Valmichel86 · 7 janvier 2025 à 22:52 · 286 photos 61 messages · 5 participants · 2 503 affichages | | | | JOUR13 : dimanche 8 septembre 2024 (suite)
Juste au pied des escaliers devant la façade de la cathédrale, le palais épiscopal (beau bâtiment du 13ième siècle) est ouvert à la visite avec un musée au rez-de-chaussée et les pièces de représentation à l'étage. De la même époque que la Vierge à l'enfant de la cathédrale (13ième siècle), plusieurs crucifix en bois polychrome sont présentés.
Parmi les peintures, j'ai retenu une Annonciation (Andrea di Nerio ; vers 1350). Je choisirai souvent ce sujet pour pouvoir comparer les périodes et les peintres sur un thème commun.
Pour terminer avec le musée, Giorgio Vasari, très attaché à sa ville, a peint un étendard processionnel pour la compagnie des "Peducci" (1549). Sur une des faces, le sujet choisi est la prédication de Saint Jean-Baptiste.
Les pièces de représentation ont été peintes à fresque au début du 17ième siècle par Teofilo Torri. Celle ci-dessous (dont je ne me rappelle ni le nom, ni la fonction) est attenante à la grande salle de Justice.
Fin du jour 13. | | | Annonce · Sponsorisé | | | Jour 14 : lundi 9 septembre 2024
Belle journée, sans chaleur, à Arezzo. Je stationne près de la gare de Pescaiola et me déplace ensuite en vélo et à pied. la personnalité la plus connue et marquante d' Arezzo est Giorgio Vasari (1511-1574) ; peintre, architecte, il "inventa" aussi l'histoire de l'Art. Il revint régulièrement séjourner dans sa ville et y acheta une maison qu'il décora lui-même (sans doute avec des aides, comme cela se faisait à l'époque). "Casa Vasari" est donc une maison d'artiste de la Renaissance, un témoignage plutôt rare.
Mes choix de photos (pour toute la suite) seront très sélectifs et arbitraires ; je laisserai de côté des parties de monuments, voire des monuments entiers, pour ne montrer que ce qui reste le plus vif dans ma mémoire quand je rédige avec plusieurs mois de recul.
La chambre de la Renommée et des Arts vaut pour son architecture et ses peintures (vue d'ensemble ci-dessous).
Au plafond, la Renommée, assise su un globe, souffle dans une trompette.
Entre 2 lunettes décorées avec des portraits de peintres, la Poésie est absorbée par sa création.
La plus grande salle, entièrement décorée de fresques, est la salle du triomphe de la Vertu ; au centre du plafond (à caissons), allégories de la Vertu, de la Fortune et de l'Envie.
Entourant la fresque ci-dessus pour compléter la décoration du plafond, quatre peintures représentent les 4 âges de la vie, dont l'enfance.
A la sortie de "Casa Vasari", je monte vers la cathédrale et arrive rapidement sur une place où se dresse l'église Saint Dominique (Chiesa di San Domenico). Gothique, elle possède une façade élégante à laquelle le campanile participe en créant une asymétrie. L'intérieur, outre de nombreuses fresques, contient un grand crucifix peint de Cimabue.
Dans l'après-midi, les drapeaux installés sur la tour du Palazzo dei Priori (actuel hôtel de ville) flottent au vent (photo prise Via Andrea Cesalpino).
Suite de la journée au prochain message. | | | À: Valmichel86 · 1 février 2025 à 22:32 · Modifié le 2 fév. 2025 à 21:24 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 23 de 61 · Page 2 de 4 · 389 affichages · Partager Jour 14 : lundi 9 septembre 2024 (suite)
Quelques mètres plus bas, je suis devant la basilique San Francesco. Cette église, la plus connue d' Arezzo, est aussi un musée national et renferme une œuvre exceptionnelle : les fresques de Piero della Francesca dans la "Cappella Bacci". Cette chapelle porte le nom de la riche famille qui passa commande des fresques.
Les voûtes de la chapelle ont été peintes par Bicci di Lorenzo qui décéda peu après. C'est alors que l'on fit appel à Piero della Francesca. Celui-ci composa un cycle pictural illustrant la "légende de le Vraie Croix", légende de la croix sur laquelle Jésus aurait été crucifié. Piero della Francesca n'a pas disposé les scènes dans l'ordre chronologique ; il a utilisé la symétrie de la chapelle pour les placer. Exemple : il y a deux grandes scènes de bataille ; elles sont disposées symétriquement par rapport à l'axe de la chapelle. J'ai choisi 5 fresques et me tiendrai à l'ordre chronologique.
Adoration du Bois Sacré et rencontre entre la reine de Saba et le roi Salomon.
La reine de Saba arrive devant un pont de bois et s'agenouille car elle pressent la prophétie liée à ce bois.
La reine de Saba rencontre Salomon et lui fait part de la prophétie ; tous les personnages de la scène sont richement vêtus à la mode du Quattrocento.
Le songe de Constantin.
La veille de la bataille qui va l'opposer à Maxence, Constantin fait un songe et entend une voix qui lui dit de combattre sous la protection de la Croix. Une scène de nuit qui a fait date dans l'histoire de l'art.
Victoire de Constantin sur Maxence à la bataille du pont Milvius.
Sur la droite (fresque abîmée), Maxence est déjà en fuite. A gauche, l'armée de Constantin a plus l'air de défiler ou de parader que de combattre : victoire spirituelle sans bataille sanglante ?
Entre les 2 armées, le Tibre, près duquel se déroule la bataille est représenté avec des détails (maisons, arbres, reflets, canards) ; le paysage au fond (avec plus de relief) a fait dire à des spécialistes que Piero a remplacé les environs de Rome (lieu réel) par la Toscane : haute vallée du Tibre où il est né. Ce n'est pas convaincant quand on regarde la fresque.
Découverte de la vraie croix
J'ai photographié la moitié gauche de la fresque, puis la moitié droite ; les 2 moitiés représentent des scènes différentes (c'est le même principe que pour la première fresque choisie, reine de Saba et Salomon). On déterre 3 croix dans un champ (je n'en vois que 2) ; elles sont présentées à Hélène, mère de Constantin. On est à la campagne en vue des remparts de Jérusalem, mais le paysage est toscan et la ville sur la colline est Arezzo. Le personnage à droite d'Hélène et de son nain de cour, en habit blanc, face au spectateur, serait Piero della Francesca (autoportrait placé dans l'ensemble pictural).
Un mort ressuscite et sort de son cercueil, miracle qui permet d'identifier la vraie croix. On est maintenant en ville (construction d'une architecture) ; les personnages habillés à la mode du Quattrocento, comme dans les autres scènes.
Bataille entre Héraclius et Kosroes.
J'ai choisi une partie de cette grande fresque, celle dans laquelle interviennent dans la bataille les cavaliers chrétiens (intervention décisive pour la victoire).
Cet ensemble de fresques est connu dans le monde entier comme chef d’œuvre absolu de la peinture de Renaissance.
En fin d'après-midi, je fais à vélo un bout de chemin sur le "sentiero della bonifica", qui longe le grand canal d'assainissement de la Valdichiana (tronçon de Chiani à I Ponti). | | | Panne de wifi réparée. Je vais reprendre la rédaction du carnet. | | | À: Valmichel86 · 9 février 2025 à 21:41 · Modifié le 11 fév. 2025 à 10:55 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 25 de 61 · Page 2 de 4 · 372 affichages · Partager Jour15 : mardi 10 septembre 2024
Pour cette nouvelle journée à Arezzo, je visite le MAMM (Musée d'Art Médiéval et Moderne) installé dans un palais du Quattrocento, le "palazzo Bruni Ciocchi" (cour avec portique ci-dessous).
Le musée comporte une vingtaine de salles organisées selon un parcours chronologique ; les photos sélectionnées suivent cet ordre.
La Madonna di Montelungo (vers 1250) a été peinte par Margarito d' Arezzo, né à Arezzo vers 1220, un des premiers artistes toscans connus. Il signait ses tableaux (voir le bas de la photo).
Deux siècles plus tard, Parri di Spinello peint une "Madonna della Misericordia", avec prédelle (1435-1437). C'est le plus grand peintre à Arezzo dans les années 1420-1450.
Giorgio Vasari fait lui aussi une "Madonna col Bambino", traitée de façon très différente (1536-1537). Le tableau est connu sous le nom de "Pala si San Rocco", parce que peint pour la "Compagnia di San Rocco" (une confrérie).
La peinture du 19ième siècle évoque l'Unité Italienne avec le tableau de Carlo Ademollo : la bataille de San Martino (1861). le tableau est peint 2 ans après la bataille (1859) connue en France sous le nom de Solférino ; San Martino est l'endroit où les troupes sardes ont combattu ; les troupes françaises étaient plus proches de Solférino (2 villages voisins en Lombardie).
L'après-midi, je reviens sur Piazza Grande (photos différentes du jour 13 et faites sous un ciel plus bleu). Le chevet de l'église paroissiale Sainte Marie (Santa Maria) donne sur un angle de la place.
Les "Logge Vasari" sont exposées au sud ; elles forment une belle enfilade avec des terrasses de cafés-restaurants peu chargées cet après-midi.
suite de la journée au prochain message. | | | Ce reportage détaillé me donne envie d'aller découvrir Arezzo et cette région de Toscane que je ne connais pas. | | | Jour 15 : mardi 10 septembre 2024 (suite)
Voici les "Logge" et l'église Santa Maria rassemblées sur une même photo ; entre les deux, se trouve le Palais de la Fraternité des Laïcs que je vais visiter.
La visite commence par la salle d'audience du palais dans laquelle se trouve la fresque de la "Madonne de la Miséricorde" (1448) ; le peintre, Parri di Spinello, est celui du tableau du musée sur le même sujet. La commande étant payée par la Fraternité (on en connait le montant), les personnes sous le manteau de la Vierge (il y a foule) sont des arétins bienfaiteurs et/ou membres (de la Fraternité) dont beaucoup, d'après les indications fournies, ont été identifiés.
Certaines toiles présentées sont des témoignages historiques comme cette vue de Piazza Grande, signée de Cristoforo di Donato Conti ; elle date du Settecento, siècle où les "vedute" étaient à la mode ; la place n'a pas beaucoup changé depuis.
Je regarde cette maquette comme un autre témoignage historique, la plus ancienne maquette d'architecte que j'ai vue ; Vasari la fit réaliser en 1572, année où il fut chargé de la conception du projet. La maquette, limitée à deux arches, a peut-être servi à convaincre les édiles du caractère modulaire du projet. Après la mort de Vasari (1574), la construction se poursuivit sur ce principe (achèvement en 1595), les boutiques du rez-de-chaussée étant vendues par module au fur et à mesure de l'avancement.
La vue depuis la terrasse panoramique est plongeante sur Piazza Grande et circulaire sur la ville d' Arezzo.
L'église paroissiale "Santa Maria della Pieve" est située tout près de la place (accès par Corso Italia). Elle abrite le grand polyptyque de Pietro Lorenzetti (1320), dit polyptyque Tarlati, l'évêque d' Arezzo l'ayant commandé au peintre qui n'est pas arétin mais siennois. Le manteau de la Vierge est très particulier, le peintre ayant représenté des parties en fourrure (mais quelle fourrure ?).
Je termine la journée avec cette église et son campanile ; emblématique d' Arezzo, il est appelé campanile aux cent trous à cause de ses fenêtres géminées sur les quatre côtés. Photo prise Via Bicchieraia (façade en rénovation ; campanile bien visible également depuis la terrasse panoramique (cf ci-dessus]).
| | | À: Valmichel86 · 11 février 2025 à 22:59 · Modifié le 12 fév. 2025 à 17:19 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 28 de 61 · Page 2 de 4 · 349 affichages · Partager Jour 16 : mercredi 11 septembre 2024
Ce matin, à Arezzo, se tient dans les rues situées au pied de la colline un marché très fréquenté ; il faut se faufiler entre les étals pour accéder au musée archéologique (musée Gaio Cilnio Mecenate en italien). Ce romain originaire d' Arezzo, conseiller de l'empereur Auguste, nommé Gaius Cilnius Maecenas en latin, est, par son action, à l'origine des mots mécène et mécénat. Le musée est contigu à l'amphithéâtre romain, à l’arène bien visible, mais dont il ne reste rien en élévation. Les collections se répartissent entre époque étrusque (les Étrusques étaient très présents dans la Toscane actuelle, à l'est et au sud surtout) et époque romaine. Photos toujours délicates en archéologie (vitrines, reflets).
A l'époque étrusque, les plus belles pièces de céramique étaient importées de Grèce, ici le cratère d'Euphronios (origine Attique ; environ 510 avant JC) avec une lutte Hercule et les Amazones.
Une amphore à figures rouges, toujours d'origine attique (datée de 415 avant JC environ), est décorée avec "Pelops et Hippodamie sur un quadrige". Voici les personnages sur le char.
Et maintenant les quatre chevaux.
Toujours à l'époque étrusque (environ 600 avant JC), le torse de Marciano (village de la Valdichiana) est sculpté en pierre fétide, une pierre calcaire tendre ; elle a souvent été utilisée par les étrusques pour les monuments funéraires.
Passons à la période romaine et à la splendeur d' Arezzo : à partir du 1er siècle après JC, pendant une durée dépassant 100 ans, Arezzo est le plus grand centre de production de céramique sigillée de l'empire. Il s'agit d'une céramique de table à vernis rouge de belle facture. Un exemple de tasse à 2 anses avec des joueuses d'osselets.
C'était une fabrication en série réalisée dans des ateliers qui signaient leur production (plus d'une centaine d'ateliers). Exemple avec la signature de C. Volusenus (1er ou 2ième siècle après JC).
Le médaillon d' Arezzo est une curiosité réalisée en crysographie (gravure et peinture sur feuille d'or entre 2 plaques de verre [ne me demandez pas plus d'explications]) ; il date de l'époque impériale, 3ième ou 4ième siècle après JC. Il existe dans le monde une dizaine de médaillons produits avec cette technique.
Suite de la journée au prochain message. | | | Jour 16 : mercredi 11 septembre 2024 (suite)
L'après-midi je monte tout en haut de la colline San Donato (la colline d' Arezzo) où a été construite la forteresse Médicis (16ième siècle). Venant de la ville, on y accède par une porte desservant un grand couloir intérieur dans l'épaisseur de la fortification ; s'agissant d'architecture militaire, tous les murs sont nus dans ces locaux. Il ne faut pas s'attendre à autre chose qu'une promenade sur les remparts.
Les vues depuis les remparts ne sont pas dirigées vers la ville (au sud-ouest), mais vers les autres directions. La photo donne une idée des environs d' Arezzo avec, au fond au nord, la montagne appelée "alpe di Catenaia". La terrasse plantée de pins parasols visible à quelques centaines de mètres est un grand jardin public : "parco il prato".
Je vais redescendre en ville et aller à la "Badia di Santa Flora e Lucilla", église située non loin de San Francesco. Vasari la transforma d'un point de vue architectural ; au 19ième siècle, un autel monumental réalisé par Vasari pour la chapelle de sa famille dans la "Pieve di Santa Maria" (cf hier) a été transféré ici, où il occupe la place d'autel principal.
Dans cette église, on peut voir une "Visitation" de Giovanni Antonio Lappoli (1524). Les informations lues, soit sur place, soit dans une documentation remise à Arezzo (je ne sais plus), présentaient le peintre comme médiocre, meilleur musicien (et plus intéressé par la musique) que peintre, et donnaient à l'appui de ces critiques 1-les visages stéréotypés et peu expressifs 2- les drapés qui révèlent un manque de technique manifeste. Je n'avais jamais été confronté à une présentation "descendant" de cette façon ce qui est exposé, mais il faut reconnaître, à l'observation, une certaine justesse quant aux deux points ci-dessus.
Retour à Ruscello. | | | À: Valmichel86 · 13 février 2025 à 21:02 · Modifié le 15 fév. 2025 à 19:00 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 30 de 61 · Page 2 de 4 · 336 affichages · Partager Jour 17 : jeudi 12 septembre 2024
Le temps est incertain en début de matinée ; je pars assez tard en espérant une amélioration qui ne viendra pas ; la journée sera pluvieuse (averses) et vraiment froide pour un mois de septembre. Je vais dans la vallée de l'Arno et j'ai prévu une activité en extérieur.
Je me rends à San Giovanni Valdarno ; j'y trouve de la documentation en toute fin de matinée puis je monte jusqu'à Castelfranco di Sopra qui sera le point de départ d'une randonnée dans les "Balze" : "area naturale le Balze" sur la carte ; le point rouge est Castelfranco di Sopra. Le circuit me fait passer devant les zones ravinées et les escarpements caractéristiques de cette zone. Je dois aussi me mettre à l'abri de la pluie pendant un bon moment.
Parmi ces formes caractéristiques, il y a des piliers d'érosion comme au centre de la photo ci-dessous. Je n'ai vu que ce qui se trouve sur la boucle au départ de Castelfranco di Sopra ; on trouve d'autres sites en allant en direction de Loro Ciuffenna.
Maintenant voici le célébrissime tableau de Leonardo da Vinci : la Joconde.
Quand on regarde le paysage représenté à côté de l'épaule droite du modèle, on remarque qu'il ressemble beaucoup à ce que je viens de voir : les "Balze" du Valdarno supérieur (je trouve la ressemblance vraiment convaincante). Des spécialistes ont suggéré que Leonardo avait peint ce paysage (qu'il connaissait) comme fond de son tableau ; mais, vu la célébrité du tableau, il existe de multiples hypothèses pour le paysage de fond (en Toscane et dans d'autres régions d' Italie). Leonardo peut aussi avoir rassemblé plusieurs paysages d'origines différentes sur son tableau ou bien peint un paysage totalement imaginaire.
Pour ce qui concerne les autres parties du paysage, le pont à plusieurs arches près de l'épaule gauche de Mona Lisa ne peut se trouver exactement dans les "Balze" ; il parait toutefois qu'il y en a un qui pourrait convenir à une vingtaine de kilomètres. Le lac entouré de sommets déchiquetés, à hauteur du visage du modèle, est absolument introuvable dans cette partie de la Toscane.
De retour à San Giovanni Valdarno, je visite le "museo della Basilica di Santa Maria delle Grazie". J'ai sélectionné deux œuvres avant de passer à ce qui fait la réputation du musée. Mariotto di Cristofano est né à San Giovanni ; voici un détail d'un "Christus patiens entre la Madone et Ste Lucie" (vers 1420).
Ce n'est pas le seul peintre né à San Giovanni ; Masaccio y est né ainsi que son frère, surnommé "Lo Scheggia". Ce dernier, peintre également, s'est spécialisé comme peintre de mobilier pour les classes aisées. Le musée expose une face de coffre de mariage, exemple-type de cette production : histoire de "Trajan et la veuve" (vers 1430-1440).
Mais on vient dans ce musée pour une raison précise ; il présente une des trois "Annonciations" peintes par Fra Angelico (Guido di Pietro, Fra Giovanni da Fiesole, Fra Angelico ou Beato Angelico) vers 1430-1440.
Je visite ensuite un autre petit musée dit, des "Terres Nouvelles", installé dans le Palais d'Arnolfo. J'y apprends le pourquoi d'un plan rectangulaire à l'intérieur d'une enceinte (pour San Giovanni), plan que j'avais remarqué en venant dans le centre. San Giovanni a été créé de toutes pièces par les Florentins pour des raisons politiques. Ils se méfiaient de la noblesse locale (féodale) et voulaient attirer une partie de la population dans des villes nouvelles pour la soustraire à l'influence de cette noblesse locale. Et, pour beaucoup de terres (ou villes) nouvelles, le plan était rectangulaire. Dans une salle du Palais sont présentés des tableaux ronds, destinés à une villa des Médicis, d'un peintre né ici, Giovanni Manozzi, dit Giovanni da San Giovanni (début du Seicento). Bacchus et Ariane.
A la sortie, je me retrouve sur la place en face de la basilique.
Et, quand on vient de voir le plan de San Giovanni dans le musée, on réalise tout de suite qu'au fond de la place (milieu d'un côté du rectangle-enceinte), il devrait y avoir une porte (la disposition semble de toute façon bizarre). En fait, il y avait une porte ; puis un miracle a eu lieu. En 1478, une femme de 75 ans (Monna Tancia) s'agenouille sous la porte devant l'image de la Madone ; son petit-fils, nourrisson, est orphelin (parents morts de la peste) ; elle peut ensuite l'allaiter et le sauver d'une mort certaine. On construisit un oratoire, puis une chapelle (ou le contraire), par la suite une église, devenue basilique... et il n'y a plus de porte au fond de la place.
Retour tardif à Ruscello. | | | Jour 18 : vendredi 13 septembre 2024
Journée froide, ventée, mais plutôt ensoleillée. Je vais voir 2 villages médiévaux situés dans la Valtiberina : Monterchi et Anghiari. Petite carte de la boucle effectuée (et ce n'est pas du google).
Monterchi est perché sur une colline isolée et le paysage sur la campagne environnante est agréable. De plus il donne une idée assez exacte de ce coin de Toscane.
Monterchi est à l'intérieur d'une enceinte et possède un caractère moyenâgeux marqué. Ici une maison à l'intérieur des murs.
Je me rends ensuite à Anghiari. Ce village domine la Valtiberina ; il est plus grand que Monterchi et appartient au club des plus beaux villages d' Italie (I borghi più belli d'Italia). Remparts, café-terrasse et vue sur la vallée du Tevere (Tibre).
Sur un des points hauts du village, le palazzo Pretorio (ou palais du vicaire) est aujourd'hui occupé par l'hôtel de ville. C'est un palais du Trecento avec plan en L, dont la façade est ornée des armoiries des vicaires et podestats nommés par Firenze.
On trouve aussi à Anghiari des portes, des escaliers, des ruelles en pente, des tours...
On y trouve aussi des églises et au moins deux musées. Le palazzo Taglieschi abrite le musée national dans un enchevêtrement de maisons moyenâgeuses ; c'est un musée d'art, mais il y a aussi de l'ethnographie. Voici une Madone du Trecento provenant de la Valtiberina ; la position de la Vierge (complètement de face) et les cheveux tressés la rattachent à une tradition populaire.
Je ne montrerai rien d'autre qui soit à l'intérieur d'une église ou d'un musée.
Suite de la journée au prochain message. | | | Jour 18 : vendredi 13 septembre (suite)
Il y a un autre musée dans le village, le musée de la bataille d'Anghiari (1440). Cette bataille vit la victoire des Florentins sur les Milanais ; elle est célèbre à cause d'un tableau perdu commandé à Leonardo da Vinci dans un but commémoratif pour orner le Palazzo Vecchio à Firenze. De la promenade des remparts on peut voir le site de la bataille. D'après les informations fournies, elle aurait eu lieu dans la plaine un peu plus loin que la dernière voiture visible sur la route. Il existe aussi une promenade (non faite) sur le site même de la bataille. Au fond, on devine la ville de Sansepolcro.
Reste enfin à trouver un point de vue d'ensemble sur le village en changeant de colline. L'église Sant'Agostino est construite sur le rempart avec une abside ressemblant à une tour.
Un plan plus large fait voir tout le rempart et l'ensemble de la partie la plus ancienne, appelée "ll Borghetto".
Retour à Arezzo par le col de Scheggia. | | | Au passant par ton circuit, j'ai noté le site des plus beaux villages d' Italie. Il est enregistré dans mes favoris. Merci. | | | À: Valmichel86 · 18 février 2025 à 12:14 · Modifié le 19 fév. 2025 à 10:02 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 34 de 61 · Page 2 de 4 · 303 affichages · Partager Jour 19 : samedi 14 septembre 2024
Je vais passer la journée à Cortona ; comme il y a beaucoup à voir à Cortona (pour mon rythme de visite), la journée sera assez chargée (départ tôt, retour tard) ; le temps est encore frais, mais le vent est tombé et il y a du soleil, donc un ressenti bien meilleur. Le site de Cortona est exceptionnel ; la ville est sur une colline, à mi-pente, mais la plaine au pied est à 400 mètres d'altitude et la forteresse de Girifalco en haut à 650 mètres ; ce n'est donc pas une petite butte, mais un belvédère remarquable sur la région, utilisé et fortifié depuis l'époque étrusque (un des plus important centre étrusque probablement). Je réussis à stationner près de la muraille étrusque (5ième siècle avant JC), qui doit faire environ 4 km de long et s'étend jusqu'au sommet de la colline. Elle entoure la ville historique et est vraiment impressionnante quand on pense à la date de construction.
A Cortona, deux sortes de rues existent : les premières suivent les courbes de niveau, les secondes relient entre elles les premières et sont en forte pente. Je pénètre en ville par "porta Bifora" percée dans la muraille et monte par une rue qui suit la ligne de plus grande pente jusqu'à Piazza della Republica, la place centrale. Le "Palazzo comunale" domine la place : tour-horloge et grand escalier d'époque Renaissance sur un bâti médiéval.
Tout près, "Piazza Signorelli" est la deuxième place de la ville ; ce matin, sur les deux places se tient un marché qui attire beaucoup de monde, des locaux mais aussi des touristes ; c'est le seul endroit du voyage où j'ai vu autant de touristes étrangers. Je continue jusqu'à "Piazza Duomo" (belvédère sur la Valdichiana) où, en face de la cathédrale, se trouve le musée diocésain. Relativement petit, il présente des œuvres de premier plan.
Luca Signorelli (1450-1524), né et mort à Cortona, est la gloire de la ville ; c'est un des grands peintres de la Renaissance italienne. Communion des apôtres (1512) avec un gros plan sur Judas.
Un autre tableau représente Santa Margherita da Cortona, morte en 1297, et des scènes de sa vie. Le peintre est anonyme, donné comme Siennois, du Trecento. La Sainte porte une auréole bien avant sa canonisation datée du 18ième siècle. Comme quoi la dévotion populaire est allée beaucoup plus vite que l’Église officielle...
Ce musée possède une deuxième Annonciation peinte par Beato Angelico (cf San Giovanni Valdarno, Jour 17, pour la première).
Je préfère celle-ci à cause des différences suivantes : - l'architecture où se place la scène - les ailes de l'archange - l'archange est statique sur la première ; il est (presque) encore en mouvement sur celle-ci - les mains de l'archange renforcent ses paroles dans celle-ci.
Le long de la muraille, en-dessous du musée, "Via Janelli" est bordée de maisons médiévales (je n'ai pas de document les datant) ; je remarque la construction en brique à partir du premier étage, les "palazzi" sont en pierre sur toute leur hauteur, eux.
Suite de la journée au prochain message. | | | À: Valmichel86 · 19 février 2025 à 21:31 · Modifié le 20 fév. 2025 à 11:08 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 35 de 61 · Page 2 de 4 · 293 affichages · Partager Jour 19 : samedi 14 septembre (suite)
L'après-midi, je visite le MAEC (Musée de l'Académie Étrusque et de la ville de Cortona) dont je retiens la partie étrusque. Cette statue provient du tumulus de Sodo, un tumulus étrusque situé au pied de la colline de Cortona ; elle faisait partie de l'accès à un podium-autel.
Pour mieux comprendre ce qu'est cette statue, j'illustre ce que j'ai vu, sur place, à Sodo en fin de journée quand je suis allé sur le site du tumulus. On accédait au tumulus par un escalier en pierre, dont la sculpture était un élément des rampes latérales ; en haut de l'escalier se trouvait le podium-autel. Cet escalier a été reconstitué en incorporant quelques blocs d'époque, mais pas les statues (originaux au musée, reproductions au tumulus).
Sur une bonne partie de la circonférence du tumulus, le mur de soutènement est d'origine (6ième - 5ième siècle avant JC) ; le tumulus contient 2 tombes datées de cette époque.
Retour au MAEC qui expose de nombreuses pièces étrusques ; voici une amphore en "bucchero" (fin 7ième, début 6ième siècle avant JC), céramique noire et brillante, monochrome.
Les amphores funéraires sont décorées avec de petites pièces en bronze, ici des têtes de dragon.
Je termine la visite avec une pièce impressionnante : un grand chandelier en bronze. La photo ne rend pas bien compte des dimensions et de l’extrême complication de l'ouvrage assurément très lourd (16 brûleurs, de nombreuses figures). Les archéologues pensent qu'il aurait pu servir à éclairer un lieu de culte.
Je fais ensuite une promenade en ville à la recherche de points de vue qui ne peuvent manquer d'exister compte-tenu de la position de Cortona. "Via Santa Margherita" longe l'enceinte et la vue s'ouvre quand j'arrive au début de la Via Crucis. Je me trouve sur le versant sud de la colline avec au loin le lac Trasimène (lago Trasimeno), en Ombrie (Umbria).
Plus loin, vers le sud de la Toscana, Monte Amiata avec sa forme de volcan : 1700 mètres quand même. Au premier plan, la Valdichiana.
| | | À: Valmichel86 · 20 février 2025 à 21:31 · Modifié le 21 fév. 2025 à 21:17 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 36 de 61 · Page 2 de 4 · 285 affichages · Partager Jour 20 : dimanche 15 septembre 2024
Je retourne à Arezzo une dernière fois pour visiter la maison-musée Ivan Bruschi ; elle occupe un bel immeuble, le "palazzo del Capitano" (palais du Capitaine du peuple), situé Corso Italia, en face de la "Pieve di Santa Maria". Je suis réservé sur l'intérieur : il y a beaucoup de choses mais elles ne sont pas mises en valeur et c'est un véritable fouillis. Une fondation d'une banque (je ne sais plus laquelle) a constitué une collection de tableaux présentée dans la maison (mieux que les autres objets). Voici une façon de traiter l'Annonciation qui date de la toute fin du 16ième siècle : Alessandro Allori (1591), peintre de la fin de la période maniériste.
En avançant dans le temps, on arrive au milieu du Seicento avec Giovanni Battista Salvi, dit "il Sassoferrato" du nom de son lieu de naissance ; il est connu comme le peintre des Madones, spécialiste de ce sujet qu'il a traité des centaines de fois, sans doute parce qu'il a vécu en pleine Contre-Réforme. Son style est classique avec beaucoup de douceur, d'équilibre, de sérénité ce qui transparait dans le tableau exposé.
Une exposition temporaire est ouverte depuis quelques jours, consacrée aux joutes et tournois en Toscane. j'ai choisi un mannequin (fabrication florentine, 1579).
Dans le centre-ville, je remarque aussi des petits panneaux, placés sur les lieux de tournage du film "La vita è bella" (Roberto Benigni, 1998). Je quitte la ville en passant par "piazza Sant'Agostino", un endroit où je n'étais pas encore venu.
C'est le moment d'insérer une petite carte.
Le trajet d'hier va de Ruscello (extrémité du trait bleu en haut de la carte) à Cortona (en bas à droite). Cet après-midi, je fais une promenade en vélo sur le "sentiero della bonifica" : le tronçon Pieve al Toppo - Frassineto qui prolonge celui fait le jour 14. "Bonifica" signifie assainissement ; cette plaine, la Valdichiana, où les eaux stagnaient, a fait l'objet de travaux de drainage et mise en valeur agricole au 18ième siècle (de mémoire) ; le canal principal (canale maestro) conduit les eaux vers l'Arno et le "sentiero della bonifica" le longe : cela fait une voie plate d'une soixantaine de km partant des environs d' Arezzo en direction du sud (Chiusi). Le trajet fait n'est pas sur la carte (on voit Pieve al Toppo, le point de départ, puis c'est en direction du point noir), car c'est une piste cyclable avec des passages en gravel, d'autres en terre (strada bianca), d'autres en herbe (plus rares).
Je vais ensuite voir un village qui domine la Valdichiana : Civitella in Val di Chiana. Voir la situation sur la carte. Point de vue sur la Valdichiana.
Le village est entouré par une enceinte, comporte une église et une "rocca" (forteresse) ; la rue principale va de l'église à la "rocca". Ci-dessous la partie basse du village, le long de l''enceinte.
La forteresse est une forteresse lombarde, ce qui la fait remonter à la période 600-800 ; la photo est une vue du donjon, qui a été endommagé par les troupes allemandes en 1944.
Ce village est un village martyr ; les troupes allemandes y ont exécuté plus de 200 personnes le 29 juin 1944, un des massacres de masse de la guerre en Italie. Un lieu de mémoire est aménagé sous les arcades de la rue principale.
Retour à Ruscello. | | | À: Valmichel86 · 22 février 2025 à 21:57 · Modifié le 23 fév. 2025 à 11:42 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 37 de 61 · Page 2 de 4 · 273 affichages · Partager Jour 21 : lundi 16 septembre 2024
Je vais rejoindre le dernier camping du voyage, aux environs de Siena, à Sovicille exactement. Comme il y a environ 60km pour y aller, j'ai tout le temps de faire le trajet, m'installer, manger et être prêt pour me rendre à Poggibonsi dans l'après-midi.
La dernière partie du voyage (les environs de Siena) commence ; elle va s'articuler autour de la "Via Francigena" (le parcours piéton) que je vais suivre (majoritairement en VTT, un peu à pied) à partir de Colle di Val d'Elsa. Je ferai aussi pas mal de visites en restant toujours dans la moitié gauche de la carte ci-dessus. La "Via Francigena" est un chemin de pèlerinage qui va de Canterbury à Roma ; n'étant pas pèlerin, je le considère comme un GR ; en Toscana, je l'ai parcouru du nord de la région jusqu'à Colle di Val d'Elsa, ville à partir de laquelle je vais reprendre le parcours en direction du sud. Les étapes telles que fournies sur le site de la "Via Francigena". Etape 32 : de San Gimignano à Monteriggioni (à partir de Colle di Val d'Elsa) Etape 33 : de Monteriggioni à SienaEtape 34 : de Siena à Ponte d'Arbia Etape 35 de Ponte d'Arbia à San Quirico (jusqu'à Buonconvento)
J'ai choisi d'aller voir la forteresse de Poggio Imperiale à Poggibonsi. Cette forteresse est le premier grand projet (inachevé) de fortification des possessions florentines par les Médicis au tout début du Cinquecento. Je n'ai pas pu me représenter la forme de la forteresse avec son enceinte, à cause de la complication du relief. A l'intérieur, la citadelle (cassero) de plan pentagonal est construite sur un éperon ; c'est elle que je vais visiter. J'ai pris la photo depuis le monastère San Lucchese, situé sur une colline un peu plus élevée.
L'éperon est complètement barré par cette muraille et la seule entrée dans la citadelle est la porte que l'on voit au fond (photo ci-dessous). On passe ensuite dans un long tunnel pour arriver dans une zone de casernement et déboucher sur la place d'armes. Sur la photo ci-dessus, la muraille et la zone de casernement sont à gauche ; la place d'armes, à droite, s'étend jusqu'à l'extrémité de l'éperon.
Je suis maintenant sur la place d'armes et regarde vers les casernements.
Du bout de l'éperon, la vue sur Poggibonsi et ses environs est étendue, ici en direction du château de Strozzavolpe.
Je me rends ensuite au monastère San Lucchese ; l'église, précédée d'un portique, est à nef unique; A l'entrée d'une chapelle se trouve une série de fresques illustrant l'histoire de Santo Stefano. Le Saint est enlevé dans son berceau par des diables qui l'emportent en bateau ; ils placent dans le berceau un petit diable pour tromper la vigilance de sa nourrice ; elle pourrait ne pas voir les cornes et penser que l'enfant est toujours là (Cennino Cennini ; 1388). Voilà un roman en images avant que ce genre littéraire soit inventé (ou une vie romancée, si on préfère).
Je termine cette journée à Colle di Val d'Elsa en parcourant un petit tronçon de la "Via Francigena" (qui ne peut se faire qu'à pied). Il s'agit de la traversée du parc fluvial ; le sentier suit le cours de la rivière depuis la piscine jusqu'à la sortie sud de la ville (frazione di Gracciano).
Un parcours rafraîchissant propice, à certains endroits, à la baignade, le tout à quelques pas de la ville. | | | À: Valmichel86 · 23 février 2025 à 22:09 · Modifié le 24 fév. 2025 à 20:59 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 38 de 61 · Page 2 de 4 · 264 affichages · Partager Jour 22 : mardi 17 septembre 2024
Je vais pour la journée à Colle di Val d'Elsa (carte d'hier) avec une visite prévue le matin et du VTT sur la "Via Francigena" l'après-midi, le tout sous un temps médiocre et bien frais (sweat-shirt nécessaire).Le complexe San Pietro occupe les locaux de l'ancien monastère éponyme en ville haute ; il est ouvert depuis peu et la présentation est soignée. Voici un tableau intitulé "Naissance de la Vierge" (fin du Trecento) ; si on le regarde comme un témoignage, Cennino Cennini a peint un intérieur toscan de l'époque.
A la même époque (deuxième moitié du Trecento), un peintre siennois, Luca di Tommé a peint de nombreuses Madones dont celle-ci, qui provient de l'église de Pernina, une église rurale perdue dans la Montagnola sur la commune de Sovicille (voir journée d'après-demain). Ce n'est pas un novateur, mais un peintre inspiré par Duccio di Buoninsegna qui a vécu 70 ans avant lui.
Deux siècles plus tard (1581, Simone Ferri da Poggibonsi), ce tableau a une valeur presque uniquement utilitaire avec une maquette de la ville sur un plateau. Les commanditaires espéraient, en l'offrant à un dignitaire ecclésiastique, que Colle devienne siège d'un évêché.
Un saut de quelques siècles amène à Antonio Puccinelli, qui, en 1859, peint un homme avec un réalisme stupéfiant. Mais qui est cet homme ? C'est Saint Pierre... et j'ai cadré un détail d'une Assomption avec 2 Saints.
Il ne fait aucun doute que cet artiste s'est intéressé à la photographie. Mais ce n'est pas un photographe, c'est un peintre : Adamo Lucherini. J'ai photographié une huile sur toile exposée en 1915 : "portrait de mon père". Etonnant !
Pour terminer la visite, retournons au bord de la rivière dans ce qui est aujourd'hui le parc fluvial. Antonio Salvetti (qui fut peintre, architecte et maire de Colle) peint en 1895 "la nicchia, été sur les rives de l'Elsa" ; j'ai reconnu un lieu où je suis passé, avec une ambiance beaucoup plus solaire dans le tableau que dans la promenade d'hier.
L'après-midi, peu après être sorti en VTT de la "frazione" de Gracciano, j'arrive au lieudit "Le Caldane", une source alimentant l'Elsa qui est connue depuis l'antiquité. Elle était aménagée en thermes aux époques étrusque, romaine et médiévale ; il reste quelques parties de bassins qui sont maçonnées (plutôt une reconstruction, je pense).
Le sentier traverse la campagne et arrive dans le village de Strove sur une place bien restaurée, à l'écart de la route.
On ne suit pas cette route longtemps ; un réseau de chemins et, pour finir, une toute petite route conduisent à Badia a Isola, ancienne abbaye édifiée sur une hauteur qui donnait autrefois l'impression d'être sur une île ; c'est une construction romane du 12ième siècle avec tout un village entourant l'abbaye.
La dernière partie parcourue sur le sentier conduit à Monteriggioni, au hameau situé au pied de la colline couronnée de la célèbre enceinte. Je reviens par la route à Colle di Val d'Elsa. | | | À: Valmichel86 · 24 février 2025 à 21:41 · Modifié le 25 fév. 2025 à 22:01 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 39 de 61 · Page 2 de 4 · 255 affichages · Partager Jour 23 : mercredi 18 septembre 2024
Mauvais temps frais toute la journée avec menaces d'averses. Ce sera une journée de transition ; comme il est hasardeux de prévoir un circuit un peu long en VTT, je ne repartirai pas de Monteriggioni ; je vais plutôt traverser Siena à pied en suivant le parcours de la "Via Francigena", de "porta Camollia" au nord, à "porta Romana" au sud. Ce n'est pas une visite de Siena, que j'ai déjà visitée. Un petit détour pour voir le "palazzo pubblico" du côté où on ne le voit jamais, le côté arrière (photo prise "piazza del mercato").
Ensuite, pour aller à "porta Romana", je prends "Via di Pantaneto", puis "Via Roma". En chemin je passe devant l'église San Giorgio. L'intérieur a été entièrement refait au 18ième siècle (aspect après la rénovation de 1731-1738).
Une fois passé à l'extérieur de "Porta Romana", je la vois comme un voyageur arrivant de Roma par la "Via Cassia". Construite dans les années 1320, c'était une entrée monumentale.
La construction est formée de 2 arches (on les voit en enfilade sur la photo ci-dessus) ; entre les 2 arches se trouve un espace fermé par des murs latéraux ; c'est cet ensemble qui forme "Porta Romana".
Après-demain je repartirai de "Porta Romana" pour parcourir vers le sud la "Via Francigena".
Dans l'après-midi, une amélioration provisoire va me donner le temps de faire un petit bout de "Via Francigena" au nord-ouest de Siena. A partir d'un endroit sur la SP101 (près d'un gite rural), le sentier traverse un bois fréquenté par des locaux aux champignons (la période doit être favorable) ; s'ensuit une partie très accidentée sur de petites routes (secteur Le Querce, Le Coste, Poderuccio) qui aboutit sur "Viale Cavour", avenue qui conduit à "Porta Camollia", entrée nord de la ville ancienne. La fin de journée se passe sous une pluie continue (heureusement que j'ai terminé mon parcours) ; j'ai l'impression que la nuit tombe bien avant l'heure normale à cause du manque de luminosité. Pluie persistante pendant presque toute la nuit. | | | À: Valmichel86 · 26 février 2025 à 21:42 · Modifié le 27 fév. 2025 à 21:37 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 40 de 61 · Page 2 de 4 · 248 affichages · Partager Jour 24 : jeudi 19 septembre 2024
Je retourne une dernière fois à Colle di Val d'Elsa, mais j'emprunte de toutes petites routes, certaines en terre, qui serpentent dans la Montagnola.
Des églises rurales sont disséminées dans des villages (comme Ancaiano), voire en pleine campagne comme l'église de Pernina (église San Giovanni Battista, mentionnée en 1078, romane) ; il y avait probablement un hameau à l'époque ; un des tableaux présentés avant-hier provient de cette église (Luca di Tommè ; Vierge à l'Enfant).
Je vais m'intéresser à ce qui fait la prospérité de Colle aujourd'hui : le cristal (95% de la production italienne, 15% de la production mondiale). A l'origine on produisait du verre dans la région et, aux 19ième et 20ième siècles, Colle était un centre verrier très important. Le musée du cristal (tout neuf) est situé sur un ancien site de production dont il reste un four et sa cheminée qui a été intégrée à l'espace environnant (ville basse).
A partir du Trecento, on a produit du verre dans la Valdelsa, en particulier à Gambassi Terme (30km de Colle environ). Dans cette localité on a "inventé" un modèle de verre qui a traversé le temps : le Gambassi. Voici une reproduction moderne du Gambassi (d'après les informations fournies, on peut acheter ce verre aujourd'hui).
Après l'adoption de normes strictes pour le cristal (dans les années 1950 ou 1960, de mémoire donc sujet à caution), les fabricants ont pris un tournant essentiel ; ils ont fait appel à des "designers" : les modèles produits ont changé totalement. Voici le verre "Pitagora", création du designer Marco Zanusso (1969), association triangle-cercle, passage de la base au contenant.
Dans le même esprit, voici le verre "Mapan", création du designer Sergio Asti (1970), association carré-cercle, passage de la base au contenant. Bien que postérieur au précédent, ce verre eut plus de succès : il est entré dans la collection permanente du MOMA à New-York.
Encore quelques années... 1986 ; Angelo Mangiarotti crée "Ice Stopper" (excusez la mauvaise qualité de la photo) ; ce verre est un cylindre en pente (pas trop quand même... il faut qu'il reste sur sa base d'appui), pas tout à fait un cylindre en fait, car s'y glisse une protubérance intérieure (un évidement extérieur) de forme harmonieuse dont la fonction est d'empêcher le glaçon d'atteindre les lèvres du buveur. Voilà une façon d'approcher le comble de la futilité.
C'est tout pour le musée du cristal (On peut visiter certaines entreprises ; je ne l'ai pas fait).
L'après-midi se passe dans la campagne entre Monteriggioni et Siena, avec un régime d'averses espacées. Le tracé de la "Via Francigena" serpente sur les contreforts de la Montagnola à peu près à la limite entre cultures et zones boisées (donc avec des parties en forêt et des parties en lisière) ; je me rappelle un passage (800 mètres environ, bois à droite, champ à gauche avec terre rouge) où les roues totalement enrobées d'une pâte collante empêchaient pratiquement d'avancer. C'était une conséquence de la pluie d'hier et de la nuit dernière. Castello della Chiocciola, château privé au bord de la "Via Francigena".
La fin du trajet contourne la zone de "Pian del Lago", un ancien lac asséché au 18ième siècle pour gagner des terres cultivables. Une stèle commémore la réalisation du projet qui nécessita des travaux importants, entre autres la construction d'un tunnel d'évacuation de l'eau dont voici l'entrée (Le tunnel passe sous une colline pour atteindre une vallée permettant l'écoulement de l'eau).
Jonction avec le trajet d'hier peu après les ouvrages (stèle, tunnel) du secteur de "Pian de Lago" | Carnets similaires sur l'Italie: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 8 353 visiteurs en ligne depuis une heure! |