Le grand soleil de l’Oregon nous accueille à rayons ouverts en ce premier matin de la semaine. On se prépare sans tarder car le programme est chargé aujourd’hui : on veut explorer deux ravins, Leslie Gulch et Succor Creek, dont la visite m’a été conseillée par mon ami Alan Majchrowicz, un photographe de Bellingham, WA, avant d’aller passer la fin de l’après-midi et la soirée chez John et Bobbi. Nous assurons le ravitaillement chez Mrs Z’s, qui nous reconnaît désormais et sourit de voir quatre Français sillonner les environs de Jordan Valley… A 9 heures et demie, le Chevy s’élance en direction du nord sur l’US 95, l’une des rares routes bitumées dans le quart sud-est de l’Oregon. Une vingtaine de miles plus loin, nous bifurquons à gauche sur une portion encore asphaltée, qui serpente rapidement entre des hordes de pierres dorées. C’est le chemin de Leslie Gulch, sorte de parcours rocheux déchiqueté qu’on croirait directement échappé de l’Utah…

Comme la veille, on croise quelques troupeaux de chèvres des montagnes, même pas effrayées par le ronron du moteur. Elles nous regardent, semblent se moquer, avant de reprendre leur ascension de la pente vertigineuse.

Au bout d’une poignée de miles, le goudron disparaît pour céder la place à une piste ma foi carrossable, mais monstrueusement poussiéreuse.

Le Chevrolet flambant neuf a perdu son lustre du premier jour. On ouvre le toit pour le fun, sous un cagnard plombé. Il fait encore presque une quarantaine de degré à l’ombre, du moins lorsqu’il y a de l’ombre…

Par plaques, les versants se dénudent et des pitons orangés crèvent la croûte desséchée de la vallée.

Nous atteignons le lit supérieur du cours d’eau, où une esplanade a été aménagée en aire de pique-nique. Il est même possible d’y camper pour quelques nuits, avec l’autorisation des responsables du Parc. Bien entendu, nous sommes les seuls à grignoter la salade du Chef sur la table de bois brut, à l’abri d’une tonnelle en aluminium. Voici un avantage qui n’a pas de prix à nos yeux : pouvoir profiter sans frein et sans trouble de la magie de l’Ouest, comme si le Canyon était devenu nôtre, comme si le décor avait été planté là juste pour nous. Ah si, nous avons échangé deux mots avec le chef des Rangers qui assurait sa ronde quotidienne… Juste à côté coule doucement la rivière Owyhee.

Cet été, la sécheresse est sévère. Le niveau de l’eau a baissé dangereusement depuis le début du printemps, et les éleveurs du coin commencent à s’inquiéter pour de bon. John lui-même se demande si la récolte de foin sera suffisante pour affronter l’hiver. Jusqu’aux poissons qui ont déserté le cours supérieur de l’Owyhee…

Nous dégustons toutefois le silence et la beauté du site. Un couple de rapaces tournoie dans les airs. Notre 4X4 semble nain au pied des rocailles endurcies.

Dans la remontée, nous nous accordons un arrêt auprès de la cabane du pionnier. Superbe tableau.

Après être sortis de Leslie Gulch, on parcourt la mesa pendant un long moment, puis on tangente vers le nord sur une piste en piteux état. Montées, descentes, une barrière de ranch, enfin la plongée raide dans les entrailles de la vallée. Le filet d’eau trouble prend ici le nom de Succor Creek.

Ce qui est marquant à cet endroit, c’est la présence des arbres, bien verts, bien feuillus, alors que l’humidité n’est plus qu’un vague souvenir hivernal… Seuls au monde, pieds nus sur les mousses fraîches, nous buvons une bière glacée en écoutant le vent ronfler dans la cime des aulnes. Mais l’heure tourne !... Nous remballons le frichti et prenons la voie des hauts afin de rattraper l’US 95. En chemin, je ne peux m’empêcher de multiplier les arrêts pour admirer un petit canyon asséché.

Face à moi, le genre de paysage dont je ne me lasserai jamais. Rien à voir avec la splendeur charismatique des incendies rocheux de l’Utah ou de l’Arizona, je vous le concède, mais des couleurs tendres, ocres, grises, qui me ravissent. Et, par-dessus tout, la possibilité d’arpenter le lieu sans rencontrer le moindre étranger. Ici, on ne croise que des cowboys, des Américains, des malades du Grand Vide. On a l’impression, devant l’espace ouvert, de pouvoir soumettre les éléments à sa volonté, de détenir une des clés de la puissance, tout devient possible. En même temps, la majesté du paysage nous écrase, nous renverse, nous rappelle que l’on est rien, moins que rien, juste un grain de poussière que le vent du désert peut faire s’envoler à jamais dans l’éther…

En dépassant (très) (enfin pas trop) légèrement la vitesse maximale autorisée sur les routes de l’Oregon, on arrive chez John et Bobbi vers 17h 30. Ils nous attendaient avec impatience. Accolades, cris et rires sont de circonstance. Ils ont sorti les canons de fusils découverts sur leurs terres, un reste émouvant de la présence des premiers occupants du ranch, des gens venus de la Côte Pacifique pour bâtir leur rêve au milieu du brush. Bobbi nous confie alors que chaque membre de la famille possède son arme, y compris le jeune Joey. A ce propos, comme elle-même n’était pas très sûre de l’axe de tir de sa carabine, elle a fait venir récemment le sheriff afin qu’il examine l’arme ; ils sont allés ensemble s’entraîner au carton derrière la maison, sur des bouteilles en verre, et la conclusion fut rassurante : cette long rifle fonctionne à merveille, la cowgirl pourra défendre son domaine en toute confiance !...

Il fait encore chaud en cette fin d’après-midi. Nous entrons nous réfugier à l’intérieur de la maison, dans le cliquetis de la climatisation. Bobbi et John nous montrent de photos de leurs voyages en Californie et dans le Washington voisins, ainsi qu’en Alaska, pour le plaisir de la sauvagerie. Le vent se lève. On va diner sur la terrasse. Le bouchon saute : c’est un grand vin rouge de la Snake River, récolté dans l’Idaho, un peu plus à l’est. Menu special ranching : haricots-petits pois du jardin, maïs grillé, en épis entiers, purée maison, et surtout viande de bœuf élevée sur place, of course !...

Tout au long du dîner, John et Bobbi émaillent la discussion de souvenirs, de certitudes de cowboys, d’interrogations. On compare ce qui se passe en France avec le cas des Etats-Unis. On s’étonne souvent. On n’est pas d’accord sur tout, loin de là. Puis on s’amuse comme des fous d’une blague qui ramène les avis dans le bon sens : la dérision, sans laquelle la vie manque de sel, à coup sûr… Une fois le repas terminé, nous sommes attendus au milieu de la cour ouverte sur le domaine. Toute la famille est là. Ils tiennent à nous donner une leçon de lasso !... Le maître absolu, c’est Dwayne.

Nous tentons notre chance sur une vache en bois, à quelques mètres de distance. Evidemment, nous ratons la cible. On s’éclate comme des gosses, et nos amis rient à gorge déployée devant nos maladresses et nos contorsions imbéciles pour éviter d’enrouler la corde autour de nos bras. Les enfants, eux, savent manier le lasso. Ils s’entraînent chaque jour en vue du rodéo régional qui aura lieu dans deux semaines. Chaque passe de virtuose est ponctué de yiiiiiiiiiiiiaaaah ! tonitruants, comme dans les films… sauf qu’aujourd’hui, tout est vrai…

Le soleil bécote l’horizon. D’un coup la fraîcheur s’abat sur nous, c’est l’apanage du désert. Les tons s’adoucissent et les couleurs s’effacent. L’insolente beauté de cet âpre coin de l'Oregon est saisissante au moment où va mourir le jour… Insensiblement tombe la nuit sur le ranch de Pony Rock Road.

On cesse les jeux. Les voix deviennent graves. Chacun comprend que l’instant de se dire au revoir est arrivé. Demain, on doit reprendre la route pour Boise, dans l’Idaho, où un autre rendez-vous a été fixé avec des Américains depuis plusieurs mois. Sinon, il est évident que nous serions restés quelques jours de plus à Jordan Valley... Nous tombons dans les bras l’un de l’autre. Oui, c’est bête, mais les yeux sont noyés de larmes. On se promet le meilleur. Se revoir, bien entendu, même si personne n’est vraiment dupe, l’Oregon se trouvant tellement, tellement loin de la Champagne…
Dans le Chevrolet, pas un mot ne vient couvrir le bruit du moteur jusqu’au motel. Jim, comme chaque nuit, n’est pas encore couché. J’ai l’impression que Jim ne se couche jamais. Pour faire retomber la tension, je me promène seul dans les deux rues de Jordan Valley. Les étoiles parsèment la voûte par millions. Une maison attire mon regard. J’y vois un clin d’œil du Nouveau Monde, étincelle de vie dans le puits du Grand Vide. Sûr et certain, on a de sacrées chances de revenir un jour fouler le sol aride de ce petit enfer sur Terre...

… cette fois, le temps va me manquer pour écrire la suite de ce carnet. Soyez patients, je reviendrai vers vous et nous franchirons ensemble la barrière des Rocheuses, promis ! Objectif Yellowstone…




































































































































































































On the right, the "welcome marker"—those dates offered everywhere as a sign of hospitality. On the left, a tribute to those stunning doors worn by time, admired all over the old quarters, including the abandoned ones.
Hospitality will often lead you to accept a small coffee, an "Omani coffee," very light, subtly flavored with cardamom, maybe a touch of saffron, and occasionally rosewater.
Here, I’ve depicted a man in the common everyday attire of Omanis: the dishdasha, mostly white (during the week and daytime; colors are more common in the evening or on Fridays and Saturdays). While you’ll see some men dressed in Western clothes, they’re very few. The white dishdasha is truly the shared attire of all men. The dishdasha, which has no hood, is distinguished by a small pom-pom attached to the collar, the furakha, which is soaked in perfume. And believe me, Omanis go overboard with it! "It smells like the pom-pom" is an expression that’s now part of our shared language, my husband and I.
Another must of men’s attire is the kuma, a small round head covering, usually white with brightly colored patterns. The keffiyeh is also worn (but without the cord called an agal in Arab countries), and it’s mostly worn by those with roots in the desert, from what I understood.
And what about the women, you might ask? Some are veiled, some in full black (but not a burka—more like a chador + abaya), due to the influence of Saudi Arabia and the United Arab Emirates, whereas the traditional outfit used to be a layering of very colorful dresses. Most of the women we saw wore neutral clothing, a plain veil over their hair, but with their faces uncovered. We also saw many saris and colorful veils—don’t forget that 40% of the population consists of Indian, Nepalese, and Bangladeshi immigrants, who work a lot in tourism, hospitality, restaurants, services, and construction.
Just to clarify, as a tourist, there’s no pressure to wear a veil, and never any disapproving looks. Of course, you’ll save the mini shorts, plunging necklines, bare shoulders, and midriffs for the hotel terrace—but I’d say that’s the same for men and women, and with the sun being strong, it’s better for your skin too.
Here’s the introduction! In the next post, I’ll tell you about my itinerary, and we can dive in!


The large solidified magma massifs that shape the heart of the island have created a large depression more protected from the sun at its center, allowing the growth of a vast laurel forest, today grouped within the Garajonay National Park, La Gomera’s green lung, which has earned it the status of a World Biosphere Reserve. Its completely European appearance contrasts sharply with the rocky and tropical landscapes of the rest of the island. Thus, the climate varies greatly from one point to another on the island: in summer, you can quickly go from a dry and sunny valley at 35°C to a humid forest area at altitude at 18°C.
Last October, we landed in Marrakech to spend a few days with family exploring Morocco’s roads.
Transport: a rented Dacia.
Accommodations: small guesthouses.

Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
And in Kyoto, Nishiki Market:







Roundabouts are particularly interesting because they feature emblems of Turkmen culture, like the dog, a carpet, the Ahal Teke horse, or Muslim symbols, even though the presence of Islamic artifacts is quite limited.

A little sneak peek?











The karst site:





(In the heart of Albergheria, on a street every visitor walks down—lovely message from an unidentified artist)

