Bonjour à tous.
Je suis actuellement à
Atar. Après avoir traversé le
Sahara Occidental jusqu'à
Nouadhibou, j'ai pris le train jusqu'à
Choum. Expérience unique... et gratuite si vous voyagez dans une benne à minerai, ce que j'ai fait. Inconfort garanti. J'ai cependant installé mon hamac ce qui m'a permis d'amortir les chocs violents qui vous accompagnent tout au long du trajet. Beaucoup de poussière (cheich obligatoire). Plus de 12 heures de voyage. Arrivée à 2h30, en pleine nuit, mais attention, les horaires sont... aléatoires.
Là, vous avez le choix. Des taxis collectifs style pickup vous proposent de vous amener à
Atar. Je ne connais pas le prix.
Personnellement j'ai été accueilli par la gendarmerie qui avait été avertie de mon passage. J'ai fini la nuit dans leurs locaux et j'ai pris la piste pour rejoindre
Atar. A vélo, je précise. J'ai mis 2 jours pour couvrir les 120 km. La première partie est pénible. Beaucoup de sable meuble et on s'enfonce. J'ai poussé le vélo sur peut-être 20 bornes. Tant et si bien que je n'ai pu effectuer que 45 km et j'ai planté la tente à l'abris des regards avant la nuit. Au grand dam de la gendarmerie qui s'attendait à me voir passer, au PK65. Ils ont été soulagés lorsque je suis arrivé le lendemain, en fin de matinée. Entre temps, ils avaient passé le message aux rares véhiculent de leur signaler la présence d'un cycliste. Ils m'ont invité à déjeuner avec eux, m'ont donné de l'eau et j'ai pu reprendre la piste beaucoup plus roulante que la veille. Souvent de la taule ondulée.
Plus loin, une passe avec une côte de 2 ou 3 km. Etat de la piste pas terrible. J'ai parfois poussé le vélo par manque d'adhérence. Possibilité de contourner cet obstacle par une autre piste plus courte qui part à droite mais il semblerait qu'il y a des passages sablonneux là aussi. A confirmer.
Après la passe, que du bonheur et on finit avec une route goudronnée d'une vingtaine de km.
Pour ceux qui voudraient aller sur Chinguitti depuis
Atar à vélo, c'est possible. 85 km. Quasiment que de la piste assez roulante, bien que beaucoup de taule ondulée. Une passe avec une côte sévère mais goudronnée. Paysage magnifique. Poste de gendarmerie au sommet. J'ai eu un vent réel latéral, donc apparent de face à l'aller et au retour. Pénible. Manifestez-vous auprès de la gendarmerie de Chinguitti dès votre arrivée.
A ce sujet, il n'est pas question de minimiser les problèmes d'insécurité. Cependant, il faut relativiser. La
Mauritanie n'est pas en guerre. Elle est elle même victime d'intrusions sur son territoire de malfrats étrangers qui se revendiquent de quelques organisations terroristes à la mode. Les forces de l'ordre (armée, gendarmerie, police) sont toutes sur le qui-vive et le moindre de nos déplacements est suivi à la trace. C'est pour notre sécurité. Jusqu'à présent, la gendarmerie a chaque fois été informée de mon passage et chaque fois dans la détente et la bonne humeur. Y compris Chinguitti pourtant située en "zone rouge". Petite anecdote : 2 semaines avant mon passage, un festival des villes anciennes y a eu lieu, avec la présence du Président mauritanien. Bonjour la zone rouge.
Je rebondis sur une petite phrase de Papy concernant les camions en
Mauritanie. D'une manière générale il faut être prudent sur la route, c'est du bon sens, mais je n'ai jamais été plus en danger qu'au
Portugal et en
Espagne. Les camions préféreront vous écraser plutôt que perdre de précieuses secondes. Ce ne fut pas le cas au
Maroc et pas encore en
Mauritanie.
J'espère avoir été complet dans mes explications.
J'ajouterai que la gentillesse et l'accueil des Mauritaniens n'est pas une légende. Ça fait d'autant plus mal au coeur de voir le monde politique s'acharner sur ce pays avec des discours alarmistes que je juge personnellement exagérés et injustes. Mais Dieu est grand me disent-ils. Rien ne semble ébranler leur foi et c'est bien ce qui les fait tenir le coup.
Bon voyage à ceux qui tenteront l'aventure malgré tout.
PS : un petit coucou à Claire et Jérémie qui roulent décidément trop vite pour moi ;-)