bon soir
voila un article trouve sur yahoo
Madagascar: gouvernants et multinationales en prédateurs
il y a 1 heure 2 min

Dans les statistiques des organisations internationales,
Madagascar est à peine visible: infrastructures rudimentaires (pas de réseau routier et ferroviaire conséquent), administration disparate et très mal payée, maillage territorial très centralisé, milliers de côtes sans aucune surveillance... Ce pays est une tête de pont idéale pour le crime organisé.
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Madagascar est, comme le Congo ou lAngola, un blasphème géologique: son sous-sol est extrêmement riche en gemmes de toutes sortes, et du côté du canal du
Mozambique, on y découvre, de manière accélérée, des importants gisements dhydrocarbures. Le long règne du président Ratsiraka, qui dirigea dune main de fer le pays presque sans interruption pendant un demi-siècle, transforma
Madagascar, joyau de lempire colonial français, en une immense entreprise de prédation des sources naturelles à travers un système de gestion basé sur la corruption et des baronnies claniques et familiales, qui, toutes, déclaraient allégeance au président déchu.
Une double administration se mit en place : dune part, celle de lEtat aux moyens vétustes et dautre part celle du président et des clans prédateurs. Toute entreprise engrenant des bénéfices substantiels, (ilang-ilang, cannelle, poivre, pierres industrielles, précieuses et semi - précieuses, café, bois tropical, tourisme, etc.), fonctionna au sein dun système dit « informel », échappant aux contrôles de lEtat.
Même les produits de première nécessité, comme le riz, par des mécanismes sophistiqués, et du fait que la terre appartient à plus de 80% à lEtat, étaient contrôlés par la famille présidentielle et ses acolytes.
Si la gestion interne était le « fait du prince », les exportations, surtout en ce qui concerne lor, les pierres précieuses et semi - précieuses passèrent rapidement aux mains des clans asiatiques et africains agissant souvent pour le crime organisé. Certains hommes daffaires véreux, américains et européens, ayant
passé des contrats dexportation avec lentourage présidentiel, en font de même.
La chute du clan Ratsiraka et laffaiblissement des baronnies pourrait faire espérer quune ère nouvelle allait commencer. En effet, le président Marc Ravalomanana a conquis le pouvoir en dirigeant une insurrection populaire contre la corruption et lisolement de lîle. Il a ensuite gagné les élections sur un discours dhomme daffaires (quil est), libéral, ouvert à la coopération internationale, au libre échange et la modernisation du pays. Mais, très vite il est devenu clair, malgré certaines reformes et la création dun pôle anticorruption (BIANCO), que rien ne changeait vraiment, que les nouveaux investisseurs étaient purement et simplement rackettés, que le président multipliait les pôles de ses activités et de ses domaines réservés (une liste existe à
Madagascar qui vous indique en quoi vous ne pouvez pas investir et chaque année la liste sallonge).
La Banque Mondiale, lUnion Européenne, la
Chine
, lAllemagne, la
France, pour ne citer que les plus gros bailleurs de la communauté internationale ont vu, année après année la transformation dun pays éclaté en une entreprise présidentielle qui taillait en lots lensemble du pays faisant espérer des concessions minières et sous marines naboutissant jamais mais tenant les investisseurs en laisse.
Au centre de ce système de prédation, le ministère des mines et la politique minière menée à
Madagascar depuis des décennies et le concept de « mine sauvage » : A la place dune exploitation rationnelle, on a privilégié une exploitation de masse par une centaine de milliers de creuseurs, issus de la partie la plus déshéritée de la population malgache. En quelques mots, les raisons données pour une exploitation irrationnelle sont deux : manque de moyens pour arrêter une ruée sauvage dès lors que sont découverts des gisements de pierres précieuses cela impliquant une gestion locale qui se calque sur le fait accompli. Et, laspect social du problème : les creuseurs, extrêmement pauvres, trouvent un moyen de subsistance et « rien ne pourrait arrêter des milliers de gens à aller creuser ». Une autre raison (elle aussi, très ancienne et non dépourvue darrière - pensées), met en avant deux contrevérités : léparpillement des mines et leur faible rendement dune part, le fait que les pierres semi - précieuses (pierres fines) nintéressent pas le secteur minier international.
Le résultat de cette ingénierie trafiquante est que les pierres précieuses et pierres fines à
Madagascar ne représentent annuellement quautour de 1% des exportations enregistrées. Par ailleurs, le ministère des mines et de lénergie, est toujours déficitaire et la police minière, qui na toujours pas de véhicule, emploie en tout et pour tout une dizaine (!) dagents.
La terre appartenant dans sa grande majorité à lEtat (les paysans sont simplement tolérés et nacquièrent des droits (toujours remis en cause) que par loccupation du sol, le ministère de laménagement du territoire et de la réforme foncière (toujours à venir) a voulu faire limpasse et distribuer des concessions énormes (un dixième du territoire) à des entreprises étrangères. Bien sur, nous sommes toujours dans le « processus » qui risque de prendre des décennies mais cela a mis le feux aux poudres : en brandissant la carte tamponnée du droit de prospection à la société coréenne Daewoo à sa propre télévision (depuis fermée par le président) le jeune maire de
Antananarivo (qui avait appuyé Ravalomanana dans sa conquête du pouvoir mais se sent exclu du gâteau de la prédation), mène aujourdhui la dissidence à la tête de son propre parti dont le nom est un tout un programme : le TGV. Nous sommes en effet à
Madagascar dans le domaine de limagerie et de la mythologie du progrès. En réalité, le seul progrès visible (à part la construction de routes qui ne mènent nulle part et qui sont à reconstruire après chaque saison des pluies) ce sont les villas présidentielles (où Ravalomanana sy rend avec ses hélicoptères privés) et celles de lopposant à sa majesté.
Entre temps,
Madagascar, qui est loin de manquer de ressources, ou plutôt à cause de cela, vit dans une pauvreté absolue et sa population cherche le prochain messie désespéramment.