Dur de ne pas avoir Internet, ça traîne !
Merci pour tous vos encouragements ! Grâce à eux, mes hésitations se sont transformées en envie...
Voici donc la suite... Petit à petit...
Bonne lecture !
Sybille, une fille
suisse embarquée par Pappu le lapka vient se joindre à nous. Le lapka devient alors guide et nous amène voir le coucher de soleil.On contourne la mosquée, longe des bassins où se baignent et se lavent hommes et garçons, zigzag entre la marée de déchets où les cochons trouvent leur bonheur, traverse un terrain de cricket, combat les ronces qui s'entêtent a massacrer nos pantalons, escalade un toit de bains turcs, pour enfin s'y assoire et profiter d'un magnifique spectacle. De l'herbe, des arbres, une grande rivière artificielle, les murs de la mosquée, le karawan Serai et la magnifique tour de l'éléphant. Vert et rouge, ces couleurs se marient si bien dans la nature... Moment calme et paisible. Pappu nous raconte l'histoire de sa ville et nous apprend nos premiers mots d'Hindi. On écoute, on regarde, on profite...
Sybille repart à son hôtel. Pappu part faire la cuisine. Pas question qu'il la fasse sans moi, j'ai bien l'intention d'apprendre l'art culinaire Indien! Avec Gore Gal nous nous installons donc dans la cuisine ou nous observons attentivement, un verre de bière offert à la main. Nous installons une table sur le toit où nous dégustons un délicieux Murga massala avec des chapatti en compagnie de Pappu et de son oncle. Ambiance intime: coupure de courant oblige! Nous mangeons éclairés à la lampe à pétrole. Ambiance joyeuse : quel plaisir de manger avec les mains et de s'en foutre partout! Ambiance sereine : grand moment d'échange et de partage, je me sens tellement bien... Pappu est adorable. J'ai d'ailleurs du mal à croire en lui. Va-t-il nous avoir comme beaucoup d'Indiens? Où va-t-il me faire croire en l'homme bon?
Il est tant d'aller se coucher. Penser au four dans lequel nous allons dormir me coupe l'envie. Elle sera cependant vite transformée en excitation lorsque Pappu nous propose de dormir sur le toit. Installées à la belle étoile, on se rend compte : Mais, Mais, notre train pour
Jaipur est demain?! Et pas question de quitter ce petit paradis qu'est
Fatehpur Sikri. On se débrouillera donc demain pour échanger nos billets.
Une bonne nuit passe, terminée par un bon byriani au petit déjeuner. La journée commence bien, d'autant plus que Pappu nous entraîne chez un tailleur. Ici c'est tais-toi, regarde tous ces beaux tissus, laisse toi tenter, de toute façon ce beau penjâbi te sera offert... On observe, on compare, on choisit. Prise des mesures, ils seront prêts ce soir. Chic!
Bien qu'il fasse chaud, très chaud, Gore Gal et moi partons visiter le palais de Jodh Bai, magnifique sur le plan architectural. Avant de s'y rendre Pappu nous fait la moral, nous recommandant de nous méfier des gens, et nous conseillant de dire que l'on était ses amis si jamais quelqu’un se permettait de nous embêter. Conseil qui se révéla fort fructueux. A chaque Indien un peu trop « collant », à chaque guide un peu trop insistant, il suffisait que nous prononcions le nom de Pappu pour que celui-ci se taise et nous laisse en paix. Impressionnant, épatant, étonnant... Nous nous baladons parmi le hawa mahal, le birbal bhavan, le panch mahal, le dwan i khas, le Diwan I am et le trésor, tout ça ponctué par de nombreuses poses photo réclamées gentiment par certains Indiens. Ce n'est pas une photo qu'ils demandent, mais deux, trois, quatre, chaque enfant aura le droit a la sienne. Puis ce sera au tour des femmes, puis de tout le groupe. Ce sera presque une pellicule qui y sera passée! Ils sont si contents! Nous ne comprenons pas très bien pourquoi, mais cela nous fait autant plaisir qu'à eux.
La visite du palais terminée, nous nous accordons une pause déjeuner. Nouvelle leçon de cuisine, nouvelle discussion, nouveaux délires et nouveaux surnoms! De « super Tomate » en
France, je passe à « Lal Gal »en
Inde. « Joues rouges », cela me va parfaitement! C'est fini, plus de Stéphanie qui tienne, je fais maintenant nettement plus Indienne. Beaucoup plus facile à prononcer pour eux, beaucoup plus facile de se moquer lorsque c'est à moi de le prononcer! Tellement fiers de m'avoir trouver ce nouveau surnom ils interpellent tout ceux qu'ils croisent. Tellement fière de mon nouveau surnom, je ne me présente que sous « Lal Gal ».
Repas terminé nous attaquons la visite de
Jama Masjid. Ischrad, gentiment nous accompagne et nous propose de tout nous livrer à propos de cette imposante mosquée. Cette copie de celle de la Mecque commémore la victoire d'Akbar au Gujarat. Avec Gore Gal, nous achetons une robe pour une Indienne pauvre ainsi qu'un ruban que nous accrochons aux jali du tombeau du Cheikh Salim Chishti après avoir fait un voeu. Mon voeu? Chuuuuuuuuuut!
De retour à la guest house, Pappu nous attend, les penjâbi sous le bras! Séance défilé de mode!! C'est beau, c'est confortable, au revoir pantalon et T-shirt européens! Nous sommes toutes belles pour accueillir le maire de
Fatehpur Sikri! Eh oui ce soir c'est grand dîner à la guest house! En plus de tous les oncles, frères, cousins, le maire de
Fatehpur sikri se joint a nous. Nous avons d'autant plus la pression que ce soir c'est Gore Gal et moi qui jouons les cuisinières. Oui c'était le deal. Hier, Pappu nous a cuisiné un bon repas indien, ce soir c'est à nous de cuisiner à la française. Au menu, Poulet a la normande, pommes de terres sautées. Il est alors tant d'aller faire les courses. Je grimpe à l'arrière de la moto de Pappu et c'est parti à slalomer dans la petite rue principale entre le monde, vaches, cochons et biquettes, dromadaires et autres motos. Premier ride en moto pour ma part, expérience que je ne suis pas prête d'oublier... Etalage à légumes... enfin je crois, je tente d'apercevoir, de me faufiler. Du monde, plein de monde, comme partout d'ailleurs. Pas de champignons... zut! Pas de crème non plus. Il va falloir s'adapter. Des légumes, plein de légumes, verts, rouges, jaunes, violets. Voilà! Une ratatouille!
Retour au fourneau... A coté ils préparent tout de même un repas indien. La confiance règne?! Ils n'ont peut-être pas eu tort après tout. Ca à l'air tellement misérable ce que l'on a préparé par rapport à eux!
Peu importe! On mange, on boit, on parle, on rit, comme une grande famille réunie. La ratatouille est d'ailleurs presque toute finie!
Fier d'accueillir des européennes? Content de pouvoir partager des moments avec nous? Volonté de nous faire partager toute l'hospitalité de son pays? Mais pourquoi je me pose ces questions maintenant? Nous n'avons pas réfléchi lorsque Mr le Maire de
Fatehpur Sikri nous invite chez lui a prendre le petit déjeuner le lendemain matin! Réponse immédiate, ce sera un grand OUI, avec plaisir! Il se fait tard, tout le monde part se coucher, à part Pappu et son cousin. Pourquoi se coucher alors qu'il a encore tant de choses à apprendre, à partager? Bonne question, n'y allons pas! Moment calme sur le toit...
Attention tous aux abris! Et un oreiller, un, qui vole, parti de je ne sais ou, allant je ne sais ou. Un deuxième, un troisième, ça vole du haut, vers le bas, du bas vers le haut. Coup raté a gauche, coup esquivé a droite, en plein dans le mille dans la tête, je n'ai pas le temps de comprendre ce qui se passe! Juste le temps de réaliser que la guerre des oreillers vient d'être déclenchée! L'armée masculine en haut, l'armée féminine en bas, que le meilleur gagne! Des rires, des cris, des jurons. Français, Anglais, Hindi se mélangent. Voilà comment peut se terminer une simple installation de matelas sur le toit. Qui a gagné? Je ne sais pas. Sans doute la bonne humeur.
Essoufflés, rien de mieux que de s'écrouler sous un ventilateur à parler de tout, de rien, de la vie et l'amour bien sûr. Pappu nous raconte sa vie. Parti seul de chez lui a 9 ans pour le
Népal. Pas d'école, que des petits boulots. Aujourd'hui, 21 ans, bijoutier renommé au
Népal, bilingue, un quasi tour du monde... Impressionnant. Chanceux et surtout très courageux. Je me sens petite à coté, presque misérable, pauvre petite occidentale à peine sortie du cocon parental.
La fatigue pointe le bout de son nez, il est temps d'aller cacher le mien dans mon oreiller!Un petit aire vient me bercer... Un jour et demi de passé dans cette petite cité. Quelle est cette impression d'y être resté quelques journées?
J'enfile mon beau penjabi, fais un effort pour me coiffer, pour Mr le maire je peux bien me le permettre!
Une table immense. Défilé de serveurs : Chai, pancakes, cajou, confiture, miel, beurre, toasts, mangues cuisinées, et plein d'autres plats à déguster! Des bons, des moins bons, mais c'est trop !! Honteuses, nous pouvons l'être quand nos pauvres estomacs nous supplient d'arrêter. La moitié n'a pas été mangée...
Après avoir dévoré, il faut digérer. A l'ombre par pitié! Seul coin où il fait frais: la mosquée. Sur le chemin, les enfants viennent à notre rencontre : « hello! » « hello ! », « Lal Gal! Gore Gal! » Ai-je bien entendu?! Surprise, étonnée, je crois avoir mal entendu. « Lal Gal! Gore Gal! » Non non c'est bien nous qu'ils appellent! Mais comment savent-ils nos noms?! Etonnée, oui, mais fière et heureuse.
La mosquée. On est là avec Pappu, assises comme tous les autres indiens. C'est d'ailleurs un, deux, trois, même plus qui viennent se joindre a nous. Les touristes entrent dans la mosquée, visite et repartent. Nous, on est là, on vit...
L'Ajay, restaurant réputé de
Fatehpur Sikri. C'est là que Pappu nous emmène manger. Patron adorable, bouffe succulente, moment agréable sur la terrasse...
Petite balade avec Gore Gal, dans la rue animée. Des enfants, des photos. Quelle excitation lorsqu'ils se voient sur l'écran! Ils crient, rigolent, se poussent, se bousculent. Dhire dhire!! Ils nous suivent, mi confiant mi méfiant. On joue avec eux. Ils sont là, sûr d'eux lorsqu'on avance, mais beaucoup moins lorsqu'on se retourne et qu'on fat le monstre en lançant des « bouuuuuuh ». Ils rigolent, ils hésitent. Les plus téméraires nous répliquent des grands « bouuuh! », les plus timides, reculent en rigolant doucement.
Moment de détente à la guest house. Little Pierre et son cousin sont là. Discussion, fous rires, photos débiles, bref...on fait les cons!
18h... Vite! Nous ne voulons pas rater le coucher du soleil!C'est parti! On contourne la mosquée, puis les bains, on dit bonjour aux cochons, interfèrent la parti de cricket, et comme tous les soirs nous revoilà posées sur nos bains turcs, à s'émerveiller devant un tel spectacle. Trois jeunes Indiens viennent nous rejoindre. Ils nous racontent les anecdotes déjà mille fois entendues sur
Fatehpur Sikri. On n'ose les couper, ils ont l'air si passionnés et si enchantés de nous faire partager l'histoire de leur ville et leur pays! Cours d'hindi, ça y'est on sait compter jusqu'à 10! Cours de Français pour eux... On se moque gentiment, la distinctions de certains sons sont si difficiles!Rien à faire, un « u » restera un « Ou », un « ge » restera un « ch » ou un « s ».
Des touristes sont arrivés à la guest house. C'est l'heure de manger. Eux ont le droit à une carte. Echange de regards étonnés entre Gore Gal et moi... On mange à la carte ici?! Ils partent préparer à manger, leur mettent la table... Nous rien... Qu'est-ce qui se passe? Explication donnée: Eux ce sont des touristes, nous nous sommes des amis... Nous faisons parti de la famille. Privilégiée, nous le sommes, mais gênées aussi... Gênées de ne pas partager leur table, gênées de les voir à part, gênées d'aider à préparer leur repas et ensuite aller manger avec toute la famille. Gênées lorsqu'ils demandent combien coûte une bière, une bouteille d’eaux...gênées car nous nous nous servons dans le frigo... Gênées par tant d'hospitalité à notre égard !
Après dîner, j'ai l'honneur d’être invitée chez Pappu. Il veut absolument me montrer la vue de sa ville du haut de son toit... Je le suis guidée à la lumière de son portable à travers les petites ruelles étroites et sombres. A gauche, à droite, on monte, on descend, les maisons se ressemblent et sont pourtant si différentes! Des Indiens qui traînent, des indiens qui discutent, des Indiens qui dorment, Un, deux, trois, des familles, tous à la belle étoile sur leurs lits tissés. Une chèvre, une vache, il fait sombre, ce n'est même pas la peine d'essayer de faire attention aux bouses! C'est ici. Tout le monde dort. Il veut pourtant réveiller sa soeur à qui il veut absolument me présenter. Je suis gênée, elle est si jolie endormie contre son petit frère. Gène vite envolée lorsqu'on se met à papoter. Quel bonheur de pouvoir échanger quelques mots avec une fille de son age ! Echange écourté lorsque Pappu une fois changé, me traîne par le bras pour m'emmener sur son toit. Il n'avait pas tort, la vue est magnifique. La mosquée éclairée, le toit des maisons, le train passant au loin, la campagne environnante... Sûrement le toit le plus haut de
fatehpur Sikri. Lieu et moment idéal pour une déclaration d'amour! Ah ! Ces Indiens ont tellement le sens du romantisme!! « Ne part pas, Reste quelques jours de plus ici, je peux venir avec vous, on peut faire le voyage ensemble? » ces questions gâcheront quelque peu les derniers moments passés à
Fatehpur Sikri.
Retour à l'hôtel, pour une nouvelle nuit à la belle étoile...
Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Pappu... Evènement qui nous a fait encore reculer notre départ d'une journée... Ce soir, ça va être la fête!
Internet, c'est la première chose que je fais. J'avais promis de donner signe de vie dès mon arrivée a
Fatehpur Sikri, mais tellement de choses à vivre...et surtout tellement de coupures de courants et tellement peu d'ordinateur! Bref, je me retrouve devant le seul ordinateur de la ville, dans une petite échoppe de tout et de rien. Coupure d'électricité. Même pas étonnée... Ordinateur qui plante...ça peut arriver... Ordinateur très lent...ça commence à m'épuiser! Mission accomplie tout de même! Retour à la guest house en compagnie de Pappu pour rejoindre Gore Gal. « Hey Lal Gal! », « Lal Gal, Lal Gal! », des enfants, des jeunes, des moins jeunes m'interpellent. Ca y'est je suis connue ici! Echange de sourires avec certains, échange de paroles avec d'autres. Pappu est très connu ici, être sa petite protégée c'est le pied! Rencontres, respect, partage..
Après- midi entre filles pour une séance Henné... On les voit si peu. De sourires dans la rue, des gestes avec la femme du train, quelques rares échanges avec les chanceuses qui ont appris l'Anglais... Comment va-t-on être accueillies?
Famille de la guest house. Adorables comme les hommes. Atmosphère toutefois plus tendue... Pas d'Anglais ou très peu, des sourires, des regards, des secrets murmurés au creux des oreilles. Elles parlent de mes yeux....bleus. Séance henné donc. Gore Gal commence. Je tente alors de nous mettre plus à l'aise en leur montrant les photos de leurs frères et cousins. Les photos rigolotes, les grimaces détendent tout de suite l'atmosphère. C'est à mon tour. C'est agréable de se faire bichonner! 4H a attendre les bras tendus que ça sèche...ah... Déjeuner, pas facile! Regarder les séries kitch à la télé l'est beaucoup plus!
Irschad vient nous chercher. Pappu a quelque chose à nous dire. Mauvaise nouvelle. Il doit partir à
Mathura pour affaires. Il peut partir d'un moment à l'autre. Il ne sera dons pas la pour son anniversaire, il ne sera pas la pour nous dire au revoir demain lorsqu'on partira... Déception, tristesse. Les adieux ne sont pas son fort, il nous laisse plantées là, sans une gentille parole, sans un regard. Il m'en veut pour hier soir, je suis dégoûtée. Retour auprès des filles, ça va nous changer les idées!
Irshad veut venir avec nous au coucher du soleil. Mais avant, il doit faire visiter la mosquée à un couple de Français. On y va tous ensemble. Gore Gal part rejoindre Pappu qui ne veut plus trop me parler alors que moi, je prends fonction de mon nouveau job : guide interprète! Nous formons une bonne équipe! Irshad explique, mais me laisse faire certaines fois, il tente de traduire en Français, mais me laisse le faire la plupart du temps! Moi, guide, Gore Gal en vilaine« lapka » qui embarque les touristes dans la guest house, il faudrait vraiment qu'on pense à se faire embaucher! Mais pas assez de temps... C'est décidé nous partons demain matin.. Ca va être très dur. La tristesse se fait déjà ressentir. Ce sont des Indiens qui viennent te parler parce que nous sommes Lal Gal et Gore Gal, s'en est d'autres qui te protègent quand certains sont trop collants, c'est l'oncle d'Irshad qui me fait cadeau du petit éléphant que je voulais offrir à ma maman pour sa collection, alors que le couple de Français paye 10 fois le prix qu’il vaut... Nous sommes là, assises dans la mosquée avec Irshad et son oncle, un immense bien être s'est emparé de nous depuis que nous sommes là. On regarde la mosquée, tous ces gens si accueillants, on ne peut s'empêcher de fondre en larmes... Tristes et tellement heureuses... Je ne sais comment, l'oncle comprend pourquoi on pleure. Il le sait. Une ville tellement belle, des gens si gentils... Je crois que Gore Gal et moi n'avions pas imaginé que l'on pourrait vivre quelque chose d'aussi fort. Ca, l'oncle l'a compris. Pas une question, pas une inquiétude, pas un « Mais pourquoi pleurez-vous? ». Juste un « Ne pleurez pas, ici c'est chez vous. »...
Ce sera notre dernier couché de soleil perché sur nos bains turcs... Toujours aussi sublime. Peut-être même plus, c'est le dernier...
Mi jour mi nuit, c'est dans la cité fantôme qu'Irshad nous livre ensuite les derniers secrets de
Fatehpur Sikri.
A l'heure de notre apéritif quotidien, Pappu, dans la boutique de la guest house nous invite à choisir n'importe quel souvenir. Encore des cadeaux, c'est trop! Il n'en fait qu'a sa tête, ne choisissant pas il le fait pour nous. Un, deux, trois bougeoir porte encens... nous n'avons pas le droit de refuser.
Pappu n'est finalement pas parti à
Mathura, mais trop tard pour organiser une petite fête. C’est peut-être pas plus mal ainsi, car c'est a table que commencera une longue dispute. Il ne veut pas que l'on parte, demande à ce qu'il nous suive, tente de monter gore Gal contre moi et vice versa... Il me prends à part, tentant de me faire changer d'avis. S'attaquer aux plus faibles et plus sensibles, ça le malin il l'a compris! Il sait que Gore Gal lui tiendra tête! L'alcool n'arrange rien de la situation.. Pourquoi se met-il dans des états pareils? Gentillesse, colère, humour, rien n'y fait, et c'est après un coup de coussin essayant de lui remettre les idées en place qu'il s'écroulera en pleurant... Les Indiens et les occidentales... Pourtant il paraît si sincère.. Après réconciliation, il tente tout de même de me corrompre, en me promettant de m'offrir tout ce que je veux si je reste trois ou quatre jours de plus avec lui. Le
Taj Mahal! Oui c'est ça! Je veux le
Taj Mahal ! Cette merveille, symbole de l'amour! Une fois de plus mon humour n'est pas approprié. Une fois de plus, j’aurai du me taire! A peine ma phrase finie, il a déjà disparu...Mais ou est-il donc parti? Quelques minutes passent, tout à coup perturbées par un énorme bruit, puis des voix. A l'intonation, je peux deviner que ce ne sont pas de belles paroles. Pappu, le bras tout égratigné, me tend un petit
Taj mahal, plein de fierté. A faire son romantique, rentrant par effraction dans le magasin de la guest house, il cassa une grande table en marbre valant plus de 7000 roupies...
Je crois alors que je ne peux que l'accepter... Il repleure et part chez lui.. Je pars me coucher, ne sachant même pas si je le reverrai avant de partir. Nuit courte, nous voulons partir tôt le lendemain.
Ca y’est c’est aujourd’hui que nous quittons notre petit coin de paradis. J’ai le cœur qui balance. On est si bien ici. Mais je crois que c’est le bon moment pour partir. Il le faut de toute façon, et pourquoi rester plus longtemps pour s’accrocher encore un peu plus ? Je suis déçue que notre séjour à
Fatehpur Sikri se termine ainsi. Peut-être est-ce mieux pour avoir moins de regrets...
Finalement même le dernier jour on cèdera une nouvelle fois... Un bus plus rapide part a 13h selon Pappu.. Arrivera-t-on à partir? Pourtant il fait la tête... Nous partons une dernière fois pour la mosquée, lorsque Pappu se décide ensuite de nous amener chez lui. Sa mère, sa tante, sa soeur, son neveu, toute la famille est là, et quelle ambiance! Pappu chipote sa soeur, celle-ci se chamaille avec le petit neveu protégé par la mère pendant que Gore Gal et moi sommes la, sirotant un chai, admirant tout cet amour... Séance cinéma avec un petit bollywood, interrompue par une peau de banane volante... C'est bientôt une, deux trois, quatre peaux qui volent à travers la pièce! La guerre à la banane est déclarée! Course poursuite dans la maison, elle est coriace la soeur! C'est enduits de banane, le sourire aux lèvres que l’on finit par faire la paix. Une bonne ambiance pour un bon départ! Et puis ça fait tellement du bien de retrouver Pappu!
L'heure arrive, retour à la guest house ou un cheval nous attend. Après nos adieux à tout le monde, hop nous sautons dans la carriole. Au revoir
Fatehpur Sikri! Le bus arrive mais ne s'arrête pas! Il faut sauter dedans! A peine le temps d'un regard méchant à Pappu qui nous a jeter dans le bus refusant de prendre mon adresse E-mail et nous voilà partie pour
Jaipur. A peine allongée dans nos couchettes, tant de sentiments se mélangent : La colère, la tristesse, le bonheur, la peur, je crois que c'est tout ça qui me fait pleurer...