Je te donne un petit texte pour comprendre les origines des malgaches !!!!!
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jeudi 19 octobre 2006
Origine des Malgaches et ses valeurs
Entre croyance et coutumes ainsi que la langue malgache
La culture malgache provient en grande partie d'autres continents. La croyance dans le « vintana » - destin - pourrait découler de la cosmologie islamique, tandis que le symbolisme religieux et le statut conférés au bétail rappellent l'héritage africain. Les principales coutumes malgaches concernent le « culte des ancêtres ». Le « razana », qui désigne à la fois les ancêtres et le respect qui leur est accordé, consiste en un système complexe de fady et de rites funèbres. Le fady correspond à un système de tabous locaux destiné à apaiser les ancêtres. Un fady peut par exemple prohiber le sifflement sur une plage près d'un village, ou la marche devant un arbre sacré. Il existe ainsi des milliers de superstitions de ce genre, dont un certain nombre ne dépasse pas le cadre d'un village. La coutume du « famadihana » (retournement des morts) ou « deuxième enterrement », a pour but d'apaiser, consulter et vénérer les défunts. Le rituel commence par l'exhumation du corps, qui est ensuite lavé et enveloppé dans un nouveau linceul. Les membres de la famille défilent ensuite devant le linceul pour l'embrasser, lui parler, lui chanter une chanson ou même danser avec lui. Pour finir, l'ancêtre retourne à sa dernière demeure, souvent avec des cadeaux. Le « malgache » (utilisé dans la vie courante) et le « français » (dominant dans les affaires) se côtoient sur l'île. Caractérisé aux yeux étrangers par la longueur de ses mots, le « malgache » appartient à la famille des langues austronésiennes, qui regroupe également l'indonésien et le polynésien. La grammaire se distingue fortement de celle des langues indo-européennes. Les Malgaches évitent par exemple de commencer leurs phrases par « je » et il existe plus de 16 expressions signifiant « ici » ou « là ». L'alphabet malgache compte 21 lettres : les consonnes "c", "q", "w" et "x", ainsi que la voyelle "u", n'apparaissent pas. Certaines lettres se prononcent différemment du français, notamment le "s", qui devient "ch" et le "o" qui se prononce "ou". De nombreuses voyelles en fin de mot sont par ailleurs muettes. Ces règles de prononciation peuvent aboutir à des résultats surprenants : le nom de la ville de "Ihosy", au sud de
Tananarive, se prononce ainsi "Iouch". Voici quelques expressions courantes : Oui : eny/eka Non : tsìa Bonjour (à toute heure) : Salama Bonjour/Comment allez-vous ? : Manào ahoana ianao Monsieur/Madame : Tompoko Excusez-moi/S'il vous plaît : Azafady Merci (beaucoup) : Misaotra (indrìndra) Bon/mauvais : tsara/ratsy Je vais bien : Salama tsara aho Bienvenu(e) :
Tonga soa Au revoir : Veloma Je ne comprends pas : Tsy azoko La valeur culturel faisant des Malgaches du « gasy ». Les « hira gasy », spectacles populaires de musique, de danse et de contes sont une tradition des hauts plateaux. La représentation est donnée par des troupes composées de dix-huit hommes et de sept femmes. Il s'agit, en fait, d'une compétition pour les meilleurs costumes et le spectacle le plus original, le plus émouvant ou le plus captivant. Le « hira gasy » commence par un « kabary », discours généralement déclamé par un ancien respecté. Les membres de la troupe illustrent ensuite le message du kabary par des chansons et des danses acrobatiques accompagnées de la musique grêle des trompettes et des clarinettes. La flûte, le sifflet et divers instruments à cordes prêtent leurs sonorités aux danses et à la musique traditionnelle. Les accordéons, encore utilisés, témoignent pour leur part de l'héritage français. Paul Bert Rahasimanana, ou Rossy, est certainement le musicien le plus célèbre de
Madagascar. Dama, Rebika, Tearano, Tiana, Mahaleo, Njava, Tarika, ainsi que les groupes Fenoamby ou encore Justin Vali mêlent des influences modernes au répertoire traditionnel. La littérature malgache est apparue vers 1850, lorsque l'historien Raombana rédigea 8.000 pages racontant le règne de Ranavalona I. La littérature et la poésie modernes se développèrent dans les années 30 et 40, en particulier sous la plume de Jean-Joseph Rabearivelo. On peut citer aussi Jean Ndema, Rakotonaivo, Rainifihina Jessé, Emilson D. Andriamalala et, plus récemment, Raharimanana. La tradition orale de l'« ohabolana » a donné naissance à de nombreux proverbes et dictons sages et spirituels, à l'image de celui-ci : « Ne nous amusons pas avec les caïmans : notre chair est succulente ». La foi disiez-vous ? Les missionnaires occidentaux n'ont pas ménagé leurs efforts sur la Grande île au XIXe siècle. Les protestants de la «
London Missionary Society » ont été les premiers à s'implanter. Le catholicisme a par la suite gagné du terrain avec l'influence française. Environ 40% des Malgaches se disent chrétiens. Les protestants (concentrés sur les hauts plateaux) et les catholiques (sur la côte) se répartissent en proportions égales. L'écrasante majorité de la population reste cependant fidèle au culte traditionnel, dont l'attachement aux ancêtres, considérés comme le trait d'union entre les vivants et l'au-delà, est l'élément le plus marquant. Il se traduit au quotidien par de nombreux rites : retournements des morts accompagnés de sacrifices de zébus, interdits et tabous de toutes sortes (les fady)... L'amalgame entre la religion traditionnelle et le christianisme est très répandu, et nombreux sont les chrétiens convaincus qui perpétuent le culte rituel des ancêtres. La communauté musulmane représente environ 7% de la population. Elle se regroupe dans les villes du nord, notamment à
Mahajanga. Malgache, sommes-nous conscient ? La culture à
Madagascar est comme sa nature : riche, vivante et diversifiée. L'insularité ajoutée à un niveau de communication très limité (absence de routes) sur de grands espaces du pays, a permis à certaines populations de vivre isolément et donc de préserver à travers le temps une culture propre malgré la mondialisation et une colonisation qui a duré plus de 60 années. Aujourd'hui encore près de 80% de la population est rurale. Elle vit en quasi-totalité des fruits de la nature. Ce lien avec la terre est très fort. De plus les croyances traditionnelles rendent à cette terre une notion de sacré : elle appartient aux ancêtres. Les croyances animistes ou chamaniques sont encore très suivies, sauf en général dans les centres urbains où les influences religieuses notamment chrétiennes et islamiques (région Ouest) sont aujourd'hui majoritaires. La musique et les chants en sont fortement influencés et pratiqués à de nombreuses occasions (tromba, fêtes, funérailles, etc.). La culture orale reste une dominante dans la vie quotidienne des Malgaches (discours, chants, etc.). Malgré l'existence de textes malgaches en écriture arabe mais réservés aux initiés (sorabe), le développement de l'écriture n'est dû qu'à des influences récentes (européennes) datant du XIXe siècle avec l'introduction du christianisme. Aujourd'hui encore le temps est à
Madagascar une notion circulaire et non linéaire. La culture du « mora-mora » ou celle de prendre son temps et de vivre pleinement son présent. Cela peut dérouter l'étranger sous l'emprise de vitesse et parfois de précipitation. La non-violence et la recherche d'une solution amiable est également une notion cultivée socialement. Enfin, que ce soit la langue, la musique, la cuisine, l'artisanat, nous vous laissons le soin de découvrir, comprendre et d'aimer ce monde à part...
Tribune de
Madagascar du 19/10/06 Recueillis par Daddy R
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