HUAHINE
Décollage vers
Huahine. Le vol dure moins d'une demi-heure.
Avant d'atterrir, nous survolons de magnifiques lagons à l'intérieur de la barrière de corail.
Lors de nos précédents voyages, nous avons connu à
Huahine des expériences de logements contrastées.
La première fois nous étions au Relais Mahana, un hôtel très agréable sur une belle plage du Sud de l'île. Mais d'une part je le trouve vraiment trop éloigné de Fare, le village principal avec un peu d'animation, d'autre part les tarifs ont explosé et cet hôtel ne rentre plus dans mon budget.
La fois suivante nous avons testé une pension entre Fare et l'aéroport, mais elle nous a beaucoup déçus.
C'est donc un nouvel hébergement que nous allons cette fois essayer : la Pension Fare Ara, à 700m du quai de Fare, qui a ouvert ses portes il y a peu de temps avec des tarifs attrayants.
La patronne de la pension nous attend à l'aéroport en voiture.
Sur le trajet, elle nous promène dans Fare, le chef lieu de l'île (1000 habitants environ !). Elle nous fait surtout découvrir depuis la jetée du port un panorama que nous ignorions.
Huahine est appelée l' "île Femme", nous savons maintenant pourquoi, en découvrant la silhouette de la belle endormie (tête alanguie à droite, poitrine, ventre, genoux).
Nous constatons avec plaisir qu'ici aussi les folkloriques "trucks" (cabine de bus en bois sur châssis de camion) sont toujours en exploitation.
Notre logement à la Pension Fare Ara est constitué d'une vaste pièce, correctement équipée, qui dispose d'une terrasse bien agréable. Chaque matin au lever du jour, le patron y déposera des croissants et la baguette fraiche, que nous avons commandés. Cela nous conviendra parfaitement.
Nous disposons aussi de deux vélos brinquebalants et poussifs, mais qui nous rendrons bien service.
Nous prendrons notre premier repas dans une sorte de case-pizzéria toute proche (pizza excellente, bien sûr au feu de bois de palmier). Mais les soirs suivants, c'est sur le port de Fare que nous irons retrouver quelques roulottes traditionnelles, avec grillades de poissons (Mahi-Mahi) ou entrecotes énormes
(quand on voit la taille de la portion standard, on peut comprendre pourquoi tant de polynésiens soient en surpoids).
Le lendemain matin, nous prenons plaisir à trainer à nouveau à Fare, où se tient tous les matins un pittoresque petit marché local.
Annie veut bien tester des fruits ou légumes inconnus, mais tient à connaitre ce qu'elle achète, et discute âprement avec les vendeurs (c'est pour eux un jeu, auquel ils participent en riant).
A quelques mètres de là, nous complétons nos emplettes au Super U (le seul supermarché de l'île), il nous parait bien mieux achalandé en nourriture que dans le passé, mais c'est quand même très relatif.
Une petite boutique de mode voisine semble aussi avoir quelque succès, même si elle correspond à la mode d'il y a 50 ans en métropole.
Nous visitons également des petits locaux de vente artisanaux, sombres, au sol en terre battue, qui proposent au litre (dans des bouteilles d'eau minérale ou de coca-cola recyclées !) les produits de soins traditionnels Polynésiens :
- l'huile de Monoi à la fleur de Tiaré, indispensable pour les dames qui désirent un beau bronzage (un litre coûte ici 1000 Francs Pacifiques, soit 8€, soit le prix de quelques cm3 seulement à
Paris).
- et surtout (ce qui me parait bien plus utile), l'huile de Tamanu (un petit arbuste local). C'est ici le remède universel contre coups, blessures ou plaies, en particulier les brûlures agressives causées par le corail. Et cela marche bien, je le garantis, en ayant fait moi-même l'expérience ici dans le passé. Ce produit local s'est avéré particulièrement efficace. Pourquoi ne le trouve-t-on pas en Europe ?
Il est réellement plaisant de traîner dans cet environnement sans fart, avec partout des gens ouverts, enjoués, recherchant le contact (plus par plaisir que pour faire affaire), la discussion, la rigolade, la musique ou la danse.
L'après midi nous décidons de revoir une région que j'aime bien, dans l'Est de l'île, à une dizaine de km de chez nous. Ce sera l'occasion de tester plus sérieusement nos vélos de compétition.
Nous traversons d'abord le paisible village de Maeva.
Les habitants sont des pêcheurs, qui utilisent une technique remarquable de pièges à poissons. Ceux-ci, en pierre, sont gigantesques (une bonne vingtaine de mètres chacun), et sont conçus pour que les poissons finissent dans une nasse, où ils sont des proies faciles.
Sur les hauteurs du village, des plantations de vanille sont plus ou moins laissées à l'abandon.
Mais notre objectif est plus lointain, à l'extrémité de la route, après le pont.
Au large d'une belle plage de sable blanc, une zone est nommée "le jardin de corail". De nombreux poissons tropicaux multicolores énormes s'y retrouvent dans 1 à 3 m d'eau, et la promenade parmi eux en snorkeling est habituellement un plaisir. Mais ce sera moins réussi cette fois, un très puissant courant côtier rendant la nage difficile (pourtant les poissons paraissent à l'aise).
Cependant la plage complètement déserte reste sympathique, avec son eau couleur turquoise. Au loin un motu (îlot) avec ses cocotiers et ses plages de rêve rendrait jaloux n'importe quel photographe de carte postale.
Il y a 20 ans, ce lieu était occupé par un luxueux Sofitel. En 2009, l'hôtel avait fermé ses portes, et n'en restait que des ruines. Celles-ci ont complètement disparu aujourd'hui, rendant à la nature sa beauté sauvage, et c'est beaucoup mieux ainsi.
Mais l'après midi avance, le soleil tombe vite, et notre trajet de retour contre un vent puissant, avec nos super vélos (sans frein ni vitesses, et aux roues voilées) ne sera pas chose aisée. Annie me presse pour repartir pas trop tard.