Pour être en forme le jour, il est nécessaire de bien dormir la nuit. À l'évidence la qualité et le choix judicieux du matériel de couchage, et en premier lieu du sac, sont donc primordiaux à la réussite d'une randonnée, d'une expédition et même à la limite de n'importe quel voyage. Et comme pour toute chose, il peut être utile de connaître préalablement les critères nécessaires à ce choix ainsi que quelques principes de base...
Le rôle d'un sac de couchage est de maintenir au chaud celui qui l'occupe. Cette chaleur provenant directement de l'occupant, le but du sac est de la garder dans un volume réduit tout en évitant au maximum les déperditions.
La qualité d'un sac de couchage est tout d'abord fonction de la couche d'air contenue à l'intérieur du garnissage. Il est donc important de tenir compte de la différence de volume entre le sac comprimé dans sa housse et à l'air libre. Plus cette différence sera importante, meilleure en seront les caractéristiques. À savoir aussi que le dessus d'un sac est toujours plus chaud que le dessous qui, lui, se trouve comprimé par le poids du corps.
Sur un sol froid ou humide un isolant si possible peu compressible (parfois inclus dans certains couchages) devient alors utile, permettant parfois "d'économiser" jusqu'à 10 C. De même des accessoires annexes comme des housses bivouacs, sursacs ou draps de duvet peuvent améliorer les caractéristiques spécifiques d'un sac.
La chaleur provenant avant tout du corps et le sac la maintenant dans un espace réduit en évitant de la laisser s'échapper, les "sarcophages" seront toujours, à caractéristiques égales, plus performants que les sacs "couvertures". En plus de la forme, autant choisir un modèle d'une bonne longueur (environ 20 à 30 cm de plus que sa taille). Enfin, sachez que les matériaux et les modes de fabrication jouent aussi un rôle important au niveau thermique.
Sans entrer dans les détails, il faut savoir qu'il existe deux types de garnissages: le "naturel" et le "synthétique".
Le "vrai" duvet d'oie ou de canard est confortable et protecteur. Il permet au corps de bien respirer et offre la plupart du temps de bonnes caractéristiques. Ce garnissage est intéressant avant tout pour les zones de basses à très basses températures. Autres avantages: un faible poids et de bonnes capacités à la compression.
Ces duvets, à caractéristiques identiques, sont néanmoins souvent plus chers que les synthétiques, notamment dans le bas de gamme. De plus ils nécessitent également plus de précautions au niveau entretien et sont assez sensibles à l'humidité.
Quant à la garniture synthétique, elle sert désormais aussi bien au couchage de base qu'à celui utilisé en haute montagne. Elle est de nos jours utilisée pour la majorité des sacs. Même si les caractéristiques de certaines fibres permettent d'égaler les qualités thermiques du vrai duvet, les sacs synthétiques demeurent généralement plus lourds.
Pour un même garnissage, selon les techniques employées au niveau fabrication, on obtiendra des performances différentes.
Le système "classique" est le plus simple, le moins coûteux mais aussi le moins efficace. Dans ce cas, les coutures traversent les deux parois du tissu créant ainsi des points froids. Afin de palier cet inconvénient, certains fabricants rajoutent une enveloppe extérieure tissu sans coutures.
Les systèmes à double ou triple cloisons autonomes (deux ou trois sacs l'un dans l'autre) sont au contraire les plus efficaces quoique plus lourds. C'est la méthode utilisée pour les couchages en conditions extrêmes.
Quant aux tissus employés, chacun dispose évidemment de caractéristiques spécifiques: poids, imperméabilité, résistance aux déchirures, etc, qui bien sûr auront une incidence sur les qualité thermiques du sac, de même que sur son poids ou son prix.
C'est le duvet rectangulaire, avec ou sans capuche, qui peut s'ouvrir entièrement pour former une couverture. Ces sacs sont plus amples mais généralement aussi plus lourds et encombrants que les sarcophages. Mais à qualités égales, ils sont aussi souvent moins chers.
Elle correspond à des duvets rétrécis au niveau des pieds et munis d'une capuche. Certains, appelés "sarcophage anatomiques", épousent complètement la forme du corps augmentant ainsi les performances du sac. Plus adaptés au portage et plus chauds à caractéristiques égales que les précédents, les "sarco" sont souvent appréciés des randonneurs et montagnards.
A signaler que quelle que soit la forme et les modèles, la plupart du temps les sacs sont jumelables entre eux (d'où le peu d'intérêt d'investir dans un biplace).
Avant tout en connaissant ses besoins d'utilisation, c'est à dire selon les conditions climatiques prévues (température, humidité, vent), le type de couchage (camping, bivouac, dur, avec ou sans matelas), le mode de transport (portage ou véhicule), plus bien sûr ses propres capacités de résistance.
Ne pas oublier non plus que si chaque sac est garanti jusqu'à une certaine température, celle‑ci correspond à la limite permettant de passer une nuit sans de trop gros problèmes. Mieux vaut donc quand même déduire 5 à 10 C à celle‑ci pour obtenir la zone réelle de confort maximum, surtout quand on sait qu'il n'existe toujours pas de normes officielles pour mesurer la température minimum d'utilisation d'un sac et que chaque fabricant décide donc de ses propres tests.