Bonjour Pierre,
Je me contenterai de te recommander la brillante analyse réalisée sur ce sujet par l'humoriste américain Robert Benchley dans sa nouvelle "le voyage en wagon d'enfants" (dans les recueils "le supplice des week-ends" ou "les enfants, pourquoi faire?"), dont voici quelques extraits (le point de vue étant celui du parent accompagné d'enfants) :
"En Amérique, il existe deux classes de voyageurs : la première classe et la classe des voyageurs accompagnés d'enfants. Le voyage avec des enfants correspond grosso modo aux troisièmes classes des trains bulgares. Et je me suis laissé dire qu'il n'y a rien de pire au monde qu'un voyage en troisième classe en
Bulgarie.
L'inconfort qu'entraîne pratiquement le fait de voyager avec des enfants n'est pas considérable, bien qu'on sorte d'un tel voyage avec l'allure de quelqu'un qui vient de transporter tout seul le piano au premier étage. Ce qui compte, c'est l'usure mentale."
"Il existe plusieurs niveaux de difficulté dans l'épreuve qui consiste à "prendre le tchou-tchou", mais il n'est pas aisé de déterminer lequel est le plus pénible. Ceux qui ont pris le train en compagnie d'un nouveau-né prétendent que cette expérience soutient la comparaison, en termes de plaisir, avec la dévitalisation d'un nerf dentaire. Pour leur part, ceux dont les petits compagnons ont atteint l'âge de gambader se contentent de rire des plaintes du premier groupe. Vous pouvez aussi tomber sur un homme qui voyage
à la fois avec un bébé et un petit enfant remuant. On devrait saluer un citoyen de cette trempe d'une salve d'honneur de vingt et un coups de fusil chaque fois qu'il entre en ville (...)"
"Si cependant l'enfant est à un âge où l'on nie l'existence du sommeil pour parcourir en tous sens le wagon au lieu de rester asssis (au moins le bébé, lui, ne peut pas quitter sa place sauf s'il tombe, auquel cas il ne risque pas d'aller bien loin), alors chaque minute du voyage promet d'être pleine d'agrément. Tout compte fait, après avoir voyagé avec des enfants de tous les âges possibles, je serais enclin à décerner une coupe à celui qui se tirerait honorablement d'un voyage avec un enfant de, disons, trois ans."