Voyage solo-rando de 4 semaines dans l'Ouest des États-Unis
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JH
En guise de préambule Voici un nouveau carnet - un énième, me diriez-vous mais c'est mon premier, soyez indulgent svp. 🙂 - qui décrit mon voyage à l’Ouest des Etats-Unis en solo en été 2018 et qui ne sera probablement pas un carnet comme les autres car je l’écris tout d’abord et principalement pour mes enfants qui n’ont pas pu y participer. Je me suis dit que leur parler de tout ça serait trop long et à un moment donné ils en auront assez tandis qu’un carnet peut se lire quand on veut. J’aurais pu l’écrire et leur donner en direct sans passer par le site mais je pense que les enfants d’aujourd’hui liront avec davantage d’intérêt quelque chose publié sur un site que sous fichier Word comme ils lisent plus volontiers les blogs que des romans, pourtant mille fois plus intéressants. Ce carnet aura donc beaucoup de sentiments personnels, du ressenti qui n’intéressera peut-être pas les gens qui cherchent avant tout de l’info pratique. Je vais tout de même tacher d’y mettre quelque renseignements de ce genre dans la mesure qu’il me paraîtrait important d’expliquer certaines choses ou les choix que j’ai fait ou pas. Évidemment toutes mes réflexions et analyses sont des avis personnels et ne seront sans doute pas entièrement partagés par tout le monde.😉 Et juste la dernière chose avant d'entrer dans le vif du sujet: le voyage était fait il y a un an et demi, certaines choses se sont effacés du disque dur (ou mou, c'est à voir) de mon cerveau mais je vais essayer de retracer l'essentiel en espérant que cela servira à quelqu'un sur ce forum et à mes enfants de mieux connaitre leur père.

La genèse

Après avoir fait un premier voyage à l’Ouest des US en famille qui comportait tous les lieux classiques visités habituellement et qui était une grande réussite au niveau de la diversité des lieux vus 😇 mais un peu moins au niveau des intensités des balades 🙁 j’ai voulu approfondir l’expérience et sortir des sentiers battus. Il m’a vite apparu que pour des diverses raisons il ne serait pas possible de le faire en famille. 🙁 Ma femme que je remercie infiniment m’a permis de partir tout seul pendant un mois prenant sur elle les enfants. Sans son soutien ce voyage n’aurait pas été possible.

Les préparatifs

Un voyage solo hors les sentiers battus – relativement bien sûr - demande plus de préparatifs qu’un voyage classique ou plutôt il demande de le préparer différemment. J’ai passé donc beaucoup de temps pendant plusieurs mois avant le départ à établir mon circuit, chercher les informations, créer des itinéraires. J’expliquerai plus tard mon avis sur ce travail fastidieux. Comme à toute la personne qui cherche à faire un voyage à l’Ouest des US une question s’est posée à moi si je dois faire une boucle ou arriver dans un endroit et repartir d’un autre. Les deux options ont leurs avantages et leurs inconvénients – laisser la voiture dans une autre agence que celle où elle a été prise va augmenter la facture de 200-400$ (sauf en Californie), l’arrivée et le départ des différents aéroports peut aussi coûter plus cher bien que j’ai entendu des avis contraires. Mais cela vous permet de ne pas revenir sur vos pas en passant par les endroits qui ne seront pas spécialement intéressants au retour, vous économiserez donc du temps. En faisant une boucle on roule presque toujours un peu trop juste parce qu’il faut revenir.

Le problème éternel est également qu’il faut s’y prendre assez tôt à l’avance pour bénéficier des billets et de la location voiture pas trop chers et généralement sauf être super bien organisé et avoir commencé les préparatifs très en amont (ce qui n’était pas mon cas), au moment d’achat de billets le circuit n’est pas entièrement établi. Généralement on ne conseille pas prendre les billets avant de faire le planning (voir les commandements de Pong 😉, bien faits). Je ne suis pas de cette avis : il est parfaitement possible d’avoir une trame de circuit plus ou moins bien faite et de prendre les billets, ensuite il suffit juste d’avoir beaucoup d’options à sa disposition et de ne pas essayer de mettre tout ce qu’on a envie de voir car cela ne marchera pas. Et c’est ça, le plus difficile ! :-) 🙂

Bref comme vous avez compris, mon circuit était loin d’être fini au moment de recherche et d’achat de billet. J’avais plus ou moins une bonne idée des régions ou des lieux que je voulais visiter mais je n’avais pas de planning exact.

Le départ était prévu pour le mois d’août, j’ai pris mes billets en mars. Les recherches étaient fastidieuses : il me fallait me décider sur le lieu d’arrivée et du départ et sur la location de voiture. Finalement tous facteurs pesés mon choix s’est porté sur la boucle à partir de Denver (la première fois on a fait la boucle à partir de Las Vegas). J’ai longuement hésité sur les vols mais en mars les prix des meilleurs vols avec les horaires potables étaient déjà prohibitifs, je me suis donc décidé à faire des vols avec des longues escales pour passer la nuit à Montréal en aller et à Vancouver au retour. Je donnerai mon avis là dessus plus tard.

Etant donné que j’envisageais de faire beaucoup de pistes j’ai choisi une SUV en espérant avoir un vrai 4x4 au moment de location sur place. Comme j’ai pensé dormir parfois dans la voiture je n’ai pas pris le plus petit modèle. Par ailleurs je me suis fixé comme objectif faire –ou essayer de faire – un voyage vraiment près de la nature, dormir le maximum dans les campings, il me fallait donc avoir un peu de place dans la voiture pour mettre tout le matériel.

Une fois les billets pris j’ai commençais vraiment à construire mon circuit ayant déjà une idée bien précise d’endroits que je voulais absolument visiter. Comme dit plus haut je me suis fixé l’objectif de ne pas dormir dans les hôtels/motels mais de m’arrêter dans les campings. Or en commençant construire mon circuit et en regardant les campings dans les endroits où je voulais dormir il m’est vite apparu que soit les bons campings étaient déjà pleins soit les autres n’étaient pas terribles et de surcroit assez chers juste pour mettre une tente (30-35$ la nuit sans douche en tenant compte de frais de résa que Recreation.gouv ou autres site vous sucrent au passage). J’ai réservé donc les deux premières nuits et ensuite me suis dit que payer aussi cher sans avoir la douche juste pour dormir dans les endroits probablement moyennement sympathiques n’était sans doute pas le meilleur choix et que j’allais essayer de trouver autre chose. Je donnerai mon avis sur ce choix pour chaque jour de voyage.

Ensuite ont commencé les vrais mois de préparation car je ne voulais pas perdre du temps sur place, être tributaire du temps, donc il fallait des plans B, comme tout le monde je voulais faire le max des choses, bref vers la fin du mois de juin j’étais carrément épuisè par mes recherches d’info, des endroits, des itinéraires au point que je n’absorbais plus l’info, j’ai frôlé l’indigestion...

Etant donné que je voulais visiter les endroits où je ne risquais pas voir beaucoup de monde et dans les conditions climatiques assez difficiles (chaleur) j’ai décide d’acheter un navigateur de randonnée. Mon choix après un certain temps de recherches s’est porté sur Etrex 30x pour sa robustesse, son poids, son côté pratique pour la randonnée et son prix (200€ tout de même). J’étais très surpris par le caractère très peu pratique de cet appareil, qui demande à s’habituer à sa manière de fonctionner et ne pas du tout user friendly. Ayant été habitué à la maniabilité des téléphones portables j’ai trouvé cet appareil d’un autre age, et je me demande comment on arrive à vendre aujourd’hui au prix fort ces machins si peu pratique. Cela me rappelait les bons vieux modems de l’époque préADSL qui ramaient pas possible... Par ailleurs il s’est trouvé très énergivore et il fallait constamment penser à avoir les piles supplémentaires sous peine de se trouver avec l’appareil mort. Cela dit je ne regrette pas mon achat car il m’a servi à plusieurs reprises pour me repérer au milieu de nulle part et je pense que sans lui j’aurai pu vraiment m’y perdre ou tout simplement et moins tragiquement de ne pas trouver ce que je cherchais.

Enfin en parlant de préparatifs je ne peux ne pas mentionner les ressources inestimables que j’ai trouvé sur ce forum et sur les sites de ces membres, que je remercie, notamment Thierry (wavemaster), dont le site reste une référence par son exhaustivité des lieux à visiter mais qu’il faut souvent compléter par le recoupement d’info d’ordre pratique, Julien (ju45) qui donne dans ses carnets pas mal d’info justement pratiques – la distance, le temps, l’appréciation – et qui met beaucoup de belles photos ce qui est très appréciables pour se faire une idée, Yves (mycovtt) dont les nombreux carnets et les aventures ainsi que des magnifiques photos m’ont beaucoup inspiré, Pierre (pong) pour ces récits instructifs et les photos, Jean Philippe (orionide) pour ses sites très bein faits, Michèle et Jean-Michel dont les magnifiques photos sont une source inépuisable d’envies et beaucoup d’autres dont j’ai parcouru assidument les carnets.

Je voudrais remercier plus particulièrement Patrice (jdakota), Olivier (oliv2019), Valérie (veileen) et Guillaume (Marati) dont les carnets super détaillés et les photos magnifiques m’ont directement inspiré et qui ont eu la gentillesse et la patience de me donner leurs tracés de GPS et leurs conseils et encouragements. Ce carnet est autant l’hommage à leur gentillesse et le sens de partage.

Et juste le dernier mot pour expliquer ce qui va suivre : je suis arrivé aux US dans l’état de fatigue très avancé, l’année était très dure et le manque de sommeil cumulé tel que parfois je dormais debout dans le métro. Cela explique certaines choses que vous allez trouver dans ce carnet.

Et pour comprendre vraiment le manque de belles photos dans ce carnet il faut savoir que pour moi marcher vitedans ces beaux endroits est un plaisir plus grand que de les voir, ce qui doit me faire rater énormément de choses que je n’ai pas le temps d’apercevoir et/ou de contempler. C’est sans doute bête mais c’est comme ça, j’aime bien marcher et marcher vite. Un Forest Gump, quoi... 😉 😊
PE Peggy16 Globetrotter ·
Bonjour ! Me voilà, prête à lire tes aventures !🙂

Ce carnet aura donc beaucoup de sentiments personnels, du ressenti qui n’intéressera peut-être pas les gens qui cherchent avant tout de l’info pratique. Je vais tout de même tacher d’y mettre quelque renseignements de ce genre dans la mesure qu’il me paraîtrait important d’expliquer certaines choses ou les choix que j’ai fait ou pas.

Personnellement, c'est ce que j'aime dans les carnets, les sentiments et les choix personnels ! 😉 A bientôt
JH Jhc019 ·
Bonjour ! Me voilà, prête à lire tes aventures !🙂

Personnellement, c'est ce que j'aime dans les carnets, les sentiments et les choix personnels ! 😉 A bientôt

Bonjour Peggy et merci! J'ai bien lu tes carnets sud-ouest qui m'ont également inspirés et j'ai mis au chaud ton carnet nord-ouest car cette idée trotte dans ma tête. J'ai pensé même pour cette année - je me prends tard, comme tu le sais maintenant - et j'ai commencé à chercher les billets mais là je suis dubitatif devant l'épidémie corona - je ne parle pas de la bière hélas 🙁
JH Jhc019 ·
Le premier jour : Montréal

J’ai pris le vol avec Air Canada, départ dans l’après-midi pour arriver vers 17 heures locales à Montréal. Le vol se passe bien, rien à signaler. J’arrive donc à Montréal où je découvre le passage des frontières version 21e siècle : la salle est pleine de machines où on met son passeport, la machine vous crache ensuite un petit papier que vous allez remettre à un agent. Vous devez avoir préalablement à votre départ reçu l’autorisation électronique de voyage pour le Canada (comme ESTA pour les US), la procédure pareil que l’ESTA impliquant aussi les frais. Je m’approche de l’agent et je lui donne le papier craché par la machine. Lui : que allez-vous faire au Canada ? Moi: rien de spécial. Lui : me regarde avec étonnement. 😮 Moi : je pars demain aux US. L’agent perd aussitôt tout intérêt à ma personne et me laisse passer. Je récupère mon sac.

J’ai pris une location Airbnb. Quand j’ai cherché l’endroit où passer la nuit à Montréal sachant que mon départ le lendemain était à 7.30 du matin, deux options se sont offertes à moi : soit aller en ville avec le plaisir de passer la soirée au centre ville que j’ai visité brièvement en 1998 et dont je ne me souvenais plus grande chose mais avec l’inconvénient d’être obligé de me lever encore plus tôt le lendemain, ou rester près de l’aéroport quitte à aller le soir au centre ville. Après la réflexion j’ai choisi la deuxième option ne sachant pas si j’allais être trop fatigué après le vol pour flâner au centre ville. Ma location était indiqué comme « 5 minutes de l’aéroport » mais cela en voiture bien entendu. J’ai regardé sur Google maps, c’était à 35 minutes à pied.

Je me dis que avec mon sac de 22 kilos avec tout le bordas du camping il serait dur de le trimballer au petit matin. Je pose la question au service d’accueil s’il y a une consigne. Hourra, ça existe ! 🙂 J’y vais, je pose la question si c’est ouvert 24/24, c’est oui. Le prix est de 10 CAD. Je sors mon billet et la fille éclate de rire : il m’a resté 50 CAD de mon voyage du 1998, je me suis dit à l’époque que cela ne valait pas la peine de les échanger contre les francs (et oui, c’était encore les bons vieux Pascal et autres Saint Saint-Exupéry). Sauf que en vingt ans ils ont eu le temps d’inventer d’autres billets, ces canadiens! 🤪 Heureusement que les anciens billets sont encore acceptés, la fille donc me le prend. Me voici débarrassé de mon fardeau et libre de marcher avec mon sac à dos d’une 10 kg seulement :-) 😉. Je me lance à parcourir les merveilleux alentours du terminal qui comme partout dans le monde ne sont pas vraiment fait pour les piétons. 🙁 Qu’à cela ne tienne je marche entre les bords de la route et les parkings, essayant de couper mais pas trop car souvent je tombe sur un grillage qui m’oblige à rebrousser le chemin. Il ne fait pas très beau, c’est plutôt gris et triste, ce dédale des routes qui partent dans tous les sens et où je suis le seul à marcher, pas d’autres piétons en vue.

Je finis pas sortir sur la route qui longe le chemin de fer dont une extrémité aboutit quelque part au centre ville. Il y a un trottoir, ouf ! Je marche, je marche, la fatigue commence à se faire sentir. J’arrive aux premiers patés de maisons, ce n’est pas la première rue à droite, 🙁 ni la deuxième 🙁... Les maisons sont plutôt ce qu’on appelle aux US « low middle class », ce n’est pas pauvre mais pas trop luxueux non plus. Enfin j’arrive à ma destination. L’appartement où j’ai loué une chambre pour cette nuit est propre, il y a trois chambres, un salon et une cuisine, une grande salle de bain, et pour l’instant je ne vois personne ! Pourvu que ça dure ! 😉 Par contre la porte de ma chambre ne se ferme pas à clé, pas cool ça :-(.😕 Bon, je m’installe, dans la cuisine il y a un grand sac avec les sachets de thé, j’en déduit que c’est en libre service et je m’autorise une tasse de thé.

Il est 18 heures passées, il faudra que je m’occupe du diner car demain je dois me lever tôt. Mon vol part à 7.30. En partant de l’aéroport j’ai eu l’idée d’aller voir les départs US, l’histoire de ne pas chercher à 6 heures du mat. A l’accueil je tombe sur un grand gaillard à qui je pose la question s’il y a beaucoup de monde le matin pour passer la frontière. « On recommande de venir 3 heures avant », me répond-il. OK, ça je le sais mais je vous demande s’il y a beaucoup de monde et s’il faut vraiment venir 3 heures avant, vu que cela fait 4.30 du matin ? « On recommande de venir 3 heures avant », me répond-il. Ça, j’ai compris, mon ami mais est-ce vraiment nécessaire ? « On recommande de venir 3 heures avant », me répond-il. J’abandonne. 🙁 Je décide que 2 heures avant seront largement suffisantes mais cela fait tout de même 5.30 du matin, et vu que il me faut 35 minutes de marche et je dois encore récupérer mon sac, cela fait le réveil à 4.00 pour avoir le temps de becqueter quelque chose. Il me faut donc aller faire les courses.

Je sors de l’appartement. J’ai trouvé sur Google Maps un supermarché. Il fait gris mais il ne pleut pas, il ne fait pas trop chaud. Je commence ma marche vers le Graal commercial. Au bout de 45 minutes de marche je commence à en avoir vraiment dans les pattes 🙁. En plus à Paris c’est minuit passée. Je me demande si c’était une bonne idée d’aller acheter les trucs au supermarché. Mais bon il me faut aussi de quoi faire les sandwichs pour demain... Je finis par y arriver, j’ai mis presque une heure... Je fais les courses pour ce soir et demain, un burger, du pain, du beurre, du fromage, une tomate, un gros pot de yaourt, cela fera le dessert pour ce soir et le yaourt pour le petit déj. En allant j’ai passé par les quartiers résidentiels mais c’était trop long, au retour je marche au bord de la route et je vois que j’ai dépassé l’entrée à l’aéroport, en gros, je suis allé plus loin dans le sens opposé que quand je venais de l’aéroport ! 🤪 Je rentre passablement fatigué mais cela fait une bonne entrée dans la matière pour la marche, tout au moins ce que je me dis, cela se révélera assez faux comme on va le voir. Je fais la cuisine vite fait, le burger me parait très bien, je dois être assez affamé... Il est déjà 21 heures, trois heures du matin en France. Je prend une douche rapide, je me couche, en mettant le réveil à 4 heures.

Le deuxième jour : Denver

Je me réveille à 4 heures sans trop de difficulté même si la nuit était courte car en France il est 10 heures. Un petit déj rapide, les sandwiches pour toute à l’heure, et me voici dehors, il fait nuit, la petite pluie m’accompagne presque jusqu’à l’aéroport. Je me félicite d’avoir déposé mon sac la veille car le trimballer dans le pénombre aurait été vraiment pénible.

Finalement je n’ai pas de jugement bien établi concernant mon choix de passer la nuit à Montréal avec cette longue escale. S’il est vrai que le billet était moins cher, le prix de location Airbnb + la consigne bagage ont bien réduit cette avantage par rapport aux billets plus chers mais avec une escale moins longue. La chose positive est que cela m’a permis de passer une nuit même courte au lit et ne pas m’occuper de la location de voiture et des courses tout de suite en arrivée après deux vols avec une escale de 3-4 heures et avec un décalage horaire. Il est vrai aussi que j’aurais pu prendre un vol un peu moins long et rester trainer une journée à Denver, cela aurait fait pratiquement la même chose.

Je récupère mon sac et me dirige vers le contrôle d’immigration US qui se fait au Canada. Tant mieux, comme ça en arrivée il n’y aura pas de queue à faire. Et ici il n’y a personne, il est 5.30 du matin. Heureusement que je suis venu 2 heures avant et non pas trois ! Merci au préposé à l’information pour son conseil de venir « au moins trois heures à l’avance » ! Je passe toutes les formalités à la vitesse grande V et me voici à attendre encore 1.45 avant mon vol. L’internet marche et je décide de vérifier mon plan pour le premier jour de mon périple. Patatras ! 🤪 Je découvre avec stupéfaction que la route vers Maroon bells à Aspen où je doit être demain matin est fermée à la circulation du 8 heures à 17 heures sous peine d’une forte amende ! Comment je ne l’ai pas vu auparavant ? 🙁 😮 Cela va modifier sérieusement mes plans pour cette matinée car j’ai pensé y rester un petit moment et partir vers 10-11 heures. Maintenant il me faudra faire autrement. Bon, les imprévus commencent, ils font partie des choses à gérer mais je m’apostrophe pour avoir raté ça.

Finalement le vol commence, j’ai la désagréable surprise de constater qu’autant sur les vols transatlantiques Air Canada est une compagnie tout à fait convenable autant sur les vols nord-américains c’est du low cost même si le vol pour Denver est assez long (4 heures). Donc aucune collation et juste de l’eau. 🙁 Heureusement que j’aie mes sandwiches mais pour l’instant je n’ai pas faim.

Denver m’accueille avec du soleil, il fait déjà plus chaud qu’à Montréal, et il n’est que 10 heures du matin. Il est prévu 33° dans la journée, ça va encore. J’ai prévu la location de voiture à partir du midi ne sachant pas combien de temps j’allais mettre pour passer la frontière, la dernière fois à New York il y avait une queue monstrueuse et peu d’agents. Mais comme j’ai passé toutes les formalités au Canada, je sors très vite et j’arrive au comptoir de location beaucoup trop tôt. Ils m’annoncent que ma voiture n’est pas encore prête et me conseillent de faire un tour. Sur le parking je ne vois rien d’engageant 🙁. Je leur dis que je vais manger quelque chose. Je m’achète à boire et je mange mes sandwiches. Au retour on m’annonce que la voiture qui m’a été destinée part en réparation. 😠 Ils n’ont pas l’air affolés. Je leur dis que je dois partir le plus vite possible car j’ai encore les courses et 5 heures de route à faire mais cela ne les affole pas non plus. Finalement la responsable me dit qu’il vont chercher la voiture dans une autre agence ou je ne sais pas où, cela prendra une heure environ. Je n’ai pas le choix, je leur demande juste de faire en sorte que ce soit une 4x4. La dame devient très suspicieuse 😮 🏴‍☠️et me demande ce que je vais faire avec la voiture. Je lui dis que je vais faire un tour des parcs nationaux. « Vous savez qu’il vous est interdit de faire les routes non pavés ? » « Mais oui ma grande je le sais bien ». « Mais à quoi donc un 4x4 vous sera utile ? » « Ah, c’est juste que je les aime bien » ! Elle n’a pas l’air convaincu... Je commence à flipper car justement j’ai prévu énormément de pistes à faire, si je n’ai pas de voiture digne de ce nom la plupart de mes projets sera caduc...

Une jeune fille part chercher ma voiture, l’heure tourne, je stresse 😠 car en effet j’ai les courses et 5 heures de route à faire, et je sais que je vais commencer à être fatigué après la courte nuit et avec le décalage horaire. Le temps d’attente me paraît interminable... Mais voici enfin que la fille revient avec la voiture. Ah, mon Dieu, je ne sais pas à quoi ou à qui je dois ça mais c’est une Toyota 4Runner, la meilleure voiture possible dans la catégorie 4x4 selon beaucoup de personnes sur ce forum. 😉 Je n’ose pas à croire à ma chance. 😇 Je sors avec la fille faire une inspection préalable et découvre que la voiture a 1800 km au compteur ! Elle est quasiment neuve ! 😇 Je remplie et signe tout très vite comme si elle pouvait encore m’échapper. Me voici au volant. La prise en mains est facile, il faut juste s’habituer à la boite automatique et aux gabarits. Elle a l’air bien, cette voiture, évidemment je suis encore en ville, on verra sur les pistes mais je suis content. Par contre elle n’a pas de GPS, il y a deux ans nous avons eu un magnifique GPS préinstallé sans qu’on ait à le payer. Pas grave, j’ai mon téléphone et mon GPS, ça devrait aller.

Je me dirige à Walmart à la sortie de la ville. J’adore ces magasins où on peut acheter presque tout. En plus de la nourriture je m’achète un oreiller. Initialement j’ai pensé dormir vraiment à la dure en mettant sous la tête mes vêtements mais quand je vois un oreiller à 5$ je me dit que cela sera tout de même plus confortable. 😊

Vu que je pense faire essentiellement du camping sauvage je me prend aussi une chaise et une petite table pliantes, histoire ne pas être obligé d’être assis par terre avec une assiette à la main. J’achète aussi une pompe électrique car je vais faire quelque pistes bien sablonneuses où je devrait peut-être dégonfler les pneus. Je prend un sac de charbon de bois pour faire des grillades même si j’ai vu que tout au moins au début de mon parcours c’est interdit partout à cause de la sécheresse et risques d’incendie. D’ailleurs là où je vais ce soir, il y a une incendie énorme à une 50 de km. Bon, on verra pour les barbocs...

Tout cela a bien rempli ma voiture, je me demande comment je vais dormir la dedans si jamais... Mais bon, à chaque jour suffit sa peine, je dois me mettre en route d’urgence sous peine d’arriver après le couché du soleil.

Mon premier camping sur la terre américaine se trouve pas trop loin de ma première randonnée de demain – Aspen, Maroon bells. Enfin, pas très loin c’est vite dit, une quarantaine de minutes en voiture tout de même mais tous les campings plus près étaient déjà réservés au mois de mars, c’est pour dire la popularité des lieux. Mon camping s’appelle Difficult campground, il n’y pas de douche, le feu de camp est interdit à cause des incendies et il m’a coûté 36$. Perso je trouve cela cher juste pour mettre ma tente... 😠 Bref, j’y arrive au bout de 4 heures et quelque de route, juste au moment où le soleil se couche, je mets ma tente dans les pénombres... Il fait assez froid, une dizaine de degrés, on est dans la montagne. Le camping n'est pas terrible, ou plutôt n’a rien de spécial mais je suis trop fatigué pour apprécier. Je suis tellement fatigué que je commence à mettre la tente et je m’étonne qu’il n’y pas de sol, je me dis mais comment je vais dormir, il y a un problème. 😮 Je mets une bonne minute à comprendre que ce que je tiens dans les mains est la partie supérieure de la tente qui protège de la pluie et que la tente elle même, je ne l’ai pas encore déballée 😄... Je me fais un plat de pâtes vite fait, je suis trop crevé pour faire autre chose. Il y a des box anti-ours, où on est censé mettre tout ce qui est mangeable mais pour ce soir c’est trop. Je me dis qui si un ours viendra cette nuit me déranger je n’aurai vraiment pas la chance mais là j’ai la seule envie – dormir surtout que je dois me lever aux aurores demain. En effet comme je ne veux pas rester coincé à Maroon bells tout la journée, je dois quitter cette route interdite avant 8 heures du mat, c’est tôt, et je voudrais encore faire la ballade jusqu’à Crater Lake. Je m’endors vite même s’il fait assez froid.
BI Bibouns51 Globetrotter ·
Hello ! J'ai tout lu et vais te suivre pour la suite ! Pour le GPS, ne regrettes-tu pas d'avoir pris une appli sur ton téléphone ? A+ Franck
http://onpartenvadrouille.over-blog.com Carnets de route "décalés" : Jordanie, Balkans, Thaïlande, ouest américain, Birmanie, Pérou, Cambodge, ...
VA Valmichel86 Regular ·
Bonjour Iouri, Je viens de lire avec attention tes premiers messages. Une constatation partagée : les prestations d'Air Canada sont vraiment basiques (à savoir rien) sur les vols Canada-USA même longs (à l'aller comme au retour pour moi). Une seconde constatation : j'ai eu aussi les contrôles d'immigration américains effectués à l'aéroport canadien (Toronto pour moi) avant le vol vers les USA. Est-ce général ou dépendant de l'aéroport ? Question (car je suis curieux , je me suis posé la question et je n'ai pas la réponse ) : l'officier d'immigration était-il, à ton avis, canadien ou américain ?
Valmichel86
JH Jhc019 ·
Hello ! J'ai tout lu et vais te suivre pour la suite ! Pour le GPS, ne regrettes-tu pas d'avoir pris une appli sur ton téléphone ? A+ Franck

Bonjour Franck et merci de me suivre!🙂

Pour le GPS je me suis peut-être mal exprimé: sachant que je vais me balader seul dans les endroits plus ou moins isolés et souvent dans les pénombres j'ai acheté un "vrai" GPS Etrex 30x dont j'ai donné plus haut mon appréciation. Je l'ai trouvé très peu pratique et très consommateurs des piles. Par contre il m'a été tout de même assez - voire très - utile dans certains cas que je vais détailler plus loin dans mon carnet, je ne regrette donc pas cet achat. Mais pour moi cela reste cher (200€ tout de même) pour une utilisation fastidieuse.

J'avais également tout un tas d'applications cartographiques sur mon portable en commençant par le classique Google Maps et finissant par très complet - et trop complexe pour moi - Oruxmaps que je n'ai jamais pu vraiment maitriser. Je me sui servi énormément de Google maps, je préciserai mon avis dans la suite, ainsi que de Maps.me que je trouve pas mal et suffisant pour les circuits classiques mais qui dans mon cas a vite montré ces limites dans les détails.

Par contre une fonction très appréciable de GPS que je ne sais pas si elle existe sur les applis cartos c'est le trace back, cad la possibilité de suivre ton chemin de retour par là où on est passé en aller ce qui est surtout précieux la nuit quand on ne voit plus grande chose dans les endroits paumés et sans repères visuels. Cela m'a aidé plus d'une fois de retrouver ma voiture 🙂. Par ailleurs pouvoir marquer son point de départ permet même dans la journée de retrouver ta voiture, si on fait par exemple une grande boucle et on ne sait pas où elle se trouve exactement au moment ou on décide qu'il est temps de commencer à rentrer.
JH Jhc019 ·
Une constatation partagée : les prestations d'Air Canada sont vraiment basiques (à savoir rien) sur les vols Canada-USA même longs (à l'aller comme au retour pour moi). Une seconde constatation : j'ai eu aussi les contrôles d'immigration américains effectués à l'aéroport canadien (Toronto pour moi) avant le vol vers les USA. Est-ce général ou dépendant de l'aéroport ? Question (car je suis curieux , je me suis posé la question et je n'ai pas la réponse ) : l'officier d'immigration était-il, à ton avis, canadien ou américain ?

Bonjour Michel et merci de me suivre, c'est sympa! 🙂 En effet pour les vols nord-américains ils sont radins, je ne comprend pas vraiment, c'est carrément que de l'eau. Et surtout que je ne le savais pas! 😠 Bon, j'avais mes sandwiches mais tout de même, cela devrait être marqué quelque part quand tu achètes le billet...

Pour ce qui est de l'immigration, oui je pense sans en avoir une certitude à 100% que c'est toujours comme ça entre les US et le Canada: tu passes la frontière quand tu ne l'es pas encore passé vraiment 😎 Remarques, cela leur permet d'éviter le problème de refoulement à l'arrivée et aux compagnies aériennes le désagréable et couteux devoir de ramener le malheureux voyageur au point de départ.

J'imagine mal que les américains sous-traiteraient à qui que ce soit leur service d'immigration, donc pour moi ce sont les américains qui contrôlent. Comme à Paris ce sont les anglais que te contrôlent une fois que tu es passé le contrôle français pour Eurostar.

Rassurez-vous, les images arrivent 🙂 : je sais que lire la prose sans quelques photos est fastidieux et pas très intéressant mais je n'allais pas vous infliger les images de l'aéroport de Montréal que je n'ai pas d'ailleurs faites! 🙂
JH Jhc019 ·
Le troisième jour : Maroon Bells et Black canyon of Gunnison

Le réveil sonne à 4.45, il fait encore nuit, il fait froid. Je plie rapidement ma tente et je pars, je n’ai pas le temps pour manger et je n’ai pas faim de toute manière. Le jour se lève tout doucement, j’arrive à Aspen, il n’y a personne, j’ai un peu du mal à trouver où il faut tourner vers Maroon Bells mais je finis par trouver. Je vois la barrière sur la route où on annonce la fermeture à partir de 8 heures, pour l’instant il n’y a personne. Je fonce, la route est jolie mais longue. J’imagine le temps qu’on perd en prenant les buses à partir de la barrière, ile ne vont pas à ma vitesse à moi ! 😉 J’arrive enfin au bout, c’est un cul de sac, le parking est super plein, il n’y pas une seule place ! Je me gare sur le bas côte et tout de suite il y a un ranger que je n’ai pas vu qui me fait signe d’aller plus loin car d’après lui je vais gêner la circulation. Je ne le pense pas mais je n’ai pas les moyens ni l’envie de discuter, et je m’avance un peu, toujours pas de place, je me gare sur le bas côté, pour moi c’est du pareil mais le ranger semble approuver mon nouvel emplacement. Tant mieux, il faut que je me dépêche il est 6 heures passées. J’enfile un pull et mon coupe vent, je vois les gens en tee-shirts, ils sont forts ! Je prend une pomme et de l’eau et je me mets en route.

Le premier lac est tout prêt, je finis juste ma pomme et voilà que je suis déjà au bord du lac. Il y a beaucoup de monde, les femmes dans les sacs de couchage, les garçons assis au bord du lac, les gens autour des réchauds en train de préparer le café, on dirait qu’ils sont là depuis un bon moment. Tout le monde attend le fameux levée du soleil et les reflets des picks dans le lac. Mais aujourd’hui il y a du vent, donc les beaux reflets comme on peut voir sur le net, c’est foutu, voici la preuve :



Je n’ai pas beaucoup de temps, il me reste grosso modo une heure pour faire un aller-retour jusqu’à Crater lake. Je me mets en marche d’une allure soutenu, je dépasse les autres personnes qui vont dans la même direction, et il y en a un paquet. J’avance vite, je laisse tout le monde derrière, je suis content 🙂. Le chemin commence à monter, il n’est pas très abrupte mais avec beaucoup de gros cailloux, il faut surveiller constamment où on met les pieds. C’est assez joli, il y a de la verdure et je rencontre mêmes deux biches. Ça commence bien, j’adore les animaux en liberté. 😇



Mais qu’est ce qui se passe ? 😮 Je commence à être essoufflé, je ralentis la cadence, mais mes pieds ne veulent plus avancer. 🙁 Je commence à avoir les petits mouchetons dans les yeux, je transpire la sueur froide, mon cœur bat fort. Je n’arrive plus !🙁 🙁 🙁 Je m’assois sur un gros caillou, j’ai le noir dans les yeux, j’ai l’impression que ma tête tourne, je la baisse pour avoir un afflux sanguin.

Les gens que j’ai si fièrement dépassés commencent à arriver par paquets, en me voyant au bord de l’effondrement ils me demandent si tout va bien, certains me proposent de l’eau. C’est appréciable sachant que lors de la marche l’eau est une ressource bien précieuse et qu’ils en auront probablement besoin eux-même. J’en ai encore un peu, je décline donc conscient que s’ils me le donnent ils peuvent en manquer ensuite. Ils continuent, je reste seul. Je me lève et l’évidence s’ouvre à moi : je ne peux pas parvenir au lac et revenir pour sortir avant 8 heures. J’ai perdu du temps à me reposer et je me sens encore faible. Je me résigne à rebrousser le chemin. Même pour aller vers le bas je ne suis pas très rassuré : j’ai les sueurs, mon pas est beaucoup moins sûr que tout à l’heure. 🙁

Je reviens vers ma voiture, il faut que je parte vite, il ne me reste que 25 minutes pour parcourir cette route interdite. Je me mets en marche, en laissant ma place à un heureux qui la prend tout de suite, décidément l’endroit est trop populaire, et je n’imagine pas ce qui va se passer quand les bus vont déferler une vague de touristes🤪... Je fonce et je passe la fameuse barrière juste à l’heure, dans l’autre sens c’est déjà bloqué, les rangers sont bien là à faire respecter l’interdiction de circuler.

J’entame ma route vers la destination suivante qui est Black canyon of Gunnison. Mais je suis en avance : j’ai lu sur internet que contrairement à beaucoup, voir presque tous les endroits de sud-ouest US où le meilleur éclairage est au levée et au coucher du soleil, pour ce canyon très profond il faut y être quand le soleil est haut, autrement c’est à l'ombre. J’ai pensé quitter Maroons Bell vers 10 heures, me voici déjà sur la route à 8 heures ! Je roule donc sans me précipiter, je fais un arrêt pour un lac :



Je rumine des idées noires dans ma tête, 😠 le petit accident de ce matin ne me rassure pas du tout. J’ai prévu énormément de marche long dans les endroits difficiles, le promenade de ce matin devait être une rigolade d’une heure et quelque, à la fraiche en plus. Si j’ai déjà eu du mal à la faire il faudra que je revois complètement tout mon circuit mais je n’ai même pas d’idées ou de plans B de promenades plus cools car ça, je ne l’avais pas imaginé... 😕

Vers 10 heures je commence à avoir faim, et je ne me suis pas encore entièrement repris, je me sens un peu faible. Je décide de trouver un endroit pour m’arrêter mais les endroits sympathiques ne sont pas de mille ici... Enfin je vous un chemin qui monte fortement à côté de la route, peu importe, avec ma Toyota ça devrait aller. Je tourne donc et commence l’ascension, en effet ça monte fort et la route est étroite mais j’imagine que je ne trouverai pas de masse de voitures dans l’autre sens. Le problème c’est que d’un côté c’est un ravin assez fort et de l’autre c’est la montagne, je ne peux m’arrêter nulle part sans gêner le passage, je suis obligé donc de monter... Je me demande comment je vais redescendre en marche arrière si je n’arrive pas à faire un demi-tour... Tiens, au tournant il y a un petit enfoncement, c’est petit mais j’y vais, j’en ai marre de monter. J’arrête la voiture, je descends et je suis pris immédiatement par des vomissements. 🙁 Ça, je n’ai pas vu venir du tout... Je ne sais pas d’où ça vient, je n’ai mangé qu’une pomme depuis ce matin, mais ça n’arrête pas. Enfin, c’est fini, je bois un peu d’eau pour me rafraichir la bouche, je tire un tapis de sol de la voiture et je m’effondre par terre tellement je me sens faible. Mon seul souci est de ne pas m’endormir au soleil, je cherche un peu d’ombre mais c’est pas évident. Tant pis, je mets un maillot sur la tête et je m’endors aussitôt.

J’ai dû dormir une demi-heure, la chaleur me réveille, il commence à faire vraiment chaud. Je me sens mieux, 🙂 il est temps de manger quelque chose. Je me fais un sandwich et je m’autorise même le luxe de me faire une tasse de thé. Il est temps que je reprenne la route. Je redescend juste au moment où une autre voiture veut s’engager sur le même chemin, encore une minute et on se serait trouvé coincés tous les deux...

Sur la route je vois des paysages sympathiques. Il y a encore beaucoup de végétation, bientôt ça va changer.
CH Cheesecake14 Regular ·
Hello Pour la rando aux maroon bells as tu pris en compte l'altitude ?
JH Jhc019 ·
Hello Pour la rando aux maroon bells as tu pris en compte l'altitude ?

Bonjour Fabrice,

Non, cela a en effet pu jouer, même si je n'ai pas l'impression que ça soit très haut. Je pense que c'est une somme de plusieurs facteurs: la fatigue cumulée sur l'année, le décalage horaire, le voyage long, le manque de sommeil les jours précédents (avion pas du tout+Montréal 5 heures+camping la veille 6 heures maxi), l'acclimatation beaucoup trop rapide, le fait que je n'ai pas mangé grande chose...

Pourtant je me sentais vraiment d'attaque😊 , peut-être aussi que je suis parti beaucoup trop vite et l'effort était beaucoup trop violent, je n'y étais pas prêt🤪
BL Bluemesa Veteran ·
Bien sur que c'etait l altitude sickness , le Maroon Bell Lake est deja a plus de 2900metres , et sans aclimatation vous prenez le trail de Crater Lake( qui est a plus de 3000m ) au pas de course ...
PE Peggy16 Globetrotter ·
Bonjour Louri,

Je reviens vers ma voiture, il faut que je parte vite, il ne me reste que 25 minutes pour parcourir cette route interdite. [...] Je fonce et je passe la fameuse barrière juste à l’heure, dans l’autre sens c’est déjà bloqué, les rangers sont bien là à faire respecter l’interdiction de circuler.

Je m'interroge sur l'horaire de cette fameuse "route interdite" (et la réponse m'intéresse vraiment, sachant que nous sommes intéressés par un circuit au Colorado depuis quelques années déjà et que cela semble se concrétiser pour l'été 2021). Est-ce que la route n'est pas simplement bloquée à la montée à partir de 8H00 ? Ce qui revient à dire que si tu montes avant 8H00, tu peux te garer en haut et qu'ensuite tu peux redescendre à l'heure que tu veux ? Pour les gens qui sont passés à 7H00 par exemple, ils ne peuvent quand même pas les empêcher de repartir jusqu'à 17H00...
CO Cochize Globetrotter ·
Pour ce qui est de l'immigration, oui je pense sans en avoir une certitude à 100% que c'est toujours comme ça entre les US et le Canada

bonjour,

au Canada il a, je crois, au moins 17 aéroports internationaux mais seulement 9 avec la ‘’US preclearance’’

un cas intéressant est celui de Jean Lesage à Québec même... qui depuis au moins 12 ans ‘’attend’’ ces dispositions particulières. A moins que ce soit très récent il me semble qu’il les attend toujours

un document officiel : Preclearance Locations | U.S. Customs and Border Protection

une infographie sur la situation actuelle :



et une (qui vaut ce qu’elle vaut) sur les rumeurs qui courent à propos des sites envisagés :

Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"   (26 février 2009)
IS Isap29 Globetrotter ·
Bonjour louri,

le fait que je n'ai pas mangé grande chose

Sans parler du mal des montagnes (que je ne connais pas), je penche assez pour un début d'hypoglycémie.
JH Jhc019 ·
Bonjour Jean-Luc, merci d'être passé par là, pendant mes préparations et mes recherches j'ai beaucoup admiré sur votre site et sur ce forum vos magnifiques photos qui m'ont fait rêver. J'ai toujours cet émerveillement devant le savoir faire que je n'ai pas et vos photos sont une splendeur!

Bien sur que c'etait l altitude sickness , le Maroon Bell Lake est deja a plus de 2900metres , et sans aclimatation vous prenez le trail de Crater Lake( qui est a plus de 3000m ) au pas de course ...

En effet, je ne l'ai jamais pensé sous cet angle-là mais avec vos chiffres d'altitude à l'appui c'est maintenant une évidence. L'altitude+un effort soutenu-une acclimatation=effondrement+randonnée ratée+coup sur le morale.

Merci à vous et Fabrice (Cheesecake14) de m'avoir aidé à résoudre l'énigme vieille de presque 2 ans 🙂. Remarquez cela me rassure plutôt: j'ai pensé sur le coup d'avoir pris un sérieux coup de vieux 😉.
JH Jhc019 ·
Bonjour Jean Paul 😉,

Merci pour cette info très claire sur la situation de passage de frontière entre le Canada et les US dans les aéroports canadiens. Comme je disais dans mon message, je n'en était pas à 100% sûr.

Remarquez qu'avec les aéroports listés qui le permettent il y a tout de même de grandes chances qu'en arrivant de France on passe les formalités US côté canadienne et c'est vrai que c'est pratique ne ce serait que parce que une fois arrivé sur le sol US après des heures et des heures de vols et d'escales et avec un décalage horaire on n'a pas vraiment envie de passer du temps à faire la queue.
JH Jhc019 ·
Bonjour Alain-Pierre, merci de passer par mon carnet 🙂, pendant mes préparations j'ai bien lu les vôtres, et notamment celui de 2015 car il me semble qu'on privilégie le même mode de voyage (camping) et j'essaie de m'inspirer de la précision des vos carnets en rédigeant celui-ci, mais bien sûr un an et demi plus tard c'est dur 🤪. Je vais essayer tout de même d'indiquer les infos pratiques car c'est grâce à ce genre d'info glanées sur ce forum qu'on arrive à construire les circuits.

Sans parler du mal des montagnes (que je ne connais pas), je penche assez pour un début d'hypoglycémie.

Oui, comme je disais c'est un faisceau de raisons mais en effet Bluemesa et Cheesecake14 doivent avoir trouvé LA raison principale - l'altitude et l'effort trop intense, le reste n'était que les circonstances aggravantes.

Finalement mon habitude - et le plaisir - de marcher vite m'ont joué un mauvais tour sur ce coup-ci 🤪
MA Marati Globetrotter ·
Hello, Je n'ai lu que ton post d'intro, et me garde la suite pour ce soir. Merci pour ton mot sympa 😊 Ton histoire me touche particulièrement, car, pour les mêmes raisons que toi, j'envisage (avec la bénédiction de ma moitié) un parcours similaire au tien, à savoir une boucle en solo sur 3 semaines au départ de Denver, avec un parcours et des randos très (trop) exigeantes qui ne peuvent intéresser que les accros à l'Ouest, limites inconscients (Reflection Canyon, Confluence Little Colorado-Colorado, descente Grand Canyon sur 1 jour...). Pas un mot sur ton programme détaillé : suspense garanti 😉 ! N'hésite pas à donner ton avis et ressenti sur tous les aspects du voyage, cela n'intéressera pas que tes enfants... qui ont quel âge d'ailleurs, si ce n'est indiscret ? Merci 🙂 PS : En tout cas, pour connaître les 10 commandements de Pong, c'est que tu as drôlement bien farfouillé dans VF... ! Perso, je l'ai en favori, même si je n'applique pas tout, loin de là !!
JH Jhc019 ·
Bonsoir Peggy,

Je m'interroge sur l'horaire de cette fameuse "route interdite" (et la réponse m'intéresse vraiment, sachant que nous sommes intéressés par un circuit au Colorado depuis quelques années déjà et que cela semble se concrétiser pour l'été 2021). Est-ce que la route n'est pas simplement bloquée à la montée à partir de 8H00 ? Ce qui revient à dire que si tu montes avant 8H00, tu peux te garer en haut et qu'ensuite tu peux redescendre à l'heure que tu veux ? Pour les gens qui sont passés à 7H00 par exemple, ils ne peuvent quand même pas les empêcher de repartir jusqu'à 17H00...

D'après ce que j'ai compris la route est complètement interdit dans les DEUX sens entre 8 heures et 17 heures. Circuler pendant ces horaires vous expose à une forte amende 😠 - sous entendu dans le sens de retour, car dans le sens d'aller vous ne pourrez tout simplement pas passer. Donc on peut arriver tôt le matin en espérant pouvoir trouver la place sur le parking à côté du lac et y rester jusqu'à 17 heures pour repartir ensuite. Remarquez, il y a de quoi faire dans le coin, il suffit juste de vouloir y passer la journée entière et de faire des ballades.

Autrement il faut laisser la voiture sur le parking en amont et prendre le bus. Le hic est que c'est assez loin et si les bus sont aussi rapides qu'à Zion, bonjour la perte de temps 🙁. Et les prix ne sont pas donnés non plus 😠:

2019 Rates:Adults $8; Children 6-16 $6; Seniors $6; Children 5 and under are Free Ticket Purchase:Four-Mountain Sports in Aspen Highlands Village Rubey Park Transit in AspenParking:Aspen Highlands parking is limited. Daily pricing below.

$10/car/0-3hrs​ $15/car/3-8hrs $25 Full Day Il faut savoir qu'Aspen est la station la plus "in" des US, une espèce de Courchevel américain, tout est hors de prix.

La seule possibilité de circuler en voiture dans la journée est de réserver un de trois campings qui se trouvent sur cette route. Pour mémoire: au moins de mars il n'y avait aucune place libre pour la fin juillet...🤪
JH Jhc019 ·
Bonsoir Guillaume 🙂

Merci pour ton mot sympa 😊

Ce n'est qu'un juste retour des choses: tu m'as donné des conseils très judicieux - je vais d'ailleurs les mentionner plus tard dans mon récit, je ne pouvais pas le passer sous silence 🙂

Ton histoire me touche particulièrement, car, pour les mêmes raisons que toi, j'envisage (avec la bénédiction de ma moitié) un parcours similaire au tien, à savoir une boucle en solo sur 3 semaines au départ de Denver, avec un parcours et des randos très (trop) exigeantes qui ne peuvent intéresser que les accros à l'Ouest, limites inconscients (Reflection Canyon, Confluence Little Colorado-Colorado, descente Grand Canyon sur 1 jour...).

Il parait que j'aime beaucoup les défis 🙂, ma femme me dit que je me crée des difficultés pour les surpasser ensuite, c'est son point de vue que je ne partage pas entièrement mais il y a peut-être du vrai la dedans 😉 Ainsi ai-je beaucoup hésité sur les ballades que tu mentionnes et pensais inclure dans mon circuit Reflection Canyon que j'ai finalement écarté non pas à cause de la difficulté de la chose - les autres l'ont fait, notamment Valerie (veileen) si je ne me trompe pas, mais parce que la ballade pour y arriver passe dans un milieu sans beaucoup d'intérêt, une fois de plus si je ne me trompe pas, qu'on me corrige si ce n'est pas le cas, et faire une ballade d'une journée juste pour un point de vue aussi belle soit-elle m'a semblé trop pour cette fois-ci. Cependant Reflection Canyon reste toujours dans mes projets car une fois de plus j'aime les défis et j'aime marcher 😉! J'aurais bien aimé faire confluence Little Colorado-Colorado et le carnet d'Olivier (oliv2019) m'a fait bien saliver mais cela n'entrait pas dans mon circuit déjà bien chargé. Mais si je reviens dans le sud-ouest c'est sûr que je vais tâcher l'inclure. Pour le Grand canyon je peux te donner mon retour d'expérience de 2016 où j'ai fait la descente de Bright angel trail jusqu'à Indien garden: je suis parti seul - personne n'a voulu le faire - vers 6.30 et j'étais de retour vers midi et quelque. Il n'a pas fait hyper chaud ce jour même si c'était en plein mois d'août. Je me suis arrête pour 15 minutes une fois en bas et je suis reparti aussitôt. Il n'est pas recommandé de faire un aller-retour jusqu'a Colorado en une journée mais je pense que c'est possible. Je ne l'ai pas fait car je ne voulais pas laisser ma famille toute seule toute la journée. Au retour j'étais juste un peu fatigué vers la fin car il commençait à faire vraiment chaud en ce moment.

Maintenant et le plus important peut-être, mon sentiment par rapport à cette ballade: j'ai eu les impressions mitigées, j'étais super content de l'avoir fait en tant qu'un défi réussi mais l'intérêt de la ballade elle-même m'a paru limité car grosso modo on descend toujours le même sentier et le paysage ne varie pas énormément, tu descends au flanc d'une falaise mais elle reste plus ou moins là même tout le long... Peut-être j'aurais du aller jusqu'au bout car c'est peut-être là où on s'éloigne de la montagne et on gagne en perspective...

Pas un mot sur ton programme détaillé : suspense garanti 😉 !

Oui je sais ce n'est pas bien, 🙂 mais en effet cela permet de maintenir le suspense, en espérant que les lecteurs ne seront pas déçus à attendre. 🤪

N'hésite pas à donner ton avis et ressenti sur tous les aspects du voyage, cela n'intéressera pas que tes enfants... qui ont quel âge d'ailleurs, si ce n'est indiscret ?

Merci beaucoup pour cet encouragement, c'est hyper important car on ne sait jamais si nos expériences persos peuvent intéresser les autres ou au contraire. Pour les enfants tu ajoutes 2 ans à l'âge des tiens et tu auras le compte😄
CH Cheesecake14 Regular ·
Bonsoir Peggy,

Je m'interroge sur l'horaire de cette fameuse "route interdite" (et la réponse m'intéresse vraiment, sachant que nous sommes intéressés par un circuit au Colorado depuis quelques années déjà et que cela semble se concrétiser pour l'été 2021). Est-ce que la route n'est pas simplement bloquée à la montée à partir de 8H00 ? Ce qui revient à dire que si tu montes avant 8H00, tu peux te garer en haut et qu'ensuite tu peux redescendre à l'heure que tu veux ? Pour les gens qui sont passés à 7H00 par exemple, ils ne peuvent quand même pas les empêcher de repartir jusqu'à 17H00...

D'après ce que j'ai compris la route est complètement interdit dans les DEUX sens entre 8 heures et 17 heures. Circuler pendant ces horaires vous expose à une forte amende 😠 - sous entendu dans le sens de retour, car dans le sens d'aller vous ne pourrez tout simplement pas passer. Donc on peut arriver tôt le matin en espérant pouvoir trouver la place sur le parking à côté du lac et y rester jusqu'à 17 heures pour repartir ensuite. Remarquez, il y a de quoi faire dans le coin, il suffit juste de vouloir y passer la journée entière et de faire des ballades.

Autrement il faut laisser la voiture sur le parking en amont et prendre le bus. Le hic est que c'est assez loin et si les bus sont aussi rapides qu'à Zion, bonjour la perte de temps 🙁. Et les prix ne sont pas donnés non plus 😠:

2019 Rates:Adults $8; Children 6-16 $6; Seniors $6; Children 5 and under are Free Ticket Purchase:Four-Mountain Sports in Aspen Highlands Village Rubey Park Transit in AspenParking:Aspen Highlands parking is limited. Daily pricing below.

$10/car/0-3hrs​ $15/car/3-8hrs $25 Full Day Il faut savoir qu'Aspen est la station la plus "in" des US, une espèce de Courchevel américain, tout est hors de prix.

La seule possibilité de circuler en voiture dans la journée est de réserver un de trois campings qui se trouvent sur cette route. Pour mémoire: au moins de mars il n'y avait aucune place libre pour la fin juillet...🤪

Bonsoir Je viens de lire des messages récents sur TripAdvisor qui affirment le contraire et rien n'est précisé sur le site d'information. En espérant avoir des retours de personnes du forum
JH Jhc019 ·
Bonsoir Fabrice

Je viens de lire des messages récents sur TripAdvisor qui affirment le contraire et rien n'est précisé sur le site d'information. En espérant avoir des retours de personnes du forum

J'ai oublié de préciser que c'est valable pour mi-juin jusqu'à début octobre, c'est peut-être pour ça que dans les message récents cela n'est pas mentionné... Voici le site en anglais https://www.stayaspensnowmass.com/activities/visit-maroon-bells
PE Peggy16 Globetrotter ·
Merci pour ta réponse ! L'information devrait être un peu plus claire sur leur site ! Ce qui est sûr, c'est que je ne me vois pas faire lever mari et enfants à 4h du matin pour être sorti comme toi à 8h et que les bus sont effectivement chers à 4... La solution résidera peut-être dans une nuit au camping, en réservant bien à l'avance !
JH Jhc019 ·
Ce qui est sûr, c'est que je ne me vois pas faire lever mari et enfants à 4h du matin pour être sorti comme toi à 8h et que les bus sont effectivement chers à 4... La solution résidera peut-être dans une nuit au camping, en réservant bien à l'avance !

Il y a une autre solution: les déplacements en vélo, rollers et autres trottinettes sont entièrement gratuits sur cette route 😛 Mais il y aura toujours le parking amont à payer 😠
JH Jhc019 ·
En fait c’est une journée de transition comme on a souvent dans les circuits où il faut faire beaucoup de km et que je voulais agrémenter de quelques ballades faciles pour ne pas passer la journée au volant. Bon, pour la première c’est bel et bien raté... 🙁

Ma destination suivante - Black canyon of Gunnison - est assez loin, presque 4 heures de route. J’y arrive sans problème. Il fait très chaud, le soleil tape fort. C’est normal, il est 14 heures. Je vais directement au bout de la route qui longe le bord sud du canyon. J’ai l’intention de faire la ballade de Warner point qui est une petite promenade tranquille mais que j’appréhende après ma mésaventure de ce matin. 😐

Le petit parking est plein et je me gare sur le bas-côté un peu plus loin. Il fait chaud en ce début de l’après-midi. J’ai pris les sandwichs et de l’eau, il y a un petit pavillon en bois avec une terrasse, je décide de faire une pause déjeuner. Tous les bancs – peu nombreux d’ailleurs – sont occupés mais je m’assois par terre. Tout de suite un couple d’américains assis sur un banc me fait signe qu’ils sont disposés à se serrer un peu. Ils sont vraiment souvent très sympas, ces américains. 😎 Je leur dis « no, thank you », et c’est vrai, je suis très bien par terre dos contre le mur en bois chauffé. L’air est chaud et parfumé des sapins et de genièvre, c’est agréable. Je mange mon sandwich et une pomme et je refais le plein d’eau avant de commencer la promenade. Elle n’est pas difficile et très bien indiquée avec les chiffres sur les pilons en bois. Ça monte et ça descend, il y a beaucoup de genièvre que j’adore, cela me rappelle la promenade de Harper corner dans le parc Dinosaur monument, sauf que là-bas la vue est franchement beaucoup plus spectaculaire. Il fait chaud, je peine mais je constate tout de même avec plaisir que ça va, j’arrive à monter même avec cette chaleur. Bien sûr après ce qui m'est arrivé ce matin je suis plutôt prudent, je vais lentement, je ne veux pas être de nouveau malade, ça me saperait gravement le morale. J’arrive au bout de la promenade, il y a un peu de monde mais pas énormément. Je reste une dizaine de minutes et je fais un demi-tour. Le chemin de retour se passe bien. Je retrouve ma voiture et mon lait froid dans la glacière. Ça sera la grande constante lors de tout mon voyage quand je retourne à la voiture après une longue marche sous le soleil – la grande bouteille du lait froid que j’avale à grandes gorgées jusqu’à ne plus pouvoir en boire. 🙂

Je commence à prendre la route dans le sens inverse en m’arrêtant aux différents points de vue aménagés le long de la route. Ils sont sympas, on voit bien les couches successives des matières qui ont été déposées il y a des millions et des millions d’années. Le soleil est beaucoup trop fort pour faire de belles photos mais je vais en mettre tout de même quelques unes:





Un étrange animal me tient compagnie et essaie de me rassurer, il est sympa, j'apprécie 🙂:



En bas on voit la rivière Gunnison, le canyon est profond et abrupte:



Bien sûr ce n’est pas le Grand Canyon, mais c’est sympa et les couleurs sont intéressantes. Il parait qu’on peut y descendre mais cela ne sera pas pour cette fois-ci vu mon état et de toute manière ce n’était pas prévu faute du planning serré.

In fine ce canyon ne m’a pas laissé un souvenir impérissable et à mon avis il ne vaut certainement pas le voyage mais si vous passez pas loin et si vous avez du temps cela vaut le coup.

Il me faut y aller, j’ai encore deux heures et demi de route à faire jusqu’à la place où je passe cette nuit. Sur le chemin je vois encore des endroits sympathiques:





J’arrive au camping que j’ai réservé au préalable, il a l’air mieux que le premier mais il coûte aussi cher et il n’a pas de douche non plus... Il est dans un joli endroit sur un lac mais la nuit s’approche et je n’ai pas le temps d’observer les lieux, d’ailleurs je ne suis pas au bord du lac mais au milieu du camping. J’ai un bon emplacement où je ne vois pas les voisins. Je mets ma tente plus rapidement que le premier jour, ça y est, j’ai repris mes repères 😎. Ici le feu ouvert est autorisé et j’en profite pour l’allumer. D’ailleurs on peut ramasser le bois et je récupère quelque branches ou buches non brulées par les précédents locataires de ce lieu. Je préfère le feu du vrai bois plutôt que du charbon car il est plus sympa et surtout plus rapide. La nuit tombe, il fait froid, je me mets à côte du feu et me fais griller un bon steak avec du riz que je cuis comme d’hab sur un réchaud, beaucoup plus pratique et rapide que sur le feu de barbecue. Le temps de manger, la nuit est déjà noire, il fait vraiment froid et il y a un vent assez fort. Je me mets dans ma tente et je me couche en enfilant les sous-vêtements longs. Demain j’ai un gros programme, j’ambitionne à me lever tôt.
JH Jhc019 ·
Le quatrième jour: Cox arch, Ah-Shi-Shi-Pah, Valley of Dream, King of Wings

Je me lève avec le réveil, il fait froid, cela m’aide à ne pas trainer. 😉 Je plie rapidement ma tente, me fais un sandwich avec du thé et je me mets en route. Le lac est paisible, c’est dommage, je n’ai pas trop de temps de l’admirer.

Je vais vers le sud, j’ai un programme très ambitieux aujourd’hui. J’arrive vers 8 heures et quelque au premier lieu qui est Cox arch. C’est une petite arche bien sympathique que j’ai découverte sur internet et que je voulais voir. L’approche en voiture est bien facile même si ce n’est pas évident de trouver une bonne piste dans un dédale des routes qui se croisent. Le plus déroutant est qu’on passe tout le temps à côté des tuyaux de pétrole, on n’a pas du tout l’impression d’être au milieu de nulle part.

Et là je vais faire un aparté et pousser un coup de gueule 😠: on voit souvent aux US dans les parcs nationaux ou ailleurs des avertissements nous indiquant comment le désert est fragile et qu’il faut faire attention et ne marcher que sur les sentiers, de ne rien laisser, etc. Et c’est très bien comme ça. Mais quand on voit juste à côté les tuyaux du pétrole sur des kilomètres, les puits un peu partout qui pompent la terre et défigurent le paysage on se demande si ce n’est pas du foutage de gueule.🤪 C’est notamment et énormément le cas au Nouveau Mexique. C’est vraiment désolant 🙁 et on a l’impression qu’ils ont deux poids deux mesures - pour les touristes qui sont surveillés de près et pour les puissants producteurs du pétrole à qui on autorise tout. Cela m’a fortement déplu de voir ces puits et ces tuyaux un peu partout au Nouveau Mexique et m’a gâché un peu l’impression de cette partie de mon voyage. 😠 Bon, je me suis défoulé, on continue.🙂

Le point d’arrivée pour Cox arch se trouve justement dans un endroit complètement inattendu : la piste aboutit à un puit de pétrole au point à se demander si on est au bon endroit, tellement cela me semble incongru.🤪 Mais apparemment c’est là. Je descends de ma voiture, ah, il fait bien chaud par rapport au froid de ce matin, 🙂 je me déshabille et pour la première fois me mets en short et chemise manche courte. Maintenant il faut trouver cette arche. Pour cela je dois grimper quelque part, il était indiqué sur les sites internet que ce n’était pas loin mais qu’il fallait chercher. En effet je grimpe sur les rochers, le chemin n’est pas facile mais il est court et bientôt j’aperçois l’arche. En fait je me suis pris un peu à côté mais ce n’est pas grave, une fois qu’on la voit il suffit de sauter d’une roche à l’autre. Et voici que j’y suis. Elle est moins grande que je n’imaginais mais très élégante:







Je me demande comment elle est arrivée là, et ce qu'il y avait autour il y a des millions et des millions d'année. Est-ce que le facteur y passe souvent pour qu'elle puisse envoyer un petit bonjour à sa cousine Delicate Arch? Je passe une dizaine de minutes à l’admirer et photographier. Le chemin d’aller était assez casse gueule, je me dis que je vais chercher le retour plus cool et en effet je trouve un chemin beaucoup plus facile que me mène directement à ma voiture. Comme quoi du haut c’est plus évident que d’en bas 😉 😄. Mais pas toujours comme nous allons voir plus tard…

Je reprends la route et me dirige vers la destination suivante qui faisait partie des incontournables de ce voyage : les badlands de Ah-Shi-Shi-Pah et autres Bisti. Mais avant il me faut impérativement refaire mon stock de lait et de glace. Je ne sais pas comment ils calculent le temps indiqué sur la glacière pendant lequel elle garde froid mais pour moi ça n’a jamais duré plus d’une journée et demi avec un sac de glace de 10 litres. 🤪 Peut-être si je n’avais que des cannettes là-dedans comme on voit sur leurs pubs elle aurait gardé le froid plus longtemps... 😕 Bref, tous les deux jours il me faut vider l’eau de la glacière et la remplir de la glace. Heureusement aux US acheter de la glace n’est pas un problème, il y en a partout.

Le trajet vers Ah-Shi-Shi-Pah se passe rapidement, j’arrive sur le parking, il fait super chaud, c’est le pire moment de la journée pour les photos, le soleil est au zénith mais que peut-on faire, je n’ai pas le choix. 😐 Le problème éternel des voyages à sud-ouest américain c’est qu’on aimerait bien être partout à la levée et au coucher du soleil mais pour cela il faudra mettre quatre fois plus de temps pour le voyage. Je mets de la crème solaire et prends beaucoup d’eau. Allez, mon grand, en route !

Je m’avance vers l’intérieur des badlands, c’est gris blanc, la terre est complètement sèche. Je découvre les curiosités faites d’érosion et de l’action d’eau si jamais il pleut ici, ce qui est difficile de croire pour l’instant.



Il ne fait pas bon de s’y perdre :



Il y a tout ce que j’aime : les formes bizarres, insolites qu’on découvre derrière chaque tournant. C’est assez varié, mais il faut monter et descendre sans cesse sur les collines pour découvrir les coins insoupçonnés et sous la chaleur c’est vite fatiguant.









Malheureusement et comme d’habitude le temps me manque pour explorer davantage ce lieu unique, 🙁 j’ai encore beaucoup trop de choses prévues pour aujourd’hui. Je reviens vers la voiture, il est temps de manger quelque chose à l’abri de la chaleur. J’avale mon lait froid et mets la clim à fond.

Je me rends compte que pour l’endroit suivant que je voulais visiter je n’ai pas le temps. 🙁 C’était De-Na-Zin. Ce sont encore des badlands qui font face à Ah-Shi-Shi-Pah, d’ailleurs il serait intéressant de pouvoir passer de l’un à l’autre à pied, il y a sans doute des choses à découvrir mais en été ça doit être infernale, et de toute manière il faut que quelqu’un vous dépose dans un endroit et vienne vous retrouver à l’autre. Sans parler des cartes topo à télécharger et bien préparer la route car se perdre dans ces endroits est hyper facile.

Bref, ce n’est pas pour cette fois-ci. Je décide donc d’abandonner De-Na-Zin 🙁 en me consolant que cela doit être plus ou moins pareil que ce que je viens de voir. Je saute donc cette étape et reprends la piste pour aller au point suivant qui n’est autre que Valley of dreams.

J’ai passé je ne sais plus combien de jours pour préparer cette journée, ai cherché l’info sur tous les sites et forums où je pouvais car l’endroit est isolé et il vaut mieux être sûr de soi. J’arrive donc au parking supposé et m’avance. J’ai lu que l’endroit est divisé en deux zones distantes. Je parcours la première zone, le soleil tape très fort, il est 15 heures, tout le monde cherche de l’ombre mais c’est dur:



Il y a un peu de tout ici, comme si un magicien était tombé et avait laissé son sac s'ouvrir d'où sont sortis les objets les plus insolites les uns que les autres. Une tour d'aéroport sans sa piste d'atterrissage:



un monstre de Loch Ness sans son lac:



les atlantes qui portent leur fardeau vers le ciel:



les cathédrales gothique en devenir:



Je pars vers la deuxième zone où se trouve ce que tout le monde vient chercher ici : Allien Throne. Je le trouve avec quelque difficultés:

.

Je me balade un peu



mais il fait très chaud et je commence à revenir vers la voiture. La deuxième zone est assez loin ou j’ai pris un mauvais chemin, mais il me faut traverser une plaine sans aucun intérêt sous un soleil qui castagne. J’arrive enfin à ma voiture climatisée et ma portion du lait froid. C’était une belle balade mais la lumière à cette heure de la journée est horrible et la chaleur étouffante. 🙁

Je reprends la route vers la destination finale et mythique de cette journée, j’ai un rdv avec un roi, et pas le moindre – le roi des ailes, King of Wings !
IS Isap29 Globetrotter ·
Hello Iouri,

au premier lieu qui est Cox arch

Souvenirs, souvenirs... 😎 Elle est superbe, cette arche.

Le plus déroutant est qu’on passe tout le temps à côté des tuyaux de pétrole

Plutôt de gaz (plein de compresseurs faisant un boucan d'enfer - j'avais prévu de dormir à Cox Arch), mais ça ne change rien pour ton coup de gueule. Tu n'as pas rencontré leurs "jeeps" qui sillonnent en permanence les pistes sableuses, allant d'un puits à l'autre ; la seule façon de les repérer, en sommet de butte, est de chercher le fanion coloré en haut de leur grande antenne (CB ou autre). Se trouver nez-à-nez avec une de ces "jeeps", ça fait peur.
GL Glll2012New Veteran ·
Hello

Là tu parles de mes coins préférés !

Cox arch en 2015, la piste était complètement défoncée par les camions donc pas vu, mais on en a vu quelques autres sur le site d'Aztec Arches. Valley of Dream impossible l'année dernière toutes les pistes de la région étaient impraticables à la suite de la longue période de pluie. On c'est fait copieusement rincé à Bisti Badlands et le lendemain grand ciel bleu King of Wings très bon souvenirs aussi de la marche d'approche.

Mais la grosse différence réside dans le timing, pour nous un site par jour c'est bien assez.

Me réjouis de la suite de ton carnet.
Gilles 2019 : https://voyageforum.com/discussion/2019-voyage-se-faire-plaisir-d9730876/ 2017 : https://voyageforum.com/discussion/usa-2017-40-jours-bonheur-presque-d8161050/ 2015 : https://voyageforum.com/discussion/west-2015-encore-autrement-d7083633/
JH Jhc019 ·
Bonsoir Alain-Pierre,

Souvenirs, souvenirs... 😎 Elle est superbe, cette arche.

Content de t'avoir rappelé de bons souvenirs 🙂

Tu n'as pas rencontré leurs "jeeps" qui sillonnent en permanence les pistes sableuses... Se trouver nez-à-nez avec une de ces "jeeps", ça fait peur.

Non, en effet, j'ai eu de la chance ne rencontrer personne. Un des buts de ce voyage solitaire était justement d'essayer de fréquenter le moins de monde possible, souvent c'était assez réussi de ce côté là 🙂 😉
JH Jhc019 ·
Bonsoir Gilles et merci de ton message,

Là tu parles de mes coins préférés !

Cox arch en 2015, la piste était complètement défoncée par les camions donc pas vu, mais on en a vu quelques autres sur le site d'Aztec Arches. Valley of Dream impossible l'année dernière toutes les pistes de la région étaient impraticables à la suite de la longue période de pluie. On c'est fait copieusement rincé à Bisti Badlands et le lendemain grand ciel bleu

ah, dommage, pas de chance donc avec le temps 🙁 Ces zones sous la pluie, je ne l'imagine pas du tout car le sol doit devenir complètement impraticable avec l'argile sans parler des washs qui peuvent même devenir dangereux s'il pleut vraiment beaucoup

Mais la grosse différence réside dans le timing, pour nous un site par jour c'est bien assez.

Je suis entièrement d'accord avec toi: ces sites méritent qu'on s'y attarde beaucoup plus longtemps. Malheureusement deux obstacles à cela: tout d'abord quand on n'est pas encore à la retraite on est limité par les jours de vacances. 🙁Tu me diras qu'on a qu'à ne pas mettre trop de sites différents pour le même voyage, et là je t'en donnerai encore une fois raison 😄. Mais par ailleurs et tout en supportant assez bien la chaleur se balader toute la journée sous le soleil qui tape si fort avec la terre blanche qui le réfléchit m'a paru difficile. Ce n'est pas Death Valley mais il ne faut pas sous-estimer le coup d'insolation qu'on peut prendre subitement. Et quand on est seul loin de tous et sans espoir de voir quiconque pendant des heures voire des jours il est plus prudent de connaitre ses limites.

Me réjouis de la suite de ton carnet.

Merci beaucoup, ça arrive mais l’écriture prend du temps comme tu le sais 🙂sans parler des photos à choisir
JH Jhc019 ·
J’ai fait des multiples recherches sur cet endroit, repéré et recoupé les infos, noté plusieurs coordonnées GPS. Tout au long de ma préparation je n’arrêtais pas à me poser la question pourquoi pour le même endroit il y a autant de coordonnées GPS que de récits sur les forums ou pages web 😮. Je n’ai pas trouvé de réponses mais cela vous donne une idée de la précision de ces appareils GPS... 🤪

Je me gare et j’avance d’un pas rapide, il commence à devenir sombre, c’est le soir, j’ai pensé arriver sur le spot avant le coucher du soleil, maintenant l’objectif est de trouver le roi avant que la nuit ne tombe. Je suis en retard au rdv royal, c’est impardonnable, 🙁 j’espère qu’il est clément, ce monarque. 😉

Malgré toutes mes critiques sur le caractère peu pratique de mon GPS et les infos peu précises je suis bien content pour le coup de l’avoir 🙂 car ici tout se ressemble, difficile à trouver son chemin entre le sable, les badlands où parfois on devine les sentiers, les ravins et les collines:



Je marche vite, je sais que je serai obligé de revenir à la nuit tombée. Et d’un seul coup je le vois, il est là, devant moi ! 😎



Il est plus petit que je ne l’imaginais mais il est étonnant, ce monarque solitaire, élancé vers l’éternité et en même temps si fragile. Je m’approche, il n’est pas fâché de mon retard, il m’attendait patiemment. On papote un peu, il s’inquiète de mon retour dans les pénombres, je lui montre mon GPS, il hausse les épaules... Il est temps d’y aller, l’audience est finie. Je le quitte non pas sans toucher sa main majestueuse:



je lui jette un dernier coup d’œil en m’éloignant, il est toujours là, tout seul, le roi de son royaume mystérieux.



C’est dans les pénombres totales que je retourne à la voiture, heureusement j’ai mon GPS pour me guider.🙂 J’ai prévu passer la nuit ici, j’allume les phares de ma Toyota et mets la tente dans la nuit noire éclairée par deux faisceaux lumineux. Je me prépare à manger vite fait, pas question de faire autre chose que les pâtes mais ça me va très bien. La nuit est très belle, il fait bien chaud, ça me change de la nuit précédente 😉. Je mange et m’autorise à contempler les étoiles. On pourrait se croire au bout du monde mais partout à l’horizon je vois dans la nuit les petites lucioles – malheureusement ce sont les puits de pétrole qui pompent inlassablement cette belle terre.
BI Bibouns51 Globetrotter ·
Tu me tentes de partir en solo... Un tête à tête avec un roi... Pas donné à tout le monde...
http://onpartenvadrouille.over-blog.com Carnets de route "décalés" : Jordanie, Balkans, Thaïlande, ouest américain, Birmanie, Pérou, Cambodge, ...
JH Jhc019 ·
Bonsoir Franck 🙂

Tu me tentes de partir en solo...

Il faudra négocier avec Sandrine, et ce n'est pas une mince affaire 😛 Au moins que tu n'utilises la méthode éprouvée - un coup de pelle et le fond de jardin 😄 😉

Un tête à tête avec un roi... Pas donné à tout le monde...

J'ai mes entrées 😎
BI Bibouns51 Globetrotter ·
Bonsoir Franck 🙂

Tu me tentes de partir en solo...

Il faudra négocier avec Sandrine, et ce n'est pas une mince affaire 😛 Au moins que tu n'utilises la méthode éprouvée - un coup de pelle et le fond de jardin 😄 😉

Un tête à tête avec un roi... Pas donné à tout le monde...

J'ai mes entrées 😎

😏😏😏 Il me suffit de préparer un circuit bien compliqué pour qu'elle décline l'invitation poliment... Mais je garde la solution coup de pelle et fond de jardin (je vois un emplacement parfait pour ça par ma fenêtre)...

Pour le tête à tête, je veux le tuyau !

A+ Franck
http://onpartenvadrouille.over-blog.com Carnets de route "décalés" : Jordanie, Balkans, Thaïlande, ouest américain, Birmanie, Pérou, Cambodge, ...
JH Jhc019 ·
Bonsoir Franck 🙂

Il me suffit de préparer un circuit bien compliqué pour qu'elle décline l'invitation poliment... Mais je garde la solution coup de pelle et fond de jardin (je vois un emplacement parfait pour ça par ma fenêtre)...

😏😏😏 Je vois que tu n'es pas seulement un rédacteur des carnets hors pair avec l'humour décalé qui me plait beaucoup mais également un fin stratège 😉. Mais attention: nos femmes sont capables de contrer tous ce qu'on peut inventer, c'est pour ça qu'on les aime! 🙂

Pour le tête à tête, je veux le tuyau !

Il y a peut-être un moyen de négocier 😄
JH Jhc019 ·
Le cinquième jour : Bisti

J’ai mis le réveil à 5.30, j’ambitionne à me lever tôt pour ne pas rater la levée d soleil. Le réveil sonne, je l’éteigne ... et je me rendors aussitôt 🙁. Malheureusement ça sera la grande constante de ce voyage : comme j’ai dit au début de ce récit, je suis arrivé aux US épuisé, les heures de sommeil me manquaient cruellement, et malgré toute la volonté de voir les belles levées du soleil et de faire les photos potables je n’ai réussi à m’extirper de mon sac de couchage quand le réveil sonnait qu’à des rares occasions 🙁 🙁 🙁. Je me lève vers 7 heures du matin, le soleil est déjà haut. Après un petit dej rapide je plie la tente pour m’apercevoir que j’ai passé ma nuit entre deux fourmilières... Évidemment le soir je ne m’en suis pas aperçu. Ces bestioles sont partout dans le sud-ouest américain, je les ai vus aussi bien dans le désert qu’à la montagne.

Je mets le cap sur ma destination du jour qui n’est pas loin. C’est Bisti, encore des badlands. J’arrive assez rapidement sur place, il est déjà presque 10 heures du matin, j’ai encore raté la lumière la plus douce 🙁.

Il n’y a qu’une seule voiture sur le parking, et je vois déjà loin les gens qui reviennent, ils se sont réveillés tôt, eux 😐... Je prends beaucoup d’eau vu le soleil qui frappe fort, et je m’engage dans le wash. La première partie est franchement sans intérêt, il faut prendre son mal en patience et marcher le long de wash 30-40 minutes sous le soleil qui tape. Ensuite ça commence d'être plus vallonné et je décide de monter sur les collines à droite. Il s’avère ensuite que c’était une mauvaise idée car même si dans les ravins entre les collines il y a des choses à voir

cela prend beaucoup d’énergie, et sous le soleil cela fatigue rapidement. Je finis par revenir vers la gauche et redescendre sur la plaine.

Mine de rien j’ai pas mal avancé maintenant et commence à voir des jolies choses – je tombe sur un tas d’immenses bois pétrifiés, sur les hoodoos et autres plaisirs de badlands.







Malheureusement le soleil est à son apogée, la lumière sur les photos est cruelle 🙁.



Je marche à la recherche du Graal de ces lieux, une espèce de nurserie pour les œufs des dinosaures. Je trouve quelque chose de semblable mais pas tout à fait. Pourtant sur le coup je suis persuadé que c’est ça. Je marque dans mon GPS un waypoint car demain il me faudra retrouver ça la nuit. Je continue et au détour d’un wash derrière les hoodoos et des pierres je tombe sur une plaine et je comprends que ce que j’ai cherché est juste devant moi ! Je suis ravi de retrouver enfin l’objet de ma convoitise. 😇 Je renote de nouveau le waypoint pour demain et continue vers le Eagle’s nest. Je décide de faire un vaste tour pour ne pas revenir par le même chemin. Je vais jusqu’à la colline et passe par un wash à gauche, je commence le chemin de retour. Qu’il est long ! Je marche, je marche, je commence à être fatigué à marcher sous ce soleil qui cogne. J’aimerais bien m’arrêter une dizaine de minutes mais c’est plat, il n’y a pas une seule ombre, cette partie-là est vraiment dépourvu de tout ce qui pourrait faire office de pare-soleil. Je vois au loin à droite de nouvelles curiosités mais je n’ai plus de force d’y aller et de toute manière il ne me reste pas beaucoup d’eau, il est prudent de rentrer. Enfin j’aperçois à l’horizon ma voiture, qu’est-ce qu’elle est minuscule ! 😕 Les derniers trois quarts d’heure sont vraiment pénibles. Je suis content d’arriver sur le parking, je pense que j’ai fait une 15 de km sous le soleil de plomb, peut-être entre 4 et 5 heures en tout en montant et en descendant les collines et en faisant les détours. J’avale pas moins d’un litre de lait délicieusement froid et me cache dans mon auberge climatisée.

Une fois les sandwichs finis je me dis que la journée ne l’est pas encore et que Bisti comporte une zone au nord, moins vaste. Il y a une route directe mais bizarrement elle est coupée par un grillage, impossible d’y passer, je n’ai pas réussi à comprendre pourquoi. 🤪 Il faut donc faire un grand tour et passer par la route goudronnée. J’arrive sur le parking nord, j’ai eu le temps de me refroidir dans la voiture. Un coup de crème solaire et me voici à la poursuite des merveilles de Bisti. Dans cette partie il y a plus de hoodoos et de formations ailées à la King of wings.











Je me balade un peu plus calmement, j’ai encore la promenade de ce matin dans les pattes. Mais je suis content : mon accident du premier jour m’a fait craindre que je ne pourrais pas marcher autant que j’ai prévu, cela aurait complètement ruiné mon voyage centré sur énormément de ballades mais pour l’instant ça va.🙂

Je me promène deux heures et décide que pour une fois il serait bien de ne pas mettre ma tente la nuit et de préparer mon diner à la lumière de jour et non pas de phares de ma Toyota. Je reviens donc sur le premier parking où j’ai prévu passer la nuit. L’endroit n’est pas trop sexy, c’est un parking, hé, mais peu importe, je suis seul, il n’y a pas une âme qui vive, c’est cool 😎. La seule chose c’est qu’il y a énormément de vent qui a commencé à souffler, tel insolent, pendant que je me suis absenté, comme quoi, il ne faut jamais laisser rien sans surveillance 😉. Ça souffle tellement fort que j’ai du mal à mettre et surtout à faire tenir ma tente et suis obligé de ramasser des gros cailloux pour la lester de l’intérieur. Heureusement c’est une deux places cela ne me généra pas pour dormir. Le diner n’est pas facile à cuisiner non plus : le vent est tel que le réchaud n’arrive pas à chauffer l’eau pour cuire le riz, la chaleur est constamment emportée sur le côté ! Je pense le mettre carrément dans la voiture mais me dis que finalement c’est une mauvaise idée 😕 et que la chaleur pourrait l’abimer. Après pas mal de difficultés et d’exercices de gymnastique où j’essaie de me contorsionner pour servir de paravent à ce maudit réchaud le riz est cuit et j’ai même réussi à me griller un morceau de viande dans la poêle. Le soir commence à tomber et le vent du coup aussi. Je m’installe donc à ma table pliante et je savoure mon diner devant la lumière déclinante et le paysage de Bisti que disparait peu à peu devant mes yeux. Je me couche tôt car demain je dois me réveiller coûte que coûte à 5 heures et ça, ce n’est pas une mince affaire !
JH Jhc019 ·
Qui aurait pu croire que le confinement n'est pas propice à l'écriture? Moi je croyais tout le contraire, en me disant que j'aurais enfin plein de temps pour continuer et peut-être finir le carnet. Mais en fait que dalle: entre le télétravail qui n'est pas évident, les enfants avec leurs cours et devoirs à faire et qui viennent tout le temps demander des trucs, et les courses qui sont devenues galère le temps passe vite, et le carnet est laissé de côté, le pauvre 🙁. Mais bon, chemin faisant voici une nouvelle journée.🙂

Sixième jour: Bisti, Hope arch, Coal mine canyon, Blue canyon

Je me lève tôt, très tôt, trop tôt comme diraient les jeunes d’aujourd’hui qui confondent le qualificatif avec le comparatif (c’est trop bien - ah bon, ce n’est donc pas bien si c’est trop ? –mais non, justement c’est beaucoup trop bien, tu ne comprends rien, papa) mais c’est pour la bonne cause : je vais voir les œufs de dinosaures ou des extraterrestres et qui sait peut-être un d’eux va éclore... Je me lève dans la nuit noire, il faut que j’arrive sur place avant le lever du soleil, et j’ai une trotte à faire dans la nuit. Heureusement que je sais plus ou moins où il faut aller après ma ballade d’hier. Je ne range rien, je mets un pull et un coupe-vent - qu’est-ce qu’il peut faire frisquet dans le désert la nuit, je mets ma lampe frontale au cas où, même si elle n’éclaire pas la route, une pomme et une bouteille d’eau et me voilà parti à la recherche de Jurassic parc ou les rencontres de 3e type.😏

Il n’est pas évident de marcher la nuit. On a l’impression que c’est plat mais c’est une fausse impression. Le terrain n’est pas goudronné, heureusement d’ailleurs, dans le wash il y a beaucoup de ruisseaux ou caniveaux plus ou moins profonds, c’est assez casse gueule. Il faut constamment regarder où on met les pieds et en même temps essayer de suivre la route en se repérant aux collines qui se dressent loin devant et qu'on devine difficilement dans la nuit. Je marche vite pour me chauffer, heureusement il n’y a pas de vent d’hier. C’est calme et assez majestueux, cet étendu sans limite et sans personne.😇

Mon but est aux environ de 45 minutes de marche, vers la fin le ciel commence à s’éclaircir. Ça tombe bien car le chemin qui y mène n’est pas exactement tout droit et je me rends compte que dans les pénombres je me suis un peu écarté du chemin le plus court. J’arrive enfin, il est encore une fois trop tôt. Le ciel est tout claire maintenant mais le soleil se cache derrière les collines.



Je m’assois et mange ma pomme. Le soleil tarde de se pointer. Mais enfin les premiers rayons commencent à illuminer le terrain.



Je suis seul, il n’y a personne. Je commence à courir partout pour trouver la meilleure position pour les prises de vue. Cependant je suis déçu, je n’arrive pas à faire les photos aussi belles que j’ai vu sur ce forum. C’est peut-être mon appareil photo qui n’est pas un reflex sophistiqué et n’a pas d’objectif super efficace, c’est peut-être juste moi et mon manque de professionnalisme dans les prises de vue, mais cela ne le fait pas :-(.



Et le soleil qui a apparu déjà assez haut une fois sorti de derrière les collines ne fait que grimper. Ce n’est pas sympa, il ne peut pas s’arrêter un peu ? Non, rien à faire, il a un programme chargé pour la journée. Comme moi d’ailleurs, je dois partir. Je pars ravi d’avoir fait cette balade en pleine nuit, avoir vécu ce lever du soleil et passer du temps avec mes fantasmes préhistoriques mais aussi dépité de ne pas avoir fait des photos dignes de ce nom. J’ai fait un effort surhumain de me lever, par la suite je n’arriverai pas à le faire souvent, hélas, et cet effort n’a pas été récompensé 🙁.

Je rentre vite, essayant maintenant de ne pas trop trainer sous le soleil qui commence déjà à chauffer. J’arrive, prend un petit déj. rapide, plie ma tente et me mets en route. En effet, comme le soleil, j’ai un programme ambitieux pour cette journée mais tout d’abord j’ai plus de deux cents km à faire. Je quitte donc le Nouveau Mexique pour aller explorer les terres d’Arizona. Le paysage change une fois de plus, ça me fait plaisir de retrouver un peu de verdure🙂





mais cela ne va pas durer.



La route passe à côté de canyon de Chelly, j’avais pensé initialement l’inclure dans mon circuit mais finalement mon planning de la journée était déjà trop chargé. Après les courses à Chinle je m’approche de ma première destination de la journée qui est Hope arch. C’est arche se trouve sur les terres indiennes, d’ailleurs les réserves indiennes sont énormes dans ces contrées et s’étendent sur des centaines de kilomètres carrées. Les pistes qui y mènent sont bien carrossables bien qu’assez sablonneuses.

Et là je vais faire une digression qui va faire sauter au plafond les « bonnes âmes » de ce forum, mais tant pis, ce n’est pas pour elles que j’écris ce récit mais pour mes enfants et ceux qui savent sortir de clichés bien établis et de l’esprit post-68ard dépassé et le tiers-mondisme stupide (d’ailleurs on n’est pas dans un pays de tiers-monde). Oui, je sais, ce n’est pas un forum politique, on parle des voyages ici, que des voyages, je vais me donc limiter au strict minimum, je vais me censurer même, comme quoi la liberté de parole dans une société bien-pensante n’est qu’une illusion optique qu’on nous fait gober – mais est-ce c’est possible de gober une illusion ? Ou c’est également illusoire ?😉

Bref, le chemin qui mène à Hope arch passe par le territoire indien. Je dis avant qu’on ne me tombe dessus qu’il y a deux ans je suis passé par le musée navajo de Monument vallée, d’ailleurs très bien fait et très instructif sur la vie des indiens, et surtout sur leur niveau de vie et des problèmes qu’ils ont au niveau d’accès à l’éducation et même aux services les plus nécessaires, genre l’électricité et l’eau potable. Je n’ignore rien de tout ça et je compatis, tout en sachant que les raisons en sont plus subtiles que les mauvais et méchants blancs et les bons et gentils indiens. Venant d’une situation très modeste moi aussi, je comprends également que dans ces conditions on ne fait pas attention à beaucoup de choses et qu’on va aux besoins essentiels. Et cependant quand je prends cette piste sablonneuse qui longe la ligne de haute tension et dont les bas-côtés sont littéralement devenus une décharge à ciel ouvert et cela sur plusieurs kilomètres je ne peux m’empêcher de penser que les histoires sur la relation sacrée entre les indiens et la nature ne sont plus que des bobards destinés à émouvoir la galerie en vendant une légende qui n’a plus rien à voir avec la réalité. Ce mythe vendu notamment par Hollywood, peut-être était-il vrai au XVIII et au XIX siècle mais il n’est certainement plus maintenant. D’ailleurs le sacré n’est plus si sacré que ça, et si un visiteur lambda ne peut pas pénétrer les parties « sacrés » des terres indiens, un voyageur un peu plus fortuné peut se le permettre aisément aussi bien à Monument Valley qu’ailleurs. Mais là, ce n’est plus propre aux indiens, c’est bien américain, it’s just a business, nothing personal... Bref, j’ai essayé de donner mes impressions et mes pensées qui m’ont envahi quand je passais par cette route qui aurait pu être sympathique mais qui de fait de ces déchets tout le long m’a dégouté 😠, je ne voulais pas être trop « politique » ni philosophique même si le sujet mériterait d’être développé.😕

Comme j’ai déjà dit j’avais préparé ce voyage pendant de longs mois, traçant mon itinéraire et en recoupant l’information au point qu’ensuite une fois sur place j’avais parfois l’impression d’avoir déjà fait la route. Mais pas toujours... C’est le cas aujourd’hui : mon itinéraire était fait sur la base des infos recoupées sur internet qui indiquaient qu’il fallait prendre cette piste sur un certains nombres de kilomètres et se garer ensuite. L’arche devait être visible de suite. Quand les lieux que je voulais voir se trouvaient dans les endroits accessibles plus ou moins directement de la piste où il fallait se garer et ensuite marcher un peu, je ne cherchais pas les coordonnées GPS, pensant que cela était suffisant. Et généralement ça l’était. Mais là j’ai bien parcouru le nombre de kilomètres indiqué, je ne vois rien.😮 Pourtant toutes les indications sont bonnes... J’avance un peu encore mais la piste commence à descendre et je vois de loin un croisement avec d’autres pistes. Je me dis qu’il ne serait pas prudent de commencer à partir dans tous les sens et décide de rebrousser le chemin en sens inverse. Toujours rien. Et là j’ai une idée 😏 qui me passe je ne sais pas pourquoi par la tête : j’ouvre mon téléphone, je vais sur le Google Maps et je tape Hope arch. Dans 5 secondes je l’ai sur ma carte, et il paraît que je suis juste à côté. Je regarde plus attentivement et en effet, elle est là ! 🙂



C’est juste que les photos que j’ai vu sur internet étaient faites sous un autre angle, je ne m’attendais pas à la voir comme ça, et je ne l’ai donc pas vu ! Comme quoi on devient conditionné très vite... C’est comme si on vous montrait la photo d’une belle Mercedes de devant et ensuite vous la voyiez en vrai de derrière - vous ne risquez pas de la reconnaître...

Mais mon propos était autre : suite à cette (mes)aventure j’ai commencé à regarder systématiquement l’emplacement sur Google Maps des sites que je voulais voir, même les sites réputés « secrets », histoire de voir s’ils y sont répertoriés, et le plus souvent ils y étaient indiqués. Evidemment si le site est à 10 km de la piste cela ne vous donne aucun indication quant à la possibilité d’y accéder à pied ni l’itinéraire à suivre mais je me suis posé la question sur l’utilité de mon travail de préparation hardie pour les sites assez proches ou plus ou moins facile d’accès. Pour ne pas me saper le morale 🙁 j’ai fini par me dire que j’avais bien fait tout de même de me préparer 🙂 car cela m’a permis de ne pas perdre mon temps, ce qui est en partie vrai. Comme quoi on arrive toujours à se convaincre de ce à quoi on a envie de croire.

Je descends de voiture, le soleil tape très fort, il est presque midi, je prends de l’eau et j’avance. Heureusement que ce n’est pas très loin, quoique, parce que là je suis face à ce que je déteste le plus dans les randos dans le sud-ouest américain – les montées dans le sable.😠 Je peux grimper n’importe quelle montagne abrupte ou faire des longues marches montant sur les roches mais la marche dans le sable, même dans les faux plats, ça m’épuise énormément.

J’arrive de l’autre côté de l’arche pour voir le ciel à travers de l’arche, c’est la photo comme ça que j’ai vu et c’est pourquoi je n’arrivais pas à la distinguer tout de suite.



J’ai beaucoup de chance, je suis seul, 😎 il n’y a personne pour m’empêcher de faire les photos d’arche sans voir les minuscules fourmis humaines à l’intérieur. Mais une fois de plus le soleil est au zénith, la lumière est cruelle et les photos sont nulles. Je monte à l’intérieur de l’arche, c’est assez pentu mais faisable. La chaleur est très forte mais que c’est paisible ! S’il n’y avait pas de lignes de haute tension on pourrait se croire loin de tout... Je redescend de l’arche et décide de continuer un peu l’exploration en m’éloignant encore un peu de la voiture mais me rend vite compte que cela ne représente d’intérêt et je reviens sur mes pas. Au retour ça redescend, c’est donc plus facile, mais j’arrive assez essoufflé à cause de la chaleur très forte. Je suis content de retrouver un peu de clim et mon déjeuner consistant comme d’hab de sandwich, du lait froid et d’une pomme.

J’aimerais bien piquer une sieste après m’être levé aux aurores mais j’ai encore un programme très ambitieux, je me mets donc en route. Ma destination suivante est Coal mine canyon, et il est selon Google à deux heures et demi de route, j’ai donc l’intérêt à me dépêcher. Je retourne sur une route goudronnée, vas-y mon vieux, l’heure tourne !😉

Pour Coal mine Canyon je n’ai pas pris de coordonnées GPS non plus, l’endroit étant censé être facile à trouver. Et bah, croyez-moi ou pas, je tourne pas au bon endroit, 🙁 cela ne doit pas être ma journée... Pourtant rien n’est perdu : en fait j’ai tourné trop tôt et du coup me suis retrouvé sur l’autre rive de ce canyon. L’accès au bord du canyon y est moins aisé que sur l’autre rive, tout au moins en ce qui concerne l’accès en voiture le plus près du bord, autrement on peut bien sûr se garer et marcher, mais je n’ai plus de temps pour ça. Par contre je suis en fin d’après-midi et le soleil ici tape dans le dos ce qui permet de mieux voir le canyon même si je ne suis pas trop près.
SI Simonic Regular ·
Bonjour. Même impression que toi au sujet des puits et odeur de gaz. A Fantasy Canyon j'ai hésité a allumer mon réchaud pour prendre un café, j'ai eu peur de tout faire péter : une forte odeur de gaz planait dans le canyon. On va bientôt trouver des panneaux : Veuillez ne pas marcher sur les tuyaux svp. Bonne journée. Jacques.
JH Jhc019 ·
Bonjour Jacques 🙂 et merci de ton message. Ah oui, cela aurait été un feu d'artifice geant et intéressant, le problème que tu n'en serais probablement pas sorti tout entier 🙂. Heureusement dans les endroits où je suis passé je n'ai pas eu ça mais il est vrai que les tuyaux sur des kilomètres, les stations de pompages, les compresseurs qui vrombissent, tout ça force à penser à ce qu'on fait à cette terre et comment elle va nous répondre - et actuellement avec cette pandémie on a un bel exemple de ce que la nature peut faire à une société prétendument post-industrielle, au seuil de l'intelligence artificielle, une société de l'homme consommateur tout puissant et fier de l'être. C'est une piqure de rappel à l'humilité quand un nano-virus met la moitié de la planète en arrêt. C'était nécessaire, très dommage qu'on a eu besoin des centaines de milliers de morts pour se rendre - peut-être - compte que cela devient impossible de continuer comme ça. Mais quand je vois la pression des US sur l'Arabie Saoudite pour reduire la production de petrole afin que l'industrie petrolière américaine puisse continuer à pomper contre toute raison (les stockages sont pleins) je me dis que probablement je suis trop optimiste sur la capacité humaine de tirer les leçons de quoi que ce soit...
JH Jhc019 ·
Suite 6-ème journée

Je décide de retrouver l’accès que j’ai prévu initialement, je retourne donc sur la partie goudronnée, j’avance encore un peu et tourne ensuite sur une piste. C’est fois-ci c’est la bonne 🙂, et j’arrive presque au bord de canyon. Il y a très peu de monde, deux ou trois voitures, mais de l’autre côté il n’y avait personne. Je m’approche du bord de canyon, et là les yeux me s’ouvrent bien grand : c’est super beau !





Evidemment les photos sous le soleil ne rendent pas justice mais je n’ai qu’un seul envie – c’est de descendre dans le canyon et l’explorer d’en bas, de me l’approprier, de devenir son intime.





J’ai lu que c’est possible mais qu’étant donné que c’est le territoire indien, il faut acheter un permis (une fois de plus avec le fric on y arrive...) et qu'il fait très chaud une fois on est descendu. De toute manière pour aujourd’hui c’est exclu, j’ai encore un endroit mythique à visiter, et il est presque 17 heures mais je me dis que si jamais je reviens dans ces contrées il faut que je réserve une journée entière pour ce canyon, il le mérite vraiment. Pour moi c’est un de highlights de ce voyage, surtout que je ne m’attendais pas à cela.

Ma dernière destination n’est pas moins mythique que King of wings. D’ailleurs comme King elle est longtemps restée réservée aux « initiés ». On ne voulait même pas divulguer son vrai nom, de peur que trop de gens veuillent y aller. Mais peu un peu les langues se sont déliées, et on a appris qu’il s’agissait de Blue canyon qui ne se trouve pas trop loin de Coal mine canyon. Comme l’endroit est réputé secret – relativement - et comme il y a selon les sources internet des problèmes avec les indiens 😠 qui voient de mauvais œil le nombre grandissant des touristes voulant visiter sans payer – parce qu’une fois de plus avec un « guide » payant c’est parfaitement possible - et que j’ai lu les rapports de menaces de pneus crevées et même les indiens avec des fusils 🙁, sans parler même plus prosaïquement d’une forte amende que la police indienne peut vous mettre 🏴‍☠️, j’ai bien pris le soins de chercher les coordonnées GPS pour ne pas faire des pistes à droite et à gauche et pour essayer d’être le plus discret possible. J’arrive donc sans encombre sur place. L’endroit ne doit pas être si peu fréquenté que ça parce que je vois énormément de traces de pneus dans la boue séchée. Mais pour une fois les dieux indiens sont avec moi : il n’y a personne 😇, et je peux explorer les lieux tranquillement et à ma guise. Je descends de la voiture, c’est la soirée, il ne fait plus chaud, c’est plutôt agréable.

Je m’avance, et plus je m’avance, plus je me sens envahi par un sentiment de plénitude et de quiétude incroyable. Je ne sais pas si c’est le soleil doux après une journée écrasante, si c’est le fait d’avoir lu que c’est un endroit sacré pour les indiens, habité par les esprits mais j’ai le même étrange sentiment de communion presque mystique avec un lieu qui m’a envahi quand je suis entré pour la première fois dans Notre dame de Paris. Je ne sais pas l’expliquer, je le sens, c’est tout, c’est comme si j’étais transpercé, habité par des siècles d’histoire humaine, comme si quelque chose d’impénétrable aller s’ouvrir devant mon esprit, comme si un secret éternel allait m’être dévoilé... je me sens incroyablement bien ici.













Je passe partout, je monte et je descends, j’explore tous les recoins, je regrette que le soleil commence à se décliner et qu’il me reste peu de temps. Je me dis qu’il serait super de pouvoir camper ici mais les histoires des pneus crevés me refroidissent 🙁, je me dis que j’ai déjà eu énormément de chance d’y être venu et qu’il ne faut pas trop insister sur sa chance, c’est comme au casino, il faut partir tout de suite après avoir gagné, sinon on risque de tout perdre. 😉. C’est donc à contrecœurs que je quitte les lieux. 🙁

Google m’annonce qu’il me faut encore une bonne heure pour arriver à l’endroit où j’ai prévu camper, et la nuit commence à tomber. Je décide donc de prendre une autre route que celle en aller, cela est censé être plus court bien qu’il y ait un passage de wash délicat. Et en effet il est super délicat, ce passage ! 🤪 Je descends dans un ravin profond, je vois que le lit de wash est entouré des berges vraiment hautes, je le sens mal. Quelqu’un a d’ailleurs mis des planches pour essayer d’aplatir un peu le creux. Ma Toyota est haute mais je ne suis pas rassuré. 😕 Cependant j’ai déjà bien descendu et il est difficile de faire le demi-tour. Par ailleurs si je dois revenir sur mes pas et repasser par tout le chemin, c’est sûr que je devrais passer une grande partie de mon chemin dans le noir. Je tente donc ma chance, ma pauvre Toyota racle le fond, la remontée sur la berge est trop haut et inégale, j’espère juste qu’aucun tuyau n'est arraché. Je remonte de l’autre côté, m’arrête et inspecte la route derrière moi, ouf, je ne vois pas de traces du liquide sur le sol, je peux continuer. 🙂 Le jour commence à décliner, et je ne sais pas combien de temps je vais mettre avant d’arriver sur une route goudronnée. J’accélère. Normalement Google donne des indications assez précises sur le temps de trajet mais là il me semble bien qu’il s’est trompé et que j’ai mis plus de temps que prévu. J’arrive sur la chaussée quand la nuit est déjà tombée, j’allume les phares et je fonce car il me faut encore trouver la place où je passe la nuit. Je ne peux pas m’arrêter n’importe où car demain je dois me lever encore une fois avant le soleil, je veux voir le lever du soleil au pied de White Mesa arch.

Je tourne sur une piste qui doit me mener vers une autre piste qui doit me mener là où je compte passer la nuit. La première piste est très bonne, c’est un boulevard, certes non pavé mais super cool, je me donne à fond avec les phares allumés, 😎 les lapins sautent partout, je fais tout de même attention pour ne pas en écraser un. En approchant le point kilométrique où je dois tourner sur la deuxième piste je ralentis. Pourtant il fait tellement sombre que je n’arrive pas à voir où elle commence, cette piste, tous les bords de ma route sont pareils, je ne vois aucun enfoncement ni aucun semblant de départ d’une piste. Je fais des aller et retour sur 500 mètres mais je ne vois toujours rien. Je commence à désespérer et en plus j’ai faim. Je ne sais pas par quel miracle je tourne sur ce qui me semble être un peu plus différent d’aspect que tout le reste sachant que la lumière de phares n’est pas vraiment une meilleure amie et qu’elle peut donner beaucoup de fausses impressions. Mais apparemment c’est une piste, très sablonneuse celle-ci, je passe difficilement et décide de passer en mode 4x4. Ca va tout de suite mieux et j’avance tout doucement car c’est TRES sablonneux, quand au mon Dieu ! je vois en face une autre voiture qui va dans ma direction. 🏴‍☠️ Je suis encore une fois sur les terres indiennes et je me dis que cette fois-ci je ne vais pas échapper à une discussion animée. 😕 La voiture qui arrive en face s’arrête à mon niveau, je suis obligé de faire de même. C’est une vrai Jeep, qui passe partout. La fenêtre s’ouvre et je vois un couple jeune et qui a l’air très sympa. Ils sont aussi étonnés 😮 de me voir ici que moi de les voir. Ils me demandent ce que je fais ici et où je vais. Je m’explique, et il se trouve que je vais là d’où ils viennent.🙂 C’est un signe de providence ! Ils me confirment que je suis sur la bonne piste et me donnent des conseils comment y parvenir au mieux. Apparemment je ne suis plus très loin. Il me faut contourner une ferme, ce dont je n’aime pas trop l’idée, 😕 en me disant que les habitants de cette ferme ne doivent pas voir beaucoup de gens par là, et surtout à 10 heures du soir passées et que cela peut me valoir des ennuis mais je n’ai pas le choix. J’avance, je vois la ferme, pas de lumière, cela semble calme, j’essaie de passer en douceur, en roulant calmement. La route commence ensuite à monter fortement, heureusement que je suis en mode 4x4, autrement je ne pourrais pas y passer. Ce grimpe, ça grimpe, et je n’ai aucun idée, où je vais, la nuit est d’un noir très profond. A un moment donné je vois un grand enfoncement à gauche. Je continue de monter mais tout de suite après cela devient vraiment trop abrupte et casse gueule dans le noir. Je m’apostrophe 😠 de ne pas m’être arrêté un peu plus bas car maintenant je dois faire les 20 mètres en marche arrière dans la nuit profonde car il n’est pas possible de tourner ici. Je recule très doucement et finis par arriver plus bas que l’enfoncement que j’ai vu. J’y vais en marche avant. Il y a une place pour mettre ma tente, je ne sais pas si c’est bien plat, la lumière de phares est trop inadaptée pour se faire une vraie idée, tout semble pareil mais je m’en fiche, il est 11 heures passées, je dois encore manger quelque chose mais cela sera bien sûr les pâtes pour aller au plus vite. Je mange et je m’endors rapidement car je dois rééditer mon exploit de ce matin et me lever demain aux aurores.

Bilan de cette très longue journée : beaucoup de route, peu de vraies ballades (sauf le matin aller-retour à Bisti qui fait 1 h 30 à la marche très soutenue) mais des souvenirs parmi les plus beaux de ce voyage. 😇

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