"Les rapports de différentes agences de renseignement, sur la base des indices disponibles, montrent que (les auteurs des attentats) sont issus de groupes qui ont perdu leurs pouvoirs politiques", a déclaré le Premier ministre nommé par les militaires, Surayud Chulanont.
"Il ne s'agit pas seulement du précédent gouvernement, mais cela inclut ceux qui ont perdu le pouvoir par le passé", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse, refusant de "mettre le doigt sur un groupe en particulier".
Le Premier ministre a précisé qu'une implication des insurgés musulmans en lutte dans le sud du pays était "une hypothèse très peu probable".
Depuis le départ de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, plusieurs écoles ont été incendiées et le couvre-feu a été maintenu dans certaines zones à cause de ce que l'armée qualifie de "mouvements clandestins".
Mais des cadres du Thai Rak Thai (TRT), la formation de Thaksin, ont démenti toute implication de leur parti dans des violences.
L'avocat de l'ancien dirigeant, Noppadon Pattama, a déclaré que son client, qui se trouverait en
Chine, était victime "d'accusations sans fondement, d'une campagne de dénigrement".
Selon l'expert Panitan Wattanayagorn, le mobile des attentats semble effectivement être politique. D'anciens responsables visés par des enquêtes ouvertes par le nouveau gouvernement sur des affaires de corruption pourraient en être à l'origine, a-t-il précisé.
"Leur objectif est de déstabiliser le gouvernement afin de s'assurer que les accusations portées à leur encontre soit abandonnées ou qu'il y ait négociation", a déclaré à Reuters Wattanayagorn, professeur à l'université de Chulalongkorn.
MISE EN GARDE AUX TOURISTES ETRANGERS
"Nous continuons de recevoir des informations indiquant que les terroristes pourraient préparer des attaques contre une série de cibles, parmi lesquelles des endroits fréquentés par les étrangers", a indiqué le Premier ministre.
"Il est possible qu'il y ait de nouveaux attentats dans les prochains jours", a averti l'ambassade d'
Australie en
Thaïlande sur son site internet.
Les attentats commis dimanche dans la capitale - six plusieurs heures avant minuit, deux juste avant le changement d'année - ont conduit les autorités à annuler les festivités prévues pour le passage en 2007.
Les huit bombes ont été fabriquées avec de l'engrais constitué de nitrate d'ammonium et elles étaient toutes munies de mécanismes de déclenchement à retardement. Certaines avaient été déposées dans des endroits susceptibles de faire des dégâts importants (devant un centre commercial, dans un marché en plein air). D'autres en revanche ont explosé dans des endroits déserts.
Les mesures de sécurité ont été renforcées dans
Bangkok, où près de 6.000 points de contrôles ont été mis en place par la police et l'armée.
Des policiers avec des chiens renifleurs patrouillaient le réseau de transports publics où les poubelles habituelles ont été enlevées et remplacées par des modèles transparents.
"Ils veulent que nous paniquions, ils veulent que nous lancions des accusations, que nous nous accusions mutuellement et que nous nous battions entre nous", écrit l'éditorialiste du Nation, le quotidien thaïlandais en langue anglaise, au sujet des poseurs de bombes. "Ils veulent aggraver nos troubles politiques."
Agence Reuters