calamity pourquoi parles tu "d'attrapes-touriste" au sensoji?
Parce que les temples et sanctuaires comptent sur les revenus découlant des redevances prélevées auprès des marchands, restaurateurs et hôteliers installés alentours sur des terrains appartenant à la congrégation. Ces derniers comptent sur les touristes, japonais et étrangers, pour vivre...
Les communautés religieuses étant autrefois seules à disposer de lieux publics suffisamment vastes, les foires et marchés se tenaient là et attiraient pélerins, touristes et badauds, 3 catégories qui se superposent. Pour un meilleur "rendement", et en accord avec les autorités civiles et militaires qui avaient intérêt à contrôler les rassemblements de foules, foires et marchés se déroulaient le jour anniversaire d'un évènement religieux (par exemple, le marché aux puces du Toji à
Kyoto se déroule le jour de la mort du fondateur, Kobo Daishi. Le marché est connu sous le surnom de "Kobo-San". Une bonne partie du public qui s'y rend en profite pour faire des dévotions religieuses autant que ses achats et du "lèche-étalage").
Du temps d'Edo, ces foires et marchés couplées à des pélerinages étaient les seuls déplacements autorisés au bas-peuple. Vous imaginez bien que les autorités religieuses, tout comme les commerçants, n'allaient pas manquer d'attraper cette manne touristique...
C'est toujours le cas de nos jours, à la différence que le tourisme est permanent et l'offre de souvenirs et de marchandises s'est fortement étoffé. Les revenus d'un jour ordinaire au Sensoji se chiffrent en centaines de milliers d'euros, et en millions lors de fêtes carrillonnées. Rien que pour les 5 jours autour du nouvel-an, on compte qu'un temple ou sanctuaire connu fait entre 1/4 à 1/3 de son revenu annuel en achats, redevances et offrandes, ces dernières justifiant l'engagement de milliers d'employés temporaires pour compter la monnaie !