Valmichel86 · 7 janvier 2025 à 22:52 · 286 photos 61 messages · 5 participants · 2 502 affichages | | | | À: Valmichel86 · 28 février 2025 à 16:57 · Modifié le 28 fév. 2025 à 18:38 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 41 de 61 · Page 3 de 4 · 401 affichages · Partager Jour 25 : vendredi 20 septembre 2024
A 1 km du camping, se trouve un domaine viticole avec vente directe : après mon passage, j'ai un carton de chianti (colli senesi) et un carton de vermentino en plus, à placer dans les coffres de la caravane. Je fais un petit tour dans le centre de Sovicille et je pars pour la journée.
Je prévois de faire du VTT ce matin, une randonnée pédestre en première moitié d'après-midi et une visite ensuite. Pour la partie VTT sur la "Via Francigena", cela signifie reprendre le tracé à Porta Romana ( Siena) où je me suis arrêté avant-hier. Je vais m'éloigner de Siena vers le sud-est en suivant "Strada di Certosa" ; la route descend et offre des vues sur la ville. Je suis à 2 km environ de Porta Romana et on reconnait bien "Torre del Mangia" à droite et la cathédrale à gauche.
La photo suivante est prise de plus loin, après la sortie de la zone urbaine, et un peu plus vers la gauche ; de ce fait la cathédrale (bien visible) est sur la droite de la photo. Le premier plan (le bas de la photo), à savoir les labours et cultures à flanc de colline au lieu d'importantes étendues boisées, est un avant-goût du paysage qui suivra, celui des "Crete Senesi", les terres argileuses siennoises.
Je vais ainsi jusqu'au lieu appelé Renuccio (non indiqué sur la carte, ce lieudit est au sud de Bucciano). Après le pique-nique, je vais parcourir à pied une boucle "anello delle biancane di Leonina" ; c'est en plein dans les "Crete Senesi", assez loin du trajet de la "Via Francigena". C'est l'endroit indiqué "crete senesi Asciano" sur la carte.
Mais, avant d'arriver au départ de la randonnée, cette photo, prise au bord de la route SP438, illustre bien le paysage des "crete senesi" : files de cyprès, cultures et labours occupant tout le flanc des collines jusqu'au sommet, fermes sur le haut des collines, réduction des surfaces boisées (pas de forêt mais des bosquets), peu (ou pas) de vigne et d'oliviers.
La randonnée (ou promenade ; 5 à 6 km environ) part d'un parking voisin de la route. Elle est caractérisée par la présence de "biancane", mamelons argileux recouverts d'une végétation plutôt rase sauf sur la partie exposée au sud ; sur ce côté sud, l'alternance pluie-soleil crée de petites ravines (érosion) et aucune végétation ne réussit à s'accrocher.
Une vue d'ensemble du secteur des "biancane" ; je suppose que ce nom vient du fait que ces mamelons créent des taches blanches ou claires dans le paysage. En tout cas, la couleur est à rapprocher de celle des ravines vues dans l’Apennin au début du voyage.
Vue sue le village de Mucigliani (du côté opposé aux "biancane"). Parmi les cultures, il y avait des céréales, du tournesol, et d'autres non identifiées ; à cette date, tout était récolté.
J'arrive près du point le plus haut de la randonnée ; les "biancane" apparaissent sous un autre angle et un petit étang a été créé pour l'irrigation (fonction de réservoir).
Près du point haut de la randonnée, en regardant vers Mucigliani.
Suite de la journée au prochain message. | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Valmichel86 · 1 mars 2025 à 19:00 · Modifié le 2 mars 2025 à 19:02 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 42 de 61 · Page 3 de 4 · 393 affichages · Partager Jour 25 : vendredi 20 septembre 2024 (suite)
Au point haut de la randonnée, sur un replat, une œuvre en pierre d'un artiste français Jean-Paul Philippe (1993) est installée; elle est nommée "site transitoire". Une dalle, une chaise, une fenêtre (toutes en pierre) évoquent les positions couché-assis-debout et sont en relation avec la position du soleil à son coucher au solstice d'été. Je suis arrivé ici en suivant une "strada bianca" (route blanche) entre 2 files de cyprès, qui passe près du château de Leonina transformé en hébergement de luxe. Le retour (la randonnée est en boucle) traverse la zone des "biancane".
Depuis les "biancane", on voit, en enfilade, le petit étang et le village de Mucigliani.
Une fois la randonnée terminée, dès que je repars en voiture, le route s'élève et le panorama englobe la "route blanche" qui conduit à Leonina ainsi que les "biancane". En regardant la ligne de collines au fond, on voit immédiatement que cet arrière-plan ne fait pas parties des "crete senesi" (terres argileuses siennoises).
Un peu plus loin, depuis le bord de la route, rayon de soleil sur les "crete senesi".
Encore quelques kilomètres et une petite route permet de rejoindre Mucigliani depuis la SP438 (accès routier au village).
Je suis arrivé sur la carte au point noté SP438. A partir de cet endroit, je prends la direction de Monteroni d'Arbia : trajet sur une route en terre (strada bianca) passant par le village de San Martino in Grania. Sur cette route en terre je vais croiser plusieurs cyclistes (ils sont plus nombreux que sur une route ordinaire), d'où la digression suivante, après m'être renseigné. Une manifestation cyclotouriste a lieu chaque année dans les environs de Siena, nommée EROICA (départ [et arrivée ?] Gaiole in Chianti). C'est une course "vintage" avec plusieurs itinéraires (distances) empruntant le plus possible des "strade bianche". Des associations se sont créées pour préserver ces routes qui ont une valeur patrimoniale (ne pas les asphalter) ; il y a de tels tronçons en terre dans le Chianti, dans les "Crete Senesi", dans le Val di Merse et dans le Val d'Orcia. La démarche fait penser à la préservation des secteurs pavés dans le nord de la France. En tout début de saison cycliste (avant Milan - San Remo), la course "le strade bianche" a lieu sur ces routes autour de Siena, avec arrivée "Piazza del Campo". Une course sur route dont une partie (la partie décisive) ne se déroule pas sur l'asphalte... cela évoque Paris-Roubaix. Le reste est différent : pas de pavés mais des "strade bianche" (plus de 70 km), pas de plat mais du dénivelé avec des montées et descentes continuelles. Le secteur de San Martino in Grania est un des plus longs et plus durs de la course. Fin de la digression.
Après Monteroni d'Arbia, je vais jusqu'à Murlo. On y a retrouvé de nombreux vestiges étrusques (site archéologique) qui ont été rassemblés dans un antiquarium-musée installé dans l'ancien palais épiscopal. Voici la reconstitution du bord d'une toiture. Les pièces situées en haut, avec gargouilles et antéfixes à tête humaine, protègent de l'eau les poutres en bois. Les pièces en terre cuite situées en bas ont une fonction décorative; elles sont disposées de façon répétitive pour constituer une frise ; il y a plusieurs modèles dont une course de chevaux (ci-dessous).
On trouve aussi des statues en terre cuite, ici un sphinx placé sur la reconstitution là où il devait se trouver à l'époque, c'est-à-dire sur le faîte du toit.
Et, pour terminer, voici la statue la plus connue de Murlo : le "Cappellone", un homme assis portant une barbe taillée et un chapeau à larges bords. L'imagination a fait parler de cowboy de Murlo, mais aussi de sombrero pour le chapeau. Sa position devait être sur la faîte du toit comme celle du sphinx.
Le retour à Sovicille se fait en partie sur des "strade bianche" situées cette fois dans le Val di Merse (tronçon Murlo-Radi, puis un autre après Ville di Corsano). Googlle n'a pas voulu que je revienne (virtuellement) à Sovicille, le nombre maximum d'étapes intermédiaires pour le trajet étant atteint. | | | À: Valmichel86 · 4 mars 2025 à 22:11 · Modifié le 5 mars 2025 à 21:32 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 43 de 61 · Page 3 de 4 · 385 affichages · Partager Jour 26 : samedi 21 septembre 2024
Cette journée commence sous un grand soleil, qui va durer pour en faire une des plus belles journées du voyage.
Je me dirige vers Torri, une "frazione" de Sovicille où se trouve l'ancienne abbaye de Torri dont on peut visiter le cloître (c'est le point en-dessous de Rosia sur la carte). Le village est situé en hauteur sur le flanc de la Montagnola. Il garde un aspect médiéval avec des murs de constructions qui font office d'enceinte, une porte d'accès, des ruelles. On voit sur la partie droite de la photo l'église Santa Mustiola, puis, plus à droite encore, des bâtiments attenant au cloître de l'abbaye.
Une fois franchie la porte d'accès, je suis sur Piazza Grande. Cette belle place se trouve dans la partie civile du hameau ; pour accéder à la partie religieuse (l'ex-abbaye) il faut passer sous l'arche visible au fond de la place puis longer l'église sur toute sa longueur jusqu'à l'entrée du cloître.
On peut voir sur un côté de la place le four communautaire, assez rare et parfaitement conservé.
Le cloître de l'abbaye s'élève sur 3 niveaux construits avec des matériaux différents (pierre, brique, bois) à des époques différentes (fin 12ième siècle, 14ième siècle, 15ième siècle). Les photos vont des vues générales vers les détails.
Le niveau inférieur du cloître est roman ; l'effet obtenu avec la bichromie est spectaculaire ; les colonnes sont circulaires ou hexagonales, lisses ou sculptées.
Vue de la superposition colonne-chapiteau-pulvino-base de l'arc. J'utilise le terme "pulvino" pour désigner cet élément en forme de pyramide inversée placée au-dessus du chapiteau. Il a une fonction de soutien de la base de l'arc, mais aussi une fonction décorative. J'ai trouvé le terme dans la documentation en italien, je n'ai pas trouvé de traduction valable pour cet élément d'architecture et je ne connais pas son nom en français.
Ces "pulvini", tous différents, sont décorés principalement de motifs géométriques. Les caractéristiques du niveau inférieur du cloître font remonter sa construction à la fin du 12ième siècle, c'est-à-dire contemporaine de la consécration de l'église (1189).
Les scènes bibliques constituent une autre décoration des "pulvini", moins fréquente ; voici le meurtre d'Abel par Caïn.
L'église n'est pas visitable (au moins aujourd'hui) ; les bâtiments de l'abbaye qui jouxtent le cloître ont abrité une exploitation viticole (quand ?), car il reste d'énormes fûts et des cuves de fermentation. Ce cloître est une pépite cachée (réouverture pendant l'été 2024 avec des horaires limités après une période de restauration).
Suite de la journée au prochain message. | | | Jour 26 : samedi 21 septembre 2024 (suite1)
Je passe ensuite d'une petite région autour de Siena (le Val di Merse) à une autre petite région (les "Crete Senesi") pour faire du VTT sur la Via Francigena. On reconnait tout de suite les terres argileuses siennoise sur la photo ci-dessous prise depuis la via Cassia (SS2 sur la carte) au sud de Siena.
Le trajet de la Via Francigena de Renuccio à Isola d'Arbia est sans intérêt. A partir de Isola d'Arbia, c'est tout autre chose et je vais aller jusqu'à Ponte d'Arbia en roulant sur des "strade bianche" ou des sentiers. Je suis à une dizaine de km de Siena, mais, en regardant au nord, la ville est bien visible ; on reconnait "Torre del Mangia" et la cathédrale.
Le trajet passe près de la "Grancia di Cuna", un exemple de ferme-hôpital, transformée en ferme fortifiée au 14ième siècle pour mettre à l'abri les récoltes stockées dans les greniers ; l'ensemble est imposant.
Un détour conduit jusqu'au hameau et à l'entrée de la ferme fortifiée ; ces bâtiments ne se visitent pas, mais leur aspect imposant se confirme ; bien sûr tout est construit en brique.
En quittant la ferme de Cuna, le chemin s'élève dans les collines à l'ouest du Val d'Arbia et va y rester jusqu'à Ponte d'Arbia. En haut de la première montée la ferme fortifiée apparaît dans un cadre qui la situe dans les "Crete Senesi".
Suite de la journée au prochain message. | | | Jour 26 : samedi 21 septembre (suite2)
S'ensuit une dizaine de km dans les collines entre Monteroni d'Arbia et Ponte d'Arbia.
Environs de Monteroni d'Arbia, files de cyprès.
Environs de Monteroni d'Arbia, files de cyprès.
Monteroni d'Arbia dans la vallée.
Environs de Monteroni d'Arbia.
Environs de Monteroni d'Arbia.
Environs de Ponte d'Arbia.
Retour au point de départ de la randonnée VTT (Isola d'Arbia) par la Via Cassia. Les paysages que j'ai le plus appréciés pendant le voyage sont ceux des "Crete Senesi", les terres argileuses siennoises. | | | À: Valmichel86 · 7 mars 2025 à 22:15 · Modifié le 8 mars 2025 à 11:05 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 46 de 61 · Page 3 de 4 · 370 affichages · Partager Jour 27 : dimanche 22 septembre 2024
La carte du jour ; il existe une route directe entre l'abbaye de San Galgano (point à gauche de Monticiano) et Chiusdino, route qui ne figure pas sur la carte.
Sur la route qui mène à l'abbaye de San Galgano (où je vais), en remontant le long de "Torrente Rosia", on passe à côté du "Ponte della Pia". Ce pont d'origine romaine, reconstruit au 13ième siècle, enjambe la rivière d'une seule arche élancée. Malgré les pluies de ces derniers jours, je peux descendre dans le lit du torrent ; aujourd'hui le pont n'a pas de parapet, je ne sais pas s'il a été construit comme cela ou si c'est le résultat du temps.
Arrivé sur les lieux rendus célèbres par San Galgano, je visite l'abbaye, puis l'ermitage ; je vais présenter le parcours dans l'autre sens pour suivre l'ordre chronologique. Au sommet d'une butte (Monte Siepi) se trouve cette construction appelée la rotonde. L'intérieur reprend la structure en bandes de 2 couleurs.
Au centre de la rotonde se trouve l'endroit d'où tout est parti : un rocher dans lequel San Galgano, jeune noble riche, a fiché son épée en signe de renoncement aux plaisirs et à la vie militaire. Elle y serait depuis 1180... elle est protégée par une demi-sphère en plexiglas... il fallait bien mettre fin à certaines tentatives qu'on imagine facilement. Après 1180 San Galgano vécut en ermite sur cette colline.
Tout se passa très rapidement ensuite : mort de Galgano (1181), canonisation (1185), construction d'un oratoire, de la rotonde... célébrité du lieu. Agrandissement au Trecento et choix de Ambrogio Lorenzetti pour peindre à fresques la chapelle (murs, lunette, voûte).
Entretemps, en 1218, commence la construction de la grande abbaye cistercienne de San Galgano ; on choisit un endroit plat, au pied de la colline de Montesiepi. L'église est un grand vaisseau de style gothique, sans toit depuis la fin du Settecento.
La nef centrale prise en regardant le chœur.
Parmi les bâtiments conventuels (presque totalement disparus), une belle salle capitulaire.
Suite de la journée au prochain message. | | | Jour 27 : dimanche 22 septembre (suite)
L'abbaye est située sur la commune de Chiusdino dans le Val di Merse à proximité de la rivière ; le village est 250 mètres plus haut et, de quelque façon que l'on s'y prenne, il faut monter plusieurs kilomètres pour y arriver. Village médiéval avec un petit musée contenant des pièces liées à San Galgano et à l'abbaye. San Galgano fiche son épée dans le rocher. Urbano da Cortona, bas-relief en marbre, 1466.
Provenant de l'ermitage de Montesiepi, une Vierge à l'Enfant. Niccolò di Segna, tempera et or sur panneau, 1336.
Reliquaire de la tête de San Galgano. Pace di Valentino, orfèvre de la seconde moitié du 13ième siècle. Comme le titre le mentionne, la tête de San Galgano était à l'intérieur.
Je vais ensuite parcourir 30 km environ sur de petites routes dans un environnement boisé pour aller aux thermes de Petriolo, ou plutôt "bagni di Petriolo". Il y a, entre autres, un spa naturel gratuit avec plusieurs piscines. L'eau surgit à 43 degrés (la température de la piscine la plus chaude en est proche) avec un débit suffisant pour que toutes les piscines soient chaudes ; elle est chargée en sulfure d'hydrogène (odeur) et en minéraux. Ces bains sont connus depuis l'antiquité avec des périodes fastes (constructions) et des périodes d'oubli.
Aujourd'hui, à l'abbaye comme aux thermes, il y avait une fréquentation importante (des italiens, presque pas de touristes étrangers [c'est un dimanche ?]). Revenant à Sovicille, 2 km avant le bourg, je passe devant l'église paroissiale de "Ponte allo Spino" ; elle est éclairée par un soleil assez bas qui met en valeur la couleur de la pierre avant de se retrouver dans l'ombre dans peu de temps.
| | | À: Valmichel86 · 9 mars 2025 à 23:18 · Modifié le 10 mars 2025 à 13:06 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 48 de 61 · Page 3 de 4 · 359 affichages · Partager Jour 28 : lundi 23 septembre 2024
Encore une journée fraîche et pluvieuse ; j'ai prévu une activité à l'intérieur pour l'après-midi, mais je voudrais faire un petit tronçon de Via Francigena ce matin. Je vais donc jusqu'à Buonconvento et je pars pour une boucle qui me fait parcourir Ponte d'Arbia - Buonconvento sur la Via Francigena. Sweat-shirt de rigueur et fin de boucle sous quelques gouttes.
Buonconvento sera mon point d'arrivée en ce qui concerne la Via Francigena dans ce voyage. La pluie ne persiste pas pendant toute l'heure de midi et je peux donc faire une balade en ville (ville médiévale entourée d'une enceinte). Ci-dessous le côté ouest de l'enceinte.
Je vais visiter l'abbaye de "Monte Oliveto Maggiore" située sur la commune d'Asciano mais plus proche de Buonconvento. Bien que l'abbaye soit dans les "Crete Senesi", le paysage est différent : forêt et "calanchi" (ravines ou badlands).
Ces ravines ressemblent beaucoup à celles que j'ai vues dans l'Appennino au début du voyage (même type de sol [des marnes], même phénomène d'érosion). L'abbaye est active, occupée par des moines olivétains (ordre bénédictin) ; le cloître principal, entièrement peint à fresques, est la merveille artistique de l'abbaye. Luca Signorelli a commencé à décorer le pourtour du cloître (1497-1498) ; Giovanni Antonio Bazzi (le Sodoma) l'a terminé (1505 et suivantes ; il avait 28 ans en 1505) ; c'est une de ses premières œuvres documentées. Ces fresques racontent la vie de Saint Benoît, récit plus ou moins légendaire.
Benoît quitte la maison paternelle pour aller étudier à Rome. Il est accompagné de sa servante Cyrilla.
Premier miracle : il répare un plat ou un tamis brisé par sa servante. On voit la servante et le plat brisé, Saint Benoit et le plat miraculeusement réparé, c'est la partie gauche de la fresque. Sur la partie droite, le Sodoma s'est représenté dans un luxueux costume de cour de la Renaissance. Partie plus à droite hors cadre.
Benoît fait jaillir une source au sommet de la montagne. Il est représenté deux fois sur la fresque qui allie portrait et paysage.
Florent, un prêtre jaloux de Benoît, envoie des prostituées au monastère (pour déconsidérer Benoît). Portraits de groupe, architecture, paysage dans le lointain.
Cette fresque est de Luca Signorelli : Benoît dit aux moines où et quand ils ont mangé en dehors du monastère. Sur la photo, on ne voit que la scène du repas dans une auberge ; d'un point de vue pictural, c'est l'essentiel de la fresque. L'intervention de Benoît est représentée dans un petit espace non visible sur la photo, en haut à droite de ce qui est montré.
Suite de la journée au prochain message. | | | Jour 28 : lundi 23 septembre 2024 (suite)
Benoît obtient miraculeusement de la farine et restaure les moines. Deux scènes : le miracle de la farine et le repas. Une anecdote au premier plan de la scène du repas : le premier moine à droite prend le pain de son voisin (en plus du sien) sous le regard amusé du moine qui fait le service.
Par son regard, Benoît libère un paysan de ses liens. Une scène avec 4 portraits (Benoît, le paysan, les deux soldats) plus un page spectateur. Un arrière-plan paysager avec la scène de l'arrestation du paysan.
Le cycle de fresques occupe tout le tour du cloître ; la galerie est fermée sur les quatre côtés pour les protéger. Quand on circule dans la galerie, les fresques sont à hauteur d'homme et distantes de 1 mètre à 1 mètre 50 (barrière de protection). Ces conditions rares (on est souvent plus bas et beaucoup plus loin) permettent de les apprécier pleinement.
Dans le réfectoire; le couvert est mis pour le repas du soir.
Les bâtiments conventuels incluent une belle bibliothèque dont la porte sculptée est l’œuvre d'un moine.
Retour à Sovicille après avoir constaté, à la sortie de l'abbaye, que l'après-midi avait été bien pluvieux. | | | À: Valmichel86 · 12 mars 2025 à 22:43 · Modifié le 13 mars 2025 à 22:35 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 50 de 61 · Page 3 de 4 · 347 affichages · Partager Jour 29 : mardi 24 septembre 2024
Il y aura une journée à Siena pendant le voyage ; je ne visiterai pas ce qui fait la renommée de la ville (je l'ai fait dans un voyage précédent). J'irai voir quelques endroits plus à l'écart et je ferai des achats.Je commence par la "Collegiata di Santa Maria in Provenzano". Construite vers 1600, elle présente une belle façade en travertin avec une influence Renaissance encore marquée. Les pilastres ont un rôle majeur dans l'aspect de cette façade.
Elle a été construite pour servir de reliquaire à une statue miraculée et miraculeuse : la Madonna di Provenzano qui se trouve dans un tabernacle au centre du maître-autel. Devant cet autel, sous la coupole, se trouvent les armoiries du Grand-Duc de Toscane et de son épouse (en marbre).
Très belle église sans aucune affluence (je suis seul à l'intérieur). Par de petites rues, je vais gagner "Piazza San Francesco", centre d'un quartier étudiant. La façade de l'église San Francesco est le résultat d'une restauration néo-gothique du début du 20ième siècle.
Derrière la façade, la nef unique a un volume impressionnant. Grande hauteur, toiture avec poutres en bois, chevet plat : il parait que simplicité et caractère monumental étaient souvent recherchés dans églises franciscaines. Effet garanti d'autant plus qu'il n'y a personne.
Parmi les œuvres exposées, j'ai choisi le "martyre des frères franciscains" d'Ambrogio Lorenzetti (fresque détachée, vers 1320) ; un siècle après la fondation de l'ordre, des missions étaient allées en orient et certaines avaient été massacrées, même si on ne sait pas bien quel fait est dépeint ici. C'est une représentation plutôt rare à cette époque. La pagode (mais ce n'est pas une pagode) n'a pas d'éléments architecturaux spécifiquement orientaux ; la scène est d'une grande violence et effraie des spectatrices qui ont un mouvement de recul ; les bourreaux sont particulièrement hideux.
Je continue ma promenade dans le même quartier et arrive près de Fonte Nuova, une des fontaines qui alimentaient la ville en eau (construction du Trecento).
Pendant l'après-midi, je vais au sanctuaire de Sainte Catherine de Sienne construitt à diverses époques (jusqu'en 1939) en incorporant la maison Benincasa où habitait la famille de Catarina, famille de 25 enfants. L'oratoire de la cuisine a été aménagé au Cinquecento à l'emplacement de la cuisine familiale ; l'autel principal représente Santa Catarina recevant les stigmates (Bernardino Fungai). Les autres parois sont décorées de scènes de la vie de Santa Catarina.
Plus bas dans la maison (qui est à flanc de colline), l'oratoire de la chambre a été restructuré au 19ième siècle.
L'église du sanctuaire conserve un crucifix (croix peinte) miraculeux du 12ième siècle lié à Santa Catarina. C'est devant ce crucifix que Catarina aurait reçu les stigmates à Pisa en 1375.
On ne peut pas se promener à Siena dans des rues donnant sur le Campo, et oublier totalement cette place : ce sera la dernière photo de Siena.
Retour à Sovicille. | | | Jour30 : mercredi 25 septembre 2024
Le Chianti est une région où je ne suis pas encore allé ; je vais le faire aujourd'hui pour terminer le voyage. J'ai choisi de rejoindre Poggibonsi, puis de prendre la route Poggibonsi - Castellina in Chianti (qui monte régulièrement jusqu'à Castellina) et de m'arrêter à mi-chemin près de la petite église Sant'Agnese (point bleu sur la carte). Je ne viens pas pour l'église mais pour la réserve du bois de Sant'Agnese (riserva naturale bosco di Sant'Agnese ou riserva naturale cipresseta di Sant'Agnese).
Quelque chose de rare : une forêt de cyprès (cipresseta en italien) qui se reproduit naturellement depuis environ mille ans (c'est-à-dire sans opération de reboisement). Je commence par un gros plan sur un tronc.
Voici des "feuilles" bien particulières (mais ce ne sont surement pas des feuilles ; de loin on peut les prendre pour des aiguilles ; de loin seulement, de près c'est encore autre chose).
Voici maintenant des arbres dans un endroit aéré (pas trop de densité) ; ils sont différents de ceux que l'on voit en file au bord de certaines allées (aussi bien la forme générale que les "feuilles") ; mais il y a beaucoup d'espèces dans le genre "cupressus" et je ne suis pas compétent en botanique.
Comme la réserve couvre environ 300 hectares, j'ai une vue sur un versant plus éloigné avec un boisement plus dense (je n'irai pas jusqu'à cette partie de la réserve).
Suite de la journée au prochain message. | | | Jour 30 : mercredi 25 septembre 2024 (suite)
L'après-midi je visite Castellina in Chianti ; j'arrive en haut du village, sur "piazza del Comune".
Sur la photo ci-dessus, à gauche, on voit l'escalier d'accès à la Rocca (construite par les Florentins) où est aménagé le musée archéologique (vestiges étrusques, terrasse panoramique avec vue à 360°).
Une grande amphore à vin d'origine attique (produit d'importation, donc de luxe) est décorée de scènes de banquet dont une avec musique (6ième siècle aC).
La pièce la plus remarquable du musée est un char étrusque (fin 7ième, début 6ième siècle aC) ; c'est un char à 2 roues dont on a retrouvé des parties métalliques, en bronze et en fer, au tumulus du mont Calvario au début du 20ième siècle ; les recherches ont permis d'en faire une reconstitution il y a 10 ans environ (parties métalliques en place, reste en bois). C'est un char de parade et/ou de transport sur le champ de bataille.
Je monte ensuite au tumulus du mont Calvario, juste à côté du village, qui contient 4 tombes orientées vers les points cardinaux ; de la butte où il se trouve, on voit le village qui suit la dorsale de la colline.
Mon retour à Sovicille n'est pas direct ; je vais à Castellina Scalo, une "frazione" de Monteriggioni mais l'endroit le plus peuplé de la commune ; tout près du village, se trouve une colline d'où la vue sur Monteriggioni est magnifique : la moitié de l'enceinte et la porte nord-ouest, opposée à Siena, celle qui faisait face à l'ennemi au moyen-âge et à la Renaissance. J'étais venu ici il y a deux ans ; le rempart était échafaudé pour restauration ; j'ai voulu y revenir. C'est la dernière photo du voyage ; pour la lumière, il faut y être en fin d'après-midi ou en soirée.
Retour à Sovicille. | | | Jour 31 : jeudi 26 septembre 2024
C'est la fin du voyage et du carnet ; une alerte météo "fortes pluies (et vent)" est prévue pour la fin de l'après-midi sur la côte ligure. Je pars donc tôt ; itinéraire : Siena-Empoli- Pisa- Carrara. Je quitte la Toscana à Carrara. Le ciel est déjà gris ; il pleut faiblement une heure plus tard ; j'arrive dans le Piemonte avant l'alerte pluie annoncée.
Je remercie les lecteurs qui ont eu la patience de suivre ce carnet jusqu'au bout, mais aussi la curiosité de s'intéresser à des lieux qui ne sont pas dans le "Top du top" des destinations touristiques en Toscana. Si vous avez des questions ou désirez des précisions, j'essaierai d'y répondre de mon mieux. | | | Merci et bravo pour cette présentation détaillée de cette région de la Toscane, moins connue. Cela va m'aider à préparer notre futur voyage en Toscane, prévu pour les vacances de la Toussaint. A la vision de vos photos de paysage, je me dis toutefois que ce n'est sans doute pas la meilleure saison pour apprécier les paysages ! J'espère qu'en contrepartie les villes que nous comptons visiter ( Florence, Lucques, Pise, Sienne) seront un peu plus tranquilles qu'au printemps ou en été ? | | | À: Penelou · 12 août 2025 à 10:00 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 55 de 61 · Page 3 de 4 · 240 affichages · Partager Bonjour Arielle, merci de vous être intéressée à ce carnet. Pour un voyage pendant les congés scolaires (deuxième quinzaine d'octobre), il est possible que, dans le "parco delle foreste casentinesi" (Apennin), les arbres aient les couleurs de l'automne (couleurs de feu) ; cela se joue à une semaine ou dix jours près. Je m'étais dit que c'était un moment où y retourner. En tout cas, si vous allez dans ce coin, je serais intéressé par un retour sur ce point précis.
Michel | | | À: Penelou · 12 août 2025 à 11:03 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 56 de 61 · Page 3 de 4 · 238 affichages · Partager Bonjour Arielle, Les plus beaux paysages sont dans le Val D'Orcia autour de Pienza et dans le Crete Senesi. La route entre Sienne et Pienza qui passe par Asciano est un incontournable. J' y vais toujours en Mai-juin mais ma logeuse me dit que c'est très beau aussi en automne, quand les vignes prennent des couleurs. Je remarque aussi qu'avec le réchauffement climatique, la chaleur devient insupportable en juin, et l'horizon est complètement bouché. Depuis le sommet des collines on ne voit plus le Monte Amiata, ou la ville de Sienne. Je pense que les paysages peuvent être beaux aussi en automne dans cette région, parce que le soleil est plus bas et va souligner les innombrables ondulations de ce paysage qui est classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Les vignes sont de plus en plus nombreuses autour de Montalcino et Montepulciano, leur graphisme est intéressant aussi même si les couleurs d'automne ne sont pas encore là. Il y a une quantité d'hébergements dans des paysages magnifiques avec les agriturismo. Je parle des paysages mais les richesses culturelles de la Toscane sont inépuisables. Mon premier voyage en Toscane, c'était Pise, Lucques, Florence, Sienne (comme vous) en poussant jusqu'à Pienza et Montepulciano pour 2 nuits. Nous avons été tellement éblouis par les paysages que nos y passons régulièrement une semaine, en visitant d'autres villes sur le trajet ( Bologne, Ravennes...) Bonnes vacances. | | | Bonjour Valmichel86,
Merci pour ce carnet de voyage de très grande qualité, pensez-vous que l'on puisse faire une partie du circuit en transport en commun ? | | | À: Sinforosa · 17 décembre 2025 à 21:53 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 58 de 61 · Page 3 de 4 · 175 affichages · Partager Bonjour Valmichel86,
Merci pour ce carnet de voyage de très grande qualité, pensez-vous que l'on puisse faire une partie du circuit en transport en commun ?
Bonsoir Marie, voila une question que je ne me suis pas posée avant ou pendant le voyage.
Je pense que, plutôt que prendre l'idée de circuit, il vaut mieux regarder les différents lieux et chercher si on peut s'y rendre en transports en commun (ou pas).
Alors 1- les villes assez grandes. Arezzo, Siena. Aucun problème.
2 - les villes moyennes ou assez petites. Cortona, Bibbiena, Poggibonsi, Colle di Val d'Elsa par exemple. Aucun problème. Il y a des liaison par bus et parfois par train.
3- les villes encore plus petites et les villages (là est le problème). Réponse au cas par cas : il faut faire des recherches et trouver les lignes de bus éventuelles. Il faut aussi regarder la possibilité de passer la nuit sur place.
J'ai essayé sur 2 cas sans aller jusqu'aux horaires de bus.
A- Aller à la source du Tibre (Jour 3). C'est une randonnée (10kms) à partir du village de Balze. On peut aller à Balze en bus ; on peut dormir à Balze. Donc c'est possible. Comme c'est un endroit paumé, c'est bon signe pour d'autres endroits.
B-Aller à Monterchi et à Anghiari (jour18). On peut aller à Monterchi comme à Anghiari depuis Arezzo en bus (ce n'est pas tout à fait la même ligne). Hébergement possible à Anghiari, pas à Monterchi. Liaison Monterchi-Anghiari possible en bus, mais avec changement (attente ???). La ville de Sansepolcro peut aussi servir de base de départ. Donc c'est possible.
4 - les endroits au milieu de nulle part (en pleine campagne). Aller à l' abbaye de Monte Oliveto Maggiore (jour28). Il existe une ligne de bus qui passe au village de Chiusure ; tête de ligne à Siena ou Asciano où il y a des hébergements. De Chiusure à l'abbaye, il y a 2 km à faire à pied. Donc ce n'est réalisable qu'en rajoutant un trajet à pied (qui rend la chose possible).
Bilan (généralisation abusive ou pas ?).
Je pense que la grande majorité des endroits où je suis allé sont accessibles en transport en commun. Mais il faut jongler avec les horaires de bus, les horaires de visite et les hébergements pour construire quelque chose, d'où un très gros effort de préparation en amont (auquel je ne suis pas habitué). On doit mettre plus de temps à faire la même chose qu'avec un véhicule à disposition, donc il faut réduire le programme ou allonger le voyage.
Voici mes réflexions, celles de quelqu'un qui n'a aucune expérience de ce type de voyage.
Michel | | | Merci beaucoup Michel pour toutes ces informations, je garde tout cela sous le coude.
De la Toscane je ne connais que Florence, cela fait un certain temps que je veux aller à Sienne et ici j'ai des idées de visites dans les environs. | | | À: Sinforosa · 1 janvier 2026 à 12:13 Re: Toscane: province d' Arezzo et environs de Sienne Message 60 de 61 · Page 3 de 4 · 142 affichages · Partager Bonjour Marie,
Un peu de lecture sur mon blog Toscane et + réalisé en MAI... :
blogs.crespel.me/italie2019/
3 onglet à cliquer avec textes et photos pour nos 2 semaines merveilleuses.
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