Bonjour LiseDenise,
Je ne vous avais pas oubliée mais je n'ai pas passé beaucoup de temps devant mon ordinateur dernièrement.
Voici une liste d'expressions typiquement belges. Je n'ai retenu que celles à mon avis les plus utilisées :
ALLER AVEC : accompagner (vient de l'allemand
mitkommen)A S'NAISE: En toute décontraction. L'expression dénote dans le chef de
celui qui l'utilise, une pointe d'admiration pour l'imperméabilité au stress de celui dont il parle.
AUTO-SCOOTER: Tellement ancré dans les belgicismes qu'on se demande quel
est le mot labellisé. Autotamponneuse? On s'en tamponne !
BÈÈK : Exclamation de dégout. Plus un truc donne envie de rendre
(remettre, vomir, gerber) plus l'accent grave est marqué (bèèèèèke).
C'est donc qu'il y a quelque chose de vraiment dégeu en vue.
A-FOND: "Cul sec" plutôt avec une chope et entre étudiants.
(S')ABAISSER: Se pencher."
ALLEZ !: Mot multi-fonctionnel "allez hein, te laisse pas aller" ou
alors "mais allez, qui a fait ça ?" ou enfin: "allez, pourquoi tu dis ça
menant?"
BAS-COLLANTS: "Chou ce soir, il y a bal. Enlève ton cache-poussière et
mets tes bas-collants, que tu me fasses pas sentir gêné comme la dernière fois"
BERME: terre-plein central. En
Belgique, la berme désigne l'espace qui
sépare les 2 chaussées d'une autoroute. En
France, la berme est un
sentier étroit aménagé entre le pied d'un rempart et un fossé ou encore
entre une levée et un canal. Ce mot serait issu du haut allemand "brem"
lui-même emprunté, croit-on, à l'ancien norrois "barmr" (bord).
CARROUSEL: le truc qui tourne avec dedans des voitures de pompiers avec
dedans des enfants. Le plus célèbre carrousel est fouronnais, avec
dedans Jean-Marie Happart, une fois bourgmestre, une fois pas
bourgmestre, une fois bourgmestre, une fois pas bourgmestre.
CA NE PEUT MAL (de) : c'est pas dangereux, y a pas de danger, de probleme)...
CERVELAS: agglomérat de viandes incertaines compressées façon zeppelin
indissociable de "dikke" et de "tralala". Le cervelas doit être avalé sans intelligence.
CLIGNOTEUR: lumière qui lume puis qui lume plus. Les français parlent de
"clignotant".
CLOCHE: Insulte désignant une empoté, gaffeur, nigaud.
CLOCHE: Pour cloque ou ampoule. "Papa, c'est encore loin, parce qu'avec
mes cloches, j'ai mal à mes pieds".
ESSUIE DE VAISSELLE: linge de maison servant à sécher couverts, verres
et casseroles après qu'on les a lavés et bien rincés. L'utiliser aussi
comme essuie-mains, c'est dégueulasse.
FEU OUVERT: L'âtre de la cheminée ! Un feu ouvert, c'est un peu comme
une cassette mais avec l'image en vrai.
FREQUENTER: Avant les meufs, au temps de Mlle Beulemans, on ne flirtait
pas, on ne draguait pas, on sortait pas avec, on ne se les tapait pas.
La descendance de Bossemans et Coppenole fréquentait tout comme nos
parents à l'expo 58. Mais fréquentait qui ? demanderait les parisiens en
bas de ça. Ouille que nous n'aimons pas ces garçons ! Qu'ils sachent que
dans son emploi absolu, "fréquenter" signifie les rapports
disons?..amoureux avant les fiançailles. Comme chacun sait, après, on ne
fréquente plus, on "courtise".
GRIFFE: "- Maman, j'ai mal ma joue, - c'est malin ça, t'as une grande
griffe" Des voyous peuvent aussi faire des griffes à votre voiture ! Attention !
LOGOPEDE: Orthophoniste. Curieusement, le français admet " logopédie"
mais snobe les "logopédes" dont l'étymologie n'est pourtant pas moins
imparable.
NON PEUT-ETRE: oui surement. Et pour dire non, il faut dire oui, peut-
être.Seuls les belges s'y retrouvent.
ON SAIT LA CONTRE : on a la solution, on ne s'en fait pas
OUILLE-OUILLE: Si ça fait mal, c'est ouille. Dit deux fois, ça n'exprime
plus la douleur mais l'étonnement, la lassitude ou l'impossibilité.
"Ouille-ouille, qu'est ce que tu me demandes là ? Dans certains cas,
c'est plus menaçant: " Ouille-ouille, qu'est ce que tu vas prendre ! "
Souvent utilisé pour exprimer de la surprise par rapport au récit d'un
interlocuteur : "Ouille-ouille, toi ! "
MANIQUE: Le Mari:" Ouille, je m'ai brulé à la casserole de carbonnades".
Sa femme:" M'enfin chou, je t'avais dit de prendre les maniques".
PLACE ( voir la) Voir la différence. La ménagère: "j'ai nettoyé la
cuisine". Son mari: "Oui, on voit la place"
QUEUE (faire la) Sujet d'empoigne entre Belges et Français. Les premiers
font la file, les autres la queue. Mais les uns et les autres se retrouvent quand
il s'agit d'enguirlander le resquilleur :
"A la queue comme tout le monde ! ".
RENON: Chez nous, on ne résilie pas un bail, on donne son renon. Souvent
parce qu'on a enfin une brique dans le ventre.
SAISI: étonné et/ou crétin. " N'insistez pas docteur, c'est un saisi"
KROLLE (Kop) Bouclé. "Les cheveux krollés = bouclés"
NEK (dikke) Vantard, un gros cou, quoi !
STOEMMELINGS (en): Bruxellois assez répandu au sud. En douce, en
catimini, discrètement. Tout peut être fait en stoemmelings, filer d'une
soirée barbante, siester pendant les heures, prendre dans la caisse?
VOLLE GAZ: signifie vite ou VOLLE PETROL signifie vite aussi : " tu
ranges ta chambre et volle petrol !"
TIRER SON PLAN : se débrouiller
ENDEANS : dans un certain délai. "à consommer endéans les 24h après l'ouverture"
TOQUER : frapper à la porte
TOILETTE : "je vais a la toilette" et pas "aux toilettes" comme les Francais. Blague archi-connue : Pourquoi les Francais disent: j'vais aux toilettes? - Parcqu'ils doivent aller dans plusieurs avant d'en trouver une propre.
En fait, le français de
Belgique est lui contaminé par le néerlandais. Pas seulement dans la terminologie et les expressions, mais aussi dans la syntaxe (les mots ne sont pas toujours dans le même ordre qu'en
France !) et certaines particularités comme la confusion entre Savoir et Pouvoir.
Quand un Français demande à un Belge s'il
peut venir ce soir, le Belge comprend que le Français lui demande s'il a la
permission de venir. Un Belge qui demande à quelqu'un s'il a la possibilité de venir dira "Tu
sais venir, ce soir ?" C'est une confusion due aux deux verbes néerlandais Kennen ("pouvoir" au sens de "être capable de") et Mogen ("pouvoir" au sens "d'être autorisé").
Cette confusion savoir/pouvoir est vraiment l'une des choses qui "trahit" le plus un Belge, et l'une des plus difficiles et anti-naturelles à corriger.
On voit d'ailleurs souvent sur le forum "Est-ce que quelqu'un
saurait me dire si..."
Les Belges disent beaucoup "s'il vous plaît" (à la place de "voilà", ou "voici", quand on présente quelque chose à quelqu'un). Ca me hérisse d'ailleurs d'entendre les hôtesses dire "please..." quand elles tendent le plateau repas dans l'avion !
Les Français qui veulent imiter les Belges ponctuent les phrases de "Une fois" intempestifs. C'est vrai qu'on le dit beaucoup. Idem pour "un peu". Là aussi, cela vient du néerlandais "een keer" (une fois). C'est fait pour atténuer un ordre, le rendre plus poli.
"Donne-moi un peu le pain, passe-moi un peu le vin". Mais c'est aussi un tic de langage national : "On pourrait une fois aller là !" "On pourrait une fois manger dans ce resto !" "J'aimerais bien essayer une fois !"
Les Belges disent "nonante" et "septante" pour 90 et 70. Moi, je suis née en septante-et-un.
Je vais en rester là pour l'instant, et vous laisser sur un lien wikipedia qui semble assez intéressant.
fr.wikipedia.org/wiki/Belgicisme
(je pense d'ailleurs mon utilisation de "assez" dans ce cas-ci est un belgicisme - "assez" au sens de "très".

) Je ne l'ai pas parcouru dans le détail, mais la liste semble très... éloquente !

Bonne journée au
Québec !