Car le géorgien n'est pas la seule langue de Géorgie : plus on s'enfonce dans les campagnes telles que le Svaneti ou le Samegrelo, plus les langues locales (le mégrélien, le svane, le laze et l'abkhaze) sont employées...
hors sujet par rapport à la question initiale, mais puisque vous mentionnez la langue abkhaze, l'Abkhazie n'est plus en Géorgie, et si en Géorgie l'américanisation livre une guerre à la langue russe, en Abkhazie la langue géorgienne est en état de disparition très avancée.
Déjà la frontière géorgienne de l'Abkhazie est fermée pour les Abkhazes. J'ai rencontré des abkhazes arméniens, qui, pour aller visiter leur famille en Arménie doivent prendre l'avion en Russie pour Yerevan. Sinon c'est le bateau depuis Sotchi pour Trébizonde en Turquie, puis bus pour Batoum, etc. Des détours et frais aberrants.
Tout étant mis en oeuvre pour mettre des bâtons dans les roues des Abkhazes, y compris via les non-reconnaissances de la part d'organismes internationaux divers, ils sont forcés de compter sur la Russie pour subsister. La poste par exemple est assurée par le centre de tri de Sotchi, le réseau mobile, qui est en 4G, via la Russie aussi. Et les distributeurs VIsa/Master sont revenus l'an dernier du fait du poids énorme du tourisme russe et biélorusse.
Tous ces faits du quotidien mis ensemble, plus le nationalisme certain d'une partie des abkhazes, notamment une partie des élites qui sont des linguistes et philologues des langues circassiennes, plus la mémoire entretenue de la guerre abkhazo-géorgienne lors de la dissolution de l'URSS, laissent le sentiment que trop de temp et trop de sang ont été versés pour que l'Abkhazie puisse se réconcilier avec la Géorgie.
La nouvelle génération n'apprend pas le géorgien à l'école, mais l'abkhaze et le russe. Une partie de l'ancienne génération ne parle d'ailleurs pas géorgien, et notamment beaucoup d'arméniens de l'époque soviétique.
Le plus amusant est, que parmi les plus chauds partisans de l'abkhaze contre le géorgien, linguistiquement parlant, que j'ai rencontré à Souxoum, étaient de jeunes turcs d'origine abkhaze-circassienne descendants des circassiens de la grande déportation et échange de populations entre empires russes et ottomans des années 1860/70, et qui viennent vivre en Abkhazie pour des études linguistiques, de la recherche généalogique, des projets touristiques et des collaborations sur des projets de développement sous l'égide du gouvernement abkhaze.
Ce qui est surréaliste, parmi d'autres menus choses, du fait des pressions euro-américaines, est, qu'en Abkhazie, on ne peut pas utiliser la plupart des GPS car ceux-ci, édités en Europe de l'ouest ou Etats-Unis, persistent à utiliser les anciens noms de rues en géorgien, y compris l'alphabet, alors que tout est écrit sur place en abkhaze et russe, avec la plupart des noms de lieux différents.
Pour m'orienter j'utilisais Yandex, qui est à jour. Google a mis à jour quelques noms de rues, mais persiste à utiliser un alphabet géorgien qui ne s'aperçoit nulle part.
l'opéra de Souxoum et sa plaque, en abkhaze et russe, pas de géorgien:

l'été dernier, grandes réclames pour le réseau mobile 4G, ici A-Mobile, dont j'ai une SIM pour les appels et sms sur place. Le préfix international est en +7, et construit avec l'aide russe.


Un rare cas avec de l'anglais, mais toujours pas de géorgien: l'institut de botanique de l'académie des sciences:

l'école d'échecs Anatoli Karpov, en abkhaze et russe:

l'été dernier les distributeurs Visa et Master en service. Roubles, dollars et euros, selon les banques et distributeurs:


l'ancienne gare désaffectée entre l'ancienne gare centrale et le centre ville:

Google Maps la marque comme gare Baratachvili, or c'est impossible à trouver lorsqu'on est sur place, car il s'agit de la gare Guma....
deux types de véhicules courants sur la route: un taxi en plaque abkhaze, et un vacancier en plaque biélorusse:

à la frontière russo-abkhaze d'Adler, de l'anglais, après l'abkhaze et le russe:
