Le mal aigu des montagnes (MAM) au Pérou? Yallange · 2 mai 2011 à 14:50 · 3 photos 49 messages · 15 participants · 14 181 affichages | | | | À: Koslan · 27 juin 2012 à 22:23 Re: Le mal aigu des montagnes (MAM) au Pérou? Message 41 de 49 · Page 3 de 3 · 1 954 affichages · Partager Salut Koslan,
Merci beaucoup pour ta réponse détaillée.
Je crois que je vais attendre longtemps pour aller au Dallol. Il y a suffisamment de beaux paysages dans des régions moins dangereuses: je me contenterai des supers photos prises par toi et du reportage que j'avais vu à la télé.
Quand au périto moreno, j'y suis allée, il y 2 ans, et je n'ai pas fait l'excursion sur le glacier, cela ne me tentait pas.
En tout cas merci pour toutes tes infos. Cela confirme mon prochain choix de voyage: l' Afrique du sud.
En attendant, je me concentre sur celui du mois d’août, que je raconterai dans un post, c'est certain. Et je ferai part de mon expérience en haute altitude, avec 2 atterrissages à la paz!!!
En tout cas merci beaucoup pour tes supers photos. Elles font rêver!
A bientôt! | | | À: Gnome · 28 juin 2012 à 16:17 Re: Le mal aigu des montagnes (MAM) au Pérou? Message 42 de 49 · Page 3 de 3 · 1 933 affichages · Partager En étant moi même scientifique, je dois mentionner que la plupart des études sur la feuille de coca ont été faites par l'institut de la coca en Bolivie et les publications faites en Espagnol. Dans des essais mené par cette institut dans des chambres hyperbarres (ou hypobarre) des effets notables ont été observé lorsque les gens machait des feuilles de coca. Donc, pour être précis, oui, des études scientifiques ont été faites sur les feuilles de coca mais pas publiées dans les revues médicales anglo saxonnes (a part quelques études traduites et disponibles sur: www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/ ). Pour ce qui est de wikipedia, ce qui est écrit sur la composition de la feuille de coca est scientifiquement exact en ce qui concerne sa composition chimique. Ce sont les éléments que l'on retrouve lors d'un examen au spectrographe. Examen réplicable par quiconque sait utiliser intelligemment un tel outil.
Recemment, une nouvelle hypothèse concernant le mal des montagnes est apparu. Celle de la veine jugulaire. En effet, le problème serait (possiblement) le retour du sang par la jugulaire plutot que par les artères nourissières du cerveau (4 pour une). Tout élément obstruant le libre passage du sang dans cette veine risque d'amplifier le problème. Par exemple, le port de charges, le rétrissement ou calcification. Des étude à ce sujet sont en cours.
Finalement, un élément for souvent oublié est l'apport suffisant de vitamine B, notamment la B12 servant, en autre, à métaboliser l'homocysteine ou servant à la fabrication des globules rouges. Dans bien des cas, la majorité de cette vitamine sera utilisé pour la métabolisation d'une forte concentration d'homocysteine entrainé par une alimentation occidentale (très déficiente) et peu reste pour la creation de globule rouges. Donc, un apport adéqua de B12 avant et pendant un séjour en haute altitude est recommendable (en général le complexe B12, B6, acide folique).
Voila pour ce qui est de la science. A ne pas confondre avec le pharmaceutique qui est beaucoup plus du ressort commercial que scientifique.
Didier PH Martin, PHD et cineaste. | | | À: Didierphmart · 28 juin 2012 à 16:50 Re: Le mal aigu des montagnes (MAM) au Pérou? Message 43 de 49 · Page 3 de 3 · 1 931 affichages · Partager Salut Didier,
Merci pour ces infos très intéressantes et qui m'amènent donc à entrevoir une révision de mes jugements sur ce sujet ! J'ai consulté un rapport sur le lien que tu as donné plus haut et qui indique ce que tu évoquais. Je ne réfute en rien ce qui est dit (encore heureux !) mais cette étude porte sur des locaux, donc déjà relativement acclimatés. Ce que j'aimerai savoir un jour, c'est si quelqu'un comme toi ou moi a tout intérêt à consommer de la coca pour réduire les symptômes du mal d'altitude. Mais bon, je cesse de tatillonner !
Très intéressant également cette hypothèse au sujet du retour du sang par la jugulaire. C'est une approche très originale par rapport à tout ce que j'ai pu lire jusqu'à présent ! J'avais effectivement souvent entendu dire qu'il valait mieux ne pas être carencé en vitamine B12. Que penses-tu de ceux qui recommande une prise plus importante de fer un peu avant et pendant un séjour en altitude afin de compenser la perte due à la synthèse d'hémoglobine et de myoglobine ? Je connais des alpinistes qui prennent du Tardyféron, mais d'après ce que j'ai cru comprendre, la prise de fer n'est pas dépourvue de risques... | | | À: Gnome · 28 juin 2012 à 21:08 Re: Le mal aigu des montagnes (MAM) au Pérou? Message 44 de 49 · Page 3 de 3 · 1 914 affichages · Partager Salut Guillaume
En général, dans nos sociétés on ne manque pas de fer. Bien que chez les femmes sportive cela peut être quelque chose à vérifier. Et effectivement trop de fer est quelque chose à éviter. Le problème est rarement le transport de l'oxygène du à l'hémoglobine mais plutot deux facteurs: - la fluidité du transport - le nombre de globule rouge
Ce qui est très méconnu c'est la carance en B12. En général on en a assez pour empêcher une anémie mais chez beaucoup de gens, le petit surplus est utilisé principalement pour métaboliser l'homocysteine et encore de manière souvent incomplète. En fait, chez une bonne partie de la population, le B12 disponible est même insuffisant pour métaboliser convenablement l'homocysteine, ce qui entraine une potentielle inflammation des paroies arterielles. Donc, assez pour empêcher l'anémie, souvant pas assez pour métaboliser convenablement l'homocysteine et bien entendu pas sufisant pour une demande accrue de globule rouge.
Autre facteur aussi à considérer que j'avais oublié. La composition en acides gras non saturés. En effet, les membranes de cellules contiennent deux chaines de molécule ayant une tête de proteine et deux pattes dont l'une est un gras saturé et l'autre un gras non saturé. Dans nos sociétés très peu consommatrices de source d'omega 3, la partie non saturée à des carences. Plus l'acide gras est insaturé et plus cette patte est flexible. Ce qui implique, par exemple, que quelqu'un ayant mangé beaucoup de ceviche ou de sardines avant la montagne (pendant quelques semaines) aura un taux d'omega 3 (principalement DHA et EPA) plus élevé et aura donc des globules rouges plus flexibles. Pourquoi donc? parce dans les capillaires, les globules rouges doivent se déformer tant les capilaires sont petits. Plus ils sont flexibles et plus le flux sanguin est fluide.
En résumé: avant la montagne, un bon apport d'omega 3, principalement du EPA et DHA (sardine, saumon, et le bon ceviche ;-) et un bon apport de B12. Les feuilles de coca vont aussi agir comme leger analgésique et influencer la dillatation des vaisseaux sangin (d'ou une pression moindre et un meilleur flux sangin). Mais les feuille de coca n'aide pas a faciliter l'augmentation de globule rouge, l'EPO andogène à besoin de B12 pour stimuler le nombre de globule rouges. Du reste, dans les premier jours à la montagne, le corp augmente sa production d'EPO pour induire une augmentation de globule rouges. C'est la qu'une bonne réserve de B12 est importante. Ensuite, à l'effort, la composition des membranes en EPA et DHA rendra le flux sangin plus facile.
Plusieurs athlètes commence de plus en plus à utiliser ces méthodes plutot que les drogues (comme l'EPO exogène) et les séquelles que cela entraine.
Un autre truc dans l'altiplano, manger de la truite qui est excellente et pas chère. C'est une bonne source d'omega 3.
Cordialement Didier | | | À: Didierphmart · 29 juin 2012 à 0:38 Re: Le mal aigu des montagnes (MAM) au Pérou? Message 45 de 49 · Page 3 de 3 · 1 905 affichages · Partager Salut Didier,
Merci mille fois pour toutes ces informations que tu partages avec nous. Elles me seront très utiles pour mon atterrissage à la Paz et tous les passages en haute altitude que nous aurons pour le voyage, en août!
A bientôt! | | | À: Didierphmart · 20 octobre 2012 à 14:36 Re: Le mal aigu des montagnes (MAM) au Pérou? Message 46 de 49 · Page 3 de 3 · 1 699 affichages · Partager Salut Didier,
Je reviens vers toi, toujours au sujet de l'acclimatation. Je me posais tout à l'heure la question suivante : Est-il idiot de prendre un vasodilatateur (type médicament contre les hémorroïdes) pour favoriser la circulation du sang en altitude ? Si cela te semble utile, cela présente t'il selon toi un risque ?
A+ | | | À: Gnome · 21 octobre 2012 à 16:39 Re: Le mal aigu des montagnes (MAM) au Pérou? Message 47 de 49 · Page 3 de 3 · 1 668 affichages · Partager Rien de tout ça, mâchez des feuilles de coca que vous mettez en boule sur le coté de la bouche et vous passerez les grandes hauteurs sans probleme. Je reviens d'un tour vers Pucallpa, nous sommes passés à la Oroya Presque 5000 m alt. À l'allée je n'ai eu aucun symptome je mâchais consciencieusement la coca, une fille qui a été malade et a qui on donné des feuilles, nous a remerciés à la descente du bus car 15 min apres les symptomes avaient disparus. Au retour passant le même col je n'ai pris que du maté de coca que j'avais dans un thermos... J'ai souffert de cephalée, nausées et de picotements avec sensation du sang qui se retire au niveau des mains et des pieds. CQFD. Relire ce qu'on a déjà ecrit plusieurs fois dans le forum. | | | À: Nellie4 · 21 octobre 2012 à 21:08 Re: Le mal aigu des montagnes (MAM) au Pérou? Message 48 de 49 · Page 3 de 3 · 1 654 affichages · Partager Merci, mais nous avons déjà échangé tous les deux dans cette discussion mais tu l'as visiblement oublié. Je ne suis pas totalement convaincu par l'effet de la coca, surtout consommée occasionnellement. J'ai passé des mois en Amérique du Sud, j'ai parfois mâché de la coca en altitude et parfois non, j'ai bu du maté de coca et à d'autres moments du thé normal ou de l'eau et il m'est impossible de dire que la coca ait eu sur moi un effet systématique contre les méfaits de l'altitude. Désolé, mais ton "CQFD" ne m'est donc d'aucune utilité.
Ma question s'adressait à Didier qui avance jusqu'à présent des arguments plus intéressants à mes yeux que tout ce que j'ai pu lire ailleurs sur VF à ce propos. Ce sujet m'intéresse car je pratique l'andinisme et passe souvent plusieurs jours à plus de 5500m et suis souvent bien au dessus de 6000m. | | | À: Gnome · 21 octobre 2012 à 21:44 Re: Le mal aigu des montagnes (MAM) au Pérou? Message 49 de 49 · Page 3 de 3 · 1 648 affichages · Partager Hello Guillaume,
Dans certains cas les glucocorticoïdes comme la Dexamethasone peuvent avoir un effet bénéfique dans le cas d'hypoxie (manque d'oxygène). On crois aussi que le mal de tête serait du à une vasodilatation des capillaires cervicaux. Mais, dans tous les cas, le plus sur est de prendre son temps et de s'acclimater tranquillement. Il semble que le temps d'acclimatation est plus facile si la personne à eu un bon apport d'omega 3 (principalement le DHA et l'EPA) et de B12. Le danger de certains médicaments pour l'adaptation à l'altitude c'est les effets secondaires. Il vaux mieux éviter les vaso-dilatateurs et éviter ainsi l'aggravation des céphalée.
L'idéal c'est l'acclimatation au repos. En effet, le mate de coca (ou les feuilles de coca machées), pour des raisons encore pas très bien comprises à un effet positif, à la fois analgésique et sur la pression sanguine.
Pour les expéditions en très haute altitude (plus de 5500 mètres) la localisation du camp de base est importante. Il doit être assez haut pour induire une réponse à l'hypoxie. Repos, beaucoup de liquide (le mate de coca fourni le liquide, l'analgesique et le régulatyeur de pression sanguine). A défaut de Mate de coca, des tisanes chaudes et peut être quelques aspirines (avec parcimonie). Si au départ on a un niveau d'homocysteine bas, un bon niveau de B12 et nos parois de cellules bien gavée de DHA/EPA, l'adaptation devrait être plus facile et plus en douceur.
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