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Stefano Scodanibbio is amazing, I haven't heard better double bass playing than Scodanibbio's. I was just amazed..." (John Cage, 1996)
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In the distance I could hear the sounds of french horns, trombones, strings and brass all mixing in a beautiful modal ensemble and at the time I thought that Stefano must be playing with a chamber group. I was amazed when I entered the gallery to find Stefano all alone playing his bass. It was then that I realized it would be an exhilarating experience to work together. And indeed it was!" (Terry Riley, 1997)
Le « Mingus » de la Musique Contemporaine
Chaque fois que Stefano Scodanibbio, le « prophète de la contrebasse », entrait en scène et commençait à tirer des sons tendre-filigranes, métalliques ou même "électroniques" de sa contrebasse (du 18ème siècle), cet instrument apparemment si pesant, il a toujours exercé avec son jeu une fascination et inspiration sur son auditoire mais aussi sur d’autres musiciens et compositeurs contemporains.
Stefano Scodanibbio s’est fait un nom au fil des années en collaborant avec des compositeurs d’esthétiques extrêmement diverses, de Silvano Bussotti à Terry Riley, de Luigi Nono à Brian Ferneyhough, de Iannis Xenakis à Julio Estrada en passant par Luciano Berio, de plus, il était aussi compositeur et chef d’orchestre. Scodanibbio a joué régulièrement en duo sur scène et au disque avec Roham de Saram, ex-violoncelliste du quatuor Arditti, avec le trompettiste Markus Stockhausen et le poète Edoardo Sanguinetti mais en particulier avec le compositeur de musique minimaliste Terry Riley, en jouant ensemble des ragas indiens (voir les photos 01/05). Des dizaines d’œuvres ont été écrites spécialement pour lui par des compositeurs, tels que Cage, Donatoni, Frith, Globokar, Nono, Scelsi ou Sciarrino.
En 1987, à
Rome, il a participé à un marathon où durant quatre heures d'affilée, il joue 28 morceaux de 25 compositeurs. Il a collaboré longtemps avec Luigi Nono (l’instruction "
arco mobile à la Stefano Scodanibbio" est écrite sur la partition de
Prometeo ; voir la photo 03), Giacinto Scelsi et avec John Cage ; les
Freeman Etudes de Cage (équivalent moderne des concertos pour violon de N. Paganini), extrêmement difficiles à maîtriser, ont été arrangées à la perfection par lui pour son instrument.
Stefano Scodanibbio, contrebassiste et compositeur, est né le 18 juin 1956 à Macerata (Marches), en
Italie. Il a étudié la contrebasse avec Fernando Grillo, Fausto Razzi, et la composition avec Salvatore Sciarrino, la musique électronique avec Walter Shoals, l'histoire de la musique avec Michel-Ange Zurletti.
Depuis les années 1980-90, son nom est associé à la renaissance de la contrebasse ; il a créé des nouvelles techniques, repoussant toujours plus loin les barrières techniques en jouant, à chaque fois, de la grande musique : il a étendu les couleurs de la contrebasse et a apporté un jeu de pizzicato à deux mains sur les harmoniques naturelles, transformant la contrebasse en un instrument polyphonique.
En 1983, il a fondé la
Rassegna di Nuova Musica, festival de musique nouvelle, qui se tient chaque année à Macerata, sa ville natale.
Scodanibbio a donné régulièrement des masterclasses, aussi bien aux
Etats-Unis qu’en Europe, au Conservatoire de
Paris et, en 1996, aux
Ferienkurse de Darmstadt en
Allemagne notamment. En tant que compositeur, son
catalogne comprend plus de 50 compositions écrites principalement pour des cordes (
Sei Studi pour la contrebasse solo, 4 quatuors à cordes, 6 duos pour toutes les combinaisons possibles des quatre cordes, etc.). En juin 2004, il a crée, avec grande liberté d’artiste, la
Sequenza XIVb par Luciano Berio dans sa propre version pour contrebasse, à partir de la version originale pour violoncelle. «
Cette version est née d’une invitation que m’a faite Luciano Berio en 2002 de réinventer pour contrebasse (et non de transcrire) sa Sequenza XIV pour violoncelle, incluant ainsi les innovations qui ont transformé la contrebasse dans la dernière décennie. D’où l’utilisation d’une grande diversités de techniques instrumentales, avec des adaptations aux caractéristiques physiques de la contrebasse et à la mise en valeur de l’étendue de son timbre. » (Stefano Scodanibbio)
Son travail de théâtre musical
Il cielo sulla terra a été présenté en juin 2006 à
Stuttgart et en août 2008 au
Mexique. Scodanibbio a enregistré entre autres pour Montagne Auvidis, col legno, Mode Rec., New Albion, Ricordi et Wergo. Pour le théâtre et la danse, il a travaillé avec des auteurs, des choreographes et des danseurs, tels que Rodrigo García, Virgilio Sieni, Hervé Diasnas et Patricia Kuypers.
Scodanibbio était sans conteste l’un des instrumentistes les plus reconnus de sa génération, à des capacités techniques incroyables, et en ce qui concerne la musique de nos jours, il était sans aucun doute possible au tout premier rang international. En début d’année et encore trop jeune, Stefano Scodanibbio nous a quittés ; le contrebassiste et compositeur est mort d’une longue maladie (une forme grave de sclérose), au
Mexique, sa patrie d’adoption bien aimée, dans la ville de Cuernavaca.
Son décès est une perte douloureuse pour la musique contemporaine en général et pour le « monde de la contrebasse » en particulier. On va lui manquer...
Discographie (extrait) :
... du compositeur :
– S. Scodanibbio :
Voyage That Never Ends. New Albion.
– S. Scodanibbio :
Geografia Amorosa. col legno.
– S. Scodanibbio :
Six Duos. New Albion.
– S. Scodanibbio :
Oltracuidansa, for contrabass and 8-channel tape. Mode Rec.
... du contrebassiste/interprète :
– L. Berio :
The Complete Sequenzas. Mode Rec.
– S. Bussotti :
Nympheo. Dischi Ricordi S.p.a.
– J. Cage :
John Cage a Firenze. Materiali Sonori.
– J. Cage :
Dream – Concert for Piano and Orchestra – Freeman – Ryonanji – Radio. Wergo.
– J. Estrada :
Chamber Music for Strings. Montaigne Auvidis.
– B. Ferneyhough :
Forth String Quartet – Kurze Schatten. Montaigne Auvidis/WDR.
– L. Nono :
A Carlo Scarpa – A Pierre – Guai ai gelidi mostri. Edition RZ.
– L. Nono :
Prometeo. Tragedia dell’ascolto. (1. Fassung). Ricordi.
– T. Riley/S. Scodanibbio :
Lazy Afternoon among the Crocodiles. Pierrot Lunaire.
– T. Riley/S. Scodanibbio :
Diamond Fiddle Language I/II – Tritono. Wergo. !!!
– G. Scelsi :
Suono Rotondo. Wergo.
... du chef d’orchestre :
– G. Ustvolskaya :
Composition no.2 "Dies Irae" – Sonate no.2 – Grand Duet. Wergo.
Herbert
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