tout à fait d'accord ; je n'entre pas dans la catégorie n'ont jamais pris l'avion car je l'ai pris pour raisons professionnelles, mais je ne suis jamais parti et je ne partirai jamais en voyage en avion, car pour moi voir ce qu'il y a entre chez moi et la destination compte autant que la destination (d'ailleurs je ne vais par à..., je fais un voyage qui passe par...) ; donc je ne voyage qu'en voiture (je sais, à vélo ou à pieds, ça serait encore mieux)
Merci.
Ça semble bizarre d'avoir à le rappeler ici, mais c'est bien "le chemin" qui est l
e sens premier du mot voyage
, de via. Contrairement à certains messages que je lis plus haut, un voyageur est celui qui se déplace entre 2 lieux, pas celui qui cherche à aller le plus vite possible en un autre lieu.
Le voyage est le déplacement, pas le fait d'être ailleurs.
Ne chercher que l'ailleurs promis par quelques heures d'avion, c'est parfois réagir en tant qu'adule à la manière d'un adolescent fugueur qui mal dans sa peau cherche un ailleurs, incapable de faire face aux réalités du monde présent et de vivre ici et maintenant. Bien entendu, tous les gens qui cherchent un ailleurs sans chercher le voyage pour y parvenir ne sont pas psychologiquement des ado fugueurs.
Un immigré et un émigré ne sont pas des voyageurs, ils ont changé de lieu sans prendre plaisir au déplacement, mais ne bougent plus une fois arrivés sur la terre promise.
Nous sommes des nomades artificiellement sédentarisés, voyager c'est retrouver nos instincts nous réclamant de "faire la route" plus que de vivre ailleurs. Nous sommes fabriqués (squelette, corps érigé, aptitudes à l'endurance, etc) pour nous déplacer, pas pour rester assis au fond d'un avion ou d'un fauteuil, notre cerveau est fait pour gérer ça, et déplacer notre corps physiquement c'est redevenir humain, une expérience que permet le voyage en tant que déplacement.
Ne connait le plaisir du voyage et n'est apte à en parler que celui qui a passé du temps pour changer de lieu, quitte à ne pas rester sur le lieu d'arrivée. C'est tout de même assez bizarre de lire ici des messages haineux et méchants lorsqu'on on se félicite de voir qu'il y a encore des gens qui n'ont jamais pris l'avion, et quand on rappelle qu'il est très plaisant de voyager sans avoir à le prendre.
Un randonneur qui marche une semaine et ne fait que 100 km en boucle autour de chez lui mérite finalement plus le terme de voyageur que le gars qui passe ses week-ends à l'autre bout de la planète. Dire ceci ne ne semble pas plaire à certains membres de ce forum, qui ont l'air de vouloir imposer leur propres croyances sur ce que devrait être un voyageur, sans finalement avoir eux-mêmes vraiment essayé de goûter au plaisir de voyager, de faire le "veiage", le chemin, en cherchant à se réaliser spirituellement par le déplacement, à en éprouver du plaisir tout au moins. Pour comparer, il faut avoir fait les deux, être déjà parti en avion et être déjà parti à pied ou à vélo ou avec un moyen moderne mais par petits morceaux.
Il y a un plaisir à saisir, par l'expérience plus que par le dénigrement, que la destination n'est finalement qu'un prétexte à se retrouver en mouvement comme lors de nos ancestrales migrations saisonnières. Je suis parti dès mes 18 ans à travers l'Europe par train (carte inter rail et gros sac à dos, destination fixée au jour le jour), j'ai éprouvé ce qu'est se déplacer lentement, découvrir ce qu'il y a entre le point de départ et l'arrivée (qui n'existait pas dans ce genre de périple). Et quand je parle à des jeunes d'aujourd'hui pour qui un beau voyage c'est 10 000 km d'avion et une semaine entre l'hôtel, la plage et le marché "typique", je suis partagé entre la peur face à notre société actuelle et le plaisir d'être né à une époque où le transport aérien non subventionné était hors de portée du jeune qui voulait dépenser l'argent gagner en travaillant un mois au noir à cueillir les poires...
Rassurez-vous, j'ai d'autres références plus universelles que mon exemple personnel.
Quand Stevenson nous parle de son "
Voyage avec une âne dans les Cévennes", il écrit très clairement :
«
Quant à moi, je voyage non pour aller quelque part, mais pour marcher. Je voyage pour le plaisir de voyager. L'important est de bouger, d'éprouver de plus près les nécessités et les embarras de la vie, de quitter le nid douillet de la civilisation, de sentir sous mes pieds le granit terrestre et les silex épars avec leurs coupants. Hélas! Tandis que nous avançons dans l'existence et sommes plus préoccupés de nos petits égoïsmes, même un jour de congé est une chose qui requiert de la peine. »
Le plaisir de voyager est donc bien celui du déplacement, pas celui du lieu où l'on va.
Celui qui ne cherche que la consommation d'un lieu, et qui se prive du plaisir du chemin cherche plus le transport que le voyage, ce n'est pas plus mal, mais c'est autre chose. C'est ce que fait un professionnel qui va rencontrer des partenaires dans une mégapole étrangère ou un amateur de la baignade qui va une semaine en
Thaïlande.
Il suffit de savoir si l'habitant local qui ferait la même chose aurait besoin de bouger : dans le cas de l'Auvergnat qui veut revivre les sensations de Stevenson, assurément il devra lui aussi bouger, c'est donc un voyage : dans le cas de l'habitant de Phuket qui voudrait profiter d'une semaine de plage et autre, il n'aura pas besoin de bouger, pour lui comme pour l'Européen, c'est une semaine de détente, pas de voyage, mais un des deux a besoin en plus d'un transport, l'autre non.
Et on peut allier transport et voyage, aller avec un moyen de transport moderne de chez soi à un point de départ pour son périple, ok, mais en sachant que le voyage à proprement parler (qu'il soit à pied, à vélo, en bus, etc.) ne commencera que lorsqu'aura fini le transport.
Ceux qui peuvent saisir ce que je veux dire ont fait l'expérience de ce qu'est un voyage ; ceux qui pensent que le voyage est obligatoirement synonyme de transport en avion et que partir autour de son domicile c'est être "franchouillards" et autres noms d'oiseaux désignant une étroitesse d'esprit, peuvent répondre et argumenter, merci de laisser phrases assassines, insultes et attaques perso au vestiaire.
Bref, on peut s'interroger poliment sur l'association entre la nouvelle et du nom du forum. Le fait que certains Français n'aient jamais pris l'avion a-t-il finalement un quelconque rapport avec le fait qu'ils aiment ou non voyager ? Et le fait que certains prennent l'avion plusieurs fois par an pour se retrouver ailleurs signifie-t-il qu'ils aient vraiment l'âme de voyageurs ?
Bon, j'arrête là.