Hello,
Je vois qu'il est compliqué pour toi d'avoir des explications sur les Jaune, les rouge, le Roi, et peut-être même les Blanc... Mais je ne vais pas en rajouter tout de suite pour t'expliquer et te faire comprendre l'incroyable situation en
Thaïlande.
Pour comprendre ce qu'il se passe il faut remonter essentiellement à 2006, comprendre les évènements et surtout, comprendre les réalités sociales en
Thaïlande.
Je vais donc me lancer pour une "rapide" explication en plusieurs étapes. Ce qui me permettra aussi d'expliquer pourquoi je ne pense pas que l'armée soit ce qu'il y a de plus néfaste pour ce pays, mais aussi et surtout que c'est le résultat de pouvoirs politiques malades, qui sont censés être démocratiques.
1.
Tout commence donc en 2001, ou un certain
Thaksin Shinawatra, devient premier Ministre. Richissime et influent, il a fait fortune récemment, et il est l'image même de cette classe bourgeoise sino-thaï qui a réussi et tient 80% du business Thaï. Il a fondé le parti "Thai rak thai" ("les thai aiment les thai"), finance les élections avec sa fortune personnelle, et vise directement les classes paysannes (donc les moins riches de
Thaïlande). C'est important de comprendre cela, car la critique sur les asiatiques d'origine chinois dans cette région du monde a souvent été portée sur leur richesse et leur monopole du pouvoir économique (voir : les émeutes en
Malaisie il y a plusieurs décennies). Dès lors, voir un sino-thaï qui s'intéresse à cette classe si délaissée, va le rendre en partie populaire. On peut donc dire que
Thaksin a d'une certaine façon lancé l'engrenage actuel. Même si c'est assez simpliste. Mais bon je suis simplet tout le monde le sait ^^
Elu, le richissime
Thaksin commence les premières réformes en faveur des classes paysannes. Mais aussi il mène une lutte ferme contre la drogue avec des actions policières très très limites (qui feront plus de 2000 morts) ainsi qu'une lutte féroce contre les musulmans du Sud tout aussi meurtrière. On le surnommera suite à cela,
"Thaksinator". Il est ensuite réélu pour un second mandat en 2005.
Malgré cela, tout décline en 2006 lorsqu'il vend pour plus d'un milliard de livres,
la société familiale Shin Corp. Les comptes montrent alors que la société a quadruplé depuis sa prise de pouvoir et qu'il n'a jamais payé d'impôts. Il est aussi accusé d'avoir usé de sa position pour faciliter des opérations financières de ses proches...
Thaksin décide alors de mettre en place des élections anticipées pour calmer l'opposition. Mais l'opposition menée par le
Parti Démocrate boycott celles-ci.
La crise ouverte entre les
Thaksin et le
Parti Démocrate a donc commencé. Une situation de crise qui met de nombreux thaïlandais dans les rues et l'instabilité du Pays.
2.
Le coup d'état : le
19
septembre
2006
, le général
Sonthi Boonyaratglin
, profite de l'absence de
Thaksin, parti à
New York, pour faire un coup d'état militaire. Les prémisses de l'opposition Rouge/Jaune commence à trouver racine. Le général est le chef des putschistes qui se nomme le
"Conseil de la Réforme Démocratique", ça ne s'invente pas !
3.
Les Rouge : Le coup d'état réalisé, les supporters de
Thaksin décident de monter aux flanc. Il créé
l'UDD ou
"United Front for Democracy Against Dictatorship". Ceux que l'on appellera les Rouge, couleur de leur blason. L'objectif : contester cette prise de pouvoir dictatoriale, qui s'en prend à un leader démocratique élu et soutenu par une partie de la population. [Ce qui me fait dire au passage en écrivant ces lignes que
Clavdia de VF est fondamentalement Rouge haha... Apparté fermé!]. Bien entendu les Rouge réfutent les accusions et les problématiques judiciaires. Thaksin est alors perçu comme une victime des oligarques, des puissants du Pays qui refusent de le voir changer, de ces royalistes nationalistes qui auraient tout à perdre avec le maintien au pouvoir d'un tel leader qui s'adresse au petit peuple...
Et oui il faut comprendre les Rouge pour comprendre toute cette zizanie : les Rouge regroupent au début une petite faction de l'armée, des dirigeants régionaux, des petits partis politiques, et des classes populaires. C'est donc un groupe peu homogène mais surtout contestataire dans une situation ou le pouvoir royal est affaiblit, avec un Roi qui n'a plus l'image d'un souverain fort, de leader nationaliste, de bâtisseur du pays, comme il a pu l'avoir dans le passé... Si les dirigeants régionaux veulent eux plus de pouvoir, cela rejoint finalement les attentes du peuple Rouge.
En effet les Rouge trouvent une parti importante de leur soutien dans la région ISSAN, délaissée par le pouvoir Thaï dans la redistribution des richesses d'un pays qui s'est énormément développé au cours des décennies précédentes. Il n'y a qu'à regarder les circuits touristiques sur 10/15jours proposés en
Thaïlande : très peu passent par l'ISSAN...voir aucun!
Et là il faudrait que je remonte au coup d'état de 1932 pour tout expliquer. La "nation thai", le "pratheet thai", le vrai pays, s'est construit autour de la région des plaines centrales, ou coule le
"Ménam chao Phraya". Avec une identité forte et des valeurs qui ont définit l'homme thaï. Dès lors les minorités ethniques, les musulmans du sud, et aussi et surtout les thaïs de l'
Issan se sont trouvés exclus du cœur des projets du pays. Il faut dire qu'il porte sur eux le marqueur social de la pauvreté : la couleur de leur peau, symbole des classes paysannes qui brûlent leur épiderme en récoltant le riz. Pas vraiment de quoi faire rêver les citadins et les sino-thaïs dont
Thaksin fait paradoxalement parti... Le modèle de beauté thaï n'est pas du tout ISSAN dans les médias : il est coréen ou occidental. Le fardeau porté par les gens d'
Issan se fait aussi par leur manque d'éducation, ainsi que les pratiques sociales parfois tragiques qui ont encore lieu (je parle ici du rôle des filles par rapport aux garçons dans les familles de l'
Issan), beaucoup plus soutenu ici qu'ailleurs dans les campagnes Thaïs. Ajouté à cela que beaucoup de filles
Issan, qui portent leur famille sur le dos, contrairement à leurs frères gâtés/pourris, joueurs et "butterflys", finissent par se prostituer sans le dire à leurs familles. Elles rapportent beaucoup d'argent à leurs familles, ou même à leurs parents qui gardent leurs enfants délaissés par un père beaucoup trop léger...Et puis pour conclure, les habitants de l'Issan se voient masqués une partie de leur passé, au profit d'un passé nationaliste bien cadré. En effet, dur d'admettre qu'une partie importante des gens se cette région ont des ancêtres Khmers et Lao... Ce qui rajoute à leur image peu glorieuse...
Pas étonnant donc que ces Rouge soient si nombreux en Issan, et qu'une partie des dirigeants provinciaux soient pour un plus fort pouvoir régional et une redistribution des cartes. Mais revenons à nos moutons !
4.
Thaksin est donc déposé par les armes, en exil. Il décide d'aller au
Cambodge retrouver son ami Hun Sen, le premier ministre Khmer, au pouvoir depuis la fin des Khmers rouge dont il a fait parti. Pour une fois qu'un Thaï et un Khmer sont si proches me direz-vous... Toutefois cette proximité entre les deux personnages ne va que renforcer l'animosité contre lui chez ses opposants.
5.
La naissance des Jaune : S
ondhi Limthongkul, richissime magnat de la presse, fonde en 2006 suite aux évènements avec Thaksin, ce mouvement, cette coalition d'opposition. La couleur jaune représente la Royauté. Il y a cette volonté de purger le milieu des affaires, la politiques de tous leurs travers. Thaksin en est d'ailleurs le représentant. Sondhi s'inscrit dans la continuité, dans le respect des valeurs et de la tradition Thaï, alors que Thaksin est un leader puissant et qui a réussi rapidement. Un leader qui n'hésite pas à bousculer le schéma traditionnel et à dépasser les limites judiciaires. Les Jaune sont en majorité des classes moyennes, supérieures et intellectuels lassés de la corruption. C'est donc une parti de la population qui a profité de la croissance thaï, et qui ne perçoit pas bien les agitations Rouge. Il faut dire que sous couvert de défendre une parti populaire du pays, les leaders Rouge ne se privent pas comme nous allons le voir...
6.
Le général à la retraite Surayud Chulanont: prend le pouvoir le 1er octobre 2006, nommé par le Roi. Il vient remplacé son homologue
Sonthi Boonyaratglin
responsable du coup d'état. Cette action menée par le Roi est censée rassurée la population thaï qui rappelons-le, à un profond respect pour
Rama IX. Il gouvernera le pays jusqu'au 29 Janvier 2008. Il ramène ainsi de la stabilité face à l'agitation politique des dernières années et les révélations choquantes faites contre
Thaksin. Il faut dire que si
Thaksin est soutenu les yeux fermés par les Rouge, il n'en reste pas moins un richissime personnage qui a joué avec l'argent du pays et dont la puissance à commencer à devenir gênante, pour les autres. La puissance de
Thaksin représentant du changement social, face à une classe oligarchique menacée par ces évolutions, et surtout sans Roi au sommet de son reigne, ne pouvait passer sans problèmes...
7.
Le retour de la démocratie : Certains pourraient voir cela comme "Le Retour du Jedi", face à une dictature militaire honteuse !!! Mais pour moi malheureusement cela s'apparentait une nouvelle fois à une erreur politique. Appelons ça "La revanche des Siths" !
Samak Sundaravej, leader du Parti Populaire du Pouvoir [ça ne s'invente pas et les thaïs auraient du voir venir...], prend le pouvoir le 29 Janvier 2008. 33eme premier ministre Thaïlandais, personnage orageux qui n'est pas du
"Parti Démocrate" ni du
"Thaï Rak Thaï", mais toutefois un proche de
Thaksin, il est censé ramener la Démocratie. On prend les mêmes et on recommence, et certains pourront dire "tous pourris", il est accusé d'avoir enfreint la législation sur les conflits d'intérêts (un de plus...) et quitte le pouvoir en Septembre 2008. Année ou son ami
Thaksin fut d'ailleurs reconnu coupable pour ses accusations judiciaires...
8.
Jamais deux sans trois... : Défait par la justice,
Samak Sundaravej est remplacé par
Somchai Wongsawat, juriste de formation (oui c'est pas une blague).Il est élu grâce à la coalition de 6 partis politiques, et figurez-vous qu'il n'est autre que le beau-frère de
THAKSIN, marié à sa sœur cadette! Le Monde est petit ! Ce qui génère une opposition naturelle du "
PAD, l'alliance du peuple pour la démocratie", qui voit en lui un leader sous l'influence de
Thaksin...Les Rouge de leur côté sont forcément content. En écrivant ces lignes j'ai l'impression de revivre les épisodes de STAR WARS, Thaksin ressemblant drôlement au Seigneur Palpatine... lol
Revenons à nos pad thaïs :
Somchai s'empresse dès son élection, de serrer la main
Abhisit Vejjajiva leader de l'opposition et du Parti Démocrate, essayant ainsi d'apaiser les tensions en
Thaïlande. Rappelons que l'ancienne leader du Parti démocrate, n'était autre que sa prof de droit... Le monde est petit, tout se mélange, je suis perdu ^^.
La première décision à laquelle il va être confronté est la révocation du passeport diplomatique de son beau frère, en exil à
Londres... J'en parle car ça fait écho à Yingluck un peu plus loin...
Sorti d'une audience avec le roi à
Hua Hin, il se présente affaiblit face aux journalistes. En effet il ne représente pas la préférence royale, étant côté Rouge. Il faut aussi savoir que la semaine précédent cet entretien, l'enterrement d'une manifestante de l'opposition tuée lors des émeutes, a vu la présence de la
Reine Sirikit et de la
Princesse... C'est dire si son avenir est déjà trouble !
Trois mois après sa prise de pouvoir le sulfureux premier ministre est démis de ses fonctions par la Justice Thaïlandaise accusé d'avoir commis des erreurs lorsqu'il travaillait pour le Département de Justice. Son parti est dissolu et il est rendu inéligible pour 5 ans
9.
L'intérim : Chaovarat Chanweerakul assure l'intérim de Premier Ministre du 2 Décembre au 17 Décembre 2008. Rien à rajouter !
10.
L'arrivée du Parti Démocrate : Leader du parti, le jeune
Abhisit Vejjajiva est élu premier ministre à la chambre des représentants. C'est un leader soutenu par les Jaune de Sondhi. On assiste donc à une prise pouvoir de l'opposition après les Rouge
Samak Sundaravej et
Somchai Wongsawat. Un changement de grande importance qui va encore accentuer la crise latente en
Thaïlande. :
Pourquoi
Abhisit va lui aussi fauter :
-Le premier évènement marquant pour le nouveau premier ministre :
L'armée dégage les manifestants de
l'UDD, les Rouge, des différents quartiers qu'ils occupent pour manifester leur protestation à
Bangkok, le 10 Avril 2010. En effet, comme vous allez le voir dans le point 2, le PRIME MINISTER est un champion lui aussi, de la légalité. Malheureusement cela tourne en affrontement, et le triste bilan est d'environ 90 morts et plus de 1000 blessés. Un drame qui va aussi expliquer pourquoi l'armée a été si longue avant d'intervenir au cours des mois précédents...
Une page sombre de l'histoire thaï qui coutera cher plus loin à
Abhisit.
-Le second arrive et il est tout chaud et je vais faire un copier/coller de Wikipédia :
"La Commission électorale thaïlandaise a décidé le 12 avril 2010, de recommander la dissolution du Parti Démocrate actuellement au pouvoir en
Thaïlande, pour avoir reçu une donation illégale de 258 millions de baht et pour une utilisation inappropriée d’un fonds de développement politique de 29 millions de baht. La Cour constitutionnelle a accepté d'examiner cette recommandation le 28 avril 2010. La Justice Thaïlandaise a décidé de ne pas sanctionner le parti Démocrates pour une raison technique : la commission électorale n'a pas soumis son dossier dans le délai de 15 jours requis par la législation."
Et oui là on peut dire que les Jaune ne sont pas mieux ! Que devait penser à ce moment
Sondhi ce leader à l'apparence si honnête... (Pour nuancer mon propos, non seulement
Sondhi fût
pro-Thaksin jusqu'en 2006, mais il sera lui aussi condamné pour des propos irrespectueux à l'encontre d'un général en 2012 : tout le monde y passe... lol. Ce n'est donc pas un saint non plus).
On peut là aussi se demander s'il n'y a pas une différence de traitement judiciaire entre Jaune et Rouge, car
Abhisit semble bien chanceux...
Bref vous l'aurez compris, la contestation contre ce premier ministre monte véritablement après les différents évènements. L'opposition des Rouge et de plus en plus pressante.
11.
Thaksin be back : Yingluck Shinawatra, sœur de
Thaksin Shinawatra, prend le pouvoir le 8 aout 2011 après des élections ou elle est véritablement l'égérie. Figure féminine, elle incarne le renouveau, le sérieux, même si elle traîne derrière elle la figure de son frère. Palpatineeee is baccccckkkk, l'empire obscur looool. Je craque.. Ce lien parental va d'ailleurs être le reproche lattent de ses opposants politiques, comme ils ont pu le faire pour des premiers ministres précédents.
Ils saisissent alors une belle occasion pour se payer la tête de
Yingluck, en proie à une erreur politique à mon sens colossal :
Un projet de loi d’amnistie met le feu aux poudres à
Bangkok, où des milliers de manifestants le contestent chaque jour depuis fin octobre 2013. Le texte, pourtant rejeté le 11 novembre par le Sénat, pourrait permettre le retour en
Thaïlande de l’ancien Premier ministre en exil depuis 2008,
Thaksin Shinawatra. Les démonstrations de force veulent pousser le gouvernement à la démission (Wikipédia parce que j'ai mal aux doigts...).
Et oui les choses ne sont pas si faciles, et à peine arrivée,
Yingluck va vite repartir.
Pendant plusieurs mois le pays va vivre dans une tension incroyable avec des manifestants décidés à faire démissionner la ministre, représentés par un leader, un ancien du
Parti Démocrate, Suthep, qui va fondé le
PDRC, dont il s'autoproclamera le chef... Belle démocratie.
Un Roi qui tenta d'apaiser les tensions lors de son anniversaire, une armée qui n'intervient et qui reste longtemps à l'écart, la dissolution du parlement par
Yingluck et sa tentative d'élections, voici les actualités jusqu'à la fin février. Je ne parle pas des manifestations des supporters de
Suthep, qui finissent par occuper et bloquer des quartiers entiers à
Bangkok. Une ambiance au top et une population qui finit par en avoir marre, y compris parmi les manifestants. C'est d'ailleurs durant ces derniers mois qu'apparurent les "Blanc", ceux qui voulaient simplement plus de calme, et qu'on respecte les élections. Je ne ferai pas de point à ce propos, je pense que ce n'est pas nécessaire. Aucunes grosses manifestations de leur part, mais une contestation silencieuse face aux agitations Rouge et Jaune. Il faut dire que
Suthep, sentant le vent en poupe et l'absence de réaction militaire faisait sentir sa volonté de faire chuter
Yingluck quoi qu'il en coute...
C'est aussi durant cette période que des messages en provenance de certains Rouge sont sortis du discours bien contrôlé habituellement. Et oui face aux Jaune dans la Rue, certains Rouge ont commencé à remettre en cause la société tout entière, le pouvoir royal, le Roi, avec des mots pas toujours tendre. Prions pour ces individus, et souhaitons qu'il ne soient jamais retrouvés par l'armée ou la police...
12.
Army encore et toujours : après des mois de silence ou plutôt d'inaction, l'armée passe à l'attaque dans une période ou très franchement la tension était à son maximum.
Thaksin a été reconnue coupable de ses chefs d'accusation par une justice toujours "neutre". Sous contrôle des forces de l'armée au début, tout comme
Suthep, ainsi que tout le système politique, elle a aujourd'hui recouvert une certaine liberté. Vous connaissez la situation aujourd'hui...
Voilà c'était mon récap et j'espère ne pas avoir trop bâcler la fin.
J'espère aussi avoir apporter un peu plus de clarté à la situation à
Islogged qui voulait comprendre.
En conclusion, j'espère avoir démontrer que l'armée est loin d'être la plus dangereuse pour ce pays. Mais que les démocrate ont abusés de tous les vices et conduit à une telle situation. Bien sur la dictature militaire à ses revers, mais sont-ils pires que ceux de la Démocratie...?
Je vous laisse songeur et j'espère que mon blabla vous permettra de comprendre pourquoi certains thaïs sont contents de l'armée pour une période de transition...
A bientôt