Salut à tous !
Il est vrai que moi aussi, je me dis qu’il serait peut-être intéressant pour Mada de s’inspirer de la structuration du pouvoir en
Suisse. Bien entendu, si j’évoque le modèle
suisse, c’est pour le système de gouvernance et non pour l’aspect des finances et des banques. L’intérêt du système
suisse étant sa démocratie effective puisque c’est le peuple qui est véritablement souverain et non telle ou telle personnalité. Les gouvernants ont pour fonction de faire des propositions et/ou de mettre en œuvre les décisions émanant des consultations populaires.
Je vous avoue que ça parait compliqué, surtout quand on a comme référence le système français ; il m’a fallu quelques années pour comprendre un peu comment fonctionne tout cela.
Alors voilà comment ça se présente, les entités territoriales étant les Cantons (qui sont chacun un Etat) et la nation (la Confédération dont l’organe est le conseil fédéral). Ce qui pourrait équivaloir respectivement aux régions, telles qu’elles sont découpées déjà actuellement à Mada peut-être, et l’état (national).
Préalable : Les « votations » - vote face à un texte et non pour élire une personne- très fréquentes se tiennent soit sur proposition des conseils cantonal/national, soit sur initiatives des gens du peuple ayant récolté un certain nombre de signatures.
Chaque canton a ses conseillers élus par le peuple :
conseiller cantonal.
Les conseillers cantonaux gèrent les affaires cantonales (services publics, éducation...) et peuvent promulguer des lois cantonales au vu des « votations ».
A l’échelle de la confédération, le peuple élit aussi ses
conseillers nationaux, répartis en 2 chambres :
le conseil des Etats (sorte de Sénat) –
2 représentants par canton quelle que soit la taille du canton- et le
conseil National (sorte de Parlement) en
effectif proportionnel à la population des cantons. Ces 2 chambres constituent l’appareil législatif du pays.
A coté de ceux-là il y a le
Conseil Fédéral, appareil exécutif dont chaque membre est responsable d’un portefeuille important (affaires étrangères, intérieur, armée et défense, économie...) parfois avec un 2ème portefeuille moins important.
Les conseillers fédéraux, au nombre de 7, (important le chiffre impair) fonctionnent au moins à plein temps, sont salariés et ont des indemnités et avantages MAIS ils
n’ont pas le droit d’avoir une activité autre à côté (Très intéressant !) ni en tant que PDG machin, ni administrateur, ni même simple salarié en activité privée. Ils doivent se démettre de leur précédente activité et la remettre à un tiers.
D’anciens industriels devenus conseiller fédéraux ont donc lâché leur travail de dirigeant, président ou administrateur de société privée dès qu’ils ont été élu au conseil fédéral. Ils peuvent juste rester actionnaires mais même plus administrateurs.
Tout conseiller est présenté par un parti politique.
Les conseillers fédéraux sont auditionnés puis élus par les 2 chambres. Les
7 sièges du conseil fédéral sont
répartis aux couleurs des
partis politiques du pays (chaque parti ayant 1 ou 2 sièges selon son importance au niveau du peuple
suisse). Le conseil fédéral fonctionne en
collégialité, et ne parle donc que d’une seule voix une fois des décisions sont prises, malgré les divergences d’opinion forcément inévitables. Chaque année (en décembre) le conseil fédéral élit en son sein son président qui assumera la représentation de la
suisse à l’international et pour les événements symboliques tout en gardant son portefeuille. Donc
« présidence » du pays tournante tous les ans.
A côté de tout cela il y a des commissions de surveillance qui veillent à la bonne application et l’évolution dans divers domaines.
Voilà schématisé au plus succinct le système
suisse.
L’intérêt en est que le peuple a véritablement la parole et que les décisions votées par le peuple ne peuvent qu’être réellement exécutées (sauf bien sûr si elles vont à l’encontre de législation internationale ou de la sécurité). La répartition des effectifs dans les 2 conseils nationaux est intéressante aussi parce que d’une part ils sont vraiment représentatifs du peuple et d’autre part, elle se pondèrent entre elles.
Le hic est que des fois des choix, par exemple de grands travaux, sont votés mais leur concrétisation est longue à se faire, fonction de calendrier budgétaire et de priorités conjoncturelles. Par un point de vue ce n’est pas plus mal car, au moins, les grands axes de développement sont choisis par le peuple qui s’éduque forcément dans la patience. Tout se mérite, on n’a rien sans rien ! Une véritable démocratie est fort éducative.
Parallèlement il va de soi qu’une très bonne circulation des informations est la condition sine qua non à tout ce système.
Pour un pays comme Mada la transparence supposée par ce type de structuration ne peut qu'être un bon gage vis à vis des bailleurs de fonds.
Tout mon topo ne signifie évidemment pas qu’il serait bon de calquer exactement tout cela à Mada, mais peut être une source d’inspiration. A adapter.
Mon grain de sel a été bien gros et long ! C’est pas si simple de faire court. Excusez !