Bonsoir,

#1. Ma photo d'avatar, aux confins du Loiret, là où la Beauce rencontre le Gâtinais et la forêt de Fontainebleau... Pas d'obstacles, la route va au plus court entre deux bourgades, longeant l'Essonne qui fait sa folle, ayant longuement hésité pour se frayer son chemin sinueux sur ce terrain si plat.
La Beauce avait jadis des monts en abondance,
Comme le reste de la
France :
De quoi la ville d'
Orléans,
Pleine de gens heureux, délicats, fainéants,
Qui voulaient marcher à leur aise,
Se plaignit, et fit la mauvaise ;
Et messieurs les Orléanais
Dirent au Sort, tout d'une voix.
Une fois, deux fois et trois fois,
Qu'il eût à leur ôter la peine
De monter, de descendre et remonter encor.
Quoi ! toujours mont et jamais plaine !
Faites-nous avoir triple haleine,
Jambes de fer, naturel fort,
Ou nous donner une campagne
Qui n'ait plus ni mont ni montagne.
Oh ! oh ! leur repartit le Sort,
Vous faites les mutins, et dans toutes les Gaules
Je ne vois que vous seuls qui des monts vous plaigniez !
Puisqu'ils vous nuisent à vos pieds,
Vous les aurez sur vos épaules.
Lors la Beauce de s'aplanir,
De s'égaler, de devenir
Un terroir uni comme glace ;
Et bossus de naître en la place,
Et monts de déloger des champs.
Tout ne put tenir sur les gens :
Si bien que la troupe céleste,
Ne sachant que faire du reste,
S'en allait les placer dans le terroir voisin,
Lorsque Jupiter dit : Épargnons la Touraine,
Et le Blésois ; car ce domaine
Doit être un jour à mon cousin :
Mettons-les dans le Limousin.
La Beauce, Jean de La Fontaine