C'est un sujet assez complexe...
La ligne entre Kars et Gyumri existe depuis longtemps (avec changement d'écartement à la frontière), mais utilisée
uniquement en trafic marchandises (si je suis bien informé, corrections bienvenues). Elle fut fermée par les turcs
en représailles suite à l'agression arménienne sur le
Haut-Karabagh. Comme c'est la seule liaison au sud de la
mer noire entre le monde "occidental" et l'ancien "soviétistan", les Turcs se sont arrangés avec les Georgiens pour
remplacer cette ligne fermée par une autre, ne passant pas par l'
Arménie ; c'est cette fameuse ligne Kars-
Tbilissi-
Bakou,
qui serait une ligne nouvelle entre Kars et Batumi (avec changement d'écartement à la frontière), ensuite une ligne
existante rénovée entre Batumi et
Tbilissi, et enfin la ligne actuelle entre
Tbilissi et
Bakou. Tout cela rend les Arméniens
très malheureux car ils se sentent éjectés des relations internationales. Et ils récoltent quelques "supporters" dans leur
malheur car l'Europe a refusé de subventionner la construction de cette nouvelle ligne, prétextant qu'il y en a déjà une
(celle qui passe par Gyumri, justement) qui, bien qu'à rénover complètement, ferait parfaitement le travail.
Le problème, c'est que la
Turquie a des besoins en infrastructure autrement plus urgents qu'une voie de chemin de fer
entre Kars et
Tbilissi, et que donc les moyens ne suivent pas. Surtout après le refus de subventionnement par la CEE.
Résultat, des années après la déclaration d'intention, les travaux de la nouvelle ligne ont à peine commencé. Et en
Georgie, c'est encore pis, à ma connaissance, rien n'a encore été fait. C'est en fait donc plus de la gesticulation politique
qu'autre chose, tant à destination de l'
Arménie que de la population turque elle-même, très friande de ce genre.
La "normalisation" (qui n'en est pas une, puisqu'on aura absolument rien réglé) des relations entre la
Turquie et l'
Arméniepermettra donc au gouvernements de ces deux pays de s'éviter des frais sans perdre la face auprès de leur propre
population, et à la Géorgie de s'éviter la construction d'une voie qui n'est absolument pas dans ses moyens. Si cette
normalisation prend réellement place, la construction de cette nouvelle ligne sera donc très vraisemblablement abandonnée.
Quant à la ligne existante, elle est à refaire sur une bonne partie de son trajet en
Turquie, des "patriotes" turcs l'ayant
en partie détruite après sa fermeture par les autorités locales. Si on veut organiser un trafic autre que symbolique, les
installations de channgement d'essieux sont à refaire complètement aussi. Et, hélas pour nous, il n'est à ma connaissance
nullement question de mettre en place sur cette ligne un service de voyageurs (aucun des pays concernés ne possède
le matériel roulant capable de changer d'écartement) direct entre Kars et
Erevan. Tout au plus, peut-être, une
desserte avec changement à la frontière, comme par exemple à Saracks à la frontière Irano-Turkmène.
Et pour ce qui est de la ré-ouverture entre
Erevan et Jolfa, à la frontière iranienne, là, ça risque de devoir encore attendre bien plus longtemps...