Aleph240758 · 13 juillet 2026 à 18:25 · 237 photos 61 messages · 12 participants · 1 919 affichages | | | | Un peu plus tard, le festival de Sarhul commence avec un défilé accompagné de musique.
Sarhul est une ancienne fête tribale célébrée principalement au Jharkhand, marquant le culte de la nature et le début du printemps. Le mot « Sarhul » signifie littéralement culte de l’arbre sal, qui occupe une place centrale dans les croyances tribales car il est considéré comme la demeure de la déesse Sarna Maa. Les femmes et les fillettes portent des saris spécifiques au festival, en rouge et blanc.
Les femmes ont des fleurs accrochées dans leur coiffure, tandis que les hommes arborent également un foulard rouge et blanc noué autour de la tête.
Des camions diffusant de la musique avancent lentement, et toute la foule les suit. Les femmes s’unissent les unes aux autres pour danser, formant des chaînes en mouvement. L’ambiance est joyeuse et entraînante, et chacun accompagne le cortège dans une sorte d’élan collectif.
Mais l’arrivée soudaine de l’orage et de la pluie vient malheureusement interrompre cette belle effervescence. Je me réfugie sous une bâche tandis que la route se transforme en rivière. Une fois l’averse terminée, tout le monde se disperse et je dois marcher dans cette eau sale. Je rentre à l’hôtel trempée ; mes sandales et mon pantalon sont couverts de boue. Je lave le tout avant de prendre une douche, puis je pars dîner. | | | Dimanche 22 marsAujourd’hui, j’ai prévu d’aller à Khunti pour visiter un atelier de tissage. Je prends un taxi partagé qui ne démarre que lorsqu’il est plein : nous sommes dix passagers. Le taxi me dépose près du marché, à environ un kilomètre du centre-ville. Je m’y promène tranquillement. À l’entrée du marché, je suis impressionnée par le travail des ferronniers, appartenant à une tribu locale. Un homme et une femme frappent tour à tour, à l’aide d’une lourde massue, une pièce de métal rougie sortie du feu, qu’un autre maintient avec une pince. Le geste est précis, rythmé, presque chorégraphié. La femme, vêtue d’une tenue traditionnelle, refuse d’être photographiée. Je n’insiste pas et poursuis ma visite.
Je pars ensuite à pied vers le centre-ville à la recherche d’un rickshaw. Très vite, l’un d’eux s’arrête à ma hauteur et me propose ses services. À la recherche d’un atelier de tissage, je lui montre une photo. Il ne connaît pas l’endroit mais va se renseigner dans plusieurs boutiques. Finalement, un homme reconnaît le lieu et lui indique la route : il se trouve à une dizaine de kilomètres, en pleine campagne. Sur le trajet, mon chauffeur s’arrête à plusieurs reprises pour vérifier la direction. Peu avant d’arriver, il emprunte un chemin de terre qui nous conduit devant un bâtiment délabré, entouré de quelques habitations. Les tisserands vivent sans doute dans ce petit hameau. Nous sommes bien au Nimacha Cluster Open Field.
La pièce est immense, baignée de lumière, et remplie de métiers à tisser d’une autre génération. La chaîne — ces longs fils tendus qui constituent la base du tissu — s’étire bien au-delà du métier lui-même et est maintenue par de simples piquets en bois plantés dans le sol. Tout le dispositif est rudimentaire, presque fragile en apparence.
Un tisserand est assis à même le métier, concentré sur son ouvrage. Devant lui, les fils rouges parfaitement alignés forment une surface déjà dense. À l’aide de gestes précis, il passe la trame — le fil horizontal — en la guidant à travers la chaîne, puis tasse le tout avec une pièce de bois pour resserrer le tissu. Le mouvement est répétitif, fluide, presque méditatif.
Malgré la simplicité des outils — bois usé, cordes, structures artisanales — le résultat est d’une grande finesse. Les tissus produits sont réguliers, tendus, d’une belle qualité. Cette opposition entre la rudesse des moyens et la délicatesse du résultat est particulièrement frappante.
Seuls deux hommes travaillent aujourd’hui, en ce dimanche. La démonstration est simple mais captivante.
Un homme s’installe ensuite à son rouet, fait de simples morceaux de bois assemblés. L’ensemble paraît fragile, presque instable ; on se demande comment il peut encore tenir debout et fonctionner. Pourtant, dès qu’il se met en mouvement, tout devient fluide. Le rouet tourne régulièrement sous ses gestes précis, transformant la fibre en fil avec une étonnante efficacité.
Là encore, la simplicité de l’outil contraste avec la maîtrise du geste. Rien n’est superflu, tout repose sur l’habitude, la patience et un savoir-faire transmis depuis des générations.
À la sortie, je n’ose pas m’aventurer davantage dans le hameau. Personne ne m’y invite, même si ma présence n’est pas passée inaperçue. Je longe tout de même le chemin qui mène vers une rivière, dans un paysage paisible.
Je prends le temps de savourer ce moment suspendu avant de rejoindre mon dévoué chauffeur. De retour en ville, je retourne au marché où je déguste un excellent samosa, tout juste sorti de la friture. Dans la même boutique que les samosas, de délicieuses pâtisseries attirent mon œil de gourmande. Les gulab jamun, ces petites boules dorées plongées dans un sirop parfumé, côtoient d’autres douceurs dont je ne connais pas le nom : des beignets ronds percés en leur centre, semblables à de petits anneaux, et, un peu plus en retrait, des boules orangées qui ajoutent encore à la tentation du comptoir. Difficile de résister devant tant de couleurs et de formes inconnues... En Inde, chaque région possède ses propres gourmandises, et chaque vitrine semble être une invitation à la découverte.
Je ne suis pas pressée de rentrer à Ranchi.
Je dois prendre un taxi au centre-ville, à un carrefour où plusieurs véhicules attendent. Je repère celui pour Ranchi, situé en bout de file. Je suis la première arrivée, et nous patientons avec le chauffeur près d’une demi-heure avant de partir. De retour à l’hôtel, je me renseigne sur les horaires de bus pour le lendemain. J’en profite pour demander si mon linge est prêt. Hélas, on me le rapporte tel quel, encore sale : il n’a manifestement pas été lavé. J’espère pouvoir m’en occuper à la prochaine étape, sinon il ne me restera qu’à le faire moi-même.
Je termine la journée avec un riz biryani, malheureusement beaucoup trop épicé pour moi. | | | À: Aleph240758 · 22 juillet 2026 à 21:06 · Modifié le 23 juil. 2026 à 16:31 Re: Nouvelles aventures de Perpignan à Ranchi ( Jharkhand) Message 43 de 61 · Page 3 de 4 · 493 affichages · Partager Lundi 23 mars – De Ranchi à Jamshedpur, entre ferveur religieuse et maisons colorées Je quitte Ranchi, où je repasserai dans quelques jours. Ce n’est qu’une courte étape, juste le temps de changer de bus. Le bus est prêt à partir, mais pour l’instant il n’y a pas encore beaucoup de voyageurs. Cela ne dure pas longtemps : très vite, les passagers montent et le bus se remplit complètement. C’est un bus de « luxe » pour lequel je paie 350 roupies le trajet. Après quelques kilomètres, le bus me dépose au bord de la route nationale. Je souhaite me rendre au temple de Diuri, situé à environ deux kilomètres, mais il faut emprunter une petite route secondaire. Aucun autorickshaw en vue... Il ne me reste plus qu’à faire du stop. Après quelques minutes d’attente, une voiture s’arrête près de moi. Je m’approche et demande aux passagers s’ils peuvent m’emmener jusqu’au temple. Ils acceptent facilement et me conduisent gentiment jusqu’à l’entrée. Un brahmane m’accueille et me propose de déposer mon sac dans un garage voisin. Puis il m’accompagne jusqu’au Maa Dewri Mandir.
Je suis immédiatement surprise par l’affluence. Il y a beaucoup de monde et une grande ferveur se dégage du lieu. Les fidèles arrivent avec leurs offrandes, certains en famille, d’autres venus accomplir un rituel particulier. Je remarque un homme venu faire bénir sa moto, soigneusement décorée de fleurs pour l’occasion. Ici, les véhicules aussi peuvent recevoir une bénédiction avant de prendre la route.
L’extérieur du temple est très coloré, richement orné de décorations. Le dôme, aux couleurs éclatantes, est magnifique.
Le brahmane m’attend à l’entrée et me permet de passer sans faire la longue file d’attente. C’est un privilège qui me surprend et me touche.
Le Maa Dewri Mandir est un temple particulier au Jharkhand : les cérémonies ( pujas) y sont célébrées par les Pahans, prêtres issus des communautés tribales, aux côtés des brahmanes. Le temple est dédié à la déesse Dewri, représentée avec seize bras. Grâce au brahmane, je peux avancer jusqu’à la partie sacrée. Devant moi, les nombreux fidèles attendent patiemment leur tour, tenant leurs offrandes dans les mains. À l’extérieur, la vie du temple continue. Des petits stands entourent le bâtiment et des femmes sont assises à même le sol pour vendre des souvenirs, des fleurs ou des objets destinés aux offrandes.
Je remarque un mur ainsi qu'un arbre sacré dont les branches sont couvertes de fils jaunes et rouges. Les fidèles viennent y accrocher un vœu. Lorsque celui-ci se réalise, ils reviennent au temple pour dénouer le fil en signe de gratitude.
Il est maintenant temps de repartir vers la route nationale afin de reprendre un bus. Une nouvelle fois, il faut trouver une solution. Je récupère mon sac dans le garage et aperçois une camionnette stationnée sur le bord de la route. Le chauffeur est au volant. Je lui demande s’il peut me conduire jusqu’à l’arrêt de bus. Il accepte gentiment et reste même avec moi pour attendre le prochain bus. Lorsqu’il l’aperçoit, il lui fait signe de s’arrêter. Quand je veux le remercier financièrement pour son aide, il refuse. Ainsi va la vie en Inde... Ces petits gestes spontanés d’inconnus rencontrés sur la route font partie des souvenirs qui restent.Je poursuis mon voyage vers Jamshedpur, un nom encore difficile à prononcer pour moi. Je m’installe à l’hôtel The Villa, une agréable surprise : un endroit sympathique et très propre. | | | Je souhaite ensuite découvrir le village d’ Amadubi. Je prends un taxi pour m’y rendre, mais à mon arrivée je découvre que le centre culturel est malheureusement à l’abandon. Je suis déçue, car j’espérais en apprendre davantage sur ce lieu. Mais cette déception est vite oubliée. En chemin, j’avais remarqué une rue bordée de maisons magnifiquement décorées de peintures. Je demande au chauffeur de s’arrêter et pars à pied explorer ce quartier.
Ce qui me surprend aussi, au-delà de la beauté des peintures, c’est la propreté de cette rue. Les maisons sont bien entretenues, les façades soignées, et l’ensemble du village dégage une impression d’harmonie et de soin. C’est une belle surprise, d’autant plus que ce n’est pas la première fois que je remarque cela au cours de mon voyage. Dans les différents États que j’ai traversés, j’ai souvent constaté que les villages des communautés tribales étaient particulièrement propres et bien entretenus. Les habitations, les abords des maisons et les espaces de vie semblent faire l’objet d’une attention particulière. Au-delà des traditions et des couleurs, c’est aussi cette façon de prendre soin de leur environnement qui me marque.
À ce moment-là, je ne connais pas encore l’histoire de cet art des maisons peintes ni sa signification. Je vais la découvrir plus en détail dans quelques jours, mais déjà je suis émerveillée par ce que je découvre. Certaines maisons sont simplement décorées d’une bande colorée,
tandis que d’autres affichent de véritables fresques. Les couleurs illuminent les façades et donnent une atmosphère joyeuse au village.
Un homme m’invite à entrer dans la cour de sa maison. Là encore, les murs sont peints avec soin. Tout est gai, vivant, rempli de couleurs. Un peu plus loin, je découvre des maisons ornées de frises de fleurs. Même les encadrements des portes sont décorés avec délicatesse. Chaque façade semble raconter une histoire.
Peu à peu, les habitants sortent de leurs maisons, intrigués par ma présence. Les sourires apparaissent, les échanges commencent. Je fais de nombreuses photos et des selfies avec eux, heureuse de partager ce moment simple et chaleureux.
Les enfants viennent jouer autour de moi, amusés par cette rencontre inattendue. Finalement, cette promenade improvisée dans ce village coloré restera un des beaux moments de ma journée. Je suis arrivée sans connaître cette tradition, simplement attirée par de belles couleurs aperçues depuis la route... et je repars avec le souvenir d’un merveilleux échange humain.
Je ne le sais pas encore, mais je retrouverai bientôt cette tradition des maisons peintes sous un autre regard, avec davantage d’explications sur son histoire et sa place dans la culture locale.
| | | L’extérieur du temple est très coloré, richement orné de décorations. Le dôme, aux couleurs éclatantes, est magnifique.
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Que de belles choses sur tes 2 derniers posts ! Effectivement, ce dôme est splendide ! | | | À: Kate · 22 juillet 2026 à 21:44 Re: Nouvelles aventures de Perpignan à Ranchi ( Jharkhand) Message 46 de 61 · Page 3 de 4 · 480 affichages · Partager Que de belles choses sur tes 2 derniers posts ! Effectivement, ce dôme est splendide !
Oui ce temple est magnifique ainsi que l'ambiance. C'était une belle découverte. Cette région n'est absolument pas touristique et il m'a été très difficile d'y trouver des infos. Je suis passée dans des endroits qui ne m'ont pas enthousiasmé, il faut peut être partir avec un guide mais sur un circuit d'une vingtaine de jours dans cet état ça fair un lourd budget en partant seule. | | | 02 mars — Départ en bus de Latour à 6 h 50. Le trajet n’est pas direct : nous traversons Elne puis Corneilla. À Perpignan je change de bus pour un BlablaBus en direction de la gare routière nord de Barcelone.
J'ai gardé la lecture de ce carnet pour quand j'aurais le temps d'y accorder l'attention qu'il mérite et aujourd'hui je m'y mets. Chez Marie-Jo, pas de longues tergiversations inutiles sur les circonstances et les intentions qui entourent le voyage comme on trouve chez Pagal et d'autres 😅
Cet incipit in medias res (ce début de récit en plein cœur de l'action) nous jette dans le bain sans acclimatation! | | | J'ai gardé la lecture de ce carnet pour quand j'aurais le temps d'y accorder l'attention qu'il mérite et aujourd'hui je m'y mets. Chez Marie-Jo, pas de longues tergiversations inutiles sur les circonstances et les intentions qui entourent le voyage comme on trouve chez Pagal et d'autres 😅
Cet incipit in medias res (ce début de récit en plein cœur de l'action) nous jette dans le bain sans acclimatation!
Bienvenu Pagal Accroche toi, je ne traîne pas et le chemin est encore long avec des bonnes et moins bonnes découvertes. Un voyage dans l'inconnu | | | Mardi 24 marsHier, en rentrant, je donne rendez-vous au taxi à 9h pour une nouvelle excursion : Chirudih, le bon village cette fois-ci. À 9h30, la voiture n’est toujours pas là. Le bureau d’accueil est fermé, mais heureusement le gardien est assis près du portail. J’essaie de lui expliquer que j’attends un taxi. N’ayant pas le numéro du chauffeur, il appelle le patron de la maison qui prend les choses en main. Le chauffeur finit par arriver... avec une bonne vingtaine de minutes de retard. Chirudih se trouve à environ soixante kilomètres de Jamshedpur. Il nous faudra près d’une heure trente pour y parvenir. Le village est perdu en pleine campagne. À mon arrivée, je descends de la voiture et emprunte la rue principale. Très vite apparaissent les premières maisons peintes. Ici, les murs sont de véritables œuvres d’art.
Cet art s’appelle la peinture Sohrai, une tradition propre au Jharkhand. Les motifs, inspirés de la nature, représentent animaux, plantes et scènes du quotidien. Ils sont réalisés à l’aide de pigments naturels mélangés à de la boue : ocre jaune, blanc (kaolin), noir (charbon), rouge (argile riche en fer). Les femmes les appliquent avec les doigts, des chiffons ou de petites brindilles mâchées qui servent de pinceaux. Cet art est étroitement lié au festival Sohrai, célébré après Diwali, au moment des récoltes. Le bétail y est honoré et décoré, symbole de reconnaissance pour son rôle essentiel dans la vie agricole. Les peintures expriment cette relation profonde entre l’homme et la nature, mais aussi le respect des ancêtres et l’espoir de prospérité.
Autrefois, ces fresques ornaient les murs en terre des maisons. Aujourd’hui, avec l’évolution des constructions, ce support disparaît peu à peu, mettant en danger cette tradition. Pourtant, grâce aux femmes du village, l’art Sohrai continue de vivre. Les filles l’apprennent dès leur plus jeune âge auprès de leur mère et de leur grand-mère, perpétuant ainsi ce savoir. Je reviendrai plus longuement sur cet art dans la suite de mon voyage. Trois jeunes viennent à ma rencontre et me proposent de me faire visiter le village. Sans eux, je n’aurais jamais trouvé toutes ces maisons disséminées. Ils me présentent les artistes, dont certains sont très jeunes. Je remarque que toutes les fresques sont signées. Un nom revient souvent : Amrita. Je ferai sa connaissance un peu plus tard.
Nous passons dans la cour d’une habitation où une femme se repose en compagnie de sa petite-fille. Notre présence ne semble pas la déranger ; sans quitter son charpoy, elle m’accueille avec un sourire mêlé de surprise.
Nous traversons une cour où une femme est occupée à trier de la paille séchée, probablement du riz ou une autre céréale. Le geste est lent, précis, répété inlassablement. Autour d’elle, les bottes de paille s’entassent, destinées sans doute à nourrir le bétail. La scène est simple, presque silencieuse, et pourtant elle dit beaucoup de la vie ici, rythmée par les saisons et les travaux agricoles.
Le guide m’emmène ensuite visiter l’école. À mon arrivée, la classe se vide rapidement et les élèves sortent pour se regrouper autour du maître. Tous m’accueillent à l’extérieur, curieux et souriants. Ils semblent très fiers de me recevoir dans leur petite école, et je suis touchée par cet accueil simple et chaleureux.
puis terminons la visite par le petit musée.
À un moment, deux jeunes réparent une sono. Très vite, une chanson française retentit. Une attention délicate, inattendue, juste pour moi. Une habitante arrive avec une cruche d’eau pour me souhaiter la bienvenue. Puis des jeunes filles, vêtues de saris, improvisent une danse en mon honneur. Tout est spontané. Tant de gentillesse et de générosité... je suis profondément émue.
Avant mon départ, Amrita me rejoint et m’offre une petite peinture. Je suis très touchée par ce geste.
Je réalise alors que je suis venue les mains vides. Il ne me reste qu’à leur donner quelques roupies pour les remercier de cet accueil si naturel pour eux, mais si précieux pour moi. Je viens de vivre un moment rare. Une rencontre simple, sincère, mais d’une intensité particulière. Je sais déjà que je garderai ce souvenir au fond de moi toute ma vie. | | | De retour à Jamshedpur, je vais me promener dans un parc encore peu animé à cette heure. Je traverse ensuite une rue de bouquinistes qui me rappelle celle que j’avais découverte à Calcutta.
De retour à l’hôtel, je me renseigne sur la journée du lendemain. Je souhaite me rendre à Chaibasa et il est possible de faire l’aller-retour dans la journée. Je me sens tellement bien ici que je décide finalement de prolonger mon séjour d’une nuit. L’équipe est ravie de ma décision et semble heureuse de savoir que je me plais chez eux. Après le dîner, je traverse le marché, illuminé de nombreuses décorations. Le spectacle est inattendu, presque irréel dans cette ville.
Des illuminations colorées transforment les rues en décor de fête.
Au milieu de la rue, malgré la circulation, des fauteuils blancs sont disposés face à une estrade. Je me demande si une cérémonie de mariage est prévue.
Une scène installée en pleine rue, prête à accueillir un événement, peut-être un mariage.Plus tard dans la soirée, des feux d’artifice sont tirés. Peut-être célèbrent-ils un mariage dans les environs. | | | Mercredi 25 marsÀ 8h30, je pars pour la gare routière. J’en profite pour me renseigner sur les horaires du lendemain pour me rendre à Saraikela. Le choix est vite fait : il n’y a qu’un seul bus, à 6h du matin. Le bus pour Chaibasa est sur le départ à 9h. Il faut environ deux heures pour y arriver. Une fois sur place, j’essaie de trouver des informations pour le retour, mais ce n’est pas évident : les hommes présents ne sont pas très accueillants. Je décide de rejoindre le musée à pied, situé à deux kilomètres. En chemin, je traverse une ruelle où je découvre une étable à ciel ouvert. Je suis toujours surprise d’en voir autant dans ces régions du Bengale-Occidental et du Jharkhand.
Le musée est un grand bâtiment récent... mais, pour mon plus grand regret, il est fermé aujourd’hui. Décidément, je n’ai pas de chance avec les musées ! Je demande tout de même aux gardiens si je peux entrer pour utiliser les toilettes. Ils acceptent, et l’un d’eux m’accompagne, m’attend, puis me raccompagne jusqu’à la sortie. Je me dirige ensuite vers le marché, où je passe un bon moment. La plupart des femmes portent un fichu sur la tête. Je m’interroge sur sa signification : est-ce pour se protéger du soleil ou un signe d’appartenance à une tribu ? Je ne le sais pas.
Dans ce marché, certaines femmes vendent des feuilles de sal,
tandis que d’autres proposent toutes sortes de légumes.
Je traverse une allée couverte où scintillent des bijoux bon marché,
puis arrive dans la partie épicerie, où s’alignent de nombreux produits, notamment différentes huiles utilisées pour les fritures si présentes dans la cuisine locale.
Un stand attire particulièrement mon attention : celui des balais, fabriqués à partir de tiges liées par un tressage. J’aimerais beaucoup en rapporter un, encore faut-il qu’il rentre dans mon sac...
En rejoignant la gare routière, je passe devant un dhaba, ces petits restaurants typiques indiens où l’on mange toujours très bien.
Peu d’agences de voyage proposent des circuits au Jharkhand. Pourtant, Adam, le guide que je rencontrerai dans quelques jours, en parle comme d’un passage incontournable. Je suppose qu’il accompagne lui-même ces groupes, car dans cette région encore peu fréquentée, les guides doivent être peu nombreux. En parcourant les lieux, j’ai pourtant le sentiment de reconnaître ce que les agences mettent en avant dans leurs descriptifs. Cette impression de déjà-vu accompagne ma visite, et, au fil de la journée, l’enthousiasme laisse place à une légère déception : Chaibasa ne m’a pas offert tout ce que j’en attendais. De retour à Jamshedpur, je termine la journée au marché près de mon hôtel. | | | Jeudi 26 marsJe quitte l’hôtel à 5h30. Un tuktuk m’emmène jusqu’à la gare routière pour prendre le bus en direction de Seraikela. Je mets mon sac en soute, je m’installe tranquillement dans le bus... puis un doute commence à m’envahir. Je reprends mon itinéraire et je réalise avec inquiétude que je me suis trompée de destination ! Heureusement, je suis largement en avance. Je récupère rapidement mon sac et me précipite vers le bus qui va à Simdega. Par chance, il se trouve juste au bout de l’allée et il est encore presque vide. Mon sac repart en soute, j’achète mon billet pour 460 roupies. Le trajet est direct et j’ai la place numéro 5, tout à l’avant, ce qui me permet de bien profiter du paysage. Nous partons à 6h30. Le bus fera seulement deux arrêts avant d’arriver à Simdega vers 11h. Je m’installe à l’hôtel Gayatri. Le confort est très simple, beaucoup moins agréable que mon précédent hôtel, alors que le tarif est deux fois plus élevé. Une différence de prix que je trouve difficile à justifier. Une fois installée, le manager de l’hôtel me propose de m’accompagner au marché en scooter. Celui-ci est vaste, très animé et particulièrement coloré.
Les étals de légumes sont posés à même le sol. Les femmes, assises derrière leurs produits, se protègent du soleil avec un fichu, comme à Chaibasa, mais beaucoup tiennent également un parapluie qu’elles utilisent comme une ombrelle.
Très vite, je comprends que venir au marché est bien plus qu’un simple acte d’achat : c’est un moment de vie. Une sortie hebdomadaire attendue, presque une distraction. On s’y retrouve, on discute, on observe, tout en faisant ses provisions auprès des petits producteurs des environs, installés à même le sol avec leurs paniers de tomates, de légumes verts ou d’herbes fraîches. L’ambiance est dense, vivante, rythmée par les échanges et les allées et venues.
Je m’approche d’un jeune homme qui vend des vêtements. En me voyant sortir mon appareil, il prend le temps de se recoiffer, ajuste ses lunettes de soleil et adopte une pose étudiée, presque nonchalante. Ici, on aime jouer à la star, le temps d’une photo, et il s’y prête avec un plaisir évident.
Un peu plus loin, une femme accepte de poser sous son parapluie. Son regard me frappe immédiatement : des yeux vert-gris, d’une douceur étonnante. Je remarque d’ailleurs que dans cette région, beaucoup de personnes ont des yeux clairs, ce qui ajoute encore à la singularité des visages.
Mais au moment où je m’apprête à photographier un homme qui, lui aussi, semblait ravi de poser, un autre surgit brusquement, m’arrache le téléphone des mains et s’enfuit ! Je pars immédiatement à sa poursuite en criant. La scène attire l’attention des personnes présentes : plusieurs hommes se lancent derrière lui, l’arrêtent et commencent à le réprimander vivement. Je récupère finalement mon téléphone. Je suis évidemment très refroidie par cette mésaventure et je reste un moment sur mes gardes. Pourtant, très vite, l’ambiance change. Des personnes viennent vers moi, curieuses et souriantes, et nous faisons des selfies ensemble. Des femmes me demandent de les photographier ; j’accepte volontiers, tout en restant attentive à ce qui se passe autour de moi. Je leur montre ensuite les photos sur l’écran du téléphone, elles éclatent de rire en se découvrant, et aussitôt les voisines veulent elles aussi participer.
Ce moment retrouve tout ce que j’aime dans mes voyages : un échange simple, des sourires, une curiosité réciproque, loin des barrières de la langue. Malgré mon arrivée mouvementée, je garde finalement un très bon souvenir de ce marché, que j’ai même préféré à celui de Chaibasa.
Je poursuis ma promenade dans l’allée des saris, où les couleurs et les tissus attirent sans cesse mon regard. Je ne résiste pas à l’envie de photographier un homme installé au milieu des étoffes. Il est assis dans une position qui semble parfaitement naturelle pour lui : une jambe repliée, le pied ramené près de l’aine, l’autre pliée avec désinvolture. Un bras prend appui sur les piles de saris tandis que l’autre repose tranquillement sur son pied. Cette posture, à la fois détendue et élégante, raconte à elle seule une scène du quotidien. Il ne pose pas vraiment, il est simplement installé là, dans son environnement, au milieu des tissus qu’il vend ou manipule chaque jour. C’est justement cette simplicité qui attire mon regard et qui donne tout son charme à la photographie.
Je rentre ensuite à pied jusqu’à l’hôtel. Finalement, la distance n’est pas si importante et le trajet est assez agréable, même s’il n’y a pas grand-chose qui retient mon attention sur le chemin. Le soir, je découvre qu’il n’y a pas vraiment de restaurant dans les environs. Je dîne donc à l’hôtel, où l’on me sert un riz kashmiri qui, malheureusement, n’est vraiment pas à la hauteur de mes attentes. | | | Ce moment retrouve tout ce que j’aime dans mes voyages : un échange simple, des sourires, une curiosité réciproque, loin des barrières de la langue.
Comme je te comprends ! Et tu vois, je le dis depuis longtemps, la photo (de rue) favorise ces échanges. De vraies belles et éphémères rencontres | | | À: Kate · 25 juillet 2026 à 16:00 Re: Nouvelles aventures de Perpignan à Ranchi ( Jharkhand) Message 54 de 61 · Page 3 de 4 · 321 affichages · Partager Comme je te comprends ! Et tu vois, je le dis depuis longtemps, la photo (de rue) favorise ces échanges. De vraies belles et éphémères rencontres 
Je suis bien d'accord avec toi et j'aime ces moments de partage. Avec les enfants j'essaie toujours de m'amuser avec eux, c'est joyeux et attendrissant. | | | Vendredi 27 mars Le petit déjeuner est servi dans la chambre : deux œufs durs, des toasts garnis de fromage, tomate et concombre, ainsi qu’un yaourt. Je trie soigneusement et retire tous les morceaux de concombre que je n’aime pas. Le reste en a pris le goût, tant pis, je mange malgré tout ; j’ai un peu faim après le dîner léger de la veille. Demain matin, je préviendrai la réception de ne plus m’en servir. Le taxi arrive à 9h30 et nous partons pour Ramrekha Dam, un lieu de pèlerinage hindou. L’environnement est agréable, assez joli même, mais étonnamment désert. Je m’attendais à y voir beaucoup de monde : c’est raté.
Dans le temple, qui ressemble à une caverne, les prêtres attendent les fidèles. Une famille est assise à même le sol ; les parents sont absorbés par leurs consultations tandis que les enfants se tournent vers moi et m’observent avec curiosité.
Les photos sont interdites, mais en insistant un peu, j’obtiens l’autorisation d’en prendre une, à condition de ne pas photographier la partie sacrée. Dommage, les divinités étaient très belles. À la sortie du temple, j’aperçois un petit groupe de femmes et me dirige vers elles. Ce sont des touristes indiennes venues du Gujarat. L’une d’entre elles a beaucoup voyagé en Europe, et bien sûr, à Paris.
Sur le chemin du retour, nous passons par le barrage de Kela Gagh, à Simdega. Le paysage est vallonné ; nous sommes proches de la frontière du Chhattisgarh.
De retour à l’hôtel, je pars me promener dans le village. Un événement est en préparation : des tables sont installées de chaque côté de la route. Certains bénévoles cuisinent des plats salés et sucrés tandis que d’autres les distribuent gratuitement. Des stands proposent des boissons, des jus de fruits, des bonbons.
La population est venue nombreuse pour partager la nourriture offerte. Le long de la route principale, des files s’organisent devant chaque stand, où chacun attend son tour dans une ambiance à la fois patiente et conviviale.
On m’invite à me joindre à eux et l’on m’offre à manger. Je n’accepte qu’un jalebi : je n’ai plus faim, je viens de déjeuner — dommage.
La fête s’appelle Ram Navami. Elle célèbre la naissance de Rama, l’une des divinités les plus vénérées de l’hindouisme, considéré comme une incarnation du dieu Vishnou. Elle incarne la victoire du bien sur le mal et des valeurs de droiture, de courage et de fidélité. À cette occasion, des processions sont organisées, des chants dévotionnels résonnent dans les rues et des distributions de nourriture gratuite, appelées « prasad », sont offertes aux participants.
La foule arrive peu à peu, accompagnée de camions équipés de sonos assourdissantes. Un défilé commence, ponctué de drapeaux. Les hommes portent une toque orange avec un ruban de la même couleur qui descend sur la nuque. Beaucoup sont vêtus d’une tunique orange, parfois assortie du bas. Cette omniprésence de la couleur orange, symbole de spiritualité et de dévotion, donne à la fête une atmosphère à la fois fervente et festive.
Le ciel devient menaçant dès le début du cortège. Je décide de rentrer à l’hôtel — bon réflexe : à peine arrivée, la pluie se met à tomber en trombe. Au moins, aujourd’hui, je ne serai pas trempée. Mais il est regrettable que la pluie s’invite à chaque fête. Nous ne sommes pourtant pas en saison des pluies ; le dérèglement climatique se fait sentir. | | | À: Aleph240758 · 25 juillet 2026 à 17:38 · Modifié le 25 juil. 2026 à 18:02 Re: Nouvelles aventures de Perpignan à Ranchi ( Jharkhand) Message 56 de 61 · Page 3 de 4 · 301 affichages · Partager Samedi 28 marsJe pars pour Netarhat, avec une halte prévue à Gumla, à mi-chemin. Je souhaite visiter le musée ethnique, géré par une association et situé dans l’enceinte d’une école catholique, où se trouve également une église — les catholiques étant nombreux au Jharkhand. À ma grande surprise, l’entrée du musée est gratuite. Le gardien m’accompagne et me fait lui-même la visite. Le bâtiment est assez vaste, réparti sur plusieurs étages. L’électricité étant faible, il ouvre les volets de chaque pièce pour laisser entrer la lumière. Dans les salles sont reconstituées des scènes de la vie quotidienne : pêche, labour, travail dans les rizières, femmes dans leur cuisine... À l’étage, ce sont surtout des peintures, souvent inspirées de la vie de tous les jours. L’ensemble est simple mais intéressant.
À la sortie, on me demande de laisser un commentaire dans un registre. Puis le gardien sort un carnet de dons et me réclame mille roupies. Je trouve la somme excessive et refuse. Je lui en donne finalement la moitié, ce qui me semble déjà bien payé, mais il n’est pas vraiment satisfait. Il m’explique que les visiteurs individuels sont rares et que le musée reçoit surtout des groupes, pour lesquels la visite revient moins cher par personne. Je reprends ensuite la route en bus vers Netarhat. À une douzaine de kilomètres de l’arrivée, tout s’arrête brutalement : la route est bloquée. Les véhicules s’accumulent rapidement : voitures, bus et camions arrivent les uns derrière les autres et la file s’allonge sans fin. Très vite, tout le monde descend. Par curiosité autant que par nécessité, nous avançons à pied sur plus de cent mètres pour comprendre ce qui se passe. Un bus n’a pas eu la place de croiser un camion chargé de lourds blocs de pierre. En serrant trop près du bord, le camion s’est retrouvé les roues dans le ravin, incapable de remonter, bloquant totalement la route.
Peu à peu, une organisation spontanée se met en place. Il faut attendre l’arrivée d’un autre véhicule pour commencer à décharger manuellement les blocs. Les hommes s’activent, passent les pierres de main en main dans une chaîne improvisée. Puis vient le temps de la grue, attendue comme une délivrance, qui devra enfin dégager le camion. L’attente devient interminable — près de cinq heures à patienter au milieu de nulle part. Le temps semble suspendu. Peut-être plus pour moi que pour les habitants, qui paraissent accepter la situation avec une étonnante sérénité. Pas de plaintes, peu d’impatience : les discussions s’animent, les rires fusent parfois, comme si cet imprévu faisait simplement partie du quotidien. Autour de nous, les paysages vallonnés sont beaux, adoucis par la lumière de l’après-midi. Pourtant, les broussailles qui longent la route empêchent toute vue vraiment dégagée.
Le regard se pose alors sur le parapet, peint de fresques naïves aux couleurs vives. On y voit des personnages en pleine activité, des animaux stylisés, des oiseaux, des bœufs... Ces dessins simples et expressifs apportent une touche de gaieté inattendue à ce bord de route poussiéreux et deviennent presque une distraction pendant cette longue attente.
Lorsque la route est enfin dégagée, le bus peut reprendre sa progression, et j’arrive à Netarhat à la tombée de la nuit. La station de bus n’est autre que la place du village. Ne le sachant pas, je ne descends pas. Au bout de quelques minutes, alors que nous ne sommes plus que deux passagers, un homme me demande où je vais. Il me fait descendre avec lui et me prend en charge. Il demande à un homme tenant une boutique — sans doute un employé — de me conduire en moto jusqu’à mon hôtel. J’avais réservé la veille via WhatsApp, sans payer. Pour bien compliquer la soirée, ils n’ont pas gardé ma chambre et l’hôtel est complet. Heureusement, le conducteur de moto reste avec moi et m’emmène dans un autre établissement où une chambre est disponible. Il m’accompagne, visite avec moi, négocie le tarif : d’une grande gentillesse. Il est presque 20 heures, je suis épuisée et accepte sans hésiter. Je tente de l’indemniser, mais il refuse et repart d’un simple salut de la main. Finalement, cet hôtel est bien meilleur que celui que j’avais initialement choisi, et il dispose en plus d’un restaurant. Netarhat est une station très réputée auprès des Indiens, qui viennent y chercher un peu de fraîcheur. Nous sommes en week-end, ce qui explique l’affluence. | | | Dimanche 29 marsAprès une bonne nuit et un bon petit déjeuner, je pars me balader jusqu’au marché installé sur la place du village. Mais il n’y a finalement pas grand-chose à voir et je rentre rapidement à l’hôtel. Je décide alors de réserver un taxi pour me rendre aux chutes de Lodh. Je ne m’attends pas à découvrir un site exceptionnel, mais ici, il faut bien reconnaître que les activités sont limitées. Avec le recul, cette étape aurait peut-être pu être évitée. Sur le trajet vers les chutes, je demande au chauffeur de s’arrêter pour prendre quelques photos. Les champs viennent d’être récoltés et offrent un paysage sec, presque ocre, ponctué de quelques arbres. Ce qui attire surtout mon regard, ce sont ces structures en bois surélevées, sur lesquelles est entassé le foin. Elles ressemblent à de petites cabanes ouvertes, posées au milieu des champs. Le fourrage est stocké en hauteur, à l’abri, et ces abris doivent aussi servir au bétail pour se protéger du soleil. L’ensemble est simple, ingénieux et parfaitement intégré au paysage rural. La scène, avec ses tons chauds et ses formes épurées, a quelque chose de très graphique.
La promenade pour accéder aux chutes est familiale et, en ce dimanche, beaucoup de monde a fait le déplacement. Un chemin longe la rivière et permet d’apercevoir les cascades au loin.
Il mène ensuite à une passerelle puis à un escalier qui monte pour s’en approcher.
Au bout de l’escalier, les plus téméraires, jeunes ou moins jeunes, tentent de grimper sur les gros blocs de pierre pour atteindre le pied de la cascade. Je reste un moment à observer, partagée entre l’envie d’essayer et la prudence. Quelques années auparavant, je n’aurais probablement pas hésité une seconde, mais aujourd’hui je ne le sens pas vraiment. Un homme me propose même son aide pour m’accompagner, mais, chose assez inhabituelle pour moi, je préfère écouter la raison et rester sage. Je fais donc demi-tour.
Les chutes elles-mêmes ne sont pas extraordinaires, mais cette sortie m’aura permis de découvrir un peu la vie locale et de m’occuper pendant quelques heures. De retour, je repars me promener dans le village. Je prends une petite route près de l’hôtel qui mène au lac et découvre plusieurs établissements : certains très beaux, d’autres complètement abandonnés. Au-dessus du lac, un jardin aménagé avec une promenade permet aux visiteurs de venir se détendre et admirer le coucher de soleil, ce que je fais tranquillement. Pendant ce temps, d’autres louent des barques ou des pédalos pour se promener sur l’eau.
Lundi 30 et mardi 31 mars – Betla, étape à éviterÀ 6h45, le manager m’accompagne au bus. Les employés sont en train de le nettoyer de fond en comble. Nous partons à 7h30 et arrivons à Betla à 14h. L’hôtel est juste en face de l’arrêt de bus. Il n’est vraiment pas terrible, et en plus il est cher. Il ne faut pas être très regardant sur la propreté. Je déjeune dans le restaurant en face : là encore, ce n’est pas très propre et les mouches sont présentes en quantité impressionnante. Rien de très engageant. J’attends 16 heures à l’hôtel avant de partir pour le safari. Des peintures de tigres et d’éléphants décorent l’entrée du parc, ce qui met un peu dans l’ambiance. Le responsable de l’hôtel m’a encouragée à y aller. L’entrée est très chère — 2500 roupies — et j’espère, à ce tarif, voir de nombreux animaux. Nous partons en jeep : le chauffeur, un garde et moi-même. À l’entrée, nous apercevons quelques daims et des singes. Puis nous nous enfonçons sur les pistes, à la recherche d’animaux... qui resteront invisibles.
Je ressors furieuse. Faire payer un tel tarif pour ne rien voir, c’est vraiment abusé.
Mardi 31 mars Je suis devant l’hôtel avant 7h pour attendre le bus qui doit me ramener à Ranchi. Il arrive finalement vers 7h30 et, après environ une heure de trajet, je dois changer de bus. À mon arrivée à Ranchi, je prends un tuctuc pour rejoindre la gare routière d’où part le bus pour Hazaribagh. La distance est assez importante à travers la ville, et il me faut un certain temps pour rejoindre le bon départ. Heureusement, le bus est prêt à partir. Nous quittons Ranchi et la route se poursuit tranquillement à travers les paysages du Jharkhand. Le trajet est long, mais il me permet de continuer à observer cette région que j’apprends peu à peu à découvrir. Nous arrivons finalement à Hazaribagh vers 18h. Cette journée marque la fin de la première partie de mon voyage dans le Jharkhand. Une étape faite de belles découvertes, de rencontres inattendues, mais aussi de quelques déceptions. Entre villages tribaux, traditions préservées, artisanat, fêtes locales et paysages encore peu fréquentés par les voyageurs, cette région m’aura offert une autre image de l’ Inde, loin des circuits habituels. | | | Je sais que la publicité est interdite sur VF mais je suis allé plusieurs fois en Inde avec cette guide. Au plus près des gens, découvreuse infatigable, curieuse de tout, un enthousiasme contagieux et gourmande avec ça. Sincèrement je la recommande les yeux grands ouverts.
Elle s'appelle M.J. Aleph et voici son numéro : 06 05 04 03 02 01 partez ! | | | À: Voyajou · 31 juillet 2026 à 17:20 Re: Nouvelles aventures de Perpignan à Ranchi ( Jharkhand) Message 59 de 61 · Page 3 de 4 · 199 affichages · Partager Je sais que la publicité est interdite sur VF mais je suis allé plusieurs fois en Inde avec cette guide. Au plus près des gens, découvreuse infatigable, curieuse de tout, un enthousiasme contagieux et gourmande avec ça. Sincèrement je la recommande les yeux grands ouverts.
Elle s'appelle M.J. Aleph et voici son numéro : 06 05 04 03 02 01 partez !
Il doit y avoir une erreur car je ne suis pas guide et je pars seule en voyage | | | Il doit y avoir une erreur car je ne suis pas guide et je pars seule en voyage 
Quand on lui dit t'es belle, Elle regarde derrière elle... 🎶 | Carnets similaires sur l'Inde: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Photo postée par le membre Aleph240758. Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 7 803 visiteurs en ligne depuis une heure! |