19:19 Re: Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Message 41 de 178 · Page 3 de 9 · 1 187 affichages · Partager Bonjour,
Pour ce qui est des billets, j'aurais dû en garder au moins un, sûr que ce serait une pièce de collection. J'ai cherché sur Google, mais rien à faire. Cette monnaie n'a circulé que très peu de temps, quelques années je crois.
Je pense que ça a duré au moins une dizaine d'années peut-être davantage...En tout cas ce FEC (foreign exchange certificate) existait en 1982 année où tout comme toi je suis allé en Chine pour mon voyage de noce! J'avais gardé des échantillons de ces billets ainsi que d'autres monnaies étrangères glanées dans différents pays jusqu'au jour où ils se sont volatilisés suite à un cambriolage! Ton compte rendu de voyage me rappelle de bons souvenirs comme le change au noir dans la rue avec l'arrivée des flics... Les WC collectifs, Les petits hotels chinois où l'on était accepté lorsqu'il n'y avait pas ou peu de clients locaux où que l'aubergiste prenait quelques risques c'est ainsi qu'on avait dormi une fois dans un grand dortoir où l'on était les deux seuls clients! Nous n'étions pas allés à Pékin. De Hong kong nous étions partis sur Canton et avions traversé la Chine du sud vers le Yunnan et le Sichuan puis la frontière laotienne. (Xichuangbanna) Lors du retour sur Canton en avion nous avions fait escale au centre du pays.Il était autour de midi et avions pris notre déjeuner dans une sorte de cantine très sommaire et surprise nous nous étions retrouvés attablés devant une plâtrée de riz et légumes avec les membres de l'équipage commandant de bord compris ! Nous avions eu une petite mésaventure à Yangshuo... A l'époque avec le visa l'ambassade nous fournissait la liste des villes autorisées. Yangshuo (proche de Guilin) l'était mais pas la province voisine et impossible de le savoir vu qu'absolument tout était écrit en caractères chinois....Nous avions loué des vélos et avions été arrêtés par la police locale pendant qu'on prenait tranquillement notre repas dans une gargote (dans ladite province interdite aux étrangers.).ça s'est terminé au poste de police avec un interrogatoire ubuesque, la confiscation des vélos et une amende à la clé! | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Djalma · 21 avril 2020 à 19:37 Re: Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Message 42 de 178 · Page 3 de 9 · 1 162 affichages · Partager Ton compte rendu de voyage me rappelle de bons souvenirs comme le change au noir dans la rue avec l'arrivée des flics... Les WC collectifs
Certaines choses n'ont pas totalement disparu ! Il y a 2 ou 3 ans j'ai encore fait du change au noir... dans une agence Bank of China avec l'agent de sécurité  . C'était à Chengdu, on s'est à peine mis à l'écart.
Quant aux WC collectifs (les "nihao toilets" comme me les avait présentés un Japonais), ils existent encore, mais pas dans les grandes villes. En revanche, quand on fait un long trajet en bus dans le Yunnan ou le Sichuan, c'est là qu'on s'arrête. Je me souviens notamment d'un arrêt entre Kangding et Chengdu dans un endroit tellement dégueulasse que j'avais été pisser contre un buisson. Là une dame est venue me hurler dessus en me faisant signe que les toilettes étaient à l'intérieur   
La Chine comme on l'aime ! | | | À: Parigino · 21 avril 2020 à 19:49 Re: Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Message 43 de 178 · Page 3 de 9 · 1 158 affichages · Partager Il y a 2 ou 3 ans j'ai encore fait du change au noir... dans une agence Bank of China avec l'agent de sécurité  . C'était à Chengdu, on s'est à peine mis à l'écart.
C'est aussi ce qui m'avait été proposé en septembre 2018 par l'agent d'accueil de la succursale Bank of China de Kashgar. J'ai préféré passer par le circuit officiel. Long, mais quelques Yuans de gagner.
Quant aux WC collectifs (les "nihao toilets" comme me les avait présentés un Japonais), ils existent encore, mais pas dans les grandes villes.
+1
J'en ai vu à Xiahe, juste devant le gonpa de Labrang.
Fabrice | | | À: Djalma · 21 avril 2020 à 19:49 Re: Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Message 44 de 178 · Page 3 de 9 · 1 157 affichages · Partager Oui c'est ça le FEC ! Merci. Juste quelques lignes sur Wikipédia. Supprimé en 1995 apparemment. Impossible de trouver une image | | | À: Parigino · 21 avril 2020 à 19:50 Re: Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Message 45 de 178 · Page 3 de 9 · 1 154 affichages · Partager Avec des dollars je suppose ? | | | À: Sarana · 21 avril 2020 à 19:58 Re: Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Message 46 de 178 · Page 3 de 9 · 1 147 affichages · Partager Pour ma part, je ne changeais que des euros.
Fabrice | | | À: Sarana · 21 avril 2020 à 20:12 Re: Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Message 47 de 178 · Page 3 de 9 · 1 143 affichages · Partager Avec des dollars je suppose ?
Même pas : des euros ! | | | À: Sarana · 21 avril 2020 à 20:31 Re: Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Message 48 de 178 · Page 3 de 9 · 1 137 affichages · Partager Bonjour Dominique, Mon voyage en Chine date de 1983...32 villes permises...a 4 routards Mêmes impressions que toi...saletés crachats. Chiottes collectives Os de canards en tas aux pieds de celui qui les mange....et la chaleur dans les dortoirs... J'avais écrit " on sue sa Chine, " sur les cartes postales achetées par 10 Je n'avais pas de carnet mais je.me souviens avoir écrit sur un aerogramme à mes parents "la vie du Rail en Chine" (mon père était roulant).....nous sommes restés des.nuits et des jours dans le train pour rallier les villes autorisées au départ de Canton Donc je lis avec ravissement ton carnet comme si j'étais avec toi: tout est juste et si bien décrit avec humour Bravo Carassou | | | À: Sarana · 21 avril 2020 à 20:49 · Modifié le 21 avr. 2020 à 21:26 Re: Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Message 49 de 178 · Page 3 de 9 · 1 129 affichages · Partager Oui c'est ça le FEC ! Merci. Juste quelques lignes sur Wikipédia. Supprimé en 1995 apparemment. Impossible de trouver une image
Eh oui je crois que c'était les plus petits billets que j'ai jamais vus. J'enrage de me les être fait volés avec beaucoup d'autres aussi en provenance de pays africains surtout (comme les les Cédis ghanéens par exemple) qui eux affichaient pleins de zéros.Le tout ne dépassait pas la valeur de 5 ou 10 francs! Et que dire des pièces qui n'ont maintenant plus cours... Au Népal on payait encore en Paisas le décimal de la roupie! Et les pièces étaient carrées! Pour faire changer 10 roupies (grosse somme à cette époque 1 roupie équivalait à 15 centimes de franc) en plus petites coupures on allait au marché ( Kathmandu 1972) et le changeur nous prélevait 10 paisas de commission! | | | À: Sarana · 22 avril 2020 à 9:12 Re: Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Message 50 de 178 · Page 3 de 9 · 1 101 affichages · Partager Oui c'est ça le FEC ! Merci. Juste quelques lignes sur Wikipédia. Supprimé en 1995 apparemment. Impossible de trouver une image
ça serait pas ça par hasard | | | À: Rjulie95 · 22 avril 2020 à 10:15 Re: Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Message 51 de 178 · Page 3 de 9 · 1 091 affichages · Partager Oui c'est ça le FEC ! Merci. Juste quelques lignes sur Wikipédia. Supprimé en 1995 apparemment. Impossible de trouver une image
ça serait pas ça par hasard
Oui, c'est bien ça. J'avais aussi été en Chine dans les années 80, et j'ai gardé en souvenir des yuans, Renminbi pour les chinois, et Foreign Exchange Certificate pour les étrangers.
J'ai même gardé un billet de 0,1 yuan FEC (collector).
Ce qui était rigolo (ou pas), c'est que quand tu payais avec des FEC, on te rendait la monnaie en RMB, qui valaient pas tripette...
Au passage, les cartes VISA existaient déjà, et je m'en étais servi aussi. Pas en Chine même, mais à HK, qui n'était pas encore chinois...
Un petit scan, billets de 5 yuans : (RMB en haut, FEC, en bas)
| | | À: Masterpo · 22 avril 2020 à 11:18 Re: Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Message 52 de 178 · Page 3 de 9 · 1 074 affichages · Partager Monsieur est collectionneur !
Il y a quand même un peu de poésie sur l'une des faces. Les billets actuels sont ils restés aussi "révolutionnaires"? | | | À: Sarana · 22 avril 2020 à 13:05 · Modifié le 15 mai 2020 à 23:19 Re: Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Message 53 de 178 · Page 3 de 9 · 1 048 affichages · Partager CHAPITRE 8 : le bal, ou la vie sexuelle des jeunes chinois
L'hôtel pour étrangers nous accueille dans son dortoir. Pratique pour les voyageurs en quête d'informations. Avec un peu de chances, on y retrouve des compatriotes. Mais les français y sont rares. En fait, les routards, nous ne sommes qu'une poignée, et comme ce petit monde est très éparpillé sur la planète, ce sont les anglophones qui dominent. Tout ce que la ville compte de voyageurs étrangers semble rassemblé ici, dans ce dortoir. En ville, nous sommes seuls parmi les millions de chinois.
Tibet or not Tibet ?Le dortoir est situé en haut de l'immeuble, juste sous le toit. Attention, immeuble, en 1985 à Chongqing, cela n'a rien à voir avec la ville d'aujourd'hui. Quelques étages tout au plus, mais c'est suffisant pour dominer le port. De grandes baies vitrées, uniquement protégées par un rideau, nous permettent de bénéficier du spectacle. Le Yangtse Kiang étale son grand méandre devant nous, mais sous un léger voile de brume. Ici le taux d'humidité est élevé, le bleu du ciel c'est un luxe.
Justement, une jeune française vient de s'y installer. Elle revient du Tibet. Le Tibet, un rêve dans le rêve, une fascination, avant même d'avoir lu Tintin. Jusque là inaccessible, interdit aux étrangers. Pas de route, pas de train. Pour Lhassa, c'est l'avion (!). Elle nous raconte la ville, le Potala, la ferveur religieuse, le peuple tibétain, dans les pas d'Alexandra David-Néel... et aussi la difficulté de circuler, l'hygiène inexistante, la puanteur, les rats dans les hôtels, la bouffe immonde... Mais le Tibet, on peut y circuler librement, sans guide. On ne peut pas aller partout, mais Lhassa et les villes principales, sont ouvertes aux voyageurs et on peut se balader dans les montagnes et leurs villages. On n'appelle pas encore ça "trekking" à cette époque. Comment ne pas résister à cet appel ?
Un peu de nostalgieLa raison l'a emporté sur l'envie. Nous ne sommes pas allés au Tibet. Par prudence, parce que le temps nous est compté, parce que si nous choisissons le Tibet, il faudra écourter le reste de la Chine, nous maintenons le projet initial : la descente du grand fleuve. Je me dis que : «peut-être, une autre fois, plus tard, à la retraite...»
[2020. A la retraite, j'y suis depuis quelques années. Le TGV et une large route goudronnée conduisent à Lhassa. La civilisation Han est entrée au Tibet à grands coups de répression dans la gueule des tibétains. Le pompon, c'est que tu ne peux plus y aller librement, strictement interdit. Il faut passer par un circuit organisé, ou constituer un groupe encadré par un guide officiel. Je n'irai jamais au Tibet.]
La balade dans la rue, c'est notre quotidien, le spectacle est ici. Ca bouillonne de partout. Dans les parcs, la liste des activités à pratiquer est longue quand on ne connaît pas le smartphone : dormir, bien sûr, la principale, mais aussi le tai chi chuan, le karaté au ralenti comme je l'appelle, les cartes, les échecs, le go et autres jeux bizarres... et la musique, avec les instruments traditionnels. Mais ce soir, c'est une drôle de musique qui se fait entendre sur la terrasse de l'hôtel, au-dessus du dortoir. Rien à voir avec la musique du pays, ce sont bien des airs de chez nous qu'on entend. Montons un peu pour voir ça. Pas de gardien, pas de ticket d'entrée, l'accès est libre...
Chongqing : le grand hôtel (pas le nôtre). Photo : Jacqueline et Jean-Pierre
Le balLa terrasse domine la ville et son ciel. Des jeunes gens, garçons et filles y sont rassemblés, et une sono diffuse de la musique « occidentale ». Vu le lieu, et le public, c'est forcément une soirée privée. Rassemblés, mais pas assemblés. Garçons d'un côté, filles de l'autre, souvent par deux. Il y a là une trentaine de personnes tout au plus. Notre arrivée est tout de suite remarquée, mais elle ne fait pas sensation comme ailleurs. Ici, on a affaire à un public différent de la rue.
Paso doble, twist, rock... des danses à un ou deux. Place à l'improvisation chorégraphique. Les couples officiels déjà formés s'aventurent sur la piste. Les filles se lancent à leur tour et dansent entr elles. Les mecs tout seuls aussi, ou même... à deux. Mais l'un et l'autre mélangés, certainement pas. A vingt cinq ans, on est encore vierge et puceau, ça se voit de suite. Forcément, puisque l'âge minimum du mariage, c'est 25 ans pour les filles et 28 ans pour les garçons. Et avant, et bien : "pas touche minouche !"
Une valse. Notre pas de danse, pourtant très amateur, est admiré de tous. Nous sommes seuls sur la piste, puis quelques couples osent se joindre à nous. Attention les pieds !
Enfin, un slow !Un incontournable de l'emballage chez nous, peut-être Procol Harum, mais pas sûr. Les quelques couples déjà formés, les « officiels », ceux qui osent se tenir par la taille dans un coin de la terrasse, nous emboîtent le pas. Mais attention, c'est : "distance réglementaire, les bras tendus". Ca me rappelle l' Espagne en 1970, sous Franco, quand on draguait les filles au bal du village, enveloppés de notre aura de français sans complexes. Après les couples, les filles s'y mettent aussi, mais entre elles. Et les garçons ? me direz-vous. Et bien, pour le slow, ils font pareil. Pas tous certes, mais ils le font.
Tout en respectant la distance réglementaire, bien sûr !
Prochain épisode : croisière pop sur le Yang Tse | | | À: Sarana · 23 avril 2020 à 13:32 · Modifié le 12 mai 2020 à 19:02 Re: Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Message 54 de 178 · Page 3 de 9 · 973 affichages · Partager CHAPITRE 9 : croisière pop sur le Yangtse
Le bateau est à quai sur le Yangtse, il enfourne ses passagers pour une croisière de trois jours et deux nuits, la descente du fleuve jusqu'à Wuhan. En 1985, l'immense barrage des Trois Gorges n'est même pas dans les cartons. Le clou du spectacle, le passage des gorges le deuxième jour, est encore intact et authentique. Mais pour nous, le clou du spectacle de cette traversée, ça restera... les chinois !
Le navire est multifonctions : croisière pour les uns, les prolétaires en congés, transport pour les autres, le petit peuple qui s'affaire. Le fleuve est l'axe principal de la Chine centrale, le meilleur moyen de circuler d'ouest en est. Il fait donc l'objet d'un trafic de toutes sortes, sur toutes sortes de bateaux. C'est la carte postale, bien plus que le paysage, souvent embrumé et banal.
Notre bateau, on s'y attendait, n'est pas une première main. Rien à voir avec ceux d'aujourd'hui. C'est un transport de passagers et marchandises, comme en voyait sur tous les fleuves du monde. Les derniers de ce type circulent encore en Afrique, quelque part au bout du tiers-monde. On sent qu'il a des miles marins au compteur. Il doit jauger quelques centaines de passagers, mais bon, contrairement à l'avion, il nous inspire à peu près confiance.
Peut-être celui-là. Photo : Jacqueline et Jean-Pierre
En classe populaire, pour le funPour les billets, on avait le choix. La première classe : cabines pour deux, trop cher, même pour un voyage de noces. Et puis à l'écart de tout, un monde à part. On se priverait du spectacle des masses populaires, notre distraction favorite. La deuxième classe : cabines pour quatre. Même raisonnement que pour la première classe, et en plus on n'est même pas entre nous. La troisième classe : des dortoirs de seize lits. Là on devrait être dans notre élément, au coeur des masses, touristes et voyageurs mélangés, avec un minimum de confort. Un minimum, mais pas plus.
La quatrième classe : là, on ne sait pas trop ce qui nous attend. Vu la description, c'est quand même un peu risqué. Avec les masses, certes, mais jusqu'à un certain point. J'en reparlerai tout à l'heure. Nous avons donc opté pour la troisième classe.
Difficile de raconter une croisière, même en Chine. Il ne s'y passe pas grand chose, ce n'est pas « Mort sur le Nil ». On y goûte de près aux joies du confinement avec les chinois, leurs vices et leurs vertus. Tout ce qu'on a pu voir de loin, ou en coup de vent, ici, on va le vivre de l'intérieur. Pendant trois jours et deux nuits, il va falloir affronter les crachats, le tabac, les hauts parleurs, les bruits... Accoudé au bastingage, j'hume l'air humide presque marin du fleuve. Erreur !
Pour les chinois, c'est forcément l'endroit idéal pour envoyer les glaviots. Mieux vaut rester sur ses gardes. Un moment d'inattention et hop, le morveux qui était en amont en balance un que le vent, perfide, me renvoie en pleine figure. Ca fait marrer le merdeux, et même son père. Encore plus quand je manifeste mon mécontentement.
Photo : Jacqueline et Jean-Pierre
Wanxian, la ville noirePremière escale, pour se dégourdir les jambes. Un immense escalier, genre Odessa dans Potemkine, grimpe à l'assaut de la rue unique et principale. Wanxian, dans notre guide, on n'en parle pas. Et pour cause ! C'est la ville du charbon, mais quand je dis charbon, c'est charbon partout. Une simple rue en terre battue grimpe à l'assaut de la colline. Tout, la rue, les maisons, les vagues trottoirs, les étals, les gens bien sûr..., tout est noir, mais noir de noir. Jamais vu ça, je n'en crois pas mes yeux. La pire des villes de mon existence. Si l'enfer possède des succursales sur terre, c'en est une ici. Et qu'est-ce qu'on y vend surtout à Wanxian ? Et oui, vous avez deviné. J'ai dû faire deux ou trois photos, perdues, je le regrette vraiment.
[On a aussi une excellente idée avec les photos de Bruno Barbey : pro.magnumphotos.com/...amp;STID=2S5RYD3CXKA Chongqing, Wanxian.., tels que je les ai connus. Merci à Triskelion.]
Pas de grands souvenirs du temps écoulé sur ce bateau. Pour le tourisme, il y a bien sûr le passage des gorges, aussi étroites que profondes. Avec le barrage, cet endroit a beaucoup perdu en intensité et les rapides qui allaient avec ont certainement disparu. Il y a cette montagne a demi effondrée, quelques siècles plus tôt, une impressionnant coulée qui a dû faire du dégât dans les villages en dessous. Les commentaires des hauts parleurs, en mandarin uniquement, je ne peux pas les comprendre, mais heureusement, ils nous ont épargné les slogans et la musique.
Photo : Jacqueline et Jean Pierre
Les canardsEscale à Wanxian. On réembarque. Depuis le bastingage, nous observons le manège du ravitaillement du bateau au pied du grand escalier. En plus des classiques fruits et légumes, des canards bien vivants accrochés par le cou tentent d'échapper à leurs porteurs qui s'empressent de les enfourner dans la cale. Il n'y a sûrement pas de frigo sur ce bateau. Du coup, on mange frais, c'est sûr ! - Chouette, on va sacrément bien manger ce soir !
A table !La cloche du repas retentit sur le pont des troisièmes classes. Le ticket repas est à un prix dérisoire, avec du canard au menu ! Bon, la qualité du service, c'est pas tout à fait ça. On fait la queue avec un bol et des baguettes dans une main, un verre dans l'autre pour le thé. Au bout de la queue, une table basse où quelques serveurs remplissent les bols d'une bonne louchée. C'est la soupe populaire, le repas du poilu et du bagnard de Cayenne réunis. Mais peu importe le flacon... C'est notre tour, l'employé nous verse une louchée de riz avec quelques légumes et : - Au suivant !
Les chinois ont une drôle de manière de couper le canard : en tranches, de la tête à la queue. Nous partons nous installer pour déguster ça, c'est à dire comme on peut sur le pont, rien n'est prévu, surtout pas tables et chaises. Vite, je pars à l'exploration de mon bol avec les baguettes. Avec cette loterie du découpage, sur quel morceau suis-je tombé ? Ca y est, je finis par le découvrir. Je le coince et je l'extirpe de la masse blanche de riz gluant : le bec ! Je vous jure, le bec !
Danièle à son tour extirpe le sien : une patte ! je vous jure, une patte, avec ses palmes et tout et tout. Je ne sais pas ce qu'ont eu les autres, mais ce n'était sûrement pas plus brillant. On est en troisième classe, on l'a bien cherché ! Mes pensées s'envolent soudain vers la première classe... Les prochains repas, ce sera aux escales.
Photo : Jacqueline et Jean-Pierre
La quatrième classeDans notre dortoir, on est entassé à seize sur des lits superposés. Les nuits y sont chaudes, bruyantes, odorantes et agitées, forcément, mais on a un peu d'espace et le pont est spacieux et ventilé. Je décide de partir à l'exploration de la quatrième classe. Elle se trouve comme de coutume sur le pont inférieur, dépourvu de lumière et d'aération. La quatrième c'est... comment dire... une sorte de cour des miracles. Chez Léonardo, à côté, sur le Titanic, c'est le Ritz. Ici, on est entassé comme on peu, au milieu de tout : hommes, femmes, enfants, vieillards, animaux, énormes paquets... les plus chanceux ou fortunés ont réussi à tendre un hamac entre deux poteaux. La chaleur est étouffante, l'animation à la chinoise au rendez-vous. Un condensé de ce qu'est encore la Chine : un pays du tiers monde.
Après l'écluse de Yichang, brusquement, le fleuve s'étale paresseusement dans son lit de plusieurs kilomètres de large. On s'imagine déjà arrivé dans le delta. Notre bateau semble s'y traîner misérablement. Le terminus, Wuhan, se fait attendre.
En 1985, Wuhan, qui en avait entendu parler ?
Prochain épisode : l'hôtel des rats. Images attachées: Photo postée par le membre Sarana. Photo postée par le membre Sarana. | | | À: Sarana · 23 avril 2020 à 14:13 Re: Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Message 55 de 178 · Page 3 de 9 · 958 affichages · Partager C'est vraiment très agréable de vous suivre. Je me demandais si tout ce que vous avez découvert en 1985 correspondait à vos attentes? Vous attendiez vous à ce que vous avez vu ou avez vous découvert pire? ou mieux? je reste admirative (malgré tout ce qu'on pourrait dire) de voir comment en l'espace d'une trentaine d'années, ils ont réussi à passer du moyen âge à la 2e puissance économique. Il y a eu des dégâts avec leur méthode, ce qui provoqué une croissance des inégalités avec l’émergence d'une classe aisée.
j'attends vos conclusions après vos expériences de 2 voyages à des époques différentes | | | À: Sarana · 23 avril 2020 à 14:39 Re: Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Message 56 de 178 · Page 3 de 9 · 951 affichages · Partager Chine,1985. Quels sont alors les documents, les guides de voyage que vous aviez lus, consultés pour l'organisation de votre "voyage de noces"? Vous n'êtes quand même pas partis avec seulement une carte routière Michelin dans la poche arrière de votre pantalon? | | | À: Pierroro · 23 avril 2020 à 16:21 · Modifié le 10 mai 2020 à 11:56 Re: Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Message 57 de 178 · Page 3 de 9 · 935 affichages · Partager A mes fidèles lecteurs, je vais répondre Ayant étudié le chinois à la fac quelques années avant, j'avais acquis de bonnes connaissances historiques et géographiques. A la fac, on recevait dans la langue les deux revues officielles émises par le parti : le quotidien du peuple, l'équivalent en objectivité de la Pravda, et Chine nouvelle, une sorte de Paris-Match à la sauce chinoise, avec photos idylliques illustrant la vie merveilleuse des communes populaires et des usines. On n'était pas dupes, mais il fallait vraiment lire entre les lignes pour soupçonner la réalité du terrain. Les photos étaient manifestement truquées. Nos profs, qui avaient séjourné dans les années soixante/soixante-dix, n'étaient pas très prolixes de ce qu'ils avaient vu. Je devinais le pays pauvre, mais pas à ce point. Ce que je ne soupçonnais pas, ma plus grande surprise, ce fut le comportement "social" des chinois que je raconte dans ces carnets. Pour les guides, je n'en ai trouvé qu'un, une édition confidentielle, en français. Il y avait ce qu'il faut voir, quelques cartes des villes, mais comme vous avez pu le lire, pratiquement rien sur les transports et les hébergements, quelques infos sur les restaurants, les hauts de gamme seulement. Ceux en anglais étaient sans doute plus détaillés, mais je doute que, compte tenu de notre vécu, ils aient été meilleurs sur les transports et hébergements. Nous ne sommes pas partis avec la carte Michelin dans la poche arrière, mais presque ! | | | À: Tsukuru · 23 avril 2020 à 16:59 Re: Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Message 58 de 178 · Page 3 de 9 · 923 affichages · Partager j'attends vos conclusions après vos expériences de 2 voyages à des époques différentes 
Vous pouvez avoir un avant-goût en consultant mes carnets 2018 : sur la route de la soie . | | | À: Sarana · 23 avril 2020 à 18:05 Re: Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Message 59 de 178 · Page 3 de 9 · 905 affichages · Partager | | | À: Triskelion · 23 avril 2020 à 18:45 Re: Été 1985 : un voyage de noces hors du commun dans la Chine pop Message 60 de 178 · Page 3 de 9 · 892 affichages · Partager Super ! Je vais tricher un peu et le mettre en illustration. Non, finalement le lien est mieux. Il y a même Wanxian ! | Carnets similaires sur la Chine: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 4 205 visiteurs en ligne depuis une heure! |