5 septembre 2018 – De Ouray à Bisty wilderness.
Je quitte le camping de bon matin. Il fait assez beau et je ne serai pas contre une petite promenade matinale dans Silverton. Retour donc sur la Million Dollar highway pour la petite demi-heure qui sépare les deux villes.
Petite balade dans Silverton. C’est toujours un plaisir. Photos de téléphone sans grand intérêt, juste pour l'ambiance. Je les publie en direct sur FB et ma filleule et cousine Emilie, à quelques milliers de kilomètres de là, réagit de suite : "
Mais où sont les gens ?!!" Ils sont partis bosser, feignasse !

Je prends mon petit déjeuner sur Main street dans le Brown Bear Café. Café et jus d'orange, la première pancakes avec œuf et bacon, puis la seconde nappée de délicieux sirop d'érable. Je suis hyper prévisible.
Suite de la journée qui me voit changer de zone et d’ambiance. Bye les montagnes et le
Colorado, place au désert du
San Juan Basin,
Nouveau Mexique. La distance entre les deux n’est pourtant pas très importante. Deux heures tout au plus.
J’avais prévu davantage de temps sur le Million DH mais la météo est vraiment très pessimiste et la montagne sous la pluie, ben...
Passage par
Durango. J’en profite par faire quelques courses chez Wall Mart. Puis par Farmington, première ville importante après la frontière entre les deux états. Encore une journée dont je ne garde pas trop de souvenirs. C’est le problème lorsqu’on rédige ses carnets plus de 18 mois après le voyage. En même temps, s’il s’était vraiment passé quelque chose de notable, je pense que je m’en souviendrais...
Arrivée sur Bisti Wilderness en milieu d’après-midi.
Sous la pluie.
Ben zut alors !
Je n’ai pas de programme précis pour les trois journées à venir. Juste l’envie d’arpenter les deux vastes zones du
San Juan Basin que sont « Bisti » et « Ah Shi Sle Pah » wilderness.
Seulement voilà, avec un ciel comme celui-là, l’idée perd pas mal de son attrait. Un court moment, l’idée de pousser jusqu’à
Painted desert en
Arizona – un endroit jamais vu -- me traverse l’esprit, mais un rapide calcul kilométrique m’en dissuade rapidement.
Je ne peux pas présumer des jours suivants, donc je me décide à occuper cette fin de journée avec le site qui me tentait le moins : King of Wings dans Ah Shi Sle Pah.
L’avantage est que les pistes de ce secteur sont excellentes et facilement accessibles, pour peu qu’on se soit bien documenté à l’avance afin de ne pas se tromper d’embranchements. C’est mon cas, je n’ai donc aucune difficulté à trouver mon chemin. Lorsque j’arrive à cet enclos (photo suivante), je me dis que cela ferait un très bon bivouac, mais la piste continue un peu plus loin et autant me rapprocher le plus possible du site.
Je me gare aussi proche du sentier d’accès que possible et, ô miracle, la zone convoitée est ensoleillée, les gros nuages noirs étant restés parqués dans la partie est du ciel.
L’intérêt de cette randonnée est de débusquer un rocher étonnant : King of Wings. Néanmoins, je me surprends à adorer toute la zone désertique qui m’y conduit. Des
badlands de couleurs pastel qui resplendissent sous le soleil doré de cette fin d’après-midi. Et ce ciel étrange me fait diablement penser à celui que j'avais trouvé au dessus de Alstrom point quelques jours plus tôt.
En revanche, l’oubli de GPS est interdit. Il n’y a presque aucun repère visuel qui permette de se diriger sans cela. Bonne chance pour retrouver votre voiture, sinon.
Grace aux coordonnées GPS, le repérage du royal rocher n’est qu’une formalité.
Les alentours me plaisent beaucoup aussi et je vadrouille pas mal dans les environs. Je n'attendais pas autant de cette zone. Quel bonheur de se retrouver seul au milieu de ce décor irréel avec en plus une lumière de cette qualité !
Après un dernière révérence au King (toujours saluer le King), je repars lorsque le soleil se met à baisser sérieusement.
Mais le spectacle n’est pas terminé pour autant car, une fois le soleil disparu, le ciel se met à dispenser d’incroyables effets colorés. C’est une cinéscénie à 360 degrés qui s’épanouit autour de moi. C’est de l’Imax en version 100% naturel.
La déception envisagée à l’arrivée sur Bisty quelques heures plus tôt est très loin derrière moi.