1er septembre – de Paria movie set à Alstrom point.
Lorsque je me réveille au petit matin, Sandy est déjà en train de finir de sceller son cheval, prête à partir en exploration dans le wild. Quelle santé !
Je lève le camp assez vite car j’ai furieusement envie de m’offrir un méga petit déjeuner à Page.
Cela fait, je m’interroge sur la suite de la journée. J’ai l’intention de passer la nuit à Alstrom point, un point de vue spectaculaire sur le
Lake Powell que je n’ai encore jamais visité, mais, avant cela, il me reste quelques heures à occuper.
Je choisi d’aller me balader dans Buckskin Gulch que je n’ai pas revu depuis 2010. Retour sur le 89, puis sur la House rock valley road avant de me garer sur le parking de Wire pass.
Je ne vais finalement pas m’avancer bien loin dans le canyon car on arrive assez vite devant un obstacle : un dénivelé brutal de plus de deux mètres. J’aurais pu insister et trouver le moyen de descendre (ce que j’ai fait avec de l’aide en 2019, décidément l’année de la rédemption !), mais la journée précédente a tellement tiré dans mes réserves que je n’ai plus ni l’énergie ni la volonté d’insister.
A l'embranchement de la HRVR et de la US89, je retombe sur
Nancy et son attelage. Elle cherche un nouveau terrain à explorer avec son cheval et les rangers de Paria station lui ont parlé de Buckskin gulch. Je comprends qu’il s’agit de la partie qui mène vers Edmaier’s secret et je lui donne les renseignements complémentaires pour s’y rendre.
Retour à Page pour le déjeuner. Je me souviens être allé me baigner sur le
lac Powell il y quelques années, dans une petite crique proche du barrage que m’avait conseillé un local. Cela me semble une excellente façon de passer le début de l’après-midi, et aussi une détente idéale après la difficile journée d’hier.
L’eau, d’une belle couleur turquoise, est aussi bonne que dans mon souvenir. Tellement que je dois me faire violence pour en sortir. Mais il faut que je prenne un peu de marge pour être certain d’arriver suffisamment tôt à Alstrom point.
Je me rends tout d’abord à la Ranger station de Big Water afin de prendre le plan d’accès. C’est une très longue route de 25 miles qui emprunte plusieurs pistes et, sans une carte précise, on pourrait facilement se tromper d’embranchement.
La première partie, la plus longue, est très roulante. La seconde l’est un peu moins mais reste facile. Le long de la route, on découvre de beaux points de vue sur de magnifiques et étranges
badlands.
C’est dans ce secteur qu’ont été tournées les premières scènes du tout premier « Planète des singes », celui avec Charlton Heston. Ça ne nous rajeunit pas...
La troisième partie est beaucoup plus étroite et on y progresse moins vite. Pas mal d’ornières et de passages de sable mou. Au terme d’une quarantaine de minutes de piste, j’arrive enfin à qu’on appelle le premier point de vue. En fait, on n’y découvre pas grand-chose. La vue sur la baie est très limitée et j’aurais du mal à m’en satisfaire.
A partir de là, la piste se complique, notamment à cause d’une barre rocheuse qui me semble trop haute pour mon véhicule. Pas de risque, je me gare et je reste là. Je m’y étais préparé et il ne reste de toute façon qu’une grosse demi- heure de marche avant d’arriver au point final.
Je sors mon sac avec le matos photo et le pique-nique du soir et en avant.
Je découvre que la barre rocheuse n’était pas la seule difficulté et qu’il y a un autre passage délicat un peu plus loin. Je me félicite de n’avoir pas tenté de passer, cela m’a certainement évité quelques sueurs froides supplémentaires.
J’arrive au point final. Encore plus spectaculaire et impressionnant que ce à quoi je m’attendais. Difficile d’imaginer un plus merveilleux endroit pour un bivouac.
Il y a deux ou trois véhicules sur place. Le soleil est encore assez haut et je compte rester là jusqu’à la tombée du jour avant de repartir vers mon
Santa Fe. Cette fois, ci, je n’ai pas oublié ma frontale et le chemin de retour sera assez simple.
Je mitraille, tentant de rendre compte des différentes nuances produites par le soleil à mesure qu’il se penche vers l’horizon. Là encore, je bénéficie d’un ciel particulièrement intéressant. Orageux mais dégagé à l’ouest. L’idéal, quoi !
Je comptais repartir juste après que le soleil ne soit passé sous l’horizon, mais c’est précisément le moment que choisit le ciel pour se parer de ses plus beaux atours. De formidables trainées lumineuses dignes d’un feu d’artifice apparaissent au-dessus du lac et des mesas, habillant le tout d’une ambiance surnaturelle. Les quelques personnes présentes sont toutes bouche bée... Je m’attarde donc plus que prévu, mais c’est pour la bonne cause.
Je repars finalement avant qu’il ne fasse complètement noir. Une obscurité totale recouvre le désert alors que je n’en suis à la moitié du chemin. C’est le moment que choisit l’une des voitures qui revient du point de vue pour s’arrêter près de moi. C’est une grosse Jeep tout terrain. Le conducteur me propose de monter à bord, ce que j’accepte bien volontiers. Je me retrouve à l’arrière en compagnie de deux jeunes filles hindoues. Le frère aîné est au volant et une troisième sœur sur le siège passager. Ils sont tous venus faire leurs études aux
USA. Deux à
Seattle et deux autres à
Boston. Ils se sont retrouvés ici pour de petites vacances en famille. Ils sont tous très sympas et les deux nanas de l’arrière sont marrantes comme tout. Quelques minutes plus tard, ils me déposent à ma voiture et je leur souhaite un bon retour.
Fin d’une journée sans problème. On ne va pas s’en plaindre.