bonsoir
peux tu nous indiquer le lien vers l'article de Sylvain Urfer ? Merci
Salama Lacsol voici le lien demandé :
www.madagasikara-soa.com/...e-Sylvain-Urfer.html
Je conseille la lecture des ouvrages suivants qui sont très intéressants d'un point de vue politico-socio-éthnologique propre à
Madagascar :
Bouquin rouge : l'espoir et le doute (retrace l'historique de
Madagascar jusqu'à la crise de 2002)
Bouquin vert : le doux et l'amer (retrace les déboires depuis l'arrivée au pouvoir de Ra8) => certainement ce qui a contribué à l'expulsion de l'auteur du pays.
Ces ouvrages (engagés) ne se trouvent que dans quelques librairies...
Parfois le père Urfer trace un tableau trop noir à mon goût mais ce qui est sûr c'est que bcp (malgaches et vazaha) partagent ses analyses.
Certains points d'analyse du père Urfer qui ont retenu mon attention :
1) face au changement, l'attachement particulièrement fort au passé de la société malgache s'avère être un frein au développement tel qu'il est conçu à une époque de globalisation
=> ceci s'applique essentiellement aux populations des régions enclavées (et est valable pour d'autre sociétés)
2) les niveaux de salaires à
Madagascar sont trop bas et insufisants pour répondre au besoin d'une famille, les travailleurs soumis à ces conditions ne percoivent pas le travail comme une activité valorisante, ce qui a donc une incidence sur la professionalisation (le salaire n'est souvent pas perçu comme "le fruit d'un travail mais plutôt comme un fruit qu'on cueille" auquel doivent se rajouter des activités annexes pour permettre de répondre aux besoins de la famille)
3) la jalousie est présente à tous les niveaux. exemple au niveau politique : ceux qui carressent l'espoir d'accéder aux richesses auxquelles ont accès ceux qui sont au pouvoir, n'élèvent pas trop la voix de manière à éventuellement passer du côté de la majorité, à contrario, ceux qui sont dans la majorité et dissidents, sont écartés et finalement se retrouvent dans l'opposition => ce qui d'après l'auteur ne favorise pas la construction d'une opposition forte et apte à un jouer pleinement son rôle, surtout quand il y a des carences dans les textes constitutionnels. La contestation ne peut donc s'exprimer que par éclatement => ce qui se passe aujourd'hui)
4) que l'exode rural a amené à une paupérisation de masse, une insécurité et à une détérioration de la notion de fihavana dans les grandes agglomérations
5) souvent ceux qui réussissent se trouvent confrontés à un dilemne de redistribution de la richesse basée sur la notion de fiahavana (qui signifie plus ou moins la famille). Ce point évoqué a un impact sur l'esprit d'innitiative, car celui qui souhaite réussir peut avoir peur de la réussite et des problèmes de jalousie qu'il aura à gérer par la suite...
=> ex concret : un manager malgache saura souvent sollicité pour trouver un job à quelqu'un de sa famille (même éloignée). Si il refuse, il aura des pb sociaux voir familiaux, dans le cas où il apportera cette aide et que la personne aidée ne "performe" pas au niveau attendu, il aura beaucoup de difficultés à s'en séparer ou ne pas lui octroyer de promotion...)
6) l'absence de priorité donnée à l'éducation et la concentration des formations de haut niveau dans certaines agglomérations à accru l'écart entre les diverses éthnies et renforcé certaines tensions inter-éthniques
7) le rôle de l'église est important dans les affaires de l'état malgache et écarte bien souvent ses dirigeants de leur devoir oecuménique au profit de l'intervention politisée.
Bref, perso je trouve qu'un certain nombre de ses analyses valent le coût d'être considérées surtout dans le contexte actuel.
Par ailleurs, je pense aussi que l'âge est un facteur perçu comme très important par la grande majorité du peuple malgache au moment du choix du "guide" de la nation.
Voilà voilà. Désolé pour ce poste hors-sujet, mais il pourra peut-être contribuer à certaines réflexions.