Salut,
L'article que tu mets en lien semble fantaisiste par rapport aux informations qui circulent sur place.
Donc hier en traversant le long village de
Kafountine, rien ou peu de choses pouvaient indiquer qu'un évènement avait secoué le village deux jours plus tôt. La rue était animée comme d'habitude, les gens souriaient et riaient comme ils le font dans cette région. La façade du Crédit Mutuel, fermé, montrait bien quelques signes de son attaque et tout prés de la, un restaurant réputé pour les touristes était fermé à l'heure du repas.
Peu de difficultés à obtenir quelques récits des gens, qui touristes, restaurateurs ou commerçants vont tous de leur version.
Dans l'après midi qui a précédé l'attaque, une agitation inhabituelle semblait agiter le village. Les militaires avaient doublé leur patrouilles, les autochtones "pré-sentaient" quelque chose.
C'est vers 20h30 qu'ont été entendu les premiers tirs. Un ou deux jours plus tôt, les militaires avaient procédé sans prévenir à des tirs, à des essais d'armes, sur la plage, près de leur camp. "Ils recommencent" ont pensé certains. Dans un café-campement, le patron envoie ses clients dans leur chambre, installe des matelas dans une pièce pour les visiteurs et coupe toute les lumières. Durant trois heures, les clients trembleront en entendant le bruit des affrontements, parfois lointains, parfois proches, parfois intenses, parfois sporadiques.
Il sembleraient que plusieurs groupes se soient bien coordonnés. Un groupe occupait les militaires sur la plage, l'autre s'attaquait à la banque et aux commerces du village. Le coffre du Crédit Mutuel semble avoir donné du fil à retordre aux attaquants qui ont mis prés de deux heures avant d'en avoir raison.
Le minimarket proche a eu la visite des bandits, un restaurant proche également. Ce dernier, rempli de monde en ce début de soirée a laissé un bon butin aux assaillants qui faisaient étaler les portables sur une table, l'argent sur une autre. Petite anecdote, un client, français, totalement éméché s'est levé face aux bandits et leur a dit qu'il était Macky Sall, le président de la république. Un coup de crosse en pleine face l'a mis à terre le temps de l'attaque. Le patron du restaurant a nié avoir de l'argent, une partie de son restaurant a été saccagée et une somme conséquente a été trouvée. Dans un bar en face, le patron donnait sans rechigner sa recette, lui et son restaurant ont été épargnés.
Deux femmes arrivant sur les lieux en pleine attaque ont été victimes de balles perdues.
Au même moment, Abéné subissait une attaque de bandits.
Le coffre de la banque n'aurait contenu que 3,5 millions de cfa (un peu plus de 5000 €). Le butin parait maigre face aux moyens mis en place.
Ce n'est que peu avant minuit que les bruits d'armes se sont arrêtés et que le calme est revenu.
Il aura donc fallu plus de trois heures pour que les militaires reprennent le contrôle de la situation.
Plusieurs personnes m'ont dit que selon une source militaire locale, 34 bandits auraient été tués par les militaires.
Concernant le français tué, il n'y a aucun doute que c'est en jouant à la roulette russe, comme il l'avait déjà fait par le passé, qu'il s'est fait sauter la cervelle. Des français, témoins, l'attestent.
Les faits peuvent paraître normaux pour une attaque de banditisme, pourtant à
Kafountine, les discussions posent de nombreuses questions.
Comment un tel groupe, aussi bien organisé, a pu déjouer les nombreux contrôles de la région, qu'ils soient douaniers, policiers, de gendarmerie ou militaires ?
Comment les militaires n'ont pas pu empêcher cette attaque alors que tout le monde la pré-sentait, eux y-compris puisqu'ils avaient augmenté leurs rondes dans le village ?
Pourquoi une attaque aussi spectaculaire dans un village touristique pour un tout petit butin ?
Pourquoi une attaque sur le territoire d'un des chefs d'Attika (branche armée du MFDC) qui vient de faire preuve d'efforts en relâchant des otages et en acceptant des négociations ?
Curieux que pour la première fois, le gouvernement annonce haut et fort, qu'une enquête sera menée. Le Président l'a dit et le Ministre du Tourisme a lui aussi fait une déclaration.
Et si on extrapolait sur la célèbre maxime : "A qui profite le crime ?"
De nombreuses zones d'ombres qui resteront à éclaircir.