De Canyon village à Grant Village (suite)
En milieu d'après-midi, je repars vers le nord dans le but d'assister au coucher du soleil à Grand Fountain geyser. Sur le chemin, je me sens happé par l'envie d'arpenter les passerelles du Grand Prismatic.
Difficile de se garer. Les files de voitures échouées en bord de route s'étendent loin de part et d'autre du Midway geyser basin. Je finis par trouver un espace ou me glisser.
Le soleil de fin de journée fait resplendir les couleurs de la source géante. La promenade est courte mais d'une splendeur sans pareille. J'enchaine les clichés avec pour objectif d'assembler ensuite des panoramas. Quel régal pour les pupilles (sans parler des narines !)
Des plans plus serrés permettent également de mettre en valeur les textures incroyables qui tapissent le sol. Il y a dix ans, je n'avais pas eu l'occasion de visiter ce site à cette heure de la journée. Quelle erreur c'aurait été de passer sans s'arrêter !
Je décide ensuite de poursuivre la route vers Norris geyser basin qui se trouve davantage au nord. Je l'avais visité par temps gris et en matinée. Ce sera donc un point de vue différent.
Moins de monde ici, ce qui ne gâche rien... Je commence par parcourir le « Porcelain basin » aux couleurs pastel.
Puis je fais un rapide passage sur le Back Basin car le soleil continue à baisser et je tiens à être sur place pour le voir se coucher sur Grand Fountain geyser. Et finalement, je suis un peu déçu. La faute au manque de nuages (c'est un comble !).
Retour sur Grant village ou j'arrive juste à temps pour prendre une douche avant la fermeture. Après tous les kilomètres avalés dans la journée, ça fait du bien. Pas de neige ce soir.
29 août : de Yellowstone à Bonneville salt flats.
Je me lève plus tôt encore que la nuit précédente. Il faut dire qu'une longue route m’attend et que j'ai pour premier projet d'admirer le lever du soleil sur le Emma Mathilda lake, dans le
Grand Teton national park qui se trouve juste après la sortie sud de
Yellowstone.
La nuit aidant, je me trompe de chemin à mon départ de Grant Village. Je fais demi-tour après une vingtaine de minutes avant de m'apercevoir que je ne m'étais finalement pas trompé. Pas réveillé. Une bonne demi-heure dans les dents au final.
En longeant le Lewis Lake, à une quinzaine de kilomètres avant la sortie de
Yellowstone, j'entraperçois des vues incroyables de beauté. Encore plongé dans une semi-obscurité, le lac est enchâssé dans une gangue de brume bleue surnaturelle. C'est à tomber par terre. Et comme un con, la tête encombrée par mon planning déjà foutu, je ne m'arrête pas. Un an et demi après, je ne décolère toujours pas.
Je m'accorde tout de même une courte pause près de ces montagnes embrumées, peu après la sortie du parc et le lever du jour. De toute façon, c'est déjà mort pour Mathilda Lake.
J'ai d’ailleurs un peu de mal à le trouver, celui-là. Manque de préparation. Ça m'arrive parfois... Et quand j'y parviens, c'est la déception. La brume cache intégralement les montagnes qui font tout le sel de ce point de vue. Ça valait bien la peine de snober le Lewis lake !
Du coup, je suis beaucoup moins pressé et je m'accorde un arrêt près de la vielle fermer mormonne.
Je prends mon petit déjeuner à
Jackson Hole. Comme le disais justement un gars rencontré il y a longtemps lors d’une rando «
Jackson, c’est Frontierland en vrai ! ». Un des romans de CJ Box se passe ici quand son héros, le garde chasse Joe Pickett, s'y retrouve muté. Si l'envie de découvrir l'envers du décors vous tente, allez y, vous ne le regretterez pas.
La section nord de mon périple est terminée, je vais maintenant filer au sud pour explorer des types de paysages très différents. Moins de vert, plus de rouge et d'ocre. Et peu de chance de revoir de la neige.
Une chose positive cependant : la première journée de type hivernal à
Yellowstone semble avoir chassé le ruban de brume grise qui encombrait l'horizon depuis mon arrivée à
Denver et que j'attribuais à tort aux incendies californiens.
Le reste de la journée se passe sur la route. Je me remémore certaines portions qui m'avaient marqué il y a dix ans, comme le tronçon de route qui va de
Logan à
Ogden. Un véritable toboggan d'au moins 15 miles. Et juste avant, le longement du Bear Lake aux eaux bleues électrique.
Passé Salt lake, je vire à l'ouest sur l'I80 qui longe le
grand lac salé. On associe souvent l'endroit aux tentatives de records de vitesse sur roues mais ceux-ci se déroulent en fait 100 miles plus à l'est, sur les étendues blanches de Bonneville salt flats. C’est mon objectif.
C’est blanc, c’est plat et c’est chiant. Voilà pour ma première impression.
Mais avec le soleil qui descent vers l’horizon et la lumière qui s’adoucit, le lieu devient plus intéressant. Par contre, les fous de la vitesse qui l’investissent presque continuellement interdisent de s’y promener en toute liberté. Le ciel devenant plus intéressant, les photos s’améliorent d’autant. Pas mal de monde dans le coin, finalement
Je repars à la nuit tombante sous un ciel embrasé. Mon projet initial consistait à dormir sur place mais c’est manifestement interdit. Les panneaux sont clairs à l’entrée du site et il serait difficile de prétendre ne pas les avoir vus. Je gagne donc la ville voisine de West Wendover en espérant y trouver un petit motel.
Quelle surprise de découvrir ici une « ville casino », sorte de mini
Vegas. C’est vrai qu’elle se situe juste après la frontière de l’
Utah et du
Nevada.
Deux énormes établissements, le Wendover Nugget et le Montego Bay resort, ouvrent la parade des lumières. Je me gare sur le parking du premier dont je tape le nom sur mon smartphone. Les chambres y sont presque données, comme souvent dans les casinos du
Nevada. 50 dollars pour une pièce de 60 m2 et un King Bed de 2m sur 2, je prends.
Etrange atmosphère. L’endroit est presque désert et le personnel assez peu accueillant. Pas grave. Une bonne douche et un bon lit, c’est tout ce que je demande. J’ai de toute façon l’intention de repartir avant l’aube de façon à profiter du lever du jour sur le désert blanc.