Demandez vous comment ont ils pu se procurer ces articles forts coûteux...
On le sait tous que c'est un signe de jineterismo bien sur quand tu lui poses la question il te dit c'est mi amigo de espagna, mi tio en alemania, o mi familia en Miami. Mais, en réalité ce sont des cadeaux obtenus pour des services offerts, du vol, ou obtenu par l'intermediaire d'autres cubains.
Ricardo,
je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce que vous insinuez. Je sais que
La Havane est bien différent de partout ailleurs (je suis d'accord là-dessus) mais voyez...
Si on considère que la très grande majorité des cubains n'ont pas de contacts directs avec les touristes, comment expliquer qu'à la fête du village, au carnaval ou simplement dans la rue un samedi soir dans des petits bled comme Cayo mambi, Mayari ou Sagua de Tanamo dans la province d'
Holguin les jeunes soient habillés comme ceux de LaHavane? Comment expliquer les cellulaires, lunettes de soleil et bling bling?
Premièrement, vous savez que la plus importante entrée d'argent à
Cuba, c'est les transferts des familles venant de l'étranger. Je vous donne mon exemple... je vais à
Cuba chaque année, parfois 2 fois, avec ma femme (cubaine) et mes 2 enfants. Nous emplissons 3 valises principalement de vêtements neufs et usagés pour la famille. C'est une vingtaine de personnes à Cayo Mambi qui profitent de ces vêtements (casquettes, souliers nike, jeans neufs achetés en liquidation...) à chaque année. Dans la même famille, un cousin a un oncle également à l'étranger, le même patern se répète dans une autre "branche" de la famille. Sans compter les sommes en CUC$ qu'on laisse derrière nous en partant, tant à la famille directe qu'en "aide", pourboires et différentes activités économiques. Ma femme n'est évidemment pas la seule du village à vivre à l'étranger. En tout temps il y a toujours 3 ou 4 "tur" (voiture de loc) dans le village.
Deuxièmement, vous ignorez peut-être que ces fameux médecins, enseignants et infirmières partis au
Vénézuela ramènent beaucoup d'argent également dans leurs familles. De l'argent, mais surtout des biens matériels: dvd, cellulaires, tv, ordinateurs, bijoux, lunettes de soleil et vêtements griffés-contrefaits. Je suis étonné de voir des lecteurs dvd dans des petits village sans eau courante et accessible seulement par une piste défoncée.
Le résultat net, c'est que la majorité des habitants de ce coin perdu de l'
Oriente, sans travail pour la plupart depuis que la centrale de sucre a fermée il y a maintenant 4 ans, ont quand même, en apparence du moins, accès aux même biens que les jineteros/as et petits trafiquants qui pullulent à LaHavane.
Alors mon point est le suivant, si c'est vrai dans ce coin perdu, pour quoi ce serait impossible à
La Havane? Pour quoi le jeunes qui flash avec ses Nike serait automatiquement un jinetero? Je connais des familles très riches à
La Havane. Certaines familles le sont parce qu'ils recoivent de l'argent des
USA (imaginez seulement les familles des dizaines de joueurs de baseball millionaires et autres vedettes du showbizz qui font des millions aux
USA), d'autres parce qu'ils sont collés très haut avec le pouvoir, d'autres on des business légales très payantes (taxis, paladar, casa...). Mais peu importe la raison, le même principe de "répartition" de la richesse s'applique au sein de la famille élargie, et vous savez quelle est large la famille à
Cuba. Ce qui fait que j'ai une nièce de 10 ans qui a reçu un ordinateur à sa fête et qui a aussi un cellulaire. Ça vient de sa grand-mère paternelle et de sa famille de
Miami.
J'imagine très bien dans 4 ou 5 ans me promener avec ma propre fille (cubaine-québécoise assez foncée) et sa cousine qui aura 14 ans dans les rue de
La Havane... Et là, je n'ose imaginer ce que vous penseriez d'elles!