Y'a pas que Maille... qui mérite une médaille
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Pour ceux qui souhaiteraient profiter d’un passage en Bourgogne pour ne plus rien ignorer du secret de fabrication de ce condiment qui électrise hotdogs, andouillettes et autres sauciflards, il y a la moutarderie Fallot à Beaune qu’il est possible de visiter (sur réservation).

On y apprend qu’il est quasiment impossible de différencier à l’œil nu un champ de colza d’un champ de sénevé (ce qui m’étonne à peine, moi qui sais tout juste reconnaitre au microscope la roquette du pissenlit…) Qu’à l’origine, la graine de moutarde était cultivée dans les coins charbonneux et revendue aux moutardiers par les charbonniers. Mais qu’après la disparition de l’industrie du charbon, il a fallu trouver d’autres solutions. Que pendant des années, la Bourgogne a donc importé des graines du Canada, avant que les plantations de moutarde ne soient réintroduites en Bourgogne. Faut pas avoir fait Agro pour deviner qu’aux confins de l’Arctique, la petite graine ne bénéficiant pas des mêmes conditions pour arriver à maturité que celle qui se la coule douce sous le soleil de la Côte d’Or, la saveur, l’intensité, voire la consistance des moutardes variera.

Ces bases étant acquises, on visite l’usine (qui ne tourne pas le weekend), on suit les étapes de fabrication, du trempage au tamisage en passant par le broyage… compter quarante bonnes minutes avant de passer aux choses sérieuses : la dégustation.

Bon, en plein après-midi, par presque 30°, il faut avoir un palais rodé à la gymnastique des essais et l’estomac bien ancré, mais la fontaine à eau (pas à Chardonnay je précise) permet de se rincer régulièrement le gosier (on ne recrache pas la moutarde après mise en bouche, on l’avale à l’aide de petits bâtonnets apéro, sauf pour les moufflets hauts comme deux meules de pierre qui font des pieds et des mains pour goûter la rouge (goût cassis) et remportent le concours de la grimace la plus tordante avant de recracher le Ketchup raté dans le kleenex de mémé).

De la verte aux herbes ou à l’estragon à la pâte jaune orient au safran ou au curry en passant par l’ambrée au miel et pain d’épices, il y en a pour tous les goûts et ragouts (les suggestions d’accompagnement sont données tout au long de la dégustation). Personnellement, je suis une adepte de la moutarde nature classique, que ce soit la fine, appellation Bourgogne, ou encore A l’ancienne. Les pseudos accords sucré-salé à la vas-y que le spéculoos s’accorde parfaitement avec la douceur d’un fromage de chèvre ont tendance à me rappeler les pires roulis de haute mer…bref.

Mais à quelques kilomètres de là, et un ou deux godets plus tard, tout reva bien. S’agit évidemment pas de n’importe quelle piquette, on est quand même, ne l’oublions pas, à une encablure du vignoble le plus cher de la planète. Le Clos Napoléon en l’occurrence – on se fiche pas mal de savoir ce que la chose militaire a à voir avec cette affaire de tannins – est torché sur la route du retour vers Dijon lors d’une embuscade tendue euh… d’une halte faite à Fixin. Le temps de laisser le palais se remettre de ses aventures épiques (jeu de mots…mouais) et se préparer à de nouvelles conquêtes.

A Dijon justement, je conseille vivement aux personnes de passage de faire comme mézigue, à savoir une pause boire-manger au 3 rue Jeannin, sur la belle terrasse du restau L’un Des Sens (le jeu de mots est en fête aujourd’hui). Au menu : un sablé (d’un croquant digne des superlatifs) au pesto de tomate et parmesan, un lieu jaune au risotto (d’une onctuosité sans faute… et je m’y connais !) et une assiette de frometons (dont l’un à tomber, le Cîteaux, un genre de reblochon tout en rondeur et moelleux), le tout pour un prix très honnête… bon ça dépend évidemment de la boutanche d’antirouille qu’on commande avec.

PS. Pas encore vu le film de Klapisch Ce qui nous lie, mais ça ne saurait tarder
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
CH Chrousseaud Globetrotter ·
Amateurs de moutarde, goûtez à la moutarde de CHARROUX (Allier). Celle au piment d'Espelette est divine
ChR
IN Intrankil Regular ·
Ah tiens, merci, un nom inconnu à ma batterie de pots de moutarde. Qu’a-t-elle de spécial la Charroux ? Elle est commercialisée seulement localement ?

Tout a fait d’accord, le piment d’Espelette retoque subtilement la moutarde. Fallot aussi les marie, ces deux là. Une des rares associations - avec la fameuse curry – à avoir piqué ma curiosité.

Sinon, j’ai testé dès mon retour la Fallot nature en vinaigrette pour secouer une roquette-lardons-œufs mollets. Quelle émotion… euh quel régal !

PS. Bien rigolé à la lecture de vos découvertes alcoolisées en voyage
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
CH Chrousseaud Globetrotter ·
Je ne sais pas comment elle est distribuée en dehors du Massif Central. En Auvergne, on la trouve assez facilement même en grande surface (moins répandu que Maille tout de même). Il faut aller voir leur site :

http://www.huiles-et-moutardes.com/fr/Moutarde+de+Charroux+%C2%AE_fiche.html

Sinon, si tu passes dans le coin, aller l'acheter sur place : Charroux est un village ancien qui vaut une visite (c'est dans l'Allier une soixantaine de km au nord de Clermont
ChR
GI Gildadesiles Globetrotter ·
Ah tiens, merci, un nom inconnu à ma batterie de pots de moutarde. Qu’a-t-elle de spécial la Charroux ? Elle est commercialisée seulement localement ?

Tout a fait d’accord, le piment d’Espelette retoque subtilement la moutarde. Fallot aussi les marie, ces deux là. Une des rares associations - avec la fameuse curry – à avoir piqué ma curiosité.

Sinon, j’ai testé dès mon retour la Fallot nature en vinaigrette pour secouer une roquette-lardons-œufs mollets. Quelle émotion… euh quel régal !

PS. Bien rigolé à la lecture de vos découvertes alcoolisées en voyage

J'ai découvert la moutarde FALLOT par hasard dans mon supermarche Leclerc....la Moutarde café-vanilla....un délice...j'ai traversé tout PARIS pour en retrouver...donc pour les Parisiens amateurs de Moutarde de belle facture je conseille la grande Epicerie du Bon Marché il y a toutes les marques....
CH Chrousseaud Globetrotter ·
Pour les "découvertes alcoolisées", j'en fais encore et pas toujours très loin. Il y a dans tous les coins de France des gens qui font des "apéritifs maison", des "liqueurs maison" ou des "vins de quelque chose" qui valent le déplacement. Généralement c'est fait à partir d'une eau de vie distillée en douce dans laquelle on met à macérer des fruits ou des plantes sauvages . J'ai encore une bouteille de verveine faite par ma grand-mère dans les années 80. Ça fait longtemps que je n'en ai pas bu mais c'est raide, ça reste en bouche et il vaut mieux avoir avalé quelque chose de solide avant
ChR
EV Evajules Globetrotter ·
Il y a aussi, et je crois qu'ils en ont à Charroux ( dont la brocante est aussi célèbre que le village ) la moutarde au moût de raisin. Belle couleur violine et goût particulier.
Si le chemin est difficile, le difficile est le chemin.
IN Intrankil Regular ·
la Moutarde café-vanilla....un délice...j'ai traversé tout PARIS pour en retrouver...

Hum... Une Edition limitée cosignée par la chaine Starbeurk ? Je peux paraître coincée, mais je suis décidément peu tentée par ce genre de mélanges peu orthodoxes. Mais merci pour l'indication.

Tiens, toujours au rayon insolite, j’ai goûté récemment une glace à la moutarde en accompagnement d’un ceviche de saumon… genre l’entrée qui se la joue, et dont je ne suis pas fana. Expérience "intéressante" disons, mais pas inoubliable.

Recette plus plébéienne et roborative, mais qui fait l’unanimité quand je m’y colle : de la moutarde (FALLOT donc pour ma part depuis que je l’ai testée) nature étalée en fine couche sur un fond de pâte brisée (faite maison hein), recouverte de lanières d’un bon comté et de quelques quarts de tomates juteuses. Le tout parsemé de thym et enfourné… au pifomètre soit 30 à 40 minutes… La béatitude dans ce qu’elle a de plus tarte.
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
IN Intrankil Regular ·
Pour les "découvertes alcoolisées", j'en fais encore et pas toujours très loin. Il y a dans tous les coins de France des gens qui font des "apéritifs maison", des "liqueurs maison" ou des "vins de quelque chose" qui valent le déplacement.

Ah le fait maison… je revois entre autres le couple géorgien adorable qui nous avait hébergés, mon costaud et moi, avant la grimpette dans le Caucase. La Géorgie, dont les grandes jarres en terre cuite rappellent que la tradition viticole y est ancestrale, les guides touristiques vendent d’ailleurs le pays comme le berceau du vin. J’ignore si c’est vrai, en tout cas beaucoup de Georgiens pressent eux-mêmes le raisin. Le jus de nos hôtes était pour le moins artisanal, assurément bio. Un breuvage qui manquait d’air certes, mais qui avait du cul (pardon pour ma piètre maîtrise du vocable œnologique).

Bref, nous voici tous attablés devant un convivial plat de pommes de terres sautées fondantes et du fromage maison. La télé est allumée, afin de ne rien rater de la finale de l’Eurovision. On refait les niveaux au rythme des candidats. Et, folklore oblige, on trinque avec des cornes traditionnelles, il faut faire cul sec à chaque fois pour ne pas souiller la nappe brodée en reposant le gobelet biscornu… Un toast est porté à la fraternité entre les peuples. Il ne s’agit pas qu’une nation soit en reste. Les Lituaniens, les Moldaves, les Norvégiens, les Suisses, les Belges, les Macédoniens etc. La première bonbonne y passe, tous les peuples sont amis, puis la deuxième bonbonne... et on frise la partouze planétaire à la fin de la cérémonie !

Tout ce dont je me souviens, c’est le réveil avec une corne qui me traverse le cerveau au niveau du front et l’intégralité de la réserve d’Alka-Seltzer engloutie en guise de petit dej.
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
CH Chrousseaud Globetrotter ·
Oui, une tarte salée aux légumes (aubergines, courgettes, tomates)... Bien badigeonner le fond de tarte de moutarde (une moutarde ordinaire convient très bien), ça relève un goût qui a tendance à être insipide
ChR
GI Gildadesiles Globetrotter ·
bonjour

Non une des moutardes Fallot, .....Dommage, pour agrémenter une sauce salade ou avec des volailles cette moutarde est un délice.....
IN Intrankil Regular ·
Une des rares associations avec de la vanille qui m’ait enthousiasmée est celle d’une volaille, incroyablement fondante, et fourchettée dans une auberge de la côte réunionnaise. Pour finir, un ou deux rhums nous avaient bien arrangés...

J’ai donc vu Ce qui nous lie, le film de Klapisch, qui a choisi la Bourgogne pour décor. Un truc à faire se retourner Dyonisos dans son Olympe. Pour donner dans la métaphore œnologique facile, je dirais que le film est bouchonné, il m’a laissé un goût de carton pâte en bouche. Vraie déception, alors que la bande annonce m’avait semblé plutôt pétillante.

Deux frères et une sœur héritent à la mort du père d’un domaine en Bourgogne, une région où, comme dirait Desproges, les vins sont si grands que Dieu existe à leur seule vue… L’un rentre pour l’occasion d’Australie, où il s’est installé après avoir tapé la bourlingue autour du globe pendant dix ans. La frangine, elle, est restée avec le paternel et l’a aidé à faire tourner le domaine. Quant à l’autre frangin, il a marié une bourge et se laisse tyranniser par son beau-père, le Recep Erdogan du vignoble.

Une embrouille arrivant rarement seule, mais plutôt par grappes, on est à la veille des vendanges. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les héritiers n’ont pas que le milediou à affronter, mais aussi les emmerdes des droits de succession et les fantômes du passé.

Dialogues faiblards en tanins, jeu d’acteurs ultradilué, retours en arrière aussi sirupeux qu’un kir, le rapport au terroir bien évidemment fait partie du mélange, le tout se dissout dans des cuves de bons sentiments, la caricature n’est jamais très loin (notamment les gentils bio contre le méchant voisin qui arrose ses plants de pesticides accoutré d’une combinaison et d’un masque anti nucléaire euh... parasites), même l’accent de la Frenchie quand elle cause angliche à sa belle-sœur Australienne est lourdingue et surréaliste.

Ceci dit, fruit du hasard, mon neveu - qui en connaît un rayon au niveau viticole puisque né au milieu des vignes australiennes puis ayant grandi dans le vignoble bordelais - a vu le film au même moment. Lui dit lui avoir passé un très bon moment et trouvé les actrices très convaincantes...
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)

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