Les mots qui touchent nous touchent du doigt puis nous montrent du doigt cet ailleurs loin là-bas...
D'où l'on revient autre mais souvent un peu plus soi-même.
Libéré de cette perspective limitée qui nous retenait dans un cadre figé.
En voyageant dans un ailleurs: on voyage à travers l'autre Terre, l'autre être, l'autre bien-être, en apercevant d'autres présences, d'autres absences, d'autres souffrances pour devenir plus qu'un simple "moi" isolé en soi dans un territoire.
En avançant les mains tendues vers des mains vides, les yeux grands ouverts sur d'autres regards: on redessine ou on gomme avec force de secrètes frontières pour grandir de l'intérieur.
Depuis la nuit des temps, au commencement: nous sommes tous des cris quittant un nid, des gazouillis universels, un premier pas puis deux pour aller vers l'autre petit à petit, vers son sourire, vers là-bas, avec de plus en plus de mots, de visages, de paysages au fond des yeux.
A pas de grand: on marche lentement, pas à pas, avec quelques lourds maux sur le dos, en suivant mot à mot les chemins tracés par de grandes phrases parsemées de points d'interrogation, de points d'exclamation, de points de suspension...
En marchant plus loin encore, on défie avec tout notre corps le point final.
Un mot nouveau rencontré au détour du chemin puis soudain au creux de nos mains s'esquisse un autre destin.
Deux petits points côte à côte comme un dialogue en route vers l'horizon lointain où de fin de chemin il n'y a point: trois petits points...
"Une ombre passe sur la rivière.Sur le pont un moine traverse.Arrête... O moine, parle-moi, Où vas-tu?Mais son doigt montre les blancs nuagesEt, silencieux, il continue sa route."
- Poème anonyme (Corée) -
Merci beaucoup Archimade pour ces émouvants compliments en musique puis en silence.