Mimimicha · 28 avril 2016 à 23:11 · 389 photos 89 messages · 11 participants · 8 770 affichages | | | | J20 – 16 avril – De Mobile à Baton RougeUn programme chargé nous attend, et nous ne savons pas si le temps va nous permettre de tout faire. Jusqu’à présent, nous avons eu de la chance.... Et..... Yep! We can! Il ne pleut pas. 
Nous traversons l’Etat du Mississipi à bride abattue, sans même jeter un œil à Biloxi qui fut un temps la capitale de la Louisiane (de 1720 à 1723). De nos jours, Biloxi est surtout connue pour ses casinos.
Et nous voilà dans le «Pelican State», la LOUISIANE!
Une halte au Visitor Center (qui n’est pas terrible côté information il faut l’avouer). Je ne vous parlerai pas ici de l’histoire de la Louisiane: c’est tellement compliqué... Mais j’incite vivement toute personne intéressée par cet état à lire des ouvrages sur le sujet. C’est passionnant... et ceux qui ont déjà visité la Gaspésie retrouveront la suite de l’histoire ici.
J’avais repéré un petit parc au bord du lac Pontchartrain, qui pourrait nous accueillir pour le pique-nique et nous donner l’impression d’être un peu chez nous:
Fontainebleau State Park
Sauf que, non, nous ne sommes pas chez nous, et l’allée nous fait penser à ces Canopy Roads que nous avons traversées dans le Nord de la Floride.
Nous sommes quasiment seuls.
Deux toutes jeunes filles font trempette dans le lac. Vu les infrastructures, le parc doit être bondé le week-end. Au loin, le pont que nous emprunterons tout à l’heure pour rejoindre Baton Rouge.
Nous traversons la charmante bourgade de Mandeville, plutôt coquette, et c’est parti pour une longue traversée au-dessus des flots.
Lake Pontchartrain Causeway BridgeLa traversée est longue, longue et monotone.
Le pont mesure plus de 38km de long (ce qui en fait le 2e plus long pont du monde). Il s’agit en fait de deux ponts parallèles, soutenus par plus de 9000 piles en béton. S’il fut endommagé par l’ouragan Katrina, ses fondations, elles, n’ont pas bougé. Le lac est le 2e plus grand lac d’eau salée des Etats-Unis (après celui de Salt Lake City: Great Salt Lake). En surveillant le ciel, nous sommes très inquiets pour la suite du programme.
Mais cela serait compter sans notre chance.
Sur l'autre rive du lac, les pieds dans l’eau mais la tête au sec, nous découvrons notre première plantation.
Et c’est le moment de se remémorer la trilogie de Maurice Dénuzière, qui, au-delà de tout romantisme, dépeint très bien la société des Plantations de Louisiane, parfois même au risque de lasser les amateurs de roman. Tout y est authentique (vérifié) : une façon ludique d’en apprendre un peu sur la Louisiane. Je l’ai relue avant de partir et, comme j’avais déjà préparé mon roadbook avec des références plus «austères», je l’ai encore plus appréciée qu’à mes premières lectures (je lis toujours plusieurs fois ce genre d’ouvrage, avec une approche différente à chaque fois). Mais je bavarde, je bavarde, désolée... 
Destrehan Plantation (13034 River Rd, Destrehan) C’est l’une des plus anciennes du Sud des USA. Elle est d’une architecture des plus classiques.
Comme nous n’avons nullement l’intention de visiter des tonnes de plantations, nous en faisons jute le tour; les pelouses sont gorgées d’eau.
Nous reprenons la route.
Nous longeons le Mississipi, à des années lumières de l’image romantique que l’on peut en avoir: un, il est caché par une digue, deux, l’environnement est horrible.
D’ailleurs, en arrivant à notre prochaine plantation, nous sommes surpris de voir ce petit bijou encerclé par l’industrie pétrolière.
San Francisco Plantation (2646 Hwy, Garyville) Ouvert tous les jours de 9h 30 à 16h, et jusqu'à 16h40 d'avril à octobre.
Quand je dis petit bijou:
Une bâtisse curieuse, de style néogothique, victorien et classique (et oui, tout à la fois!  ), aux couleurs pétantes, que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Le système d'alimentation en eau était révolutionnaire pour l’époque. Une petite folie qui a coûté une fortune, au point que le fils du dernier propriétaire la surnomma « Sans Fruscins»: sans un sou en poche. Nous arrivons à la fermeture (dommage *), mais le portillon est ouvert. Qu’auriez-vous fait à notre place? Ben rentrer bien sûr!
Et là, je me fais harponner par une mégère non apprivoisée en tenue d’époque   , qui n’a rien d’une «Perfect Lady» et encore moins d’une «Scarlett O’Hara» ou autre « Virginie» qui ont fait rêver des générations de jeunes filles  . Car nous sommes rentrés sans payer: le prix pour faire le minuscule tour de la plantation est de 10$ par personne. « You must pay to be on the ground» (sic). Ce n’était même pas écrit sur la porte.  Je m’acquitte du montant, mais l’équipe qui a juste mis un pas dans le jardin fait demi-tour: faut pas exagérer quand même. *Je pense que cette plantation mérite une visite, car elle diffère des autres.
Nous prenons ensuite la direction de Baton Rouge où nous resterons 2 nuits.
- Hébergement
TownePlace Suites Baton Rouge South Suite avec 2 chambres et cuisine équipée. Le plus, le petit déjeuner est gratuit (sommaire). Pas mal comme adresse au vu rapport qualité/prix. Un peu excentré, rien autour. | | | Bonjour Brigitte! Si je comprends bien, tes enfants sont installés à Atlanta. Tu dois commencer à connaître la région, n'est-ce-pas? Ah l' Espagne, à 2 portes de Toulouse (env. 1h30 de chez moi, mais côté montagne)!  Quand j'étais petite, Toulouse était une ville très hispanisante, et nombre de toulousains avaient de la famille là-bas. A présent, la population est beaucoup plus mélangée comme partout... les aléas du travail. L' Espagne a aussi beaucoup changé. Après l'avoir boudée pendant quelques années, je l'ai redécouverte ces dernières années. Mes roadbook sont manuscrits, mais quels beaux souvenirs ! Où vas-tu aller? Bien à toi, Michèle | | | Réussi ? | | | J21 – 17 avril – Baton Rouge, St-Francisville – Nuit Baton RougeMais c’est qu’on aurait presque chaud aujourd’hui.  L’idéal pour une promenade le long du Mississipi. Horreur ! L’industrie le défigure. 
La ville a un passé mouvementé (elle a vu flotter sur sa tête pas moins de 7 drapeaux nationaux). J’ai en tête tout ce qui a pu se passer ici, et je suis un peu déçue de ne pas en ressentir l’influence.
On en fait très vite le tour : quelques balcons en fer forgé, quelques demeures. L’essentiel se trouve dans le quartier Beauregard. Ce quartier « est un exemple rare d’urbanisme français aux Etats-Unis» (sic). Je ne pensais pas y trouver cette petite merveille qu’est le Vieux Capitole. 
The Old State Capitol (100 North Blvd, Baton Rouge)
Ce petit château de style néogothique ne paie pas de mine de l’extérieur, mais l’intérieur est à tomber. Il a été reconverti en musée.
The Louisiana State Capitol (900 N 3rd St, Baton Rouge) Construit en 1932 dans un style Art Deco. Moi, je lui trouve une allure stalinienne : il est tellement imposant (137 m de haut, 34 étages), le plus grand capitole des USA.
L’entrée est spectaculaire.
Après un contrôle sévère pour rentrer, nous montons au 27e étage pour avoir une vue à 360° sur la ville et la région. Mais honnêtement, c’est moche !  Ce ne sont que raffineries et autres usines à perte de vue, tout le long d’un Mississipi boueux qui abrite un malheureux bateau à aube qui doit bien se demander ce qu’il fait là. Nous aussi. Allez, pour ne pas être trop dure : le jardin à l’arrière du bâtiment peut sauver la mise. La visite est relativement intéressante (sans surprise : encore une fois, c’est un Capitole).
Nous pique-niquons juste en face de la Cathédrale St-Georges. C’est l’heure de la messe, on ne va pas plus loin pour ne pas déranger.
Nullissime : nous avons loupé la Old Governor Mansion (502 Nth Blvd)
La journée est tellement belle....  et nous avons suffisamment de temps pour aller à St-Francisville, à une petite quarantaine de km au Nord de Baton Rouge.
La ville abrite deux splendides plantations. Rosedown Plantation (12501 LA-10, St-Francisville)
«Cette maison de style géorgien est considérée comme une des plus belles demeures de Louisiane. Elle fut terminée en 1835 et les ailes latérales furent ajoutées en 1844. Les premiers propriétaires, les Turnbull, ont tracé des allées comme à Versailles et planté en 1832 les premiers camélias et azalées du sud des Etats-Unis. Aujourd'hui, les jardins, qui s'étendent sur 10 hectares, comptent parmi les 5 jardins historiques les plus importants des Etats-Unis. Rosedown fut habitée par la famille Turnbull jusqu'en 1955, date à laquelle la dernière descendante de la famille mourut. La maison fut rachetée en 1956, et de gros travaux de restauration furent entrepris deux ans plus tard (un petit film est présenté avant la visite). Ces travaux dureront 8 ans. A l'intérieur, la décoration est très riche et le mobilier est d'origine. La bibliothèque compte 3000 volumes et 10.000 documents historiques. Comme dans la plupart des maisons du Sud, la cuisine était à l'écart de la maison principale, à cause des risques d'incendie et pour éviter la chaleur et les odeurs de cuisine dans les pièces d'habitation. Il n'est cependant pas permis de rentrer dans la maison (on voit l'intérieur depuis la terrasse à travers les vitres). Au bout de la voute de chênes verts (plantés entre 1828 et 1834) se dresse aujourd'hui un musée abritant les plus belles créations du Vieux Sud. La plantation fait également office de B&B.» (sic)
La visite guidée (en Anglais) est des plus intéressantes. Nous sommes les seuls francophones notre guide fait des efforts sur les 3-4 premiers mots de ses explications et le naturel reprend le dessus. Mon cerveau a du mal à conjuguer compréhension/ traduction/analyse/vision, et mon oreille se fait discrète. Je sortirai de là comme après une journée de cours intensif: zonée  . Bien penser à prendre un guide papier en Français (sauf si «fluent English», veinards!).
La cuisine
La maison du médecin
Les jardins
On a quand même du mal à oublier que ce sont les esclaves qui officiaient ici, et que la vie n’était pas rose pour tout le monde.
La plantation fait également office de B&B (pas donné), comme nombre de plantations dans le Sud des Etats-Unis.
The Myrtles Plantation (7747 US-61, St Francisville)
« The Myrtles fut construite en 1796 par David Bradford, juge et homme d'affaires de Pennsylvanie. Celui-ci servit comme général dans l'armée de Georges Washington jusqu'en 1794, date à laquelle il refusa de payer un impôt sur l'alcool et prit la tête de ce qui fut appelé la "Rébellion du Whisky". Poursuivi par la justice, Bradford obtint une concession espagnole de 250 hectares près de Bayou Sara, et construisit la partie nord de la maison. The Myrtles fut agrandie dans les années 1850. Une galerie, supportée par un ensemble en fer forgé présentant un motif en grappe de raisin, fut ajoutée sur toute la longueur de la maison. Elle est entourée de jardins luxuriants et de 150 chênes, et considérée comme la "maison la plus hantée des Etats-Unis". On la prétend en effet hantée par le fantôme de Chloé, une esclave qui empoisonna sa maîtresse avec un gâteau contenant de l'arsenic.» (sic)
Cette plantation a un cachet particulier. La lumière blanchâtre qui y règne en cette fin d’après-midi la nimbe d’une auréole secrète, comme pour accentuer son côté mystérieux.
Nous ne la visitons pas, par peur d’y rencontrer Choé.  Plus sérieusement, il est un peu tard. La plantation a aussi été reconvertie en hôtel.
Nous faisons rapidement le tour de St-Francisville.
En rentrant à Baton Rouge, en cherchant la minuscule Magnolia Mound Plantation, nous passons par des endroits glauques. C’est aussi ça, la Louisiane, il ne faut pas l’oublier.
Quant à la plantation, inutile de faire le détour, elle ne casse pas trois pattes à un canard, ni même une.
Info : C’est aussi à St-Francisville que se trouve Oakley Plantation, 11788 LA-965, St Francisville), gérée par l’Etat de Louisiane sous le nom de Aubudon Memorial State Park. | | | J22 – 18 avril – Route des Plantations – Nuit HoumaLes pluies qui se sont abattues sur la région avant notre arrivée ont laissé le pas à un soleil timide.
Les rives du Mississippi hébergent de nombreuses plantations, que l’on aperçoit au fil de la route. Mais plus aucune ne donne directement sur le fleuve, car les digues construites pour limiter les dégâts lors des inondations forment une véritable barrière occulte.
Nous visiterons deux plantations cet après-midi, d’un style tout à fait différent l’une de l’autre.
Houmas House (40136 LA-942, Darrow) (ouverte de 7h à 21h – dernière entrée : 19h)
Le nom de la plantation «est celui de la tribu des Indiens Houmas qui vivaient à l’origine sur cette terre située dans une courbe du Mississippi. La maison faisait partie du terrain acheté par Maurice Conway et Alexandre Latil aux Indiens Houmas. Latil construisit la partie arrière de la maison à la fin du 18e siècle, alors que la Louisiane était sous domination espagnole. Photo de l’arrière de la maison Cette maison ressemblait aux maisons rurales françaises, avec en plus quelques caractéristiques espagnoles. En 1812, la propriété fut rachetée par le général Hampton, héros de la guerre d’indépendance, de Caroline du Sud. La fille du général vint de Caroline avec son mari John Smith Preston pour superviser les propriétés louisianaises de Hampton. En 1840, les Preston firent construire la magnifique demeure de style renaissance grecque qu’ils nommèrent Houmas House. Ils conservèrent néanmoins à l’arrière la petite maison d’origine qui fut, plus tard, rattachée à la grande maison par un passage voûté.
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En 1858, ils vendirent la maison et ses 5000 hectares à un planteur irlandais, John Burnside, pour un million de dollars. Ce dernier acheta ensuite 3000 hectares supplémentaires, fit planter de la canne à sucre à grande échelle et fit construire 4 moulins pour traiter la canne. Le nouveau propriétaire de la plantation Houmas devint bientôt le plus grand producteur de sucre d’Amérique. 600 à 1000 esclaves travaillaient sur la plantation. La plantation connut des moments difficiles pendant la guerre de Sécession mais rien de comparable aux autres propriétés de la région. Lorsque le général Butler tenta d’occuper la plantation, Burnside déclara qu’en tant que sujet britannique, il bénéficiait de l’immunité. Ainsi, il n’eut pas à subir l’occupation nordiste, ni les pillages et les ravages désastreux dont souffrirent les autres plantations. Burnside mourut en 1881, et la propriété passa à la famille Beirne, puis au colonel Miles, sous lequel la plantation prospéra de nouveau, produisant jusqu’à 10 millions de kilos de sucre par an. Après la mort de Miles en 1899, presque toutes les terres furent vendues et la demeure tomba en ruines. En 1940, la maison et ce qui restait de la propriété furent rachetés à la famille Miles par le docteur George B. Crozat de la Nouvelle-Orléans. Par une curieuse coïncidence, on trouva sur place des documents montrant qu’en septembre 1712, le roi Louis XIV avait fait don des droits commerciaux aux ancêtres de Crozat. Crozat restaura la maison pour lui redonner son faste d’antan.
Fastueuse, voilà bien le mot à retenir pour cette plantation. La visite est pilotée par une Perfect Lady captivante, mais qui parle à la vitesse d’une mitraillette, et là encore, il est bien difficile de suivre. Mais on peut se passer des détails et se concentrer sur la beauté des lieux.
Dans l’entrée, le papier peint est d’origine.
Dans la salle à manger et les salons attenants, du cristal partout ? de la vaisselle en argent, des meubles luxueux.
Comme chacun le sait, la Louisiane est réputée pour ses vampires. Les occupants des lieux conservaient dans leur chambre de quoi les faire fuir.
La cuisine
La garçonnière
Les jardins
Des chênes bicentenaires
- Une visite prenante, pendant laquelle on ne voit pas passer le temps. Il faut en tenir compte pour préparer son itinéraire.
Mais n’avez-vous pas l’impression qu’il manque quelque chose?
La solution dans le prochain post sur la Plantation Laura. | | | (Suite J22)
Après un pique-nique sous une halle couverte à côté de laquelle un parcours pédestre dans les bayous est aménagé, nous reprenons la route pour Vacherie (quel nom !). La faune est factice, heureusement, car de loin, on a eu un doute.
Laura Plantation (2247 LA-18, Vacherie)
Laura Plantation est un des plus anciens et des plus importants complexes en Louisiane.
«Elle fut construite en 1805 par un français originaire de Caen qui s’est battu pendant la révolution américaine aux côtés de Washington et de Lafayette: Guillaume Duparc. Mais l'histoire de Laura plantation, c’est principalement l’histoire de 4 femmes, la première étant Nanette Prudhomme (la femme de Guillaume Duparc, l’arrière-grand-père de Laura). Elle dirigea la plantation pendant 21 ans. Elle laissa ensuite les rênes à sa fille Elisabeth qu’elle estimait plus capable que ses fils de diriger la plantation. Elisabeth fit de la plantation un important réseau de distribution de vins français en Louisiane. Elle avait épousé Raymond Locoul, un riche français, propriétaire d’un château et producteur de vins de Bordeaux. Plus tard, elle partagea la plantation entre ses 2 enfants, Emile et Aimée, mais cette situation donna lieu à de fréquentes querelles. C’est Emile qui nommera la plantation du nom de sa fille préférée, Laura. Celle-ci dirigera la plantation pendant de nombreuses années, avant de tourner le dos à son passé de créole et d'adopter un nouveau mode de vie plus à l’américaine. Après avoir été une plantation de canne à sucre (de 5000 hectares) pendant plus de 180 années, la plantation fut abandonnée en 1984. Jusqu'à cette date, la maison n’aura appartenu qu’à 2 familles créoles et le Français y fut la seule langue parlée. La plantation resta inoccupée pendant 9 ans, tombant en ruines, jusqu'à ce que 30 personnes la rachètent en 1993. Elle fut alors ouverte au public en 1994 pour récolter des fonds et permettre sa restauration.»
Visite guidéeUne visite passionnante: un jeune homme parlant un français impeccable teinté d’une légère touche d’accent fait revivre la plantation. On traverse avec lui plus de 200 d’histoires de la vie créole autour de la famille Locoul (une des plus vieilles familles françaises de Louisiane) sur plusieurs générations. Les mémoires écrites de Laura Locoul (voir le paragraphe historique plus haut), retrouvées en 1993 seulement, mais aussi quelque 5000 pages de documents provenant des Archives Nationales à Paris, lui permettent d’égayer ses explications de tout un tas d’anecdotes amusantes, parfois dramatiques, nous tenant en haleine d’un bout à l’autre de la visite.
- Attention : les visites guidées en Français n’ont lieu qu’une fois par jour (à 13h en 2016).
La maisonL’architecture de la maison est simple, typiquement créole, avec une galerie sur le devant, et de larges portes permettant à l’air frais venant du Mississippi d’entrer dans la maison. Contrairement aux maisons américaines peintes en blanc, les maisons créoles étaient colorées. Ainsi, le toit de Laura Plantation est peint en rouge et les murs en jaune.
Elle fut édifiée par un esclave sénégalais en 11 jours seulement (pour cela, elle fut d’abord préparée en kit, tous les morceaux étant numérotés). Les poutres sont en cyprès, un bois inaltérable à l’eau et aux termites (le bois utilisé ici a environ 600 ans).
Comme toutes les maisons créoles, celle-ci fait face au Mississippi et est surélevée en cas d’inondation. De plus, comme la maison est construite sur des marécages, chaque pilier descend à 2,40 mètres dans le sol.
Avant la visite approfondie de la plantation, le guide nous amène dans la partie basse de la maison, où l’on découvre l’historique de la plantation, son mode de vie et la méthode de construction de la maison.
A l'intérieur, on est loin des fastes de Houmas House : la simplicité est de rigueur et les meubles sont modestes.
Comme ailleurs, la cuisine se trouve à l’extérieur, à 15 mètres de la maison. Elle est restée en l’état.
Le quartier des Esclaves
Et voila la réponse à ce qui nous manquait jusqu’à présent: l’évocation nette, franche et précise de la vie des esclaves. Dans les plantations précédentes, nous avions pu voir ces infâmes quartiers, certes, mais partout le sujet était soit effleuré, soit carrément occulté. Fausse pudeur? Ici, on ose. Ici, on explique : avec des faits précis, sans jugement de valeur, sans complaisance non plus. Nous y apprenons que si le statut d’esclave reste à jamais détestable, en Louisiane, ils étaient un peu plus protégés que dans les autres Etats du Sud.
Les jardinsIl y avait autrefois une longue allée bordée de chênes. Il n’en reste plus beaucoup : le fleuve, la digue et la route ont eu raison d’eux. Jardin français minimaliste, mais bien mignon.
Cette visite a été notre gros coup de cœur.
A peine avons-nous fini que la pluie nous retrouve. Elle devait nous chercher depuis un moment, mais nous étions trop occupés pour nous en apercevoir.
Nous essayons d’aller voir le Mississipi de l’autre côté de la digue, mais c’est toujours aussi moche.
Heureusement, le long de la route, nous pouvons jeter un œil à Oak Alley Plantation. Elle fait penser à Rosedown : de loin, c’est à s’y méprendre.
Quant aux paysages traversés sous la pluie, ils ne sont pas vraiment idylliques, toujours cette Louisiane méconnue.
Julia’ Cajun B&BNous sommes accueillis à bras ouverts par Julia et Ennis, avec de gros becs, comme disent leurs lointains cousins Acadiens. Pas à l’Américaine, quoi ! La maison est située dans un joli lotissement bien tranquille. En première approche, une grande véranda remplie de fleurs, coin réservé aux invétérés fumeurs que nous sommes. Je sais, c’est pas bien.
Julia m’a attribué la chambre avec sdb privative en tant que «coach» (comme au Québec) : ça a du bon de se montrer directif.  Le petit déjeuner est un délice et nos hôtes des amours. Nous aurons de longues discussions et ils nous aideront bien pour notre séjour dans la région. Julia, américaine pure souche, parle même mieux le Français que son cajun (ou cadien). Elle l’a appris seule, en recevant des français dans leur gîte. J’en suis baba. Il faut dire que lorsque Ennis était jeune, les enfants étaient punis s’ils parlaient français à l’école; ça pouvait aller jusqu’au châtiment corporel. Et dire que cette pratique a duré jusqu’en 1979! dixit Ennis)
Le soir, nous allons dîner au Seafood Shack : c’est plus que moyen, trop gras. | | | J23 – 19 avril – Swamp Tour dans les bayous – Balade aux confins de la LouisianeNous avons longuement hésité hier sur le choix de cette balade incontournable qu’on attend depuis le début du voyage. La faire avec ce vieux bandit de Norbert Leblanc, que tout le monde adore sur les forums, quand nous serons à Lafayette ? Oui, mais, s’il fait mauvais.... La météo est tellement capricieuse en ce moment. La météo à la TV décide pour nous : ce sera aujourd’hui. Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras. Ennis contacte Annie Miller’s Son pour un rendez-vous à 10 h.
Il fait un soleil de plomb ! 
C’est en chemin vers le point de rendez-vous que nous voyons notre premier gator écrasé sur la route ça dépayse par rapport à nos routes.
Le bateau (de taille raisonnable : pas trop de monde) est occupé essentiellement par des Français bien sympathiques. On arrive à discuter pas mal avec le fils d’Annie Miller, qui fait bien attention à ne pas parler trop vite et répond à toutes nos questions. Et j’aurai même le plaisir de piloter la barque. 
Allez, je vous embarque. Cette nature sauvage est d’une beauté indescriptible. La plupart de mes photos n'arrivent pas à lui rendre justice: c’est la désolation totale dans ma tête. Après tout ce temps, je n’arrive toujours pas à maîtriser ce fichu appareil. Quand je vois ce que d’autres arrivent à en faire, je suis verte de jalousie et je bave.  Mais tant pis, elles servent au moins à raviver les souvenirs.
Avant de pénétrer au cœur du bayou, on longe une espèce de canal où de jolies maisons sont alignées. Quasiment toutes ont leur ponton pour le bateau.
Certaines ont une terrasse tout au bord de l’eau. Moi, j’aurais peur d’y prendre l’apéro le soir au vu de ce qui traîne sur les pontons.
Sans parler de tous ces pêcheurs dans des barcasses minuscules au ras de l’eau. Brrrr !
Avec tout ce qui est tombé du ciel, le bayou est haut, très haut. Pour passer sous les ponts, nous sommes obligés de nous coucher dans le bateau.
Notre guide nous montre de curieuses masses rosâtres.
Ce sont des larves d’escargots comme nous n’en verrons sûrement pas dans nos jardins.
Et petit à petit, on s’enfonce dans le bayou, où les tortues prennent le soleil.
De jolies fleurs contrastent avec tout ce vert ambiant.
Notre guide en récolte une pour nous montrer à quoi ressemblent les rhizomes.
Et du vert, il y en a ! Toutes les nuances sont représentées.
A certains endroits, c’est la mousse espagnole qui a pris le pouvoir.
Mais au fait, c’est quoi cette mousse espagnole qu’on voit depuis la Floride ? Ce n’est pas un parasite, mais bien une plante. Elle fait partie de la famille des Broméliacées et vient d’ Amérique du Sud. Elle a besoin d’être suspendue pour pouvoir se développer. Les Français lui avaient donné le nom de Barbe Espagnole. On la nomme aussi Barbe de vieillards, Fille de l'air ou Cheveux du Roi (selon les légendes qui ont couru à son sujet).
L’eau du bayou varie du vert au marron selon les endroits et la lumière.
En pénétrant un peu plus au cœur du bayou, dans un silence d’église, la lumière est tout en clair-obscur. L’atmosphère devient presque glauque. Bon, ça va, les vampires ne sortent pas le jour. Il n’y a qu’à rester là, à regarder, à s’imprégner du mystère des lieux.
A un moment donné, notre guide s’arrête pour l’attraction du jour: faire venir un gator au bateau. Il s’époumone «Come on baby, come on, don’t be afraid». Et ça marche. Pas folles ces bêtes-là ! Pavlov est passé par là : l’humain crie = barbaque à manger sans effort! Il s’avance sournoisement, et se jette sur le bateau, ce qui nous déséquilibre un peu (nous sommes debout pour mieux le voir), et on se dit ouahh, heureusement qu’on est à l’abri.
Quand on voit la voracité avec laquelle il s’empare de la viande, on ne peut s’empêcher de frémir en pensant à Annie Miller qui n’utilisait pas de perche.  Son fils doit aussi le faire (ou l’avoir fait) à en juger par la photo sur son site web.
Plus loin, il jouera le même scénario avec un aigle, en imitant son cri.
ça marche moins bien, il doit être repu, et tarde à venir nous faire sa démonstration.
D’autres oiseaux aussi, surtout des échassiers, des poules d’eau, mais moins que ce qu’on a déjà vu en Floride.
Une matinée que l’on n’aura pas vu passer et je suis incapable de dire combien de temps nous sommes restés.
Nous rentrons nous reposer un peu au gîte je reprendrai l'après-midi au prochain post. | | | - En reprenant la suite, je m'aperçois que le titre de la journée est faux
: la balade aux confins de la Louisiane, c'est demain! Pour l'instant, suite et fin de la journée du dimanche 18 avril (J22)
Nous passerons la fin de l’après-midi au Joly Inn, le Fais Dodo du coin, où il y a fête en ce jour de dimanche. Les gens, ravis d’entendre parler français, nous invitent à les rejoindre sur la piste et c’est avec joie que nous essayons de les suivre dans leur «Two Step», qui s’avère finalement assez facile: il suffit de se laisser aller sur la musique... avec un bon danseur.  Un vieux monsieur (83 ans, mazette) coiffé d’un Stetson invite les dames, et les raccompagne galamment à leur table.
On voit ça encore en France ?  Galant, mais on garde le chapeau (comme dans l’Ouest)!
La plupart d’entre vous connaissent le Fais Dodo mais pour ceux qui l’ignore encore le Fais Dodo est l’équivalent de notre bal populaire. Ce nom lui a été donné parce que les femmes cadiennes emmenaient leurs enfants au bal et leur chantaient «Fais Dodo Colas mon p’ti frère...» pour les endormir avant d’aller danser.
Cela doit certainement expliquer pourquoi depuis des générations les cadiens aiment tellement la fête: ils sont tombés dedans depuis le berceau. 
A 19h, tout est fini.
Nous traversons la rue pour aller nous empiffrer d’écrevisses au 1921 Seafood.
Il semble que ce plat soit le plat traditionnel du coin, les tables en sont recouvertes. Leur taille est parfois impressionnante (ce n’est pas très cher). Nous nous sommes régalés. Une vraiment très belle journée! | | | J24 – 20 avril – Balade aux confins de la LouisianeEncore un temps parfait ! 
Nous allons faire un circuit tout au bout de la pointe, selon un itinéraire que me donnent Julia et Ennis. Et là, je me la pète un max, c’est exactement ce que j’avais préparé. Frimeuse, va. 
Nous commençons par Kenny Hill’s Sculpture Garden (5337 Bayouside Drive, Chauvin) Pour qui aime le style déjanté, c’est l’endroit où aller. Kenny Hills est arrivé à Chauvin à la fin des années 80. Il a débuté son œuvre au début des années 90. Il en résulte un minuscule jardin, où l’histoire des Etats Unis est représentée sous la forme de sculptures hallucinantes (il y en a quand même une centaine), le tout baignant dans un mysticisme omniprésent.
On y retrouve, les cow boys, les indiens, les esclaves, les militaires des temps modernes, les joueurs de jazz de NOLA...
Le moindre mètre carré supporte une statue. On a souvent du mal à les identifier, surtout dans les figures religieuses.
Confectionnées avec du ciment et du fil de fer, elles ont toute résisté aux ouragans. Kenny Hill’s a disparu d’un jour à l’autre, quittant Chauvin dans la nuit, en laissant plusieurs œuvres inachevées.
Cap sur CrocodieDe l’eau partout : à droite à gauche... Les maisons sont perchées à des hauteurs démentes : ça donne une idée de la montée des eaux.
Sous la maison, il y a souvent un bateau : nous sommes dans le pays de la crevette.
Nous faisons une halte au bord du bayou, dans une épicerie-bazar pas mal déjantée elle aussi: Lapeyrouse Grocery
Un vrai bazar d’antan, qui sera encore une fois un endroit où l’on pourra papoter pas mal.
J’adoooore ce genre d’endroits aux USA ! 
LUMCON’s (Louisiana Universities Marine Consertium)On y trouve de beaux spécimens de coquillages, quelques poissons, et la photo d’un alligator de taille monstrueuse.
Mais aussi une documentation très détaillée sur la flore locale. On a une vue imprenable sur la région depuis la tour.
Au bout de la route, la Marina, loin des clichés que l’on peut avoir quand on parle de Marina.
Ici, pas de bling bling.
Plutôt que de pique-niquer, nous déjeunons dans le seul resto du coin, Boudreaux Marina, qui s’avère être une très bonne surprise.
A l’intérieur du resto, une immense salle où je pense il doit y avoir des Fais Dodo le dimanche.
En rentrant à Houma, nous allons voir la plantation du coin : Southdown Plantation.
Dîner le soir sous la véranda avec le pique-nique prévu pour midi.
Une journée tranquille, qui nous a fait sortir des sentiers battus, et ça on a adoré ! | | | Que ces photos sont belles ! Et si joliment racontées. Je suis "tombé" là un peu par hasard. Je travaille plutôt sur un parcours de Yellowstone à Apache trail, mais je n'arrive plus à quitter ton carnet 😀 | | | Bonjour Yves, Mais c'est que tu me ferais rougir  ... c'est trop gentil, merci beaucoup. Je vois qu'il y a du Yellowstone dans l'air? Quand? Voilà bien un parc qui ne peut que se classer "hors concours"  dans tous les "top 10"  . Figures-toi que nous y retournons bientôt (départ dans quelques jours: the Wild Wild West pendant 7 semaines - nous serons à YNP mi-juin). Je voulais absolument revoir ce parc que nous avions vu trop rapidement il y a 4 ans. Come quoi, il faut toujours écouter les conseils des "pro" du forum? Un petit clin d'oeil à celui que certains appellent ici "ItatStone", mais d'autres aussi. Cette fois, j'ai pu obtenir les hôtels sur site, en pistant les ouvertures de site de résa - compter 1 an).
Et Apache Trail, celui près de Phoenix? J'ignore s'il y en a un autre??? Allez, je reprends la Louisiane! Amicalement et bon dimanche! Michèle | | | J25 – 21 avril – En pays cajun de Houma à LafayetteLe but est de rejoindre Lafayette où nous resterons 3 nuits en agrémentant la route.
Morgan CityUne ville qui semble un peu décatie, avec De vieilles maisons,
Un vieux pont,
Une évocation du Mississippi d’antan.
FranklinOn change de registre avec cette coquette ville aux belles demeures très «Ante bellum».
Alors que nous prenons quelques photos, un adorable pompier s’arrête pour voir si tout est OK et si nous n’avons pas besoin d’aide. Sympa non ? Vu que je suis parfois un peu naïve  , je me suis dit plus prosaïquement avec le recul qu’il se demandait plutôt quelles étaient nos intentions.
Avery Island – le clou de la journéeUne île qui abrite des jardins et l’usine mondiale de Tabasco.
Avery Island Jungle Gardens (Hwy. 329, Avery Island) Une immense forêt de chênes qui se visite en voiture. Ces jardins sont vraiment superbes, et il faut les imaginer à l’époque où les azalées sont en fleurs, ce qui ne fut malheureusement pas le cas lors de notre passage. Le hic: ils sont infestés de moustiques (on ne s'attendait pas à en avoir autant en avril) et ça gâche un peu le plaisir. Je n’ose imaginer ce que ça doit donner en été.
Tout de suite après le Visitor Center, il y a une aire de pique-nique sous d’énormes chênes recouverts de mousse espagnole.
Plus loin, l’un d’entre eux a même été baptisé : Cleveland Oak.
Ensuite, il suffit de faire le circuit en s’arrêtant aux divers points de vue avec le plan donné à l’entrée.
Jardin des palmiers
Jardin chinois et la pagode (bouddha à l’intérieur)
Forêt de bambous
Cité des oiseauxIl s’agit d’une aire de nidification qui grouille d’aigrettes.
Nous passerons un grand moment à observer leur technique d’atterrissage. Ils font du sur place à la verticale, au-dessus de leurs congénères, et finissent par se garer en jouant des coudes (euh non, en jouant des ailes).
Nous verrons bien sûr des alligators (peu, mais il faut quand même faire attention)
Et encore des oiseaux.
La suite au post suivant pour le couac de la journée. | | | Suite J25 (21 avril – En pays cajun de Houma à Lafayette)
Tabasco FacoryEn préparant le voyage, j’avais découvert que cette sauce dont nous sommes friands, JP et moi, venait de Louisiane.
Et, nulle que je suis, nous avons commencé par le jardin au lieu de l’usine. Résultat : fermée !!!! Bon sang, mais je le savais pourtant. Zut et rezut !  Un zéro pointé pour Michèle qui aurait dû mieux relire avant de partir le roadbook qu’elle avait pourtant préparé pendant des mois.
Du Visitor Center, nous ne verrons que l'entrée.
New IberiaC’est la seule ville établie par les Espagnols en Louisiane. Elle est jumelée (entre autres) avec Saint Jean d'Angely (Charentes Maritime).
En faisant un détour à l’entrée de New Iberia, on trouvera l’un de ces grands chênes ancestraux dont la Louisiane peut s’enorgueillir de posséder parmi les plus beaux spécimens.
Ce vieux monsieur, s’il n’a pas la réputation de son cousin de St-Martinville que nous verrons plus tard, peut garder la tête ou du moins le faîte haut. Je suis incapable de retrouver son nom et les coordonnées pour le trouver (infos sur ordi volé). Il est un peu tard, la plantation Shadow on the Teche est fermée, mais elle n’est pas incontournable. Idem pour le musée. Encore une fois, une ville non dénuée de charme avec ses vieilles maisons,
Son théâtre,
Et son église (St Peter).
- L’idéal, c’est de s’y trouver au moment où les Azalées sont en fleurs, et suivre ce qu’ils appellent le «New Iberia Azalea Trail».
Nous arrivons en fin d’après-midi à Lafayette où nous resterons 3 nuits.
HébergementBest Western Vermilion River Suites HotelL’environnement n’est pas terrible (même sans tenir compte des travaux tout autour). Mais le confort est conforme aux Best Western de la gamme et puis après-tout, nous serons la plupart du temps en vadrouille.
Pour dîner, nous essayons d’avaler les plats chinois que nous avons achetés  . Infects, presque tout ira à la poubelle. | | | J26 – 22 avril – Vermilionville (le matin)
Nous passerons la matinée dans cet écomusée : Vermilionville (300 Fisher Road, Off Surrey Street, Lafayette) Tarif préférentiel sur présentation du routard Ouverture de 10h à 16hVermilionville, c’est aussi le premier nom de Lafayette. Le bayou Vermillion traverse Lafayette et passe au ras des maisons. Toutes les maisons font face à l’eau (le bayou était l’équivalent de la route à l’époque).
Si l’on peut craindre parfois les reconstitutions de village, ici c’est une réussite. La vie complète d’un village y est représentée. Des guides en costume d’époque expliquent l’histoire, les mœurs et autres techniques (par exemple la construction des meubles, le tissage du coton,...). Toutes les maisons sont des maisons authentiques qui ont été déplacées. Hormis l’église.
Les maisons
Les pièces n’étaient pas bien grandes.
Les maisons de maître étaient plus spacieuses.
Une cadienne travaille le jardin.
Et il y a même du linge, d’époque lui aussi, en train de sécher.
Les ateliers
L’Ecole
Il semble qu’à Houma l’interdiction ait duré plus longtemps, ou alors Ennis s'est trompé dans les chiffres en parlant français. 
L’Eglise
Elle a été construite sur le modèle de celle de Pointe Coupée.
La traversée du bayou
Au moment de traverser le bayou, nous apercevons au dernier moment un petit alligator qui paresse au bord de l’eau, à 3 ou 4 mètres de nous. Il se confond tellement avec la nature qu’on a failli le louper.
On comprend mieux à présent pourquoi il y a tant de panneaux incitant les visiteurs à faire attention. La traversée se faisait à bord d’un bac, et nous sommes bien contents d’avoir un copain solide pour tirer sur la corde  .
Nous terminons la visite par un déjeuner au resto du coin : « La Cuisine de Maman ». Nous nous régalons d’un gombo et d’un jambalaya accompagné de fèves. Quant à la Pecan Pie, c’est une tuerie. En gros, un de nos meilleurs souvenirs culinaires. | | | Suite J26 (22 avril) - Opelousas - Nuit Lafayette
Avant de "monter" sur Opelousas, nous passons devant la Cathedral of St John (515 Cathedral St, Lafayette)
Pas si vieille que ça : elle a été achevée en 1916.
L’extérieur laissait augurer d’un intérieur plus « flamboyant ».
Opelousas C’est la 3e plus vieille ville de Louisiane. La ville tient son nom des Amérindiens Opelousas qui vivaient dans cette région. C’est aussi la capitale de la musique zydeco.
«Cousine noire de la musique cajun, la musique zydeco (transcription phonétique anglaise de zarico, terme issu de la chanson Les Haricots Sont Pas Salés, célébrant l'omniprésence de ce légume dans la nourriture des populations pauvres) est, comme elle, une musique de culture française. Au départ, la musique des Créoles noirs se compose essentiellement de berceuses, de ballades et de complaintes chantées a capella. Cette forme d'expression musicale se trouve plus tard enrichie d'influences afro-américaines, afro-antillaises et cajun et devient connue sous le nom de musique la-la. Mais, alors que, vers le milieu du 20ème siècle, les cajuns blancs s'ouvrent à la musique country et au rock n' roll en même temps qu'à la société de consommation, les noirs, eux, de plus en plus laissés pour compte socialement et soucieux d'affirmer leur identité ethnique face à l'intolérance raciale croissante des blancs, se tournent naturellement vers le blues, le rythm & blues et la soul, qu'ils intègrent à leur musique la-la pour créer le zydeco. Dès lors, ce nouveau style de musique va connaître essentiellement deux axes de développement : d'un côté, un zydeco urbain joué à l'accordéon chromatique piano, aux forts accents rythm & blues, popularisé, entre autres, par le célèbre Clifton Chénier. D'un autre côté, un zydeco rural, également très influencé par le blues, mais puisant davantage dans ses racines cajuns / créoles et joué à l'accordéon diatonique une rangée. Conduit par le grand Boozoo Chavis, disparu il y a quelques semaines, ce courant donnera également des artistes de renommée mondiale comme Beau Jocque ou Geno Delafose. Aujourd'hui, ces deux écoles, qui sont plus que jamais d'actualité, sont rejointes par une troisième, celle de Houston, Texas, où de jeunes artistes exclusivement anglophones produisent un Zydeco d'avant-garde, en n'hésitant pas à lorgner du côté du hip-hop et du rap. » (sic)
Opelousa Museum & Intrerpretative Center (315North Min Street) Le musée est à l’échelle de la ville : minuscule, mais assez intéressant.
Le Vieux Village de Poste des Opelousas (828 East Landry)
On y trouve l’une des plus vieilles maisons créoles à l’ouest du Mississippi.
Nous aurions bien aimé aller à Eunice, mais nous sommes en semaine, et cela ferait un détour pour pas grand-chose en fin d’après-midi. Il faut absolument y aller le week-end.
De retour à Lafayette, nous faisons un tour Chez Randol’s (2320 Kaliste Saloon Rd) Nous avions envie d’écouter encore de la musique cajun et nous ne sommes pas déçus. Un gamin d’à peine 8-10 ans joue du traditionnel accordéon diatonique cajun et il s’en sort comme un chef. 
Quelques couples, pour la plupart d’âge bien mûr (comme nous, quoi,  voire plus) dansent. Une danse à eux, ça c’est sûr.
On grignote dans la chambre de l'hôtel (vu le repas de midi....  ). | | | Bonjour Yves, Mais c'est que tu me ferais rougir  ... c'est trop gentil, merci beaucoup. Je vois qu'il y a du Yellowstone dans l'air? Quand? Voilà bien un parc qui ne peut que se classer "hors concours"  dans tous les "top 10"  ... Un petit clin d'oeil à celui que certains appellent ici "Itatstone"... Et Apache Trail, celui près de Phoenix? J'ignore s'il y en a un autre??? Allez, je reprends la Louisiane! Amicalement et bon dimanche! Michèle
Pour faire court et ne pas interférer avec ton post : "héritage" d'un quasi voyage à deux suite annulation AF. Pour Septembre 16, un peu court peut-être, ou juin 17. En 5 semaines dont 1 semaine à Yellowstone et Teton, 1 semaine à Moab, une semaine à Sedona/Apache trail, 2 semaine à répartir entre ces 3 autres. Je reprendrai contact à ton retour de juin. Oui ItatStone ou Itatwest, qui nous aide bien. Bon courage. | | | J27 – 23 avril – Breaux Bridge/Lake Martin/St Martinville – Nuit LafayetteBreaux Bridge
La Capitale de l’Ecrevisse, où nous n’avons même pas trouvé le moyen d’aller en manger. Vas savoir pourquoi ???? Nous faisons un tour de ville.
Le Café des Amis, une référence locale, et nous ne goutons pas non plus de leurs célèbres beignets ?
Mais bon sang, je n’arrive pas à me rappeler pourquoi nous, si gourmands, avons fait ces impasses.  
Lake MartinVu le temps qu’il fait aujourd’hui, la virée avec Norbert Leblanc aurait sûrement été plus sympa que notre tour de lac vite fait. Même pas vu au coucher du soleil. Comme nous ne marchons plus beaucoup, nous sommes un peu déçus, non par le lac, mais pour ne pas avoir pu mieux le découvrir. Nous avons juste fait le petit trail de 0.25 miles à côté du Visitor Center pour nous donner une idée de la flore.
On a l’impression que les arbres sont plantés sur une pelouse tondue de frais.
Mais en y regardant bien, on s’aperçoit que l’eau est recouverte de lentilles d’eau.
Les arbres ont bel et bien les pieds dans l’eau.
Quelques fleurs ici ou là
Un bel oiseau
Et, dans le lointain, des spatules rosées, mais vraiment trop loin.
- C’est un lac qui se mérite, à mon avis.
Nous aimerions bien pique-niquer sur l’aire du Visitor Center, mais elle est envahie de chenilles: des toutes mignonnes (peut-être pas les plus inoffensives...)
et d’autres, très antipathiques. Il y en a de partout: sur les tables, sur les bancs, au plafond. Le ranger essaie bien de nous expliquer que toutes ne sont pas urticantes, mais bof ! Pas très engageant tout ça. Il met donc à notre disposition l’unique table qui se trouve sous le porche du bureau.
Saint-MartinvilleEt bien ça alors, elle aussi serait la 3e plus vieille ville de Louisiane??? 
Toute une légende nous attend ici.... Mais pas que. Certes, St-Martinville et sa romantique Angeline méritent la visite.
C’est surtout le Acadian Memorial & Museum qui aura capté le plus notre attention aujourd’hui. On y apprend tout de cette population au passé si douloureux. Nous avions déjà rencontré les Acadiens au Canada à l’automne, suivi leur douloureuse déportation, «Le Grand Dérangement». Nous retrouvons ici la suite de leur destin. C'est un peu comme si ce musée complétait le précédent. Comme on comprend la joie de vivre des cajuns et leur devise « Laissez les bons temps rouler ». Fallait-il être solide mentalement (physiquement aussi) pour survivre à tout ça !
Nous rentrons tôt (vers 16h30) pour nous reposer un peu avant le Festival de ce soir. Nous rejoignons le centre en taxi (les routes sont fermées) et nous dînons chez Don’s Seafood (très bonne viande, malgré le «Sea» dans le nom).
Festival International de LouisianeSurtout, ne pas s’imaginer que ça va ressembler au festival de NOLA). Que nenni ! ça ressemble un peu à une feria de chez nous. De la musique un peu partout, des stands de bouffe et des attrape-nigauds en tout genre. La différence ? Ben la musique bien sûr ! Nous verrons deux groupes africains (dont un que l’on reverra à NOLA, Angelique Kidjo). L’ambiance est super, très bon enfant. Et ce qui change aussi: à 23h30, tout est fini ! Circulez, dodo.
- Si j'avais un conseil à donner, ce serait d'y passer une bonne partie de la journée pour bien s'imprégner de l'ambiance.
En rentrant, nous passons à côté d’un camion de pompier, en faction au cas où. On papote, bien sûr. Et c’est comme ça que j’ai pu réaliser mon rêve d’enfant: grimper dans ce magnifique engin rutilant  , auprès d’un pompier cliché comme c’est pas permis, c’est-à-dire plus que pas trop mal. Finalement, ça a des avantages d’être Mamy, on peut se permettre presque tout ce qu’on veut sans que cela soit mal interprété  . Encore que, les cougars étant dans l’air du temps, va falloir que je fasse attention  . Image attachée: | Carnets similaires sur les États-Unis: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Photo postée par le membre Mimimicha. Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 11 615 visiteurs en ligne depuis une heure! |