On voit bien que tu ne sais pas ce que c'est qu'être commerçant, chauffeur de taxi, artisans par exemple en
France...
avoir peur, ne jamais se déplacer seule pour aller à la banque, ne jamais rester seule avant ou après la fermeture, se faire agresser en plein jour.
si tu savais ce que les malfrats ou les junkies sont prêts à occasionner pour 20 malheureux euros ou moins : couteau sous la gorge, taser, arme à feu à bout portant,... si ça s'arrête là !
Les pompiers, médecins, infirmiers, assistant(e)s social(e)s, instituteurs, etc se font tabasser, lapider et tirer dessus.
Les policiers et gendarmes abattus comme ça, pour le fun !!!
on canarde les enfants dans les cours de récréation...
pas besoin d'aller dans les grandes villes, même les bourgs de campagnes ne sont plus à l'abris.
En
Suisse, ils en ont tellement marre des délinquants de la région lyonnaise qui viennent braquer (et accessoirement tuer) leurs concitoyens, qu'ils tirent désormais sans somation !!!
Mais là non plus, on évite d'en parler, parce qu'il ne faut pas affoler les populations... les statistiques ? elles sont loin de refléter la réalité.
Les politiques y trouvent largement leur compte.
Est-ce que je me sens en sécurité en
France ? non, mais je dois bien y vivre et faire avec.
Oui évidemment que se sont des va-et-vient mais bi-annuels depuis 20 ans, bien plus pour d'autres.
pour autant de constance, il faut plutôt y croire non ????
Retour en
France : il faut bien travailler pour gagner sa vie non ?
Certains de nos membres sont résidents à l'année (malgaches et vahazas), ce sont eux qui assurent la liaison entre les différents passages de bénévoles.
Ce n'est pas non plus un cocon d'assistanat, c'est la vie de tous les jours, dans toute sa cruauté, sa désinvolture et son "inefficacité" d'une certaine manière.
Mes premières missions malgaches je les ai effectué sous l'égide du Père Pédro, de 1993 à 1998.
Alors la misère, le délabrement, le dénuement, l'inespoir, l'incertitude, l'accablement...
mais le pire : voir des enfants mourir de faim, cette étincelle qui s'enfuit de leur regard... c'est une profonde blessure qui ne cicatrise pas.
et pourtant, d'autres prennent la relève.
C'est aussi des coups du sort qui font que votre ami et confident disparaît en mer avec son épouse, à bord de leur pirogue, laissant 3 enfants de 15 / 13 et 10 ans sans aucunes ressources... et combien d'autres pêcheurs ?
Que le petit Parfait à sa naissance n'avait plus de mère, son jumeau mort-né ayant occasionné une septicémie et le décès de la jeune maman sans que l'on puisse y faire quoique ce soit... combien de fausses-couches, d'accouchements dans d'horribles souffrances,... ????
C'est Kéké, avec sa cuisse gangrenée, ou ce bébé de 3 mois brulé au 3ème degré sur 60 % du corps que l'on a pu rapatrier sur
Morondava et
Tana pour les y soigner et eux, les sauver...
Combien de petits bobo de rien du tout, mal soignés, qui conduisent droit à la mort ????
alors oui l'humanitaire d'urgence, je n'en peux plus : trop sensible.
mais essayer d'éviter ce sort à d'autres et en particulier aux enfants, si je le peux, si notre association peut y contribuer, c'est au moins déjà ça !
parce que ces simples exemples, c'est une infime partie du quotidien des vezo...
justement parce que la vie y est dure, nous vahaza, avons eu l'envie de la leur rendre juste un peu moins pénible.
ce n'est pas non plus de l'assistanat pour se donner bonne conscience, du moins pour les bénévoles...
ce sont des projets communautaires comme l'enseignement ou des cantines scolaires, des puits, lavoirs, rizière, jardins potagers, bungalows pour touristes de passage, micro-crédits (achats de zébus, épiceries, cabinet infirmier, etc.
Ces projets, financés par l'association, sont proposés, débattus et plébiscités par les villageois lors de réunions publiques.
Ils en déterminent les modalités, les plannings et les budgets.
Ils y travaillent contre un salaire et en dépose une partie dans la caisse du village (réserve communautaire en cas de coup dur, comme il s'en produit si souvent malheureusement).
alors oui, on peut le considérer comme de l'assistanat et bien évidemment, ils ne vont pas cracher dans la soupe.
mais voilà, comme ils considèrent que leur travail sur ces différents projets améliorent leur quotidien, ils sont demandeurs.
Nos moyens ??? des hommes et des femmes peuvent se lever et vouloir changer les choses : une immense envie de s'impliquer.
Voiture ? quelle voiture ? à
Tana oui, mais en brousse ?
c'est la pirogue où l'on écope pendant 6 heures si le vent quand il souffle dans le bon sens ; la charrue et le zébu ; ou plus simplement la marche à pied.
excellent pour la santé... tout en restant vigilent !
Il n'y a pas d'eau chaude, pas même d'eau courante, encore moins d'électricité dans les villages de brousse.
Une piste digne des championnats du Monde de Rallye Cross...
A Ankevo, c'est du sable, du sable, encore du sable et juste un puits financé par l'association.
Question confort, on vit au rythme malgache, dans des "maisons" de roseau et de vondro.
Vitamines, médicaments, savons et dentifrices sont distribués lors des campagnes de soins infirmiers, médicaux et dentaires effectuées par nos bénévoles tout au long de l'année.
et c'est là que nous vahaza, prenons la pleine mesure du gâchis quotidiens des ressources dans notre société de consommation...
rien qu'un exemple, l'eau... alors que pour se doucher 10 litres suffisent amplement, on en gaspille au moins 50 avec nos douches modernes !
c'est en vivant en brousse que l'on se rend compte qu'en fait cette société de consommation forcée nous éloigne de l'essentiel, nous rend dépendant de l'argent et des apparences.
même si on prend conscience de cet asservissement, il est bien difficile de ne pas y succomber.
Matière à réflexion :
A l'heure actuelle les Vézo du côté de
Belo sur Mer (je ne sais pas ce qu'il en est ailleurs) ne peuvent plus vivre de la pêche, qui était leur activité séculière...
Les chalutiers japonais ratissant les fonds marins à moins de 800 mètre des côtes, les petits pêcheurs sont obligés d'acheter le poisson qui les nourrit...
est-ce normal ??????