Après notre échec à traverser sur le Chili par le col de San Francisco nous avons réorienté notre voyage à travers le nord de l’Argentine. Rien n’avait été programmé, et à l’improviste et à l’inspiration nous sommes partis durant un mois à travers ces territoires gigantesques très peu peuplés.
Sensation étrange de devoir bouleverser un voyage tracé dans les grandes lignes depuis pas mal de temps mais une curiosité renforcée à l’idée de nouvelles aventures dans des contrées sur lesquelles nous n’avons pratiquement aucun renseignement nous attire. La non-programmation et les décisions au jour le jour sont une forme d’aventure qui nous convient.
Nous allons prendre conscience une fois de plus du gigantisme de ce pays et de la faible densité humaine de ces plaines qui viennent buter contre les premiers contreforts des Andes.
Bye bye le paso San Francisco et ses tourmentes de vent
31 octobre Tinogasta à Campanas 64 km 750 m de dénivelé
Après une deuxième nuit à Tinogasta qui met un point final à notre boucle de 500 km, aller-retour, à destination du paso San Francisco, nous partons ce matin vers le sud pour une étape que je pense facile. Mais une petite forme va la rendre difficile, en particulier les vingt kilomètres de piste en montée, bien souvent sur de la tôle ondulée semée de cailloux.
On ne se laisse pas abattre et le malbec argentin même pour un Lyonnais le top
Nous longeons une magnifique sierra aux couleurs multiples, où des plans se succèdent et s’enchevêtrent dans un décor de crêtes déchiquetées. Les nuages qui s’accrochent aux flancs de ces montagnes aux dimensions difficiles à évaluer approfondissent l’impression de mystère de ces coins en dehors des voies du tourisme.
Nous arrivons à destination à 14h30 dans ce petit village de Campanas qui semble mort, l’heure espagnole explique peut-être que nous ne rencontrons âme qui vive. Après des tours et des détours enfin une personne à qui poser une question. Cela nous mènera à un hébergement qui ne paie pas de mine, mais qui s’avère très bien, dont le propriétaire sera très serviable. Ce logement est équipé d’une petite cuisine un peu beaucoup « bordélique » mais pleine de charme. Nous sommes d’autant mieux situés qu’une épicerie se trouve à quelques mètres et nous offre toutes les commodités, certes nous ne sommes pas dans un supermarché occidental.
Malheureusement c'est aussi cela en préambule au panorama fantastique, souvent décharge à ciel ouvert des papiers et des détritus plus lourds partout
Cette vie d’errance tranquille nous allons le mener quelques semaines. Cette façon de voyager où l’on prend le temps de s’inscrire justement dans un autre temps me convient complètement. Pas de programme chronométré, de visites imposées, de file d’attente, de restaurant bondé, non simplement un village désert où l’on ressent l’ennui et peut-être la tristesse des personnes vivant ici. Cela permet l’adoption d’un rythme lent en alternant moments consacrés à l’effort physique à vélo et moments dédiés à la réflexion sur soi, les autres et l’évolution du monde. Se retrouver loin de chez soi et de sa famille durant des périodes relativement longues crée les conditions d’une expérience fructueuse, d’une part bien sûr un certain manque des êtres aimés persiste et s’intensifie avec la durée, mais d’un autre côté une obligation de repenser son fonctionnement quotidien se fait jour. Et dans ces voyages où l’on vit de longues semaines jour et nuit avec un camarade cela crée un lien privilégié de camaraderie entre les êtres, en étant vigilant de rester à l’écoute l’un de l’autre, dimension très importante et enrichissante de ces périples à vélo.
1 novembre Campañas Chilecito 85 km dénivelé 708 m
Nous quittons notre logement à 7h30. D’après les indications nous nous attendons à une assez grosse journée, 1150 m de dénivelé. Une belle montée pas trop raide nous conduit à travers une gorge toute en courbes, agréable à parcourir, car à chaque virage des perspectives nouvelles nous sautent au visage. Le plaisir est d’autant plus intense que la circulation automobile est pratiquement absente. En deux heures nous arrivons au sommet, après quelques 700 m de dénivelé. Nous constatons qu’à partir de ce point une immense descente nous attend.
Les grands espaces argentins
Ce qui m’a frappé au cours de cette montée ce sont les différentes stèles en commémoration des tués sur la route. Au cours de notre voyage de 3600 km à travers l’Argentine nous en verrons beaucoup. À côté des marques habituelles d’un monument du souvenir évoquant le défunt une montagne de bouteilles en plastique vides interpelle. Différentes explications nous seront données lorsque nous poserons la question du pourquoi de ces bouteilles en un tel lieu. Je l’avais déjà constaté dans d’autres pays d’Amérique du Sud, en particulier dans les grandes solitudes de haute altitude de Bolivie dans la ville pré inca d’Alcaya. Des momies vielles de plusieurs milliers d’années dans ce désert le plus sec du monde étaient accompagnées de bouteilles de coca-cola aux bouchons rouges.
En mémoire des morts de la route
Est-il mort à vélo?
Entre les salars de Coipasa et Uyuni en Bolivie à 3800 mètres d'altitude cité précolombienne abandonnée d'Alcaya on voit en bas à gauche le bouchon de la bouteille de coca-cola auprès de cette dépouille qui serait multi-millénaire dans ce recoin l'un des plus secs au monde
Dans un premier temps, la chance nous accompagne, une vingtaine de kilomètres descendants avec vent dans le dos nous procurent un vrai bonheur. Plaisir absolu, nous les dévalons à grande vitesse entre 40 et 55 km/h. Nous nous arrêtons dans un village où des étages de fruits nous font de l’œil. Nous consommons sur place.
Nous repartons, malheureusement le vent s’est inversé, cela ne nous empêche pas de garder une bonne moyenne. Je m’abrite derrière André qui ouvre comme un bulldozer. Vers 13 heures nous atteignons Chilecito, Les derniers kilomètres ont été pénibles du fait d’une immense ligne droite qui semblait s’allonger au fur et à mesure que nous la parcourions.
Comme souvent sur la route nous avons vu des évocations des peuples indiens qui vivaient en ces lieux avant l’invasion espagnole. En particulier cette fois-ci une représentation géante d’un Indien, évoquant les peuples aborigènes. Une plaque commémorative revendique la terre volée à ces premiers habitants il y a plusieurs siècles.
La ville est assez grande. Nous nous renseignons au syndicat d’initiative et allons à l’hôtel de l’automobile club argentin. Un immense christ la domine. Cela nous donnera l’occasion d’une agréable promenade ponctuée d’un très joli point de vue.
Nous côtoyons dans notre hôtel un couple de Suisses à moto. Ils sont sur la route depuis plus de deux ans et possèdent de remarquables montures. Malheureusement ils ne chercheront pas le contact et ils ne nous diront pas grand-chose de leur périple, dommage car ils ont certainement vécu de magnifiques aventures.
J’en profite pour aller chez le coiffeur et outre les cheveux je me fais couper la barbe. En effet, elle commence à être longue, vieille de plus d’un mois. Je l’avais laissé pousser car nous avions séjourné en altitude souvent au-dessus de 4000 m. Maintenant que nous allons rester dans les plaines nous ne dépasserons plus les 2000 mètres, donc les rayons UV seront moins agressifs. Le coiffeur est un vieux monsieur perclus de rhumatismes et qui ne peut plus lever les bras. Pour alléger ses douleurs il officie en montant sur un tabouret, cependant de toute évidence il souffre. Cette obligation de continuer à travailler résulte sans doute de l’absence de retraite pour cet artisan.
Plus d'un mois en haute altitude et on se transforme en yéti des Andes, le coiffeur barbier a eu du boulot mais je n'ai payé que pour une personne!!!
La barbe est une bonne protection contre le soleil en particulier en haute altitude où il est peu atténué par une atmosphère moins dense.
2 novembre Chilecito à Sañogasta 47 km 950 m de dénivelé
Alors qu’en sortie de ville nous cherchons à reprendre la fameuse ‘’ ruta 40’’ pour une petite étape de 34 km, comme souvent le hasard va se charger de nous faire vivre une journée pour le moins originale. Dans les faubourgs de la ville alors que les grands espaces déserts apparaissent au détour des dernières maisons, j’interroge un homme à mobylette. Il nous conseille de rejoindre Sañogasta par la N15. D’après lui l’itinéraire est beaucoup plus beau, plus court et de plus asphaltée tout du long.
Voilà comment une journée bascule, d’un parcours classique sur une route au trafic assez important nous allons nous retrouver dans une pampa au milieu de nulle part à pousser nos vélos dans le sable et les cailloux, mais dans le fond ce sera pour notre plus grande joie.
Les 19 premiers km sont magnifiques, une belle route, bien raide, serpente dans une gorge, dominée par d’immenses montagnes encore enneigées par endroits . Une fois en haut de la côte mon compteur affiche 800 m de dénivelé.
Nous sommes persuadés qu’une belle descente de 15 km nous attend et qu’elle mettra un point final à notre journée de vélo. Mais voilà une fois au sommet, très vite l’asphalte disparaît, laissant la place à une piste défoncée. De plus elle se met à monter. Alors que nous attendions une belle route asphaltée en descente, nous nous retrouvons sur un mauvais chemin qui monte.
Cependant l’endroit est magnifique, au-dessus les sommets des Andes se perdent dans des altitudes incertaines, des traces de neige marquent les talwegs. Bien qu’aucune ferme ne soit visible, l’endroit n’est pas abandonné, bien au contraire de vastes vergers disputent l’espace aux épineux, parmi les arbres fruitiers j’identifie des noyers.
Nous ne sommes pas au bout de nos surprises. La piste se transforme en sente, même par endroits elle semble disparaître se confondant avec le lit d’un ruisseau, jonché d’énormes blocs. Il nous faut pousser à pied, avec les sacoches avant qui tapent un peu partout. Les miennes sont déjà dans un piteux état, car depuis notre départ de Salta, avec toutes les pistes que nous avons prises, mes fonds de sacoches avant sont particulièrement abîmés et ressemblent à de vraies passoires.
Et dire qu'on nous avait promis une route goudronnée
Pendant deux heures, nous allons nous battre contre le plus mauvais passage rencontré depuis notre départ il y a plus d’un mois. Finalement nous rejoignons un fond de vallée où une excellente piste à travers de gigantesques champs d’oliviers et de noyers nous permet de rejoindre le village de Sañogasta en 14 km. Mais j’ai eu un moment de doute, car une fois sur terrain plat, entre galets et sable, nous étions entourés d’épineux qui nous masquaient la vue. Je me suis demandé si nous n’allions pas y passer plusieurs jours, les espaces étant incommensurables dans ces parages.
Pire que les cailloux pour les pneus et les chambres à air les épineux aux épines acérées
plantations gigantesques
Une fois dans le village nous rejoignons la ruta 40 et allons quelques kilomètres plus loin dormir au début de la côte de la cuesta Miranda dans une pension tenue par une femme très serviable.
Le minou surveille les opérations
Au début cette jeune femme seule ne se sent pas très rassurée de se retrouver pour la nuit avec deux vieux gringos. Mais rapidement elle réalise qu’ils ne sont pas méchants et surtout très respectueux, et nous passerons une agréable soirée ensemble.
Les vieux gringos n'étaient pas méchants
3 novembre Sañogasta à Villa Union 85 km 820 m de dénivelé
Ce matin départ 7h15. Avant le départ, notre hôtesse se plie avec plaisir et bonne humeur à la photo d’adieux. Devant nous une montée de 20 km avec 700 m de dénivelé, la cuesta Miranda. La route est magnifique, pratiquement pas de circulation. Tout autour de nous des montagnes aux couleurs vives nous dominent, une gorge profonde enjambée par un pont nous offre une vue de premier plan sur un vide impressionnant.
Nous rattrapons un couple de jeunes Toulousains à vélo depuis 2 mois, qui compte rouler jusqu’en février, c’est-à-dire durant cinq mois. Pour la jeune femme il s’agit de son premier voyage à vélo et manifestement au bout de deux mois elle commence à saturer. Partir pour un premier voyage sur une longue durée représente toujours un pari aléatoire. L’envie de voyager est une chose, l’adaptation à l’effort pendant des mois en est une autre. Sa selle n’a pas l’air adaptée et elle commence à souffrir, cela représente généralement un handicap rédhibitoire. En effet, ils envisagent à courte échéance de continuer leur périple en bus.
Cette belle étape nous procure un plaisir intense. Nos corps bien rôdés ne ressentent pas l’effort la réside la longévité en voyage à vélo ne pas sentir la fatigue et éprouver un profond plaisir à rouler. De courage il n’est pas question lorsque le plaisir prend toute la place.
La religion est toujours présente
Avant de rentrer en ville nous nous arrêtons manger une platée de frites accompagnée d’un bon vin. Le nord de l’Argentine est vraiment une région à la forte tradition viticole. Les restaurants présentent tous des quantités de bouteilles de belle tenue et ce qui n’est pas pour déplaire à des prix dérisoires comparativement à ceux pratiqués dans la restauration en France. Les vins sont toujours mono cépage, malbec, syrah ou cabernet. Notre préférence va au malbec, cépage utilisé en France à Cahors.
Villa Union est une petite ville endormie au pied de l’un des cols mythiques pour les voyageurs à vélo, le paso Agua Negra qui culmine à plus de 4800 mètres et qui donne accès au Chili. À cette époque de l’année il est fermé. Il est peut-être possible de le franchir mais le poste de douane n’est pas activé. Nous n’avons pas l’intention, peut-être plus l’envie, de retourner vers la haute montagne et son terrible vent mais nous désirons partir à 180 degrés dans d’immenses plaines où nous espérons des conditions plus clémentes.
En regardant notre carte nous constatons que demain nous rentrerons dans des zones où les villes sont très éloignées les unes des autres, des distances de l’ordre de la centaine de kilomètres sans aucune infrastructure intermédiaire.
Bonjour Luc,
Comment enfourcher un vélo quand on est assise, bien câlée sur son canapé et poursuivre un voyage digne des 12 travaux d'Hercule ? En lisant les carnets de Lucbertrand...
J'ai pédalé, transpiré, pesté, eu envie d'envoyer balader le vélo, contemplé les magnifiques paysages tout cela par procuration. Vivement le "un peu plus tard" pour être à nouveau embarquée dans cette belle aventure.
Bonne journée.
Florence
Bonjour Marie-Claude merci pour le petit mot, oui ce pays est extraordinaire et je n'en connais que la partie nord-ouest en gros de San Jujuy, Salta à la Rioja et bien évidemment sa partie frontalière montagneuse avec le Chili. Comme souvent j'ai constaté que les régions non décrites ou presque par les guides procurent de belles sensations, mais il ne faut pas vouloir les comparer avec le sensationnel du Taj Mahal , de l'Empire State Building, le glacier Moreno, le Fitz Roy ou le spectaculaire du Daulaghiri en faisant le tour des Annapurna, on est en recherche d'autres attentes sans doute plus subtiles.
Luc
Bonjour Florence, à la lecture on peut penser que ces voyages sont fait de souffrance, mais la réalité n'est pas là. Sans doute mes talents d'écrivain ne sont pas assez développés pour rendre compte d'une réalité qui est ailleurs. Rapidement le voyageur à vélo s'il écoute son corps et ne cherche pas à dépasser sa propre ligne rouge, il entre dans autre chose, il sent qu'il fait partie de cette nature et s'y intègre malgré chaleur, vent, bêtes qui piquent et autres petites composantes adverses de cette nature.
Mais oui le vélo il faut l'enfourcher, mais je reconnais que le tour à vélo de la journée cela ne passionne pas forcément. Pour ma part je n'y arrive pas, ma première motivation étant de ne pas savoir où je vais dormir le soir. Un tour de chez moi à chez moi je n'y arrive pratiquement jamais. D'ailleurs depuis mon retour d'Argentine le 6 décembre 2018 je n'ai fait que 3 sorties à vélo, et qui ne totalisent pas 10 km à elles trois, cad de simples courses dans mon village au lieu d'y aller à pied.
Mais un jour j'espère venir faire un tour de Bretagne du côté de chez toi, surtout depuis que j'ai lu dans la fabuleuse revue "200" le superbe texte sur le tour des bistrots de Bretagne à vélo.
Je vais essayer de mettre un chapitre supplémentaire aujourd'hui ou demain.
Luc
Figure-toi qu'il y'a 3 ans quand nous sommes allés dans la puna argentine (tolar grande, el peñon, el campo de piedra pomez....), et bien nous avons traversé cette partie de l'Argentine que tu as traversé à vélo.
En fait, je préfère louer mes véhicules au Chili, et du coup, nous avions loué le 4X4 à santiago de Chile, nous sommes montés par le paso del Christo redentor (où nous sommes passés de justesse avant fermeture pour tempête de neige!!!) , avons dormi à Mendoza, puis avons continué notre périple en passant par Barréal, Rodeo, Villa union, ....Chilecito, où nous sommes passés à côté d'une manifestation....
C'est une partie de notre voyage de 2016 que je n'ai pas racontée.
Je suis d'accord avec toi que c'est vraiment un art de vivre vraiment différent, j'ai eu l'impression parfois que le temps s'était arrêté, et qu'on profitait juste de temps présent. Les passages de régions se faisaient par des postes de police, où on contrôlait nos passeports et pièces du véhicule. Nous avons perturbé l'un des agents qui ne comprenait pas que nous ayons une voiture chilienne, alors que nous étions français, et surtout alors que nous parlions parfaitement espagnol!!!😏
Ton carnet me rappelle de très bons souvenirs, et je confirme que même si, il n'y a pas de paysages extraordinaires, se promener à travers le parc ischigualasto, ou en longeant les andes,
avec pas mal de terres rouges est très dépaysant!
4 novembre Villa Union km à Pagancillo 30 km 100 m de dénivelé
Après une bonne nuit dans un hôtel confortable, nous partons tardivement pour des cyclistes, à 8 heures. En effet, un couple d'Argentins qui nous avait vu sur la route dans la cuesta Miranda, était tout fier de nous montrer les photos qu'ils avaient fait de nous, et bien évidemment la discussion s'est éternisée.
Devant un petit troquet agréable où nous avons passé un bon moment hier, entourés d'une montagne de belles bouteilles de vin, notre préférence à tous les deux va au malbec.
Mais une fois partis, le temps magnifique l'absence de vent, le bon goudron, l'absence de trafic et la belle envie de pédaler font qu'en un peu plus d'une heure nous parcourons trente kilomètres.
Bon début, mais boum la chambre à air arrière d'André cède à la valve. Comme disait Chirac les emmerds volent en escadrille, donc nouvelle chambre crevée aussi, ‘’redémontage’’ et reboum difficulté à remettre la roue arrière, même le policier au poste de contrôle phytosanitaire où nous avons cherché de l'ombre le temps de la réparation s'y met. Enfin réparé, mais voilà rereboum la béquille frotte le pneu et pas moyen d’y remédier, il nous manque un outil. Nous retournons à la seule station-service dépassée il y a un kilomètre à la recherche de l’outil que nous n’avons pas, mais elle est fermée. En désespoir de cause André démonte une fois de plus sa roue arrière, la centre, ressert précautionneusement l’axe, miracle ça ne frotte plus. Nous voilà prêts à reprendre la route, mais le temps s’est enfui, il est 11h30 et il nous reste encore à parcourir 100 km de désert sous une chaleur montante avec une promesse de vent à court terme.
Nous avons la chance de nous trouver au niveau du seul village avant cet immense no man’s land. Nous y pénétrons, une auberge nous offre le confort à l'abri de la chaleur, voilà comment un incident se transforme en petit bonheur d’une demi-journée de repos volé. Nous nous installons en deux temps trois mouvements.
Il est midi passé, nous remontons la rue centrale déserte. Un restaurant confidentiel apparaît sur la droite, il semble fermé car nous ne discernons aucun mouvement ni à l’extérieur ni à l’intérieur. Dans le doute j’essaie d’ouvrir la porte et tout étonnés nous y pénétrons. Nous sommes les seuls clients, la patronne nous concocte une belle soupe traditionnelle, pois chiches, haricots blancs et viande d'agneau. Dans ce village du bout du monde nous ne croisons pas âme qui vive. Nous avons la sensation d’être sortis du temps, nos montres tournent à vide.
Le voyage c'est surtout cela, l'imprévu qui se concrétise en plein de belles surprises qui souvent sont une succession des petites ‘’choses’’. L’absence de planification laisse le temps de vivre et de flâner sans se fâcher au moindre contre-temps. Nous partons en voyage pour nous extraire des contraintes de notre vie trépidante ainsi que de nos habitudes trop bien rodées, et les programmes chargés à réaliser à tout prix nous y ramènent, donc fuyons-les et laissons-nous guider par les grains de sable qui perturbent la programmation.
5 novembre Pagancillo à Los Baldecitos 93 km 332 m de dénivelé
Notre arrêt anticipé d’hier a été une bonne chose, cela nous permet ce matin d’effectuer une belle étape de 93 km dans d’excellentes conditions en partant à 6h30. Il fait frais et le vent est absent. Il se lèvera vers midi, et se renforcera l’après-midi, et justement à midi notre étape est terminée.
Une fois encore dans nous nous retrouvons dans un hameau du bout du monde. Cependant comme généralement un gîte nous ouvre sa porte. Et une foi de plus nous sommes les seuls clients aujourd’hui. Ce type de logement est spécifique à ces régions d’Amérique du Sud, ni hôtel ni chambre d’hôte. Généralement il s’agit de chambres mis à disposition par un particulier dans un bâtiment séparé à proximité immédiate de sa maison. Bien évidemment il y a un confort très acceptable et de l’eau chaude. Les douches en Argentine c’est tout un poème, à croire que les niveaux à bulle ne fonctionnent pas. Systématiquement le dallage de la douche est incliné du mauvais côté et l’eau s’enfuit vers la chambre en s’écoulant sous la porte. Afin d’éviter cette inondation une raclette est toujours à disposition et toutes les quinze secondes il est indispensable de la mettre en œuvre afin de chasser l’eau vers la bonde d’évacuation.
Trouver un toit est un vrai plus dans ces régions car le bivouac est inconfortable à cause de la chaleur, du vent, du sable, des épines et des mouches qui vous envahissent dès que vous vous arrêtez.
Encore une étape étonnante dans cet immense pays. En 90 km nous n’avons pas vu un seul croisement, seulement deux bâtiments désertés de toute présence humaine.
La circulation est pratiquement inexistante, une dizaine de véhicules seulement nous doublent dans la matinée. Nous arpentons d'immenses lignes droites qui se perdent à l’infini dans un désert peuplé d’épineux. Les vélos sont insolites dans ces intervalles hors du monde. Cela paraît tellement bizarre des vélos perdus dans ces lieux oubliés des hommes, que lorsque nous nous arrêtons en bordure de route pour une raison ou une autre et qu’à ce moment un improbable véhicule passe, bien souvent il s’arrête pour savoir si nous avons besoin d’aide. Ce matin, tout étonnés nous constatons que les personnes à bord du véhicule qui s’est arrêté sont françaises. Elles sont très intriguées et inquiètes pour nous, pensant que nous avions des problèmes mécaniques. Elles nous abordent alors que nous prenons notre repas à l’ombre d’un grand épineux sur le coup des dix heures. Elles sont originaires de la région de Bordeaux, tout naturellement nous avons eu une discussion intéressante comparant les vins des deux pays. La constitution de notre repas, comme d’habitude du riz que nous avons pris soin de cuire la veille, accompagné d’une tomate et de deux œufs. Depuis que nous avons quitté les zones d’altitude l’alimentation est très correcte, et si nous revenons en ayant perdu quelques kilos nous ne serons toutefois pas des squelettes !
Dans ces immensités désertes au climat hostile le vélo permet ce contact entre les hommes. Les Argentins, voire les étrangers, sont toujours très vigilants et prêts à porter secours à des cyclistes si nécessaire. En particulier en cas de nécessité si vous faites signe de s’arrêter à un pick-up, neuf fois sur dix il freinera immédiatement et vous prendra avec votre barda pour vous aider.
Spécialité argentine à base de noix ça tient bien au ventre et c'est très bon
Au cours de ces après-midi où nous avons tout notre temps je prends plaisir à observer le ciel et les formations étranges et très esthétiques des nuages qui y défilent. Cela provient-il de la présence des Andes dans les environs, d’une interaction des forts vents d’altitude avec l’atmosphère de ces immenses vallées ? Le coucher de soleil ne dure pas car nous nous situons assez près de l’équateur, cependant les teintes jaune orangé donne un aspect insolite à la végétation. Outre le bruit du vent les cris de centaines de perruches se déplaçant en grandes bandes d’arbre en arbre produisent un vacarme entêtant.
6 novembre Baldecinos à Saint Augustin delle Valle Fertil 58 km
Ce matin nous avons le temps, l’étape sera courte, 58 km sans montée.
Depuis que nous avons quitté les régions d’altitude aux conditions climatiques extrêmes nous redécouvrons que le vélo et une activité ludique. Sans nous presser en partant avec un peu de retard vers 8h30, les 58 km sont effectués avant midi. Comme tous les jours vers 11 h le vent forcit, mais bien qu’il soit contraire il ne nous empêche pas de rouler à 20 km/h voire plus.
Nous traversons une fois encore une région étonnante, quasiment inhabitée, de loin en loin une ferme. Le déplacement lent le nez au vent seul donne cette possibilité de percevoir et de s’imprégner de ce qui émane de ces coins de la planète si différents de ce que nous connaissons en France.
Le lien de la peau et du cerveau est très étroit. Hier j’écoutais un spécialiste de médecine qui expliquait que chez le fœtus puis chez l’enfant en gestation différentes couches de peau se développent, l’une d’entre elle se transforme pour devenir le cerveau de cet être en formation. Je comprends mieux pourquoi à travers toutes les sensations ressenties sur et par la peau s’incrustent avec une grande intensité dans les neurones et y laissent une trace indélébile pour la vie. Le transfert est immédiat et sans perte car on a à faire au même tissu.
Nous nous éloignons des zones complètement désertiques de l’Atacama et la météo change. La nuit dernière il a plu fortement et la route par endroits en garde les traces. Manifestement des ruisseaux ont traversé dans certaines dépressions la route et ont déposé de grands bancs de sable dans lesquels nous roues s’enfoncent.
Le temps reste très couvert et de temps en temps quelques gouttes nous rafraîchissent. Les conditions sont idéales pour rouler. Même les insectes si agressifs au soleil semblent s’être cachés par ce temps plus humide.
La vallée que nous commençons à suivre est plus diversifiée que les immensités platitudes des 100 km précédents. Des montagnes aux moutonnements nombreux nous accompagnent tout au long de ces 58 km.
Arrivés à destination nous louons une cabañas, ce qui se rapproche un peu d’un mobil home de camping, sous forme de petit chalet, mis à disposition par un particulier en ville.
Nous y sommes très bien, en particulier une cuisine sommaire mais pratique permet de préparer les repas. Pour midi nous nous sommes achetés deux gros beefsteaks, 250 g chacun je les fais sur le grill, presque en aller-retour, bleus, ce qu’ils ignorent dans les restaurants. Ils servent très toujours la viande en tranches minces et bien cuites.
Le vin de la région est bon, qu’il s’agisse du rouge ou du blanc, en plus il n’est pas très cher, pas une raison pour en abuser.
Bonjour Luc.
Merci pour ce récit tout aussi passionnant que le précédent, c'est toujours un bonheur
de te lire. J'attends la suite avec impatience. Bernard.
PS : Lorsque tu parles d'équateur tu veux plutôt dire tropique ( du capricorne ) j'imagine ?
Bonjour Luc.
Merci pour ce récit tout aussi passionnant que le précédent, c'est toujours un bonheur
de te lire. J'attends la suite avec impatience. Bernard.
PS : Lorsque tu parles d'équateur tu veux plutôt dire tropique ( du capricorne ) j'imagine ?
Bonjour Diamina non nous n'avons pas visité les parcs Talampaya pour plusieurs raisons, d'abord cela faisait un crochet me semble-il assez important surtout qu'au retour il fallait compter avec un fort vent contraire, cela nous imposait un bivouac supplémentaire sans être certain d'avoir de l'eau sur place, et puis ces expériences de voyage à vélo rendent farouches et les spots touristiques font peur, surtout qu'à vélo on reste très vulnérable au vol. Même si d'après la circulation il ne devait pas y avoir grand monde.
Et puis le mois que nous venions de passer à travers les Andes nous avait déjà tellement rempli la tête de coins extraordinaires et sauvages que notre plaisir nous le trouvions dans cette confrontation simple à la route.
D'autre part des parcs dans ces grands pays j'en ai déjà visité un à côté de Mendoza, d'autres au Chili les parcs nord et aussi en Mongolie, toujours ou presque je n'ai pas vraiment vibré, sauf le plaisir de pédaler. Mais Talampaya il me semble que la visite est très structurée et que l'on doit se plier à un règlement encadrant les déplacements.
Concernant les Zorros les renards on en a vu aussi à plusieurs reprises sur le bord de la route. Je me souviens d'un parc du côté de Mendoza en retournant sur le Chili par un col à 3300 mètres d'altitude par une piste, parfois la police en interdit le passage aux vélos à cause des pumas. J'avais eu la chance de ne pas être bloqué, un garde m'avait dit, peut-être pour me rassurer, tant que vous voyez des renards il n'y a pas de pumas dans le coin. Et effectivement au cours du bivouac les renards tournaient autour de la tente comme des gardiens.
La cuesta del viento non plus ça ne me dit rien, mais le vent on connaissait déjà bien!!! Mais tu sais je suis convaincu que le meilleur moyen de faire du tourisme ce n'est pas le vélo, on passe à côté de beaucoup de coins caractéristiques alors qu'on reste très longtemps dans un pays.
Même si on évolue dans des grands espaces la recherche de l'expérience intérieure est bien réelle et sans doute la principale motivation.
Luc
Bonsoir Bernard, tu es un lecteur auquel rien n'échappe.
Non je pensais bien à l'équateur, bien que ton interrogation soit très pertinente. J'ai tendance, sans doute à tort, de considérer que lorsque dans l’hémisphère nord je suis sous le 30ème de latitude nord et dans l’hémisphère sud au-dessus du 30 ème de latitude sud je ne suis pas loin de l'équateur, alors qu'en réalité la distance est de plusieurs milliers de km. Mais tu as raison c'est une approximation qui peut induire en erreur et à l'avenir si j'ai à faire de ce type de point de situation j'en tiendrai compte.
Le tropique du Capricorne dans ce voyage nous l'avons traversé à deux reprises au début le quatrième et le cinquième jours. Il a constitué le point le plus nord de notre voyage avant que nous ne repiquions plein sud sur les plateaux d'altitude après Pumamarca.
Luc
Bonjour Luc.
J'ai parfaitement compris ton raisonnement. Je m'excuse d'être aussi pointilleux, on me
fait souvent la remarque, mais çà m'a souvent sauvé la mise dans ma vie.
Aucune malice de ma part, cordialement, Bernard.
Pas de problème au contraire, la précision et la concision sont de belles qualités.
Ta question m'a fait prendre conscience de l'imprécision de laquelle je me contentais jusqu'à présent.
L'équateur je l'ai passé deux fois à vélo justement en Equateur. Le rituel des hôteliers dans la zone même, ils ont tracé un trait au sol de leur cour et font positionner le vélo avec une roue de part et d'autre de la ligne, une roue dans l'hémisphère sud et une dans le nord.
Luc
non nous n'avons pas visité les parcs Talampaya pour plusieurs raisons, d'abord cela faisait un crochet me semble-il assez important surtout qu'au retour il fallait compter avec un fort vent contraire, cela nous imposait un bivouac supplémentaire sans être certain d'avoir de l'eau sur place, et puis ces expériences de voyage à vélo rendent farouches et les spots touristiques font peur, surtout qu'à vélo on reste très vulnérable au vol.
Bah, on a essayé de le visiter: voilà la file de voitures qu'on a du suivre!
Au bout d'1 /2 heure, on a fait demi tour et on est parti!!!😠
La cuesta del viento non plus ça ne me dit rien, mais le vent on connaissait déjà bien!!!
Les abords sont beaux
Des terres colorées!
Et nous avons passé une chouette après-midi la-bas. C'est à Rodéo,
et il n'y avait pas tant de vent que ça, ce jour là!!😏
Mais tu sais je suis convaincu que le meilleur moyen de faire du tourisme ce n'est pas le vélo, on passe à côté de beaucoup de coins caractéristiques alors qu'on reste très longtemps dans un pays. Même si on évolue dans des grands espaces la recherche de l'expérience intérieure est bien réelle et sans doute la principale motivation.
C'est l'impression que j'ai. L'important c'est de faire le voyage qui nous convient et qui nous ressemble!!😉Mais c'est vrai qu'en voiture faire 50 km de détour ne prête pas à conséquence alors qu'à vélo...
🤪
Bonjour Luc.
Je t'envie, j'espère avoir un jour la possibilité de franchir l'équateur autrement qu'en avion.
L'anecdote sur la fameuse ligne est très drôle, je suppose que tout cycliste se doit de faire
la photo. Le tropique du capricorne je l'ai franchi trois fois. Au Chili à la hauteur d'Antofagasta
( Cerro Moreno ) en remontant vers le nord, et en Argentine au nord de Tilcara en montant et
en redescendant. En fait la route 52 le franchit aussi deux fois entre Susques et Salinas Grande,
donc cinq fois en tout. Vivement la suite de ton passionnant récit, Bernard.
Bonjour Bernard je me suis plongé dans mes photos de mon voyage de traversée des Andes jusqu'à Uyuni sur 4000 km que j'avais commencé par un tour à travers l'Equateur, il y a maintenant 9 ans , aïe le temps passe!
J'ai retrouvé une photo dans la cour d'un hôtelier sur la ligne de l'équateur en Equateur et une autre d'un panneau sur la route.
Luc
7 novembre San Augustin à Mascasin 156 km 618 m de dénivelé
Après une bonne nuit suite à une soirée agréable où nous nous sommes concocté un bon repas nous démarrons très tôt, 6h20. Il fait encore presque nuit, c’est à la lumière des phares de nos vélos que nous partons. Je suis très satisfait du système d’éclairage de mon Fahrrad 400, on voit très clairement la route sur une distance suffisante pour rouler en toute sécurité.
Le lever du jour est un spectacle magnifique sur les montagnes qui regardent à l’est. Rouler dans ce décor d’une nature si différente de ce que nous connaissons chez nous et par des conditions climatiques clémentes est un vrai plaisir. De plus la circulation automobile est presque nulle. Nous constatons que les précipitations de la nuit dernière ont été assez importantes. En effet, nous ne croisons plus seulement des cours d’eau à sec, mais des rivières parfois tumultueuses qui charrient des flots lourdement chargés en sable.
D’ailleurs en de nombreux endroits des traces de submersion sont visibles sur la route. Parfois même il nous faut traverser de petits torrents toujours présents sur le goudron. Faire très attention car par endroits cela rend la chaussée extrêmement glissante, à la manière d’une tache d’huile, sans doute à cause des petites algues réhydratées.
Lieu de la chute
Mais malgré les précautions prises André va glisser et tomber. Par un mauvais coup du hasard son pouce reste coincé entre le guidon et le cadre. Douleur vive mais il ne dit rien. Il va continuer sans se plaindre une seule fois tout au long des 1500 kilomètres encore à parcourir. Dans un premier temps pensant à une luxation, il espère que tout va rapidement rentrer dans l’ordre et la douleur décroître et s’estomper. Nous nous étonnerons au cours du mois à venir que la douleur persiste. A notre retour en France nous comprendrons mieux pourquoi. Une fois chez lui à Montpellier, la radio effectuée montrera très nettement une fracture franche. Chapeau bas André de ne rien avoir montré durant un mois et d’avoir continué, tout particulièrement ce premier jour, où après ta chute nous avons parcouru plus de cent kilomètres !
Nous espérons rejoindre le petit hameau de Mareyes avant les grandes chaleurs et surtout avant que le vent de l’après-midi ne soit trop violent.
Nous avançons à un bon rythme, après 40 jours de vélo, avec en particulier de nombreux jours en altitude l’entraînement est complet, et pédaler est devenu une deuxième nature. En ce jour nous allons accomplir 156 kilomètres mais sans trop de difficulté j’aurais été en mesure de rouler encore durant des heures malgré les conditions difficiles de fin d’après-midi.
Puis le miracle se produit, le vent se lève. Nous l’avons dans le dos, et nous allons rouler à 35 à l’heure. De plus une descente de 5 kilomètres va nous apporter la joie, 50 km/h, avec une perspective incroyable, la route disparaissant à l’infini en une ligne droite dans cette plaine couverte d’épineux où aussi loin que porte le regard aucun bâtiment ou construction humaine, outre la chaussée n’est visible. Quel plaisir, on est loin des 5km/h des pistes de la « Ruta 40 » et tout nous surprend dans ces contrées sauvages, alors que les guides sont muets, signifiant par ce mutisme qu’il n’y a rien d’intéressant à voir.
A 11H30 nous sommes à destination. Mareyes, minuscule hameau sans vie battu par le vent, un bistrot cependant. Nous y faisons une halte et buvons un coca et un sprite frais. Une boisson fraiche et en plus sucrée, rien de tel après cette jolie bambée de plus de cent kilomètres pour donner un petit coup de fouet, dont nous allons avoir besoin, même si nous ne la savons pas encore.
La propriétaire de l’estaminet nous enlève tout espoir de trouver un toit dans le bourg. Monter la tente avant midi dans un endroit aussi hostile entre épines, poussière, chaleur, vent et bestioles cela ne nous tente pas. Elle nous indique qu’à 30 km nous trouverons ce que nous cherchons, en définitive ce sera quarante-quatre kilomètres.
Mais le problème, notre belle petite route déserte prend fin dans quatre kilomètres, pour céder la place à une nationale parcourue par de nombreux camions, et surtout avec le changement d’orientation de la chaussée le vent qui nous a poussés jusqu’à présent va sérieusement s’opposer à notre progression.
Chaque chose en son temps, principe absolu en voyage à vélo, s’arrêter c’est gagner du temps. Commençons par nous sustenter. A l’abri d’une petite casemate nous déjeunons avec notre platée de riz bijournalière, agrémentée d’une tomate et de quelques tranches de jambon cru. Un festin. Le riz rien de tel pour colmater la faim d’un cycliste.
Après cette halte, durant laquelle comme généralement nous ne verrons âme qui vive nous attaquons la suite du parcours. Très vite le vent nous devient défavorable mais malgré tout nous progressons entre quinze et dix-sept km/h.
Le sel affleure partout
La route n’est pas très large, deux camions se croisent tout juste. Ils roulent vite. Pour nous cela devient un peu scabreux lorsque l’un de ces bolides arrive en face, alors qu’un autre s’apprête à nous doubler. La solution la plus adaptée, c’est de faire un écart et de rouler le temps du dépassement sur le bas-côté en sable stabilisé.
Nous rejoignons le hameau de Mascacin. Nous aurons passé 7H30 à pédaler. Cet endroit est composé de quelques masures misérables. Cependant un trésor s’y trouve, une minuscule épicerie avec quelques tables. Nous nous installons pour boire une bière bien fraîche, plutôt plusieurs en réalité. La Quilmes est très agréable et ne titre qu’à 3°.
Notre bistrot il vaut tous les cafés de Flore
Malgré les lignes droites presque à l'infini, le panorama qui ne varie pas beaucoup et qui ne présente rien de grandiose, nous prenons un grand plaisir à pédaler. Les journées défilent et le temps semble s’enfuir. Seul le voyage à vélo permet cette alchimie du temps et de l’effort physique malgré une nature souvent hostile, vent, sable, chaleur, épines, et quelques belles araignées, et cerise sur le gâteau heureusement très peu souvent une circulation dangereuse. Nous allons connaître dans une semaine la terrible N38, la plus dangereuse route de ma vie. Je vous en reparlerai et je m’étonne encore de ce que cela a généré en moi comme émotions et sensations et je dois l’avouer de jouissance face à un danger terriblement actuel. Mais patience ce sera dans quelques étapes.
On nous confirme ce que nous avions pressenti, pas de logement dans ce coin misérable. Mais dans le bistrot on nous indique une ruine de l’autre côté de la route où nous pourrons nous installer. Cela nous convient, nous serons à l’abri du vent de la poussière et des épines.
Installation dans notre ruine presque le grand confort
Pour le confort nous demandons un petit complément d’eau, bien que nous prenions toujours nos précautions en transportant chacun une poche que l’on peut remplir jusqu’à six litres en plus de nos quatre bidons d’eau chacun. On nous amène un grand seau, mais petit problème quelques bêtes du genre crevettes y nagent.
Bon, nous nous contenterons de nos réserves, le récipient généreusement prêté servira pour une petite douche. Nous investissons notre ruine et installons nos tentes. Nous y sommes bien, mais le trafic routier va nous gêner toute la nuit. La danse des camions ne cesse jamais et ils passent très vite.
Merci pour les photos Luc, et chapeau bas : 156 kms en une journée et chargés comme
des mules, çà impose le respect. Respect aussi pour le courage et le stoïcisme de ton ami
André. Encore merci, Bernard.
Des terres saupoudrées de sel, des cieux moutonnés, des paysages flamboyants fixés à la golden hour, c'est juste beau et le voyage continue à son rythme...
Encore un bel embarquement.
Merci Luc
Florence
8 Novembre Mascacin à Chepes 38 km 220 de dénivelé
Aujourd’hui l’étape sera courte. Départ à 7h45. A nouveau nous roulons sur une route avec de nombreux camions, la vigilance dans le rétroviseur est de mise. Généralement les camionneurs sont très corrects, de plus sur le bord de la chaussée une étroite bande donne un soupçon de sécurité.
Petit déj tout confort
Notre ruine hospitalière au soleil levant
En 2h15 malgré une montée permanente mais pas très raide et un vent latéral un peu défavorable nous effectuons cette étape.
La petite bande que nous n'aurons plus sur la N 38 mais, c'est déjà un plus et psychologiquement c'est déjà bien
Certes dans certains pays comme la Thaïlande la bande latérale est très souvent très large et je ne me souviens pas en plus de 2500 km avoir vu une seule voiture la franchir, autres pays autres mœurs
Par contre sur la panaméricaine en Equateur la bande sert aux voitures, aux camions et aux bus lancés à pleine vitesse pour se rabattre quand ça double à plusieurs de front en face et j'ai dégagé plusieurs fois dans l'herbe pour ne pas être écrasé par un bus qui ne voulait pas un choc frontal, sur cette photo à part le bruit terrifiant cela allait encore mais quand la panaméricaine devient une simple double voie alors ACHTUNG, mais le pire restera la N 38 en Argentine
Chepes est une petite ville sans caractère comme souvent dans cette partie de l’Argentine. Nous trouvons assez rapidement un gîte agréable au prix modéré, l’équivalent de 7,5 euros chacun, après avoir refusé un hébergement totalement insalubre qui m’a fortement fait penser à ce que nous rencontrions parfois dans le désert de Gobi en Mongolie.
Non seulement le propriétaire tient le gîte mais aussi le restaurant attenant, la nourriture est très correcte. Nous sommes étonnés de voir les Argentins ingurgiter des quantités incroyables de boissons sucrées comme coca ou soda. Par exemple nous observons le patron qui mange avec sa femme et sa fille. Au cours du repas à trois ils vont boire une bouteille de fanta orange de 2,5 litres. Et auparavant je l’avais vu boire deux verres de coca cola. Partout l’obésité règne en maître, il ne faut pas s’en étonner.
9 novembre Chepes à El Portezuelo 71 km 320 de dénivelé
Notre hospedaje d’hier était très bien, rustique dans l’ameublement mais les patrons très sympathiques.
On se prépare départ imminent
devant notre hospedaje
Ce matin étape de 71 km, mais nous partons dans la direction opposée au vent. Donc pour espérer avancer sans trop de difficulté, nous démarrons à 6h30.
A cette heure tout est calme, il fait bon, la forte envie de pédaler et d’aller voir plus loin est toujours la même. Cette sensation proche du bonheur au moment de démarrer est difficile à décrire. Il me revient chaque fois que je ressens ce sentiment un souvenir indélébile, un matin avec Flora dans le désert d’Atacama en partant de Kolcha K au lever du jour, mon thermomètre indiquait -14 degrés mais l’envie était si forte de me confronter à cette nature sauvage durant une journée prometteuse de difficulté que je me sentais envahi d’un enthousiasme énorme, sachant de plus que Flora était à toutes épreuves, fille sans limites. Revenons en Argentine. La route que nous prenons correspond à une départementale à faible circulation. Bien qu’il y ait un peu de trafic, quelques gros camions qui évitent un contournement par grandes routes de quelques centaines de kilomètres, nous profitons d’un beau parcours. Sur notre droite nous avons en permanence une petite chaîne de montagnes couvertes d’une jungle verte.
Nous avançons à un bon rythme et terminons notre étape à 10h. Le temps est idéal, ni vent ni chaleur. Ce matin notre compagnon le plus assidu semble avoir oublié de se lever. Si cela pouvait continuer, car ces vents systématiques qui démarrent à 9h30 pour aller crescendo jusqu’à la nuit cela finit par taper un peu sur le système. Mais heureusement ici dans cette partie basse de l’Argentine, ils ne rivalisent en rien avec ceux qui sévissent sur les terres d’altitude andine.
Nous arrivons dans un village du bout du monde, comme nous en avons maintenant l’habitude. Mais de quoi peuvent bien vivre les habitants dans des coins comme celui-ci ?
Nous trouvons un logement spartiate mais à l’abri de la chaleur. C’est la pharmacienne qui nous le loue. Son frère tient l’épicerie. Ce dernier nous demande notre nationalité. Lorsque nous répondons que nous sommes français, les questions fusent sur la coupe du monde de foot. Le boucher nous demande le nom du numéro 10. L’honneur est sauf, en effet André répond Mbape, ouf ! Ce jeune joueur lumineux de 19 ans a conquis la Terre entière, jusque dans ces coins improbables d’Argentine. J’allais oublier que l’Argentine est un Immense pays de foot.
Le marchand de poulets
Depuis une dizaine de jours que nous avons quitté les hautes altitudes des Andes, nous voyageons dans une vaste plaine, ponctuée de petites chaînes de montagnes. Le tourisme y est totalement absent. Rien de spectaculaire à voir, mais une grande joie à pédaler dans ces immensités et cette ambiance donne une impression de très loin et de très différent, dans le fond ça doit être cela le spectaculaire.
Nous sommes dans le mystère et le miracle de la vélo thérapie. Dans ces coins dont on vous dira qu’il n’y a absolument rien à voir et qu’ils sont sans intérêt, nous éprouvons un immense plaisir à les traverser sur nos vélos.
La cour de notre gîte
Cela fait le 42ème jour que nous avons quitté Salta. Il nous en reste 24 à rouler. Nous allons devoir adapter notre itinéraire, car si nous rentrions directement nous arriverions en avance, n’étant plus qu’à 800 km de Salta.
Des rencontres chaleureuses, des paysages grandioses... Toujours aussi étonnée, surprise, émue par l'authenticité de ton témoignage. Toute lecture est une invitation au voyage, dans le temps, dans l'espace. Avec ton carnet, il est réel, tangible et mesurable et me fait partager les émotions les plus diverses.
Florence
Dans ces coins dont on vous dira qu’il n’y a absolument rien à voir et qu’ils sont sans intérêt, nous éprouvons un immense plaisir à les traverser sur nos vélos.
Pareil pour moi (sauf le vélo) : c'est toujours là où on dit qu'il n'y a rien à voir que je me régale par tout ce que je peux y découvrir... Et ça c'est un vrai bonheur !
Dans ton message 9 il y a 3 extraordinairement belles photos... 🙂
Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
10 Novembre El Portuezelo à Patquia 102 km 70 m de dénivelé
Ce matin nous prenons la route à 6h20, comme toujours avec l’espoir que le vent ne se lève pas trop tôt, car nous l’aurons de face.
Bien que ces immensités plates ne permettent pas beaucoup de perspectives, effectivement nous sommes loin de notre première partie de voyage par des pistes vertigineuse, cependant je suis dans un état proche de l’extase à me déplacer dans ce décor qui ne se renouvelle pas, rigoureusement plat, sans aucune construction. On pourrait se croire dans sa salle à manger avec un tapis qui circule sous la roue arrière. Seul ou presque le compteur démontre que l’on avance, sans oublier le vent relatif. Je ne sais pas si la comparaison est bonne je n’ai pas de vélo dans mon salon.
Très vite nous prenons un bon rythme. La première heure 30 km, en à peine plus de 2 déjà 50 km. Quel plaisir sur ces routes à très faible circulation. Le voyage à vélo permet plus que la marche à pied ce miracle qui se répète chaque matin, une immense envie de pédaler à la recherche de belles sensations sentant son corps fonctionner comme une belle horloge. Et peut-être encore plus lorsqu’on a passé les 60 ans, cela nous renforce dans l’illusion d’être jeunes.
Vers 11 heures nous atteignons notre but et le vent nous a laissé tranquilles. Il va démarrer, comme généralement depuis quelques jours, vers midi.
Notre hôtel nous y verrons nos premiers étrangers depuis pas mal de temps
un drôle d'engin des temps anciens, le propriétaire très sympa n'est pas avare d'explications
Outre la forme qui devient toujours meilleure après 43 jours sur la route, les petits déjeuners que nous faisons sous le contrôle technique d’André nous donnent du combustible pour la matinée.
Constitution : une platée de riz cuit la veille avec du sucre, ce matin arrosé du jus de pêches au sirop tout en mangeant les fruits, une banane, un œuf, un thé avec un bon gâteau et nous voilà parés le ventre bien plein. Effectivement, à vélo on est beaucoup plus vulnérable au coup de faim déclenché par l’hypoglycémie qu’à pied, pourquoi ?
Demain une décision stratégique à prendre, soit nous faisons des tours et détours sur des petites routes afin de continuer à nous perdre dans ce désert humain d’ici à Salta, soit nous effectuons le plus vite possible les 500 ou 600 km qui nous séparent de Salta, afin de repartir deux semaines dans les montagnes du nord. Nous déciderons demain à la Rioja, ville de moyenne importance. Mais la douleur à l’articulation du pouce d’André ne nous permet pas d’envisager de repartir sur des pistes, tant qu’elle ne se calmera pas, interdisant les vibrations importantes en dehors des routes goudronnées. Et nous ne savons pas encore qu’il s’agit d’une belle fracture de l’articulation.
Un paragraphe sur les différents monuments mortuaires qui ponctuent la route. Dans ces immensités les accidents arrivent sans doute du fait de la monotonie du décor qui doit favoriser l’endormissement et de l'absence de virages, de ce fait la vitesse est souvent très importante. Les véhicules nous dépassant sont parfois à 180 km/h voire plus. Je n'ai pas l'impression qu'il y ait une vitesse maximale autorisée en Argentine.
Ces petits monuments rappelant les disparus, sont toujours entourés d'une multitude de bouteilles pleines, qui se vident avec le temps, une tradition que l'on retrouve dans tout le pays, ainsi qu’ailleurs en Amérique du Sud. Souvent un banc est installé à proximité. Parfois il nous est arrivé d’y voir une personne assise en plein recueillement alors que la première maison se trouve à des dizaines de kilomètres, sans pour autant voir de voiture stationnée. Comment est-elle venue ? Outre les différentes inscriptions relatives à la personne décédée souvent un panneau de remerciements à l’attention de ceux qui se sont arrêtés pour visiter le défunt.
11 Novembre Patquia à la Rioja 75 km 100 m de dénivelé
Etant arrivé tôt à l’hôtel le 10, nous avons eu le temps de bien nous reposer. Cependant nous avons subi une attaque d’espèces de cafards volants. Pas agréable, au moment de me coucher j’en ai senti un gros qui me courrait dans le cou. Je l’ai claqué contre le mur. Cela m’a rappelé les cantharides au Tchad à la saison des pluies, gros insecte pas dangereux si on ne se l’écrase pas sur la peau, car dans ce cas on est gratifié d’une brûlure due à un liquide acide.
Au matin, premier petit déjeuner digne de ce nom en 44 jours. Tout arrive. Depuis une semaine nous n’avions pas eu d’hébergement aux normes européennes et de ce fait les touristes, certes pas très nombreux, ont fait leur apparition.
Nous constatons que le vent a changé d’orientation. Il souffle du sud au nord. Nous allons l’avoir en permanence dans le dos.
Départ à 7h30. Cette étape est un vrai régal. Avec ce vent dans le dos nous avons l’impression d’avoir des vélos à assistance électrique.
Nous allons mettre un temps record, à peu près trente km/h de moyenne Ce vent qui nous pousse déplace aussi des nuages de sable. Nous roulons par moments avec des filets de sable qui filent sur le goudron. Nous sommes dans le plaisir pur, terrain rigoureusement plat. Lorsque l’on monte de deux mètres la vue porte à l’infini ou presque. Cette région très particulière de buissons hostiles à perte de vue où les villages et les villes sont éloignés de plusieurs dizaines de kilomètres voire plus nous permet de vivre une expérience nouvelle en plus sur des routes généralement pas très passantes pour le moment, profitons-en, car dans quelques jours nous allons faire l’expérience de l’enfer sur la route, en passant parfois pas loin d’un ticket direct pour le paradis des cyclo-voyageurs. Cependant on doit rester à l’écoute du moindre bruit et garder un œil vigilant sur le rétroviseur car les automobiles roulent très vite 150 km/h voire souvent plus. Ces gigantesques distances désertes en ligne droite incitent les chauffeurs à appuyer très sérieusement sur le champignon.
La Rioja est une ville de belles dimensions. Curieusement nous nous faisons interpeler par un policier. En définitive il voulait simplement faire un selfie avec nous. Nous avons quelques difficultés à trouver un lieu de chute. Le gîte qui nous avait été conseillé est complet. Nous finissons par trouver un hôtel local, un peu sordide mais le personnel est sympathique. Nous obtenons une chambre sans fenêtre, cela est toujours étouffant et je me sens un peu claustrophobe dans ces conditions. Les clients sont des travailleurs locaux. Le tourisme n’est pas très présent, il faut reconnaître que la principale caractéristique de ces coins annonçant les Andes c’est la rudesse de la nature avec ses épineux.
Nous allons assister à un spectacle étonnant sur la place centrale, car va se jouer la finale de football d’Amérique du Sud et ce sont deux équipes argentines qui sont opposées, dont celle de la région. Un vent de folie souffle sur la ville, un rassemblement de supporters défile autour de la place en motos, voitures et même un bus y prend part, dont le toit est totalement surchargé. Notre curiosité étant avivée nous essayerons de suivre le match à la télévision. Mais des incidents graves, attaque des joueurs de l’une des équipes en les gazant entraînera un report puis une annulation du match, avec une hypothétique tenue dans un pays étranger.
12 Novembre la Rioja à Villa Mazan 100 km 418 m de dénivelé
Hier midi nous sommes allés manger en ville à la Rioja. Heureusement que nous avions demandé à une personne, car le restaurant nous ne l’aurions pas trouvé. Il se situait au bout d’un long couloir sombre, qui ressemblait à toutes les entrées d’immeubles. Repas très correct accompagné d’un bon malbec de la Puerta, que nous connaissons.
Je reviens sur la scène de la place centrale de la veille après-midi. La ville était en effervescence du fait d’une finale de foot sud-américaine dont les deux équipes finalistes étaient argentines. Sur la place centrale, le spectacle était étonnant. Dommage que nous ayons tous les deux oublié nos appareils photos à l’hôtel. Un bus de supporters plus que plein, sur le toit duquel au moins une quarantaine de de personnes debout, excitées en train de sauter, crier, agiter des drapeaux. Le bus démarre pour un tour dans la ville, nous avions peur que certains tombent car les risques étaient bien réels. Il était accompagné d’une multitude de mobylettes, sur chacune de 2 à 4 personnes. De très jeunes enfants, à partir de trois ans, juchés sur le réservoir, des mères avec leur progéniture derrière. Tout cela dans une anarchie lente se met en mouvement le bus en tête, bien évidemment personne n’a de casque. Ce spectacle pour le moins hétéroclite en matière de sécurité routière se déroule sous le regard impassible des policiers en binôme aux quatre coins de cette place centrale. On imaginerait difficilement la police française rester impassible devant de telles prises de risques à tous les niveaux. Mais voilà pas d’appareil photos sniff, vous n’aurez donc que la description.
Ce matin, nous décidons de ne pas partir trop tôt, 7h30.
Au moment du départ, une pluie fine se met à tomber sur la ville. Mais heureusement cela ne va pas durer et quelques centaines de mètres plus loin la chaussée est sèche.
Nous sortons facilement de la ville et prenons la N38 sur 35 km. Dans ce pays nous n’avons jusqu’à présent jamais été confrontés à une circulation très intense ni réellement dangereuse si l’on reste vigilant en surveillant ce qu’on voit dans le rétroviseur, ce qui par moments m’a amené à me garer sagement. Comme toujours ces nationales dans cette immense région ne présentent pratiquement aucun virage et les bolides foncent. Encore une fois le vent dans le dos nous permet de tenir une moyenne respectable.
Nous sommes dans une région de culture de l’olive. Depuis hier nous longeons d’immenses oliveraies, aux arbres parfois imposants. Puis nous nous engageons sur une route secondaire, trafic presque inexistant. L’ambiance change radicalement, nous renouons avec les virages et les montées, plus rien à voir avec les quelques centaines de kilomètres des jours précédents.
Autour de nous des montagnes, parfois couvertes de végétation, parfois très minérales, mais toujours impressionnantes du fait du ciel chargé de nuages sombres et menaçants qui donnent une lumière crépusculaire. Nous sommes presque intimidés par l’austérité de ce qui nous entoure et l’ambiance lugubre. Seuls de très vieux bâtiments en ruine liés à l’expansion de la civilisation occidentale par le rail il y a plus d’un siècle nous rappellent les hommes.
Toujours ce vent arrière qui nous pousse, qui par moment nous chasse presque en direction de l’est. Nous couvrons sur cette petite route une soixantaine de kilomètres et nous arrivons dans le hameau de Villa Mazan, où nous trouvons au niveau des premières maisons un hébergement chez l’habitant. De toute évidence on nous loge dans la maison qu’occupaient les ancêtres de cette famille. Tout est encore équipé de leurs affaires, même leurs portraits, haut placés sur un mur, nous surveillent. Des images de religion un peu partout, plusieurs « nouveau testament » sur les rayonnages où s’accumulent des piles de livres et revues. Nous avons la sensation d’avoir fait un bond dans le passé de plusieurs décennies.
13 Novembre Villa Mazan à Saujil 83 km 400 m de dénivelé
Après une bonne nuit dans cette maison familiale très typique, petite surprise du matin, la fille de la maison m’avait affirmé que nous pourrions compter sur un petit déjeuner à 6 heures. Eh bien non ! A 6 heures tout le monde dort encore ferme, la porte de leur maison bien fermée. Nous nous contentons d’un petit-déjeuner léger, alors que nous envisageons une étape de 153 km, mauvais début.
En quittant le village
La tempête souffle, le panorama est farouche et l’on ressent l’hostilité de cette nature sauvage. Le voyage à vélo qui nous soumet aux aléas du temps permet d’éprouver ces sentiments contradictoires où craintes et appréhensions se mêlent à l’impatience et à l’espoir d’un beau combat contre les éléments. Nous partons sous un temps bas de fin du monde. Les montagnes environnantes disparaissent après quelques centaines de mètres dans une couche épaisse de nuages. Sur les reliefs la pluie tombe traçant sous la couche nuageuse de hautes et larges traînées sombres, mais pour le moment la vallée est épargnée, pourvu que cela dure.
Les vingt premiers kilomètres sont pénibles. Non seulement nous retrouvons les grandes ‘’soufflantes’’ très irrégulières des semaines passées dans les altitudes andines, mais en plus la route monte. Par moments nous faisons des écarts brutaux poussés par une rafale violente qui nous surprend. Nous gardons les yeux rivés sur le rétroviseur, mais heureusement la circulation est très faible.
Enfin après ces 20 km de bousculade, nous arrivons à un carrefour et notre nouvelle route se trouve dans la bonne direction, c’est-à-dire que le vent va nous pousser une fois encore.
Ça y est le grand plaisir reprend. On a bien espoir d’accomplir les 130 km restants en un temps record. Le vent semble fléchir, dommage. Un petit coup de fringale, on s’arrête, on sort le riz et les oeufs. Le riz a macéré dans sa poche plastique, il est un peu aigrelet. Nous en mangeons quand même en le recouvrant de sucre, ce n’est malgré tout pas terrible, mais nous avons faim.
Le temps de cette petite collation le vent tombe complètement. Cela risque d’hypothéquer notre grande étape. Puis rapidement nous réalisons qu’il commence à s’inverser. Là nos derniers espoirs s’envolent. Et d’une moyenne de 30 km/h nous nous retrouvons cloués sur place par des bourrasques adverses.
Voilà comment nous nous retrouvons dans ce petit village improbable, dont nous n’avions même pas l’indication sur notre application GPS. Tout va s’enchaîner à merveille. Sur le mur d’une minuscule épicerie il est indiqué vente de miel. On en achète. On demande à l’épicier s’il y a un logement dans le village. Il téléphone, personne. Il prend sa voiture nous le suivons il s’arrête devant un atelier de soudure en face de la maison de la propriétaire du gîte pour s’informer. Les soudeurs sont intéressés par nos vélos. Et voilà comment la béquille d’André cassée depuis plusieurs semaines va être magnifiquement réparée sans que l’on puisse payer. Les soudeurs au contraire vont nous donner des gros sachets de fruits secs et deux énormes pâtes de coing de 400 g chacune.
Le soudeur à l'action
André avec nos bienfaiteurs
Ce soir nous allons faire nos courses. Une fois de plus le contact est magnifique avec les employés du petit supermarché. L’une des filles boite, elle s’est blessée à vélo. Elle adore la sonorité de la langue française. Le mot merci l’enchante. Ils n’arrêtent pas de nous poser plein de questions sur le voyage à vélo. Ces villages du bout du monde ne voient pratiquement jamais d’étrangers ni de touristes, même les voyageurs à vélo ne s’y aventurent pas. Depuis que nous avons quitté la ‘’ruta 40’’ il y a une dizaine de jours et presque mille kilomètres nous n’en avons pas croisé. Si nous n’avions pas subi cet échec pour passer la frontière chilienne au paso San Francisco, que j’ai raconté dans « Joies et frustrations au paso San Francisco », nous ne serions jamais venus dans cette région sur laquelle nous n’avions aucune information, étant ignorée des guides et des voyageurs.
Les Argentins sont vraiment chaleureux, un nombre incroyable d’automobilistes nous font signe, souvent les personnes travaillant sur le bord des routes nous lancent des grands cris d’encouragement avec force gestes. Il faut dire que dans cette partie très austère de l’Argentine les voyageurs à vélo s’y risquent très peu. Pas grand-chose à voir, tout est dans la relation aux habitants et leur grande gentillesse, mais c’est l’essentiel. Alors que j’écris ces lignes cela fait plus de 6 mois que nous sommes rentrés, et pourtant je garde de cette expérience une forte émotion qui persistera encore longtemps.
Bonsoir Luc,
Si je devais donner un titre à cette suite, je l'intitulerais "cinquante nuances de gris" pour les couleurs du ciel que tes photos subliment. Et puis je vois qu'on a remis les petites pédales dans les grandes ! À nouveau les batailles contre le temps, le vent et toujours ces rencontres touchantes qui font le sel du voyage.
14 Novembre Saujil à Andalgala 76 km 360 m de dénivelé
La femme qui s’occupe de ce joli petit hostal nous avait promis un petit-déjeuner pour 7h. Mais nous avons pris nos pr��cautions et avons commencé par notre riz quotidien, puis yaourts et fruits. À 7h15 elle arrive. Comme toujours le petit-déjeuner qu’elle nous apporte est constitué de deux galettes de pain sans levain, de taille assez ridicule et pas très tendres, mais servies avec gentillesse et sourire. Heureusement que nous ne comptons pas là-dessus pour un repas du matin très important avant de gros efforts à vélo.
Nous quittons ce petit village avec un pincement au cœur en pensant au merveilleux accueil que nous y avons reçu, mais nous ne savons pas encore que nous allons y revenir.
7h30 nous roulons. Route magnifique bordée à gauche par des immensités plates recouvertes d’épineux et à droite par une belle chaîne de montagne, qui monte au-dessus de 5000 m. Cela représente un beau dénivelé car nous sommes vers les 1000 m d’altitude.
Mais comme toujours en Amériques du Sud les distances sont gigantesques et on a bien du mal à évaluer les dimensions de ce qui nous entoure. En vagues successives les crêtes se succèdent jusqu’aux sommets les plus hauts qui se découpent sur le ciel limpide.
Nous faisons une magnifique balade à vélo, de la vraie vélo-thérapie, tous les facteurs sont réunis pour en faire une journée mémorable de plaisir. Les conditions météorologiques sont parfaites, pas de vent, soleil et pas de chaleur et de plus circulation quasi nulle, chaussée excellente et cette furieuse envie de rouler qui nous submerge. À vélo plus le voyage est long plus le plaisir et l’envie de rouler se renforcent. Au départ, chaque matin on doit être comme un drogué qui attend sa dose, et l’accoutumance joue aussi, donc il faut les augmenter. Notre dose moyenne journalière, aux environs des cent kilomètres, est très généralement engloutie bien avant quatorze heures, alors que nous ne ressentons pas encore de fatigue.
Nous longeons encore une ancienne voie ferrée qui rappelle que dans le passé des mines étaient exploitées dans la région, et le seul moyen de transport du minerai passait par le rail.
Un peu avant notre but sur le bord de la route différents monuments symbolisent les peuples indiens qui vivaient dans ces coins avant l’arrivée des Espagnols. Dans tous ces pays on ressent bien à travers de nombreux symboles cette nostalgie d’un mode de vie et d’une identité malmenés sous le joug de la colonisation occidentale. Certes on ressent chez tous les Argentins la volonté d’une identité nationale malgré les disparités énormes entre les villages perchés au fond des Andes et les grandes métropoles. Mais je ne peux m’empêcher de penser au jeune Indien qui sort de ses déserts des Andes et qu’on a précipité dans une guerre des Malouines tout là-bas au sud du pays sur l’Atlantique océan qu’il n’a sans doute jamais vu. La photo de couverture de l’un des livres que j’ai achetés à Salta m’y fait penser. Le visage d’un jeune soldat aux yeux étonnés réfléchit à je ne sait quoi au moment de partir se battre contre les Britanniques dans une guerre qui va se révéler meurtrière pour les Argentins.
Couverture du livre très instructif de Jorge Saenz, à ma connaissance pas traduit en français, mais l'espagnol ça n'est pas très difficile à l'écrit
Vers 11h30 nous arrivons à destination dans la petite ville d’Andalgala. L’office de tourisme nous indique une Hospedaje. Le propriétaire est un homme seul, sans doute veuf et assez tristounet, mais son hébergement est sympathique et original, avec une assez grande cour intérieure, couverte d’une belle vigne qui prodigue une ombre bienvenue.
Il nous apprend que la route que nous voulons suivre et qui franchit la chaîne de montagne que nous longeons depuis 130 km est en réalité une piste non goudronnée. Cela est embêtant car André avec son doigt qui le fait souffrir arrive à rouler sur goudron mais les vibrations générées par la tôle ondulée et les cailloux lui occasionnent une forte douleur. Donc il n’est pas question de nous y engager.
Seule alternative rejoindre la route que nous avons quittée deux jours plus tôt. Cela nous fera tout de même une boucle de 260 km, mais le coin est tellement beau et la route si agréable, que cela ne nous ennuie pas outre mesure. De plus nous avons une marge de sécurité pour arriver à Salta dans les délais pour notre avion.
Après nous être installés nous préparons notre repas, tache à laquelle nous sommes bien rodés depuis déjà presque deux mois que nous sommes sur la route. Nous avons tout l’après-midi pour partir à travers cette petite ville assoupie sous la chaleur. Rien de particulier à voir, simplement respirer l’air du temps qui passe dans un coin loin de nos repères habituels. Ces petites villes perdues au fond de l’Argentine, ignorées des routes du tourisme, ont leur charme. Comme dans toute l’Amérique du Sud la commune est organisée autour de la « Plaza de armas ». Cette dernière est toujours propre et bien arborée, les gens ont l’habitude de s’y installer tout particulièrement le soir venu. Seule petite ombre, il y a toujours une multitude de 2 roues pétaradant qui s’en donnent à cœur joie.
Déjà le moment de se préoccuper du dîner, comme quoi prendre le temps de ne rien faire ne signifie pas ennui et montre qui semble marquer le temps au ralenti. Refuser de tomber sous le joug des cadences infernales sous prétexte de voir le plus de choses possibles pour rentabiliser le voyage et le coût du billet d’avion est aussi une philosophie de voyage. On aurait pu chercher un taxi et se faire emmener dans la montagne pour un prix ridicule, mais non nous préférons nous asseoir et regarder autour de nous même s’il n’y a pas grand-chose à voir dans cette ville écrasée par le soleil de l’après-midi.
Donc le restaurant nous ne le cherchons pas longtemps, juste là dans le coin de la place nous en voyons un qui fera tout à fait l’affaire. Mais on est un peu à l’heure espagnole, le service commence à partir de 8 h. Le temps de patienter nous allons manger une glace, très bonne au demeurant.
8h nous retournons nous installer et commandons deux viandes bleues. Comme toujours ou presque on nous amène deux beefs cuits à la limite racornis. La cuisson de la viande ce n’est vraiment pas leur spécialité. D’ailleurs, les tranches sont coupées très fines ce qui rend une belle cuisson impossible.
Dans ces régions de basse altitude les rigueurs des Andes sont oubliées, mais un fléau les remplace, les bestioles. Moustiques et meedjes nous dévorent. Ces dernières ce sont ces horribles petites horreurs volantes pas plus grosses qu’un grain de poivre et, qui s’agglutinent en masse et piquent effroyablement. Comment des trucs aussi minuscules peuvent vous faire pousser sur la peau de si gros boutons, qui de plus grattent durant des heures. Mais enfin ne nous plaignons pas trop cela fait partie des plaisirs du voyage.
Gourmandise extrême après le repas nous retournons dans notre boutique de glace et en reprenons chacun une grosse. M’est avis que de ce voyage à vélo je ne vais pas comme lors de ma traversée de l’Atacama il y 5 ans revenir avec 8 kg en moins. Si j’ai perdu sans doute trois ou quatre kilos le premier mois, il me semble que malheureusement la tendance s’inverse dans cette seconde partie. Moi qui me réjouissais de rentrer svelte je risque d’être déçu !!!
15 Novembre Andalgala à Saujil 76 km 120 m de dénivelé
Ce matin route inverse. Mais dans un premier temps André sans doute à cause de son mal à la main dû à sa fracture non soignée aimerait bien que nous fassions les 130 km à venir en véhicule. Je n’aime pas cela du tout, mais je ne peux que m’incliner car nous sommes dans un cas de force majeure. Donc à la sortie de la ville nous attendons le premier véhicule, mais en une demi-heure nada. Je propose à André de commencer à rouler et plus tard avec la journée avançant il est probable que le trafic s’intensifiera quelque peu.
Et nous voilà partis. Je ne suis jamais déçu de faire marche arrière en voyage, car ce que l’on découvre dans un sens est toujours différent de ce que l’on voit dans l’autre. Et puis cette route invite tellement au vélo, circulation quasi nulle. De plus les rares voitures qui passent nous font des appels de phares ou nous gratifient de coups de klaxon enthousiastes, ou les conducteurs sortent le bras et certains même nous proposent à boire.
Nous oublions totalement la tentation du pick-up. Nous restons souvent de front et contrairement à chez nous aucune agressivité, on ralentit même parfois à notre hauteur et clac une photo. Il y a quelques jours, c’est même un policier qui nous a arrêtés, car il voulait faire un selfie avec nous. Le vélo dans ce coin est un véritable régal. Des instants que nous essayons de graver profondément dans nos mémoires, car nous avons conscience que nous vivons des moments de grand bonheur. Je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi nous ne croisons aucun cycliste, sans doute des routes trop en dehors des classiques.
Les 76 km jusqu’à Saujil sont effectués trop rapidement, mais poursuivre avec la chaleur qui monte ne serait pas judicieux. D’autant plus que le point de ravitaillement suivant sur notre itinéraire se trouve120 km plus loin, ce qui nous forcerait à un bivouac dans les épineux ! Nous n’y tenons pas vraiment, cette région d’Argentine est réellement peu propice au bivouac du fait de sa végétation agressive.
Donc nous retrouvons notre logement d’il y a deux jours et la gentille employée et la jolie place à proximité.
La place centrale comme toujours bien arborée
Les différents commerçants sont tout étonnés de nous voir réapparaître, et ils veulent en connaître la raison. Un après-midi de farniente nous attend dans le magnifique jardin arboré. Manifestement il date d’une époque lointaine rappelant la colonisation espagnole. Les grands arbres sont envahis de nuées de perruches aux cris stridents, on se croirait dans une volière. Comme il est étonnant après avoir traversé de grandes régions semi-arides de se retrouver dans ce havre de verdure. Nous avons la ferme intention d’en profiter tout l’après-midi, malgré les petites bestioles « piqueuses ».
Notre gîte
Les premiers propriétaires
En début de soirée notre gentille employée vient nous chercher pour une petite visite de la ville. Nous comprenons vite, il s’agit de nous amener dans le magasin de l’une de ses copines, c’est de bonne guerre. Encore une fois nous sommes peinés de voir cette jeune femme de vingt-cinq ans en surpoids. Mais pourquoi s’acharnent-ils tous à se gaver de Coca-Cola ?
Puisqu'il paraît que le monde nous appartient selon la formule consacrée alors je fonce à la conquête de ce nouveau carnet qui fait la nique à Chronos le voleur de temps. Des journées qui filent à la vitesse du vélo et une belle philosophie de vie que je partage avec gourmandise : savoir se poser et ne rien faire, juste se remplir les yeux des beautés simples du monde qui nous entoure pour mieux savourer l'instant présent... C'est aussi cela l'art du voyage.
Bonne journée Luc.
Florence
Bonjour Luc.
Je continue à suivre passionnément ton récit, c'est un vrai bonheur. Même si je ne suis pas
cycliste je te rejoins sur l'approche et sur l'idée que " ce n'est pas la destination qui importe
mais le voyage lui-même " ( SIC ). Merci infiniment. Cordialement, Bernard.
16 Novembre Saugil à Chumicha 107 km 518 m de dénivelé
Hier soir fut un moment très agréable, notre logeuse nous a offert un petit sachet de noix et une bouteille d’alcool de menthe. Elle nous a proposé de nous accompagner pour un petit tour en ville avec pour cible principale un petit magasin qui vend des produits locaux, confitures, fruits secs, alcools. La propriétaire est l’une de ses amies qui vient de se lancer dans l’aventure du commerce. Ce fut un joli moment qui s’est terminé par une séance de photos. Ce village où nous aurons passé deux nuits restera comme l’un des moments forts de notre périple. Les habitants ont été particulièrement aimables et agréables.
Ce matin départ 6h30. Temps magnifique, les 60 km qui nous ramènent à la RN 60 nous les couvrons en 3 heures. Ces quatre jours dans cette vallée des oliviers nous laisseront une très agréable impression par la beauté de ses paysages aux dimensions démesurées et ses routes à faible circulation. Ce qui frappe aussi c’est la quasi absence de maisons en dehors des villages qui sont éloignés les uns des autres de nombreuses dizaines de kilomètres voire parfois de centaines.
Une montée de 10 km nous attend dès notre arrivée sur la RN 60. Le vent s’est levé, et nous l’avons de face. Heureusement il n’est pas trop fort, et 10 km de montée ce n’est pas énorme. La circulation reste très faible, mais ce qui n’empêche pas que nous soyons spectateurs de terribles imprudences, en particulier une camionnette qui double en montée avec une visibilité limitée. Un camion rapide en descente est passé pas très loin, le choc frontal est évité de peu. Cela m’a fait d’autant plus peur que j’ai bien senti qu’en cas de choc j’allais être au centre de cet accident. Être spectateur passif sans avoir le temp de réagir tout allant trop vite, mais ayant le temps de percevoir tout le danger imminent qui menace entraîne une forte accélération du rythme cardiaque. Un peu avant cet endroit dans une courbe il y avait 7 croix, rappelant qu’un très grave accident s’y était passé.
Une fois cette côte achevée, nous plongeons dans une gorge verdoyante. Trente kilomètres d’une superbe descente toute en courbes nous amènent à 6 km du village de Chumicha.
Une fois sur place, comme d’habitude nous avons droit à notre lot de réponses contradictoires lorsque nous demandons s’il est possible de trouver un lit pour la nuit. Nous finissons, après avoir traversé le village dans tous les sens suite à des indications pour le moins pas très précises, par arriver chez un vieux monsieur, policier à la retraite, qui affiche devant chez lui hospedaje. Comme toujours, lorsque ce type d’établissement est tenu par un homme seul, c’est un peu le foutoir. Il manque de toute évidence la main d’une femme pour donner aux chambres un air sympathique.
Arrivée chez notre policier à la retraite
Nous mangeons dans sa cuisine le riz que nous avons préparé hier. Il s’installe avec nous. Je me dis chouette on va pouvoir discuter, mais non il fait des efforts pour ne pas s’endormir, la tête allant de droite à gauche et subitement il pique du nez de temps en temps. Il est 13h30 et il a dû manger avant notre arrivée. Il semble bien que nous le cueillions en pleine période de sieste. Dommage j’aurais bien aimé connaître sa vie de policier dans les années passées à l’époque du régime militaire. Ce n'est pas toujours évident, outre le fait que j’ai à faire à un endormi, d’aborder le sujet. Comment s’est-il comporté dans ces périodes troubles ?
Ces logements dans les villages représentent une surprise de fin de parcours quotidien. Une grande constante la douche avec son sol jamais incliné dans la bonne direction, et à cet effet il y a toujours un balai caoutchouc pour chasser l’eau vers l’évacuation et il est impératif de s'en servir avec vigueur toutes les trois minutes, sinon elle envahit la chambre. Les portes aussi sont tout un poème, elles ferment généralement mal, voire pas, et font un boucan d’enfer. Beaucoup de ces chambres auraient vraiment besoin de réparation et de remise à neuf. D’ailleurs je me demande quel est le taux de fréquentation dans ce village qui en plus d’être dans une région pas très courue se trouve excentré de la route.
Nous passons la soirée à la terrasse du seul restaurant de ce village du bout du monde. Bel observatoire sur la place principale. Le nombre de mobylettes à trois voire quatre passagers, le père la mère et deux enfants, parfois des nouveaux nés, ne laisse pas de nous étonner. La notion de sécurité n’est pas la même que chez nous. Et la police regarde ce spectacle d’un œil placide, et bien sûr jamais de casque.
17 Novembre Chumbicha à Catamarca 68 km 100 m de dénivelé
Ce matin départ 6H20, à 9h30 nous avons couvert les 68 km avant le vent et la chaleur. Etape sans problème aucun dont je ne garde même pas le moindre souvenir à part notre arrivée à Catamarca.
Catamarca est une grande ville avec une belle place et une très belle avenue piétonne. Le petit hôtel dans lequel nous descendons est tenu par une femme qui s’apparente à un dragon, pas très aimable pour le moins, bon mais pas envie de partir à la « pêche » d’un autre logement.
chien argentin à l'action
très agréable place centrale
Les vélos nous les mettons sur le toit, et il nous faut les hisser avec des prises de risque et celui d’André retombe lourdement dans l’escalier de fer en colimaçon. Mais ils sont bien à l’abri du vol car une porte en fer fermée à clef interdit l’accès au toit.
Bonjour Luc.
Aaah ! les fameuses raclettes en caoutchouc qui monopolisent une main durant toute la
douche. Mais aussi les robinets très souvent inversés et où on attend vainement que celui
de gauche nous donne un peu d'eau chaude avant de réaliser que cette même eau chaude
est à droite. Heureusement il n'y a souvent que de l'eau froide, impossible de se tromper...
Bernard.
J'ai beaucoup aimé le bac incliné à l'envers digne d'un bon "Benny Hill" (rires). Il est des jours où le voyage n'est pas toujours qu'une ligne droite. Il est plein d'imprévus et de surprises ce qui le rend plus palpitant que jamais.
18 Novembre Catamarca à la Cocha 87 km 450 m de dénivelé
Le départ de notre hostal ce matin est plein de surprises comme bien souvent dans ces pays, avec un petit plus aujourd’hui, je le qualifierais de mouvementé. D’abord petit-déjeuner prévu à 7h, se sera plutôt 7h30 mais tout est normal. Il pleut assez fort donc pas d’affolo. Nos vélos sur le toit il nous faut les récupérer et les faire passer par l’escalier en fer très étroit, ce qui avait été tout un poème pour les monter la veille. Et bien entendu ce matin le permanent de garde n’étant pas au courant, il ne trouve plus où a été rangée la clef du portail d’accès. Mais encore pas d’affolo après moultes recherches les fameuses clefs réapparaissent.
Départ sous la pluie dans une ambiance tristounette. Des grandes flaques partout dans cette ville vide d’un dimanche matin. Même par endroits des petits torrents traversent les rues. Il ne pleut pas souvent, cependant quand il pleut ce sont des quantités. Mais normalement c’est un peu plus tard dans l’année que la saison des pluies se manifeste. Que l’atmosphère est triste, les rues sont mal drainées, partout des détritus, papiers, plastiques et autres, ce qui ajoute à la grisaille ambiante.
Je suis optimiste en pensant que ça va vite se calmer. Mais non, il va pleuvoir une bonne heure, et de plus le froid s’y met, certes tout relatif, mais nos corps habitués au chaud depuis pas mal de temps, marquent le coup. La route n’est pas très agréable dans ces conditions. Enfin ça se calme, mais en ce dimanche matin contrairement à nos attentes il y a du trafic, plus que ce à quoi nous étions habitués jusqu’à présent, cela enlève un peu de charme à la balade à vélo.
Après avoir passé une zone légèrement vallonée nous entrons dans une vallée rigoureusement plate traversée d’une route absolument droite sur des dizaines de kilomètres. Elle a juste la largeur pour permettre le croisement à deux véhicules. Sa configuration est très inconfortable pour les cyclistes, pas la moindre petite bande sur le côté. C’est la première fois que nous ne bénéficions pas d’un passage de quelques dizaines de centimètres qui nous donneraient une once de sécurité. Non, les véhicules lorsqu’ils se croisent ils occupent absolument toute la route. Pour nous pas question d’y rester, et bien entendu les vitesses sont très importantes généralement de l’ordre de 150 km/h pour les voitures et de plus de 100 km/h pour les camions. Les vélos devant être très rares sur ce type de route, on se demande même si les chauffeurs nous remarquent lorsque nous nous jetons sur le bas-côté. Nous ne sommes vraiment pas à notre place.
La conduite automobile est très étrange, comme si la notion d’anticipation n’existait pas, on fonce et on voit en improvisant une fois sur l’obstacle. Les nombres croix qui jalonnent les bords de route démontrent que cette stratégie mène assez souvent à la catastrophe. Voilà l’ambiance, le décor est planté, si les automobilistes restent dans leur stratégie quelque peu suicidaire, c’est à nous à nous adapter. La tactique est simple tant que l’on ne voit rien venir en face il suffit de rester vigilant en jetant un coup d’œil au rétroviseur et si on y aperçoit un véhicule bien regarder si en s’approchant il amorce un déport afin d’éviter le vélo sinon dans le doute passer sur le bas-côté. Très généralement les voitures se déportent. Par contre si l’on voit un véhicule en face, alors là l’attention doit redoubler car le véhicule lancé à toute vitesse arrivant derrière n’aura pas la place de se déporter, donc bien anticiper pour se mettre en sécurité en dehors de la chaussée. Le jeu devient de toute évidence très dangereux. Dans ces moments de grande tension en ce qui me concerne l’attention devient extrême, je rentre presque en mode de survie. Tout en roulant un œil devant et l’autre derrière à évaluer les temps pour pouvoir dégager, me reviennent en mémoire les situations extrêmes qu’il m’a été donné de vivre que ce soit à moto (j’ai eu une vingtaine d’accidents à deux roues motorisées et souvent pris des risques dont quarante ans après j’ai honte pour les vies des autres que j’ai mis en danger), en alpinisme, en ski hors-piste en déclenchant des avalanches, ou dans ma vie professionnelle au cours de conflit comme le siège de Sarajevo. De manière étonnante ces souvenirs semblent relativiser la situation de danger que je vis. Suis-je quelque part pervers, je trouve presque du plaisir à me jeter sur le bas-côté quand il n’y a plus de place pour moi sur la route. Illusion d’immortalité, trop grande confiance en moi, j’ai l’impression de maîtriser cette danse mortelle, à jouer sur les distances et les secondes. Et pire, en voyant les dizaines de kilomètres à jouer à ce petit jeu malsain, j’en éprouve une satisfaction en me demandant si mes nerfs vont tenir encore quelques heures à ce régime. Mais André pour sa part a une réaction plus normale et veut absolument mettre fin à cette danse macabre. D’ailleurs il a eu quelques secondes d’inattention qui ont failli lui être fatales et il a échappé à une mort certaine en réagissant au klaxon d’un camion-bolide à l’extrême limite.
J’assiste à la scène. Dans mon rétroviseur je vois deux camions arriver, dans l’autre sens face à moi un train de véhicules dont des camions. Pas de doute, cas de force majeure. Je n’attends pas que ceux dans mon sens soient trop près et je me gare en laissant un bon espace avec la chaussée. Devant moi André ne semble pas avoir réagi, tout va très vite, les camions étant à 100 km/h. Le premier le dépasse en se déportant légèrement car le flux en face est encore à quelques dizaines de mètres. Mais le second, qui de plus n’avait sans doute pas vu le vélo collant d’assez près le premier, le découvre brutalement et pour lui plus question de faire un écart les bolides en face prennent toute la place. Il donne un grand coup de klaxon sans même freiner. Le temps semble s’immobiliser, mais pourquoi André ne réagit-il pas. J’ai l’impression d’assister à un film d’épouvante. Puis au moment d’être percuté il se jette sur le côté, ce n’est pas passé loin mais alors pas loin du tout.
S’en est trop il demande dès qu’un espace le permettra que nous arrêtions un pick-up pour nous mettre en sécurité. Je trouve cela dommage je m’amusais bien. Mais bien évidemment pas question de le lui dire car sa réaction est bien normale. Un peu plus loin se présente un court élargissement de la chaussée au niveau d’un arrêt de bus. Cela est curieux car on ne voit pas de village aux environs. Cela me rappelle le bateau sur le Drin Noir au nord de l’Albanie. Cette rivière remonte une gorge gigantesque et parfois le navire vient au rivage, quelques passagers en descendent et disparaissent dans la montagne alors que l’on ne voit pas la moindre maison sur des pans de montagne de plusieurs centaines de mètres de dénivelé.
Nous voilà donc arrêtés et je fais signe aux véhicules de s’arrêter et comme par hasard les pick-up sont peu nombreux. Une première voiture s’arrête mais je m’étais trompé c’est une berline pas question de prendre les vélos. Un ou deux 4X4 ne répondent pas à mes gestes. Enfin un pick-up s’arrêt mais il est surchargé de fruits pas question là encore d’y rajouter des vélos. Je fais remarquer à André que dans deux ou trois kilomètres se trouve une petite bourgade. Nous décidons d’y aller et d’y faire le point.
Effectivement quelques maisons dont un restaurant avec arrêté devant un pick-up. Nous localisons rapidement le chauffeur qui mange avec son passager en demandant au restaurateur. Immédiatement à la fin du repas il accepte de nous prendre et de nous conduire jusqu’à Conception la grande ville à une centaine de kilomètres. Mais il nous signifie que nous avons le temps de manger. Nous proposons de payer leur repas au serveur, mais eux le refusent catégoriquement. Nous embarquons nos vélos dans la benne du pick-up et c’est parti. Alors comme un clin d’œil du destin dès que nous partons la bande de sécurité réapparaît comme par enchantement. Mais alors que j’aurais préféré continuer à vélo, maintenant que je suis installé dans ce véhicule je me fais très bien à l’idée d’aller jusqu’à Conception.
Mais un incident imprévu va faire que nous ne ferons que vingt cinq kilomètres. En effet, arrivant à un carrefour notre chauffeur au lieu de prendre la route de Conception part dans l’autre direction et s’arrête une centaine de mètres plus loin, et son passager part acheter une bouteille d’eau. Lorsqu’il revient tous deux changent d’attitude, de joviaux ils deviennent presque hermétiques. Que se passe-t-il ? Un peu gêné le passager nous fait comprendre que nous devons descendre en s’emberlificotant dans une explication pour le moins étrange de matériel à attendre sur place. Nous descendons donc et ils reprennent tout de suite la route de Conception, le matériel ils ne l’ont pas attendu longtemps.
Il faut nous remotiver à repartir. Deux cents mètres plus loin nous tombons sur un check-point policier et je crois qu’il faut chercher là l’explication à notre débarquement anticipé. De tout évidence deux cyclistes, les vélos et la montagne de sacoches dans la voiture cela aurait pu attirer la curiosité des policiers. Nous passons donc ce contrôle et j’en profite pour me renseigner sur les possibilités de logement. Il m’est indiqué qu’à une trentaine de kilomètres nous trouverons tout ce qu’il nous faut dans une station-service qui fait hôtel.
Alors que le matin nous roulions sous forte contrainte, ces trente kilomètres vont être une belle partie de plaisir en toute décontraction ou presque sur une route au trafic assez calme, cependant la vigilance restant de rigueur vu les vitesses très importantes. Les environs de la route changent des épineux austères et hostiles en nous offrant de belles prairies desquelles émane de la sérénité. Sur notre gauche à un ou deux kilomètres une piste suit la route. Je serais bien tenté de rentrer dans la campagne profonde, mais je n’en parle pas à André le sachant très embêté par son pouce qui continue à fortement le faire souffrir et lui interdit les pistes. Rétrospectivement quand je pense au diagnostic lorsqu’il est rentré en France, je dis chapeau l’artiste.
Après cette belle chevauchée d’après-midi nous rejoignons la station-service annoncée et nous y passons une nuit tranquille.
Le silence du jardin, des drisses qui battent (le catamaran de mon voisin posé plus loin sur l'herbe et qui attend sa remise à l'eau), un goéland qui trace dans mon ciel bleu et la lecture commence...
Sapristi, une route parsemée d'émotions qui s'entrechoquent et un carnet qui livre des frissons. Pas trop faite pour moi cette route et soulagée qu'il ne vous soit rien arrivé à l'un comme à l'autre.
19 Novembre la Cocha à Conception 53 km 150 m de dénivelé
Dans ce petit hôtel attenant à une station-service, très sympathique nous pouvons payer carte bleue pour la première fois, car dans ces villages perdus ce n’est généralement pas possible. Cela nous arrange bien car le liquide commence à manquer et nous sommes dans un grand week-end de trois jours, donc pas de change possible dans les villes plus importantes.
Petite anecdote, à vélo il m’arrive de temps en temps en passant devant une pompe à essence de me poser la question de savoir où j’en suis en carburant avant de réaliser que je ne suis pas avec ma voiture !
Ce matin très beau temps, nous partons à 6H30, la route présente une belle bande de sécurité et nous allons faire une très agréable séance de pédalage, certes courte, car à 9h nous sommes arrivés.
Non seulement peu de circulation, en plus une magnifique bande de sécurité
Cette petite ville j’y étais déjà passé au cours d’une autre traversée. Elle est un peu décrépie, on sent que l’argent manque dans le pays pour l’entretien des façades.
Nous descendons dans un hôtel au charme plus que désuet je dirais au charme fané, mais nous avons un lit donc tout va bien, et le personnel comme presque toujours est très serviable.
On peut même faire du change chez le bijoutier dont la boutique est accolée à notre hôtel. Certes il nous fait un taux à sa guise genre picsou, mais mon Dieu il nous dépanne bien.
Notre hôtel
Demain nous allons de nouveau attaquer la montagne avec une montée de 1600 m pour nous rendre dans le village de Tafi del Valle, et le jour suivant prendre encore mille mètres supplémentaires en passant au-dessus des 3000 m avant de basculer à nouveau sur la Ruta 40.
De la couleur qui va si bien à ce petit carnet enchanté. Voilà une belle façon de finir une journée. Merci Luc pour cette lecture. J'attends la suite !
20 novembre - Conception à Tafi del Valle - 87 km 1660 m de dénivelé
Aujourd’hui belle et difficile étape en perspective. Nous quittons Conception vers sept heures. Dans un premier temps vingt-quatre kilomètres dans le bruit et la fureur de la N38. Heureusement la petite bande latérale salvatrice nous donne une bonne protection sans toutefois nous épargner les rugissements de moteurs.
Puis nous mettons le cap sur la montagne. Encore une quinzaine de kilomètres de plat nous conduisent au pied de la longue montée de plus de 45 kilomètres qui va nous permettre de rejoindre cette petite ville de Tafi del Valle.
Du pied de la montagne, nous distinguons trois plans différents, les trois de belles dimensions. En effet, nous sommes à une altitude de 400 m et le col que nous convoitons se trouve à 3050 m, cad plus de 2600 m au-dessus. Les deux premiers plans sont couverts d’une forêt tropicale et le dernier est dénudé. Aujourd’hui nous allons monter un peu au-dessus de la limite de la zone de forêt.
La circulation est beaucoup moins agressive que dans la plaine. La route serpente au fond d’une magnifique gorge qui recèle une belle rivière, sans aucun doute un paradis pour les truites. La montée est très divertissante, bien que la pente ne faiblisse jamais. En effet, finies les immenses lignes droites où tout repère est absent. D’amples courbes offrent des changements de perspectives permanents. Cette forêt dans ce grand versant est presque un anachronisme. Depuis trois mille kilomètres nous ne voyons que sable, désert ou des buissons épineux aux épines acérées, longues de plusieurs centimètres et particulièrement dangereuses. Et là soudain, nous plongeons dans un univers de verdure très dense. Il nous faut en profiter car une fois passée la zone de forêt l’aridité de l’altitude reprendra les commandes. De plus sur l’autre versant à la descente nous allons retrouver l’ambiance Atacama et son aridité.
Dans une épingle à cheveux une immense statue plus représentative qu’esthétique rappelle les combats des peuples indiens pour leur liberté. Et cette idée qui me taraude toujours, que pensaient ces jeunes Indiens de l’Atacama jetés dans cette guerre des Malouines sans doute bien loin de leurs préoccupations. Mais ils en ont gardé un traumatisme que l’on peut vérifier au fil de la route au travers des monuments commémoratifs en souvenir des soldats qui y ont perdu la vie.
Alors que nous nous arrêtons pour mouiller nos chapeaux au niveau d’une cascade, des petites boules rouges attirent mon regard. Des fraises des bois ! J’en cueille une poignée que nous mangeons avec André. Très déçus aucun goût, nous avons l’impression de manger une poignée de minuscules pépins.
Vers treize heures nous faisons la pause casse-croûte quotidienne au pied d’une petite chapelle dédiée à la « Vierge des fleurs ». Plusieurs voitures y sont arrêtées, ce lieu de culte attirant du monde. Cela nous donne de belles occasions de discussions car nos vélos lourdement chargés intriguent pour le moins les automobilistes engagés dans cette longue montée.
La gorge se fait moins profondes et la rivière se dévoile d’autant plus. Tout à ce spectacle je monte tranquillement à 7 km/h. Je vois l’eau si précisément que je peux scruter la surface à la recherche des coins calmes ou des conjonctions de courants à proximité des cailloux où très probablement une truite est aux aguets en attendant que de la nourriture se présente. J’ai bien une canne à pêche mais ici comme en France la pêche est réglementée et je n’aime pas m’affranchir des règlements et puis André caracole loin devant.
D’un coup la forêt disparaît et nous nous retrouvons dans un décor alpin où dominent les prairies bien vertes dans lesquelles paissent des vaches. Nous longeons un grand lac de plusieurs kilomètres, puis nous rejoignons le village que je reconnais pour y être passé il y a cinq ans lors d’une autre traversée.
Ces souvenirs me reviennent et entraînent un petit pincement de cœur, ce voyage j’en garde un souvenir comme d’irréalité comme dans un rêve, et les émotions resurgissent à gros bouillons. Mais cette fois aussi c’est fantastique surtout avec André qui est le compagnon idéal.
21 NOVEMBRE - Tafi del Valle à Amaicha del Valle - 56 km 1095 m de dénivelé
Après une nuit agréable dans ce petit village nous effectuons une belle montée par un temps agréable. La dernière fois que j’étais passé par ici une pluie assez fournie nous avait cueillis au réveil, mais pas aujourd’hui. On se croirait dans un col des Alpes, de l’herbe bien grasse, des vaches, des chevaux, des moutons de loin en loin occupent ces espaces. Je comprends ce qui me manque quand je quitte plusieurs mois la France, ces paysages paisibles de campagne et de prairies alpestres. Il est vrai que j’ai tendance à partir en voyage dans des coins plutôt hostiles.
Nous atteignons un col aux environs des 3000 mètres et là pas un souffle d’air. Alors là le changement de décor est radical, nous plongeons à nouveau dans l’ambiance Atacama.
Le sommet du col comme bien souvent dans les Andes il s'agit d'un long replat avant la descente.
De plus la route de très bonne devient une succession de raccords sur un goudron qui a fait plus que son temps, où nids de poule et cailloux échappés du macadam se disputent nos roues. André dont le pousse le fait toujours souffrir est en enfer vu les vibrations.
Vers treize heures nous atteignons Amaicha del Valle. Je me souviens y avoir dormi il y a cinq ans dans un hospedaje dont la propriétaire passait son temps à nous épier, c’était assez désagréable. Peut-être était-elle intriguée que moi vieux schnock de 60 ans tout rond je voyageais avec une jeunette de 30 ans ? Elle pointait en permanence son nez pour regarder ce que nous faisions dans la cuisine, grrrrr !!!!
Je n’ai pas envie de renouveler l’expérience avec André. Je me renseigne donc afin de savoir si nous pouvons échapper à la sorcière curieuse, un vieux et une jeune alors imaginez deux vieux dans la même chambre ! Eh oui nous avons 65 et 67 ans ouille ! Chance, un nouvel établissement à proximité de la place centrale peut nos accueillir, il a un aspect très engagent et les propriétaires sont charmants, que demander de plus pour passer un après-midi et une nuit de rêve.
22 novembre - Amaicha del Valle à Cafayate - 68 km 160 m de dénivelé
Dans ce petit village nous passons une nuit agréable, de plus pour ne rien gâcher nous y mangeons très bien dans une salle joliment décorée. On a beau aimer la rusticité un peu de propreté ça fait toujours plaisir. Nous sommes loin de l’ambiance d’il y a cinq ans.
Donc aujourd’hui l’étape se fera en terrain très connu. En effet, cette étape n’a pas de secret pour moi. La première partie jusqu’à la Ruta je l’ai parcourue au cours de mon voyage précédent et la seconde partie sur la Ruta 40 je l’ai déjà parcourue deux fois, la première il y a 5 ans et la seconde il y a un peu plus d’un mois avec André. Cependant les deux fois dans l’autre sens.
Cette partie de la Ruta 40 est très agréable, belles montagnes qui la bordent des deux côtés semblant se perdre dans des hauteurs indéterminées tout là-haut tutoyant les plus de 5000 mètres d’altitude, jolis vignobles et circulation réduite. Cela nous change de ce que nous avons connu il y a quelques jours sur la N38.
Nous nous arrêtons dans une distillerie où nous goûtons différents alcools blancs, mais un soupçon, car nous avons encore une trentaine de kilomètres à pédaler et le soleil commence à frapper fort.
Nous croisons un jeune couple à vélo. Des Luxembourgeois lancés dans un périple de deux ans à travers l’Amérique du Sud. Nous, avec nos deux mois et quelques cacahuètes, on fait vraiment figure de charlots !!! Mais je me fais cependant la réflexion suivante : plus on part longtemps et plus on a tendance à se concocter un programme chargé. Combien j’ai vu des voyageurs à vélo partis pour plusieurs années et qui courraient après le temps le long des routes relativement importantes pour boucler la liste de XX pays au programme. Alors que lorsqu’on ne part qu’un mois et que l’on se donne pour unique but de se perdre dans les pistes nord du Laos ou d’aller explorer les marges du désert de Gobi en Mongolie, à mon sens on profite plus de son voyage sans être l’esclave du temps.
Quelques kilomètres plus loin nouvelle rencontre, un Allemand qui lui aussi est lancé dans un long périple à vélo, certes de 10 mois seulement.
Un peu avant Cafayate un couple à vélo, ils roulent de front, je commets la faute de les doubler sans regarder dans mon rétroviseur en franchissant le milieu de la route et André manque prendre une crise cardiaque. En effet, sur cette route déserte les rares véhicules roulent à 150 km/h. Je vois un pick-up me dépasser en trombe deux roues sur le bas-côté. Eh oui un relâchement de quelques secondes et le drame pointe son nez !
Nous retrouvons nos petites habitudes dans notre fameuse auberge « la Ruta 40 ». Nous allons y passer trois nuits car Salta se rapproche dangereusement et le pouce d’André reste douloureux ce qui nous empêche de tenter des pistes vers la montagne.
Bonjour Luc.
Toujours aussi passionnant de suivre le récit de ton périple. Merci infiniment.
La date du 22/11 m'a marqué, ce jour là j'ai suivi la piste entre Putre et Cariquima, via
le salar de Surire, au Chili bien-sûr, une journée inoubliable.
Salutations, Bernard.
Bonjour Luc,
Je viens de prendre la poudre d'escampette. On me cherchera... ou pas, je m'en fiche. Juste l'envie d'être très loin, un désir de liberté que j'éprouve à la lecture de ce carnet.
Bonne journée.
Florence
25 novembre Cafayate à la Viña 107 km 630 m de dénivelé
Après deux jours à Cafayate où nous nous sommes laissés vivre entre lecture, terrasses de café et restaurants sympa dans certains recoins de la ville nous reprenons la route.
Ce matin nous partons relativement tardivement car nous pensons bivouaquer après avoir remonté les gorges de Cafayate. Nous disons au revoir au personnel de la Ruta 40 qui a vraiment été adorable.
Dans un premier temps la route longe de grandes propriétés viticoles, puis rentre dans de sublimes gorges et sur 80 kilomètres les couleurs et les formes de roches sont incroyablement diversifiées, mais malheureusement il fait gris et les contrastes sont atténués.
Il y a pas mal de circulation pour cause de weekend et de plus cette route est très empruntée par les étrangers car très touristique, on comprend bien pourquoi. Nous rencontrons trois couples de Français en voyage avec voiture. Étonnement, deux d'entre eux sont lorrains et le dernier alsacien.
Dans la première partie de la gorge nous restons « scotchés » à tous les virages tant cette nature est magnifique. Et je suis d’autant plus étonné que ce parcours je l’avais fait dans l’autre sens en 2013, mais je n’en gardais pas ce souvenir. J’avais sans doute mis le nez dans le guidon et appuyé comme un sourd sur les pédales et n’avais rien vu ! Même à vélo on n'est pas sûr de voir ce qui nous entoure! Les haltes sont nombreuses et nous nous enfonçons dans les canyons en bordure de route. Le temps couvert et les gros nuages qui enveloppent les hauteurs donnent un cachet mystérieux à ce massif montagneux.
Nous rencontrons un cyclo hollandais avec lequel la discussion s'éternise . Il nous apprend que 47 km plus loin il y a possibilité de se faire héberger. Donc adieu l’option bivouac car il n’est même pas midi.
Pour la halte de mi-journée une gorge en amphithéâtre très touristique nous offre un coin d'ombre. Le repas est constitué de notre riz habituel cuit la veille et gâterie aujourd’hui accompagné de jambon cru et d’œufs.
Deux couples de Français qui visitent le lieu engagent la conversation et nous décrivent leur périple à travers l’Amérique du Sud, avions, bus, voitures de location, en un mois un périple vertigineux à courir après le temps. Je me dis qu’il en faut du courage pour se lancer dans une telle course contre le temps. Déjà qu’un seul trajet aller-retour en avion en deux mois et demi cela me terroriserait presque, alors j’imagine mal être à leur place, je suis trop « speedy » pour me lancer dans des voyages taillés au métronome. Deux conceptions du voyage s'affrontent, voir un maximum de choses en planifiant rigoureusement son temps ou laisser les événements se dérouler avec un fil directeur général. Chacun son fonctionnement.
Vers 14 h après un bain de foule ma foi pas désagréable retour sur la selle, et malgré le vent défavorable, cependant pas trop fort, nous avançons bien. Nous atteignons vers 16 h le point indiqué par le Hollandais, manifestement le lieu est agréable. Problème il nous est demandé un prix important, je dirais exhorbitant, comparativement à ce que nous payons habituellement, de l’ordre de 15 euros chacun. Certes pas de quoi fouetter un chat mais question de principe et puis nous avons pris nos habitudes.
On nous indique que trois kilomètres plus loin se trouve un hostal plus dans nos cordes. Donc nous n’hésitons pas et nous voilà repartis. Une fois sur place l’employée nous dit qu’ils ne louent plus de chambres. Cependant elle nous indique qu’à 12 km dans le village de la Viña il y a de quoi se loger. Nous voilà à nouveau repartis pour 12 km. Ce nouveau village est atteint vers le 17 h. J'ai un petit pincement au cœur car je me remémore mon passage furtif au petit matin, le jour à peine levé, il y a 5 ans au cours d'une autre traversée, que le temps passe vite!
C’est un peu le jeu de piste pour trouver cet hospedaje. Enfin nous y voilà après des tours et des détours. Encore quelques péripéties pour que la propriétaire vienne nous ouvrir car elle est chez ses enfants un peu plus loin. Enfin nous sommes installés dans un endroit charmant et notre hôtesse est absolument charmante, vieille dame qui dégage la sérénité et la bonté.
Repas du soir dans la station-service à l’entrée du village sur la nationale. Une télévision pour voir la finale des Liberadors, mais le match une fois de plus est reporté, car les joueurs ne se sont pas remis des violences qu’ils ont subies il y a une dizaine de jours en se faisant gazer et attaquer à la descente de leur bus.
26 novembre La Viña à Le Carril 51 km 331 m de dénivelé
Après nuit très tranquille, nous ne sommes pas pressés de partir, rien ne nous presse, en effet Salta se rapproche dangereusement vite. Il ne faudrait pas faire des étapes de 100 km tous les jours et nous sommes un peu prisonniers de la route goudronnée du fait de la fracture du pouce d'André.
Nous sommes vraiment impressionnés par les stridulations des cigales, qui se mettent à chanter dès le matin dans le jardin de notre hôtesse. Alors j’imagine les personnes qui se trouvent dérangées en Provence, là elles partiraient en courant. J’ai entendu récemment l’information qu’un couple de vacanciers s’était renseigné dans les Bouches-du Rhône ou dans le Var pour obtenir un produit afin d’exterminer les cigales qui perturbaient leurs nuits ! Ouille ça devient difficile pour certains citadins d’accepter les bruits de la nature, heureusement certainement sont-ils très minoritaires. Dans les campagnes françaises on s'organise, des maires édictent des arrêtés dans lesquels ils énumèrent les bruits naturels ou non ainsi que les odeurs auxquels les personnes en vacances auront à faire face sans se plaindre !
Nous croisons au démarrage un couple à vélo, lui est allemand et elle espagnole et ils travaillent à Lausanne. Nous n’avons que le choix de la langue pour échanger.
Quelques kilomètres plus loin nous nous arrêtons pour écouter cette symphonie de milliers de cigales qui font monter une clameur des buissons en bordure de route, nous en restons ébahis.
La fin du voyage approche mais j’ai encore une incroyable envie de pédaler, sans doute ma forme physique ne fait qu’augmenter. Le miracle du voyage à vélo réside aussi dans cela, plus on roule moins on veut s’arrêter, le corps s’adaptant et l’ossature étant très peu soumises à des traumatismes, ce qui n’est pas le cas pour la marche à pied. Mes grandes traversées à pied jusqu’à 800 kilomètres je ne les ai jamais terminées avec une telle envie de ne pas m’arrêter! La vélo-thérapie comme dit mon gourou Jean qui m'a fait découvrir la féerie du voyage à vélo.
Avant midi notre courte étape est terminée. Le Carril est une ville de grandeur moyenne sans doute plus de 10000 habitants. Nous nous installons au carrefour principal dans un hôtel confortable aux normes occidentales.
J'ai enfin découvert les abords du paso san Francisco. Nous avons dormi dans le refuge près de laguna santa rosa, sans chauffage par -11°C!! J'ai fortement pensé à toi et à toutes les épreuves que vous avez traversées.
Si tu as l'occasion, le parque nacional tres cruces vaut vraiment largement le détour et mérite vraiment une semaine de visites. Nous n'y avons fait que 3 jours car j'ai sous estimé les merveilles dont il regorge et surtout les heures de route qui sont nécessaires pour accéder aux sites principaux. Nous avons eu beaucoup de chance, les années précédentes il était tombé énormément de neige et le parc était inaccessible. Cette année, il y avait à peine quelques traces de neige, donc j'ai pu admirer les belles couleurs des roches et des lagunes. Ce fût extraordinaire!
La quebrada de las conchas que tu as traversée est très belle effectivement. Merci du retour. Ça me rappelle de bons souvenirs.
J'ai adoré la vallée du Rio Hurtado ou les rates perroquets Tricahue volent par centaines. Les couleurs sont belles. elle est reliée à la Vicuña par le Portezuelo Tres Cruces sur la Ruta Antakari, ou vers Ovalle
Voilà ce que tu avais dit lors d'un de tes posts, du coup, je suis allée voir et nous avons passé une journée merveilleuse en partant de Vicuña, en déjeunant à Rio hurtado, et en terminant par le village d'Andacollo.
Merci infiniment d'en avoir parlé. Ce trajet nous a permis de faire des photos du cerro tololo et de l'observatoire qui n'est accessible que par tour guidé depuis la Serena.
Par contre, pour ce qui est de Vicuña et de son ciel pur étoilé, j'ai nettement préféré ma nuit au refuge de la laguna santa rosa: là-bas nous avons admiré la voie lactée. Ce fût un moment magique, plein de beautés que même le froid glacial ne nous a pas empêché d'apprécier.
Nous avons tenté d'accéder au paso aguas negras mais il y avait des travaux sur la route après le poste frontière, donc le carabiniero ne nous a pas laissé passer. Tant pis! On ne gagne pas à tous les coups.
Bonsoir Diamina mets nous qq photos de ton refuge à -11. Le paso Agua Negra j'avais envisagé d'y aller après le San Francisco mais au pied on s'est dit que ça allait pulser à plus de 100 km/h 15h par jour donc on a opté pour les grandes plaines. Les photos de l'Agua Negra sont époustouflantes.
Luc
Ce sont des dortoirs de 5 lits superposés faits main, donc qui bougent beaucoup.
Voici la façade que tu vois à côté de la laguna santa rosa.
Au fond à droite, c'est le refuge du guide de haute montagne qui y a déjà passé 2 hivers consécutifs alors que la route était impraticable.
Le lavabo avec le seau d'eau pour verser dans le wc, car il n'y a pas de chasse. Sauf que le matin, comme nous avions dormi par -11°C sans arriver à allumer le feu, l'eau du seau était gelée, et nous n'avons pas pu vidanger le wc!!!
Le chauffage au bois que nous n’ avons pas réussi à allumer
Les lits
Si tu veux y aller, il faut contacter le manager du refuge, Ercio Mettifogo. C'est un gars super sympa. Le guide et lui travaillent ensemble. Nous avons eu un dortoir pour nous tous seuls et le 2ème groupe de 2 hommes a eu l'autre dortoir pour lui tout seul.
En été, il parait que souvent les dortoirs sont pleins, ..... je ne m'imagine pas la-dedans avec plein d'autres personnes que je ne connais pas!!🤪
C'est clair qu'en hiver, il n'y a pas foule. Je me demande bien pourquoi? 😄
En tout cas, voici une toute petite partie du paysage splendide que nous avons pu découvrir.
Merci Diamina édifiantes tes photos c'est ce que j'adore dans l'Atacama. L'Atacama il faut vouloir y aller, pour ma part j'ai eu une nuit en restant dehors -16° en traversant le Sud Lipez, au matin une carapace de glace de 5 mm sous le matelas gonflable.
Mais j'ai confondu en te demandant de mettre des photos, je voulais voir à quoi ressemble le refuge abandonné à 20 km du paso San Francisco du côté chilien au bord de la laguna Verde, même si j'ai pu le voir de manière très approximative sur google earth, et que nous n'avons pas pu rejoindre du fait des vents bien supérieurs à 100 km/h..
Luc
Rebonjour Diamina j'ai retrouvé des photos du paso Agua Negra. Elles ne sont pas de moi mais de Colette et Patrick BANTQUIN qui ont eu la gentillesse il y a quelques années de proposer un récit de traversée des grands déserts sud-américains à vélo à la revue CCI.
L’Amérique du Sud m’a toujours fait rêver, et me fera toujours rêver, tout particulièrement sa zone de grands déserts qui s’étend sur 4 pays, Pérou, Bolivie,…
Carnets de voyage › Argentine / Chili · 84 replies
Première partie:voyageforum.c... Seconde partie De Colchane à Buenos Aires La version avec photos est visible ici:carnetsdamerique... Vendredi 4 novembre [lien…
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Carnets de voyage › Bolivie / Argentine / Chili · 175 replies
Ci-dessous le récit de notre voyage de cinq semaines en mai 2011 au départ de La Paz à travers le sud-ouest de la Bolivie, le nord du Chili et le nord-ouest de…
"So, my little wanderers, back at the decks? What’s this mystery destination you’ve got in store for us at the start of the year?"
Yes, the schoolyard bell’s ringing again! We’re hitting the road... or rather, the skies! At first glance, our destination might surprise more than a few. First off, simply because I was here exactly twenty years ago, and I don’t usually like retracing my own footsteps. Secondly, because the name of this place screams mass tourism—basically the opposite of what Flo and I look for.
Despite that, in this land of backsheesh, I’d promised myself I’d come back one day to experience it my way. And since Flo told me, during our wanderer chats, that this destination straddling Africa and the Middle East was in her top 2 travel dreams, the stars aligned for this roots-style trip to quickly make it onto our pharaonic festivities program! Unless you’re totally clueless in general knowledge, you’ve probably guessed by now—we’re off to Egypt! Of course, a few classics will be on our itinerary, but above all, we want to soak up a culture that can’t be appreciated in four-star resorts or on a Nile cruise boat. And let’s be clear, these next two weeks won’t be a walk in the park—neither for our two daughters who are joining us, nor for our bodies!
And that’s clear from the get-go: after our first flight, eight hours of trying (and failing) to sleep on Milan airport’s metal seats, our second flight, landing, passport stamps, our Uber ride, and our first Cairo kilometers, we finally drop our exhaustion at the little guesthouse we booked in Giza. Doesn’t all that energy deserve a little reward?
Oh, absolutely! And here it is: a full-on slap in the face for everyone! But just look at this view from our hotel terrace? For 20 € a night for four, even with this incredible view, I figured the room must be pretty shabby, right? Nope... Is the staff rude, then? Nope... Okay, so what’s the catch? You’re gonna tell me breakfast is included too? Well, yes! Honestly, this Egypt trip is off to a great start.
And the rest of the afternoon, spent rubbing shoulders with locals, only confirmed this vibe. After digesting our pyramid view, we dove into the hustle and bustle of our neighborhood with the goal of exchanging money, eating at street stalls, and testing the hospitality of the locals. Ten out of ten!
Eight little sun breads with baba ganoush and falafel? 80 pounds, or 1.5 €. A dozen Middle Eastern pastries? Same! 80 pounds! Two hawawshis, those little pita breads stuffed with meat and spices? 10 pounds each, or about twenty cents! Not to mention all those smiles and free "welcomes" left and right!!!
What a welcome! We end this first day with a sunset over the three sisters of Giza—where we’ll obviously be gawking tomorrow...
Hi everyone, we're back from a DIY USA road trip we organized from July 31, 2026, to August 26, 2026.
The destination: The Southwest USA, including Texas, Arizona, and New Mexico. Roughly 7,000 kilometers covered.
The car: A Chevrolet Equinox for two, rented through BSP Auto and Avis. Inside, we had 2 suitcases, a travel bag, two carry-on bags, a Walmart cooler, photo gear, and water bottles (a 40-pack).
The route: Dallas DFW, Fort Worth, Houston, Austin, San Antonio, Alpine, El Paso, Tucson, Sedona, Albuquerque, Amarillo, and back to Dallas to finish with a departure from DFW.
The travelers: Two seniors well advanced in years (73 and 75) but still active (nothing too physically demanding—to stay alive and fund our trips), fully independent physically, though a bit less so mentally. Big USA fans, a country where anything is possible. More walkers than hikers, preferring 3-star hotels over roadside motels, Italian restaurants over US food, frequent stops for photos, museums over nothing, naps over forced marches. Not too whiny, just enough to stay French in the land of the "great Satan," as they say.
Not great with languages—street English (but handy), and my Spanish is non-existent except for: "Hola! Una cerveza por favor!" That’s about it. My wife understands everything but refuses to speak.
The cost of the road trip: Around 12,000 €, including AF flights, the car, gas, gifts, visits, and everything else. Well managed, since we’d budgeted 13,500 € initially.
The positive side: A delight, with those endless open roads. Museums to discover. The realization of the Hispanic presence and its important history in this part of America. Lovely locals. Tourists who were more or less friendly. A terrible Texan accent that was hard to understand. Gas stations that were like real stores, with prepared food, alcohol sold in Arizona and New Mexico, and employees who were always up for a laugh!
The negative side: The heat throughout the trip... 43°C in Dallas at the end. Impossible to walk the streets. Lots of homeless people in downtown Dallas. Hotel breakfasts that were always the same. You get used to it.
So, it was positive overall, but the concept is starting to wear us out. We might rethink the DIY road trip model for next time. If the man upstairs grants us more time.
Next up, we’ll wait for the first batch of sorted photos to go through the wringer.
Alright, this year, we're heading back to South America!
The initial plan was to retrace the route we imagined in the summer of 2020: a trip to northern Argentina starting from Córdoba.
Unfortunately, the flight to Córdoba no longer exists, and airfares to Javier Milei’s country are both outrageously priced and involve multiple layovers.
So, I tweaked Google Flights every which way and finally found a flight within my budget—departing from Clermont-Ferrand!
Not to Argentina, though...
Our transatlantic flight will cross the snow-capped Andes, landing in Santiago, Chile, with a return from Lima!
In between, two domestic flights and a big road trip loop starting from the coastal city of Arica to explore the treasures of northern Chile.
Our mode of transport: a pseudo 4x4 that won’t take us through sand dunes or devilish tracks but will let us tackle the entire secondary network, including unpaved main roads, while still being insured.
Is the suitcase packed with all-season clothes?
Are the driver’s license and passport ready?
Bank cards and a few euros too?
Off we go for just over 3 weeks of southern wanderings!
--/--
To keep all my esteemed readers on track, here are a few maps outlining the Arica-Arica loop!
1- From Arica to San Pedro de Atacama via Pica and the Salar de Huasco
2- Around San Pedro
3- From San Pedro to Cariquima
4- From Cariquima to Putre
5 - From Putre to Arica
Gas stations in this part of Chile are located in Arica, Iquique, Pozo Almonte, Pica, Calama, and San Pedro de Atacama.
With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo.
But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip.
And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays:
- 3 nights in St Lucia
- 1 night in Hluhluwe
- 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini)
- 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini)
- 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti)
- 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve
- 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.
I’m sharing a little recap of this new 4-week trip to China—nothing fancy, just my experience.
We’re taking advantage of the extended visa exemption to return to China for the 4th time. I loved last summer’s trip so much that I’m a bit worried about being disappointed this year. Plus, I’ve had a few hiccups before this departure: my WeChat account got blocked, and I couldn’t recover it (luckily, Alipay still works fine); I couldn’t verify my 12306 account for weeks; Trip.com failed to book our second train; and I’ve got an injury that’ll slow me down during the trip... Ugh, I hate starting a trip with these kinds of issues. Then, oh surprise! Just before leaving, my 12306 account got verified! Super easy to use from that point on—I could book a few train tickets without fees.
We’re sticking with Free’s e-SIMs, which work great in China.
August 2–3
Anyway, on the morning of August 2nd, we took the RER to CDG. As usual, we couldn’t check in online. It’s always a bit frustrating, especially since we didn’t have any checked luggage. We flew with Air China. We arrived at the check-in counter at 9:50 AM, 2 hours and 40 minutes before the flight. The line for our check-in stretched 300 meters across the airport in both directions. What a joke!! We spent 1 hour and 45 minutes in that line just to reach the counter and get our boarding passes. By then, it was 11:35 AM, and boarding had already started at 11:20 AM. The screens showed a 25-minute walk to our gate—on the other side of the airport, of course—plus we had to go through passport control and security... Long story short, the plane didn’t leave without us 🙂 We boarded among the last passengers, and we took off at 12:30 PM. We’d flown Air China four times before, but this time, it felt *really* low-cost. The check-in chaos, the cramped seats (12 seats per row), no music by artists known outside China, mediocre food, and a boarding area at Beijing Airport with only 10 seats—worthy of Ryanair or EasyJet. And yet, the price was sky-high. Again, D.’s vacation requests were denied outside of July and August, so we’re traveling from August 2nd to 30th. We couldn’t have picked a worse time for inflated prices, and with the situation in Iran, we got hit with a 390 € fuel surcharge. I’ve never paid so much for flights—I felt like I’d bought business class, but nope, far from it!!
We landed in Beijing around 4:15 AM. It was 28°C with thick fog. We drove and drove and drove for 20 minutes, as usual in Beijing. Then we went through a first check, a second check, a third check, and waited for our connecting flight at 6:40 AM. A small Airbus A320, but way more space than in the Boeing 777 from the first flight. We landed in Kunming, Yunnan, around 10:15 AM in the rain.
We headed to the subway. You can’t pay at the machines with Alipay here either, so we set up the transport QR code directly in Alipay to scan at the subway gates. The process is a bit long the first time if you haven’t entered your info before, but once it’s done, it’s *so* much easier! We took Line 6 to the terminus for 6 yuan each.
We’d booked a hotel nearby, on the 16th floor. It’s actually studios on different floors of a huge residential building. The view’s pretty nice from here. We settled in quickly—back to those wooden beds, or rather, mattresses as hard as wood, which we *hadn’t* missed...
Then we went out for our first bowl of noodles of the trip and wandered through the shopping streets of the old town.
It was crowded, and the weather was cool—around 19–20°C. We tried a local specialty: milk skin, thick, dried, then grilled with rose jam. Yeah... we won’t be having that again. The taste and texture of the milk skin... no thanks.
We saw a lot of wild mushroom hotpot too. It’s on our list for later. We also passed through the Jinma and Biji gates, where I played with reflections in puddles. I *love* doing that 🙂
At the end of the day, we headed to a temple advertised as open 24/7 on Amap. Of course, when we got there, it was closed. We’ll go back tomorrow. That was the first of many disappointments with Amap this trip—I hadn’t had that issue on previous visits.
We were exhausted after that sleepless flight. Night was falling, and we decided to grab a quick bite without much appetite. We shared a delicious vegetable fried rice for 12 yuan—we even left half of it. The portions are *huge*.
After a couple of small purchases, we headed back at 9 PM, wiped out, after walking 17 km between the airports and these first steps in Kunming. I expected to see quite a few Western travelers here, but we didn’t spot a single one. Instead, we met lots of curious Chinese people, many of them super friendly and helpful—almost *too* eager, like when they’d run to serve us as fast as possible. It’s a bit much, but it’s great to be back!
Hi everyone, I’m Patrick, 67 years old, a seasoned traveler (already 22 trips outside Europe).
In autumn 2025, I took my first 3-week trip to Japan, with stops in Tokyo, Kamakura, Matsumoto, Kamikochi, Takayama, Kanazawa, Kyoto, Nara, Osaka, Koyasan, Tokyo again, and Nikko.
I wanted to go back in May 2026 and explore some lesser-known places to complement my first trip.
Last year, there were four of us traveling together to discover Japan (a fairly classic itinerary). This time, I’ll be traveling solo for part of the trip and with a couple of French friends for the rest.
The weather was gorgeous in May, averaging around 25°C, with two very hot days in Kyoto and only two rainy days.
As usual, I organized everything myself, gathering plenty of information from various sites, including this one.
Transportation:
An ICOCA card is essential.
I got a 5-day Kansai-Hiroshima pass because I took the shinkansen between Hiroshima and Osaka three times, and it paid for itself quickly.
Accommodations:
Mostly through Booking. No issues at all. Average cost was 46 € per night.
Meals:
For breakfast, I alternated between buying food at a konbini to eat in my room or on the train and grabbing something at local cafés.
For lunch and dinner, I tried to vary my meals as much as possible—lots of sashimi, sushi, and ramen.
Okonomiyaki in Osaka and Hiroshima.
Oysters in every form (raw, grilled, fried) in Onomichi and Hiroshima.
A variety of seafood (shrimp, shellfish) in Hiroshima and Matsumoto.
Fish whose names often escaped me, but notably mackerel and eel (unagi).
Tempura and gyoza.
Chicken skewers (yakitori) and one teppanyaki meal.
One omakase meal (9 different dishes).
In the end, not much meat aside from a few yakitori skewers. No splurges on super expensive wagyu or Kobe beef.
Average dinner cost: 4,800 yen, drinks included.
The Itinerary:
Day 1: Departure from Brussels
Day 2: Arrival in Osaka
Day 3: To Himeji, then Kurashiki
Day 4: To Fukuyama, then Tomo no Ura, then Onomichi
Day 5: Cycling the Shimanami Kaido
Day 6: To Takahara, then Hiroshima
Day 7: To Kyoto to attend the Aoi Matsuri parade
Day 8: To Miyajima
Day 9: Hiroshima, then Kyoto
Day 10: Southern Kyoto
Day 11: Northern Kyoto
Day 12: Final day in Kyoto, then to Nagatsugawa
Day 13: Start of the Nakasendo Trail (Magome to Tsumago)
Day 14: Second day of the trail (Kiso Fukushima)
Day 15: Third day of the trail (Narai), then Matsumoto
Day 16: To Mt. Fuji (Kawaguchiko)
Day 17: To Tokyo
Day 18: Excursion to Enoshima and Kamakura
Day 19: Flight home, with a 10-hour layover in Hong Kong
Day 20: Arrival in Brussels
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style.
All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of three years at most in Thailand, and I’m not a big expert on the country.
However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to piece together a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who miss it.
I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.
I suspect many Thais have dogs because they make excellent guards for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course.
Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious.
Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big property, be careful at night, and be careful when they’re in packs.
It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t really made for walking around, and dogs are one of the reasons.
That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though, are much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been broken for years.
You’ll often see dogs sleeping on the side of the road, sometimes right on the road. When you arrive, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, which reminds visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. Seeing a small pack roaming freely in the countryside, you might think it’s best not to cross paths with them at the edge of a field.
A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at temples on the brink of death, enduring terrible suffering. No one did anything about it. The image (and the smell) of one of them, dying and emitting the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The well-fed animal quickly became a happy, enormous beast with its own garden. Yet, it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water in them for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not a gimmick—it’s just that these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
I hope this travel journal might interest some people, but since we were completely self-sufficient (tent, sleeping bag, pot, cooking over a wood fire…) almost every day, I don’t have many hotel addresses or great restaurant tips to share! Sorry!
We used the Maio map at 1:50,000 scale. It’s part of the Boa Vista/Sal/Maio map. Bought on Amazon, but currently unavailable as of the latest news.
The people of Maio are extremely welcoming and warm, and we were always more than well received in the villages where we pitched our tent!
We’re usually big hikers, but since Maio is a beach island (gorgeous ones, at that!), we alternated a few hours of walking in the morning with some relaxation in the afternoon: beach, reading, fishing, resting…
1 euro = 110 escudos
Day 1 (Friday) Transfers by plane: Fogo-Praia-Maio
We opted for the plane to save some time on transfers, as the boat connections between Fogo and Praia take a while, and those between Praia and Maio are almost nonexistent.
You should budget around 40-50 euros per flight per person.
There are 2 flights per week between Praia and Maio—on Tuesdays and Fridays when we were there (January 2016), but currently on Mondays and Fridays.
A bit of a delay leaving Praia, but we arrived on Maio without any problems around 4 PM.
We took an *aluguer* (shared transport, 200 escudos per person) to the center of Vila do Maio, but it’s totally doable on foot with a backpack.
Since it was already a bit late, for this first night, we dropped our bags at Big Game Maio. A standard European-style hotel run by a very nice Italian family. It’s a bit pricey for us (5500 escudos for 2 people with breakfast), but after our 2 weeks in a tent on Fogo, we were happy to find a little comfort. And the breakfast is ultra-generous, with fresh products (cured ham, fruit, cheese, bread) and top quality. The hotel restaurant offers dishes that are a clever mix of Italian and Cape Verdean cuisine. Excellent!
Little tip: We didn’t try it, but Big Game Maio offers big-game fishing trips, diving, and quad rentals.
The hotel is 2 minutes from Vila’s beautiful beach, and we went for a dip at sunset and took a stroll around town. They’re redeveloping the waterfront with pretty sidewalks and light stone walls.
Vila beach
Sunset behind Santiago
Day 2 (Saturday): rest day + fishing
After 2 weeks of hiking and since Vila is such a peaceful place where it’s nice to take your time, we decided to spend an extra day there. We took the path heading south along the coast to reach Ponta Preta beach in 20 minutes. The path isn’t very pretty because there’s quite a bit of construction going on, which prevents you from really walking along the shore. Lots of real estate agencies, especially Italian ones, have taken over the land. But Ponta Preta beach is a stunning black-sand beach where we had the whole place to ourselves. We decided to go fishing from the rocks.
At 1 PM, the sun was blazing, so we headed back to Vila and dried the fish for the following days.
At 6 PM, we went fishing again, but this time at night from the rocks at the end of Vila beach.
8:30 PM: back to shower and eat at the restaurant.
The rocks and sea at Ponta Preta
Day 3 (Sunday): from Vila do Maio to Calheta de Baixo, via Monte Batalha (path 101) Hiking time: 5h
Since there aren’t many “summits” on Maio, we decided to head to Calheta de Baixo but via Monte Batalha. We left at 8:20 AM and somehow made it to Monte Batalha by 11 AM (2h40 of hiking). But the path is really hard to find in the middle of the dry grass and acacia trees. We kind of cut through randomly, aiming for the summit. Even though it’s not very high (around 300 m), the view is amazing—you can see all of Maio at 360°!
Short 30-minute break. The descent through the “forest” of acacias is even worse for finding your way. We oriented ourselves a bit by the sun to find the road connecting Vila to Calheta. We arrived around 1:30 PM at Calheta de Baixo. A very pretty little seaside village with colorful houses. An idyllic beach, a newly renovated square, and super-friendly people. We pitched our tent facing the sea on the terrace of an abandoned house (after asking the locals for permission).
We cooked some of the dried fish we’d caught the day before, along with fresh beans we’d brought from Fogo (and were still carrying!).
At the summit of Monte Batalha
Calheta
Calheta de Baixo
Day 4 (Monday): From Calheta de Baixo to Morrinho on foot. Hiking time: 3h. Then hitching a bus to Cascabulho, and a car to Pedro Vaz.
We left around 9:30 AM heading north (path 201), following the coastline where the beaches just keep coming—each one wilder and more beautiful than the last: Praia de Soca, Calheta Braca, Ponta de Pau Seco, Calhetina. We reached the dunes of Baia de Santana. There’s no real path, so you have to follow the coast, then go around the dunes, and when you spot the 3 coconut trees, head east toward them to find the track leading to Morrinho. Again, we discovered a village with a Wild West vibe, with colorful houses lined up on either side of a paved road. Just enough time to accept a drink offered by a local before jumping onto the passing school bus that took us to Cascabulho. There, we waited for a ride. A political delegation of 10 cars drove right past us without stopping. Luckily, one of the cars had a flat tire and came by 30 minutes later—and that one, thankfully, gave us a lift! They were heading to the inauguration of a water pump in Pedro Vaz. So that’s where we stopped too. After getting permission from the school principal, we pitched our tent in front of the village school… and became the attraction for all the kids who kept us company until nightfall! A woman gave us 2 jugs of water, but with all that company, it was tough to take a peaceful shower!!
Dinner: pasta with beans.
We were woken up by rain during the night and had to rush to bring all our stuff inside the tent!
The beaches just keep coming...
The dunes
The 3 coconut trees, a landmark to find the track
Day 5 (Tuesday): Rest day and fishing at Boca da Ribeira beach
We packed up at 8 AM because the kids had school. We filled the 2 water jugs that the woman lent us and headed down to camp at Boca da Ribeira beach, which is a bit further east of Pedro Vaz. It took less than an hour to get there. This time, we really were alone in the world! We pitched the tent and spent the day fishing, reading, playing, and swimming regularly because the sun was beating down hard!!! We caught a nice fish that we grilled over the fire in the evening. With the crabs and shellfish we gathered, we made a seafood rice! Yum! What a feast!
That night, once the tent was zipped up, we felt something like rain on the tent fabric. I decided to go out and gather our things, and then—shock!!! It wasn’t raindrops we were feeling and hearing, but bugs attracted by the light!! Not just a few bugs—a huge swarm of them!!! Thousands of bugs covering the whole tent, the ropes, slipping into the seams and hems! Everywhere! The blue tent had turned green!!! After that, it was a real struggle to get back inside without letting any in! A real challenge, and there were always 3 or 4 that managed to sneak in anyway. Total war!!!
Boca da Ribeira beach
Day 6 (Wednesday): From Boca da Ribeira to Ribeira Dom João. Hiking time: 3h30
We woke up leisurely and waited for the sun to dry our things, damp from the dew. A man passed by, and we gave him the water jugs we’d borrowed, which saved us a trip back to Pedro Vaz to return them to the woman.
We left around 10 AM. We followed the sea to Alcatraz, then headed toward Pilão Cão. The path runs alongside the small hills on our right, and we passed above Lagoa Cimidor. The terrain is arid, and the path is hard to find among the many goat tracks.
After 3h30 of hiking, we reached Ribeira Dom João with 2 young people we’d met along the way.
Since it was a public holiday in Cape Verde, the kids didn’t have school, and with the principal’s permission, we pitched our tent in the kindergarten. She even kindly opened the school toilets for us. The neighbor gave us the water we needed to wash up and cook. We cooked beef steaks on charcoal. A nice change from fish!! Charcoal is a widespread artisanal product on the island. People almost never cook directly over wood but always with these big chunks of charcoal.
The hills on our right
Ribeira Dom João
Day 7 (Thursday): From Ribeira Dom João to Vila do Maio. Hiking time: 3h30
We woke up at 6:30 AM to clear out of the school by 8 AM. The neighbor made us coffee to save time. It took us 2 hours to reach Barreiro, another Wild West-style town! Since we didn’t want to walk on the road, we took the old track and reached Vila do Maio in 1h30.
Last night before taking the plane back to Praia the next day.
Barreiro
The old track
The church in Vila do Maio
That’s where this trip ends!
Maio is truly a magical island! A remote, isolated place with incredible, wild beaches and villages with a Wild West feel—colorful houses on either side of well-paved, well-maintained, and decorated streets. And the locals are so warm and welcoming.
Even for hikers like us, it was a great discovery, and we were able to alternate hiking and relaxation with great pleasure! Too bad the area around Vila do Maio is being overrun by real estate construction—ongoing, unfinished, abandoned…
When we started looking for a summer destination a few months ago, our first criterion was to avoid extreme heat and heatwaves. We had already been to Norway two years ago and are considering going back in the future for other occasions. So, we had some fun asking ChatGPT which destinations enjoyed a mild climate during the summer without going too far. Among the list provided by the AI were the Canary Islands... The idea of a place we wouldn’t have thought of first, both not too far away and exotic enough, appealed to us: “Hmm, why not?”
This destination had never really attracted me, though Magali was a bit more interested. Five years earlier, COVID had caused a short break in my professional activity, and I had planned a trip because the flight price was attractive, and I was looking for a destination different from what usually appeals to me, more than out of deep interest. From a distance and with a social judgment I acknowledge (it’s not great, but it’s not completely wrong), I had the image of a destination for party-goers enjoying the sun without the slightest interest in local culture, with concrete coastlines and denatured landscapes—everything I detest the most. Still, I had done some quick research on the different islands and spotted Lanzarote for its beautiful volcanic landscapes, hiking trails, beaches, and the impression of a good balance between activity and fewer crowds than Tenerife or Gran Canaria. Then I dropped the idea of going, without ever reconsidering traveling to the Canaries...
Until now! Because we started researching the different islands of the archipelago to see which ones might appeal to us the most. It was La Gomera, the third smallest island of the archipelago, more praised for its hiking trails and preserved nature than for its beaches, away from mass tourism (fifty times fewer tourists than Tenerife) but still a bit more developed than its wild neighbor El Hierro, that caught our attention. Contrary to what might be suggested later, I’m not at all addicted to AI, but I use it from time to time to synthesize quick research or simply for experimentation. Since ChatGPT had started anticipating my tastes lately as if it had become my buddy (often successfully, sometimes off the mark), I asked which Canary Island would suit me best for a trip with my family. The tool answered first with... La Gomera. So, I tested it and teased it a bit to see if this suggestion was well-founded, as the method sometimes makes it contradict itself. But no luck: “You’d appreciate the wild nature of El Hierro, but with family, you’ll find little activity for the kids. You won’t like the touristy vibe of the big islands like Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote, and Fuerteventura. You could consider La Palma, but it’s really La Gomera that will suit you best, based on your interests and the criteria given.” So, we dug deeper into our research and were convinced without a shadow of a doubt that this island was the one waiting for us.
Without knowing it, we had Canarians in our circle who revealed their origins when they heard about our travel plans. One from Tenerife insisted we’d be better off choosing Tenerife (obviously...) because it also has preserved spots and that La Gomera, “you can explore it in two or three days, you’ll get bored quickly...” The other, a colleague from Gran Canaria who had never visited La Gomera, still recommended it without hesitation because it turned out her parents had just gone there on vacation: they loved it and had encountered few tourists. She also tended to think this destination was usually the subject of short stays, but according to what her parents told her, taking your time there was also a great idea. However, in our research, the idea that La Gomera is an island you can explore in three or four days max kept coming up. So, we considered combining its visit with La Palma or El Hierro, the other two that caught our eye. But hopping between islands by ferry represents a significant budget for non-Canarians, even more so for a family of four. Then, scrutinizing Google Maps, it seemed obvious that two weeks were too short to discover two islands as they deserve, and that there seemed to be plenty to see in La Gomera, given its very unique culture. After all, we read that some people spend several months a year there, others never even leave... Finally, these landscapes and this atmosphere, which seemed to us a mix of Europe, North Africa, and Latin America, tempted us. So, it would be two weeks in La Gomera, deal!
La Gomera is therefore the second... well, the third smallest island of the Canaries since La Graciosa was recently recognized as a fully inhabited island. It has the shape of a rough circle about 20 to 25 kilometers in diameter and has just over 20,000 inhabitants, half of them in its capital, San Sebastián de la Gomera, the only real town. Like its Canarian sisters, La Gomera is a volcanic formation that rose about 10 million years ago. The island is very mountainous and rugged, covered with red and black rocky landscapes. Geological activity has shaped, between the sprawling massifs that end in steep cliffs in the ocean, six coastal valleys with tropical vegetation that have favored human settlement. They divide the island like slices of a cake; from the north clockwise: the agricultural Vallehermoso, the rustic Agulo, the green, humid, and fertile Hermigua, the sunny capital San Sebastián de la Gomera, the southern and isolated Alajeró-Santiago, and the seaside Valle Gran Rey. They constitute the six municipalities (more like cantons to our French understanding) of the territory.
The large solidified magma massifs that shape the heart of the island have created a large depression more protected from the sun at its center, allowing the growth of a vast laurel forest, today grouped within the Garajonay National Park, La Gomera’s green lung, which has earned it the status of a World Biosphere Reserve. Its completely European appearance contrasts sharply with the rocky and tropical landscapes of the rest of the island. Thus, the climate varies greatly from one point to another on the island: in summer, you can quickly go from a dry and sunny valley at 35°C to a humid forest area at altitude at 18°C.
La Gomera was populated late. As with the rest of the Canaries, human presence is thought to have begun about 2,000 years ago. Groups of animist Berbers, probably fleeing persecution, gradually populated the archipelago, especially the western islands and La Gomera, becoming its small aboriginal population: the Guanches (or later Gomeros). The animist and pastoral civilization of the Guanches thrived until the Spanish takeover in the 15th century, which, after a short period of harmony and mixing with the indigenous people, suddenly ended in bloodshed... La Gomera later became the “Columbus Island” after Christopher Columbus’s stopover, increasing the blending of populations. In the 20th century, many Gomeros emigrated to Cuba and other Latin American countries in search of a better life, bringing back a mix of cultures and traits quite palpable in today’s Gomeran culture. It is, however, in La Gomera that the vestiges of Guanche culture seem to have left the most traces, in the language, gastronomy, social practices... Moreover, most Gomeros, especially in remote villages, have a particular identifiable type and proudly claim their ancestral roots, even making La Gomera a bit exotic in the eyes of other Canarians.
Perhaps that’s why it has never really wanted to develop its tourist infrastructure too much. If we set aside the tourists who visit for the day by bus or boat from Tenerife on a marked itinerary (and whom we ultimately rarely encounter), La Gomera has remained a hidden gem, a destination focused on nature discovery that attracts hikers, nature-loving divers, and scientists for its fauna and flora, and to a lesser extent, beachgoers who don’t seek overly developed coastlines. Tourist activity is therefore limited. Roughly speaking, you’ll find a majority of Spaniards, including a substantial number of residents from other Canary Islands, many Germans who have a particular fondness for La Gomera and spend long stays there or own second homes, to the point that the German cultural footprint is clearly noticeable in some places (it’s said to be Angela Merkel’s favorite holiday spot), and still quite a few French. The presence of other nationalities seemed negligible to us. Most travelers come mainly for hiking, but it’s also a prime spot for whale watching. Additionally, the seaside resorts of La Gomera—San Sebastián, Santiago, and especially Valle Gran Rey—are well-known destinations for hippies, especially German ones, ranging from chic boho hippies to old-school hippies who’ve been there for decades, quite similar to those you’d meet in India in Goa, Rishikesh, or Paharganj. Thus, practices like naturism, vegetarianism, and local organic production are quite well established in some areas.
Some practical info:
- The round-trip flight from Paris to Tenerife cost us 365 € per person (outbound with Transavia, return with EasyJet), including checked luggage and three seats reserved side by side.
- We chose two bases to explore the island: one week in Valle Gran Rey, reputed to be the most pleasant of the three seaside resorts, and one week in Hermigua, more mountainous and close to the natural park. We booked two houses with balconies and views: the first at 120 € per night, the second at 99 €.
- The round-trip ferry between Tenerife and La Gomera cost us 270 € with the company Baleària Canarias, including discounts for children aged 4 and 12, but I don’t have the exact details. It was a bit cheaper than with the other company, Fred Olsen.
- Finally, we rented a car through the agency Cicar for 360 € for 16 days, which comes to 22.50 € per day.
- Apart from that, we didn’t plan anything and decided the day before or even the morning of what we wanted to do. We didn’t invest in any paper guide on the Canaries, as information on La Gomera was scarce, but we used the very comprehensive site La Gomera Travel, a travel guide published by the Canary Islands Tourism Council, a real goldmine of almost exhaustive information on the island.
Alright, off we go for 16 days of adventure discovering La Gomera!
If I close my eyes and think of the Sultanate of Oman, I first smell a light scent of incense, feel the warmth of a sunbeam on my skin, before sand slips through my fingers. I taste the sweetness of a date, a real candy, then the flavor of coffee with a hint of cardamom and rosewater... I hear the desert wind whistling in my ears, the distant call of a muezzin, then the murmur of water. I open my eyes to see smiles, welcoming gestures, a turquoise sea, rocks ranging from ochre to purple, deep wadis where torrents burst forth, orange dunes, white sandy beaches where tiny crabs scurry at full speed. I see incredible oases emerging between arid mountains. I see abandoned villages that I’d dream were full of life, imposing fortresses overlooking valleys, and lively souks where offers are delicate and negotiation is a mutual courtesy.
All that, and so much more.
This is what I tried to capture in my illustrated travel journal, which I’ll fill in here and there with photos.
I drew this journal “cold,” after my return (actually, I made it this summer, while our trip was last winter). It’s a pretty special format—I bought it in Japan without really knowing what I’d do with it. Well, it found its purpose! Below is a photo of this accordion-style journal: here, it’s only partially open, because when fully unfolded, it’s 5 meters long!
For drawing enthusiasts: The accordion format is both a constraint (each sheet is 9 cm x 27 cm) and a freedom (you can create a fresco). The paper is also a bit special: it doesn’t allow for fine lines, but it takes ink well (liner pen). However, everything has to be done almost in one go (with a very light pencil sketch) because it erases poorly. It absorbs too much water for coloring with markers or watercolors (unless you avoid soaking it), but it works well with oil pastels and their use with a brush and solvent. Since it’s yellowish, it allowed me to create contrasts even with white pastel.
On the right, the "welcome marker"—those dates offered everywhere as a sign of hospitality. On the left, a tribute to those stunning doors worn by time, admired all over the old quarters, including the abandoned ones.
Oman is one of the world’s largest producers of frankincense resin. Incense burners are everywhere, from the simplest clay ones to the most precious handcrafted silver ones...
Hospitality will often lead you to accept a small coffee, an "Omani coffee," very light, subtly flavored with cardamom, maybe a touch of saffron, and occasionally rosewater.
Here, I’ve depicted a man in the common everyday attire of Omanis: the dishdasha, mostly white (during the week and daytime; colors are more common in the evening or on Fridays and Saturdays). While you’ll see some men dressed in Western clothes, they’re very few. The white dishdasha is truly the shared attire of all men. The dishdasha, which has no hood, is distinguished by a small pom-pom attached to the collar, the furakha, which is soaked in perfume. And believe me, Omanis go overboard with it! "It smells like the pom-pom" is an expression that’s now part of our shared language, my husband and I.
Another must of men’s attire is the kuma, a small round head covering, usually white with brightly colored patterns. The keffiyeh is also worn (but without the cord called an agal in Arab countries), and it’s mostly worn by those with roots in the desert, from what I understood.
And what about the women, you might ask? Some are veiled, some in full black (but not a burka—more like a chador + abaya), due to the influence of Saudi Arabia and the United Arab Emirates, whereas the traditional outfit used to be a layering of very colorful dresses. Most of the women we saw wore neutral clothing, a plain veil over their hair, but with their faces uncovered. We also saw many saris and colorful veils—don’t forget that 40% of the population consists of Indian, Nepalese, and Bangladeshi immigrants, who work a lot in tourism, hospitality, restaurants, services, and construction.
Just to clarify, as a tourist, there’s no pressure to wear a veil, and never any disapproving looks. Of course, you’ll save the mini shorts, plunging necklines, bare shoulders, and midriffs for the hotel terrace—but I’d say that’s the same for men and women, and with the sun being strong, it’s better for your skin too.
Here’s the introduction! In the next post, I’ll tell you about my itinerary, and we can dive in!
My buddy Christian and I (Patrick) are off for 28 days in Argentina in March.
We’ve already shared several trips as a duo (Bolivia Peru, Namibia, Laos, Costa Rica).
Since we’re starting from the idea that at our age (65) we won’t be coming back here—there are just too many other corners of the world to discover—we did the "grand tour" of Argentina, with 6 domestic flights to make the most of our 28 days.
Here are our stops:
1) Departure from Brussels to Buenos Aires via Madrid
2) Arrival and first contact with Buenos Aires
3) Early morning flight to Ushuaia. Boat trip on the Beagle Channel
4) Ushuaia: hikes in Tierra del Fuego National Park
5) Ushuaia: last hike and flight to El Calafate
6) El Calafate to El Chaltén by bus. First hike
7) El Chaltén: hike
8) El Chaltén: hike
9) El Chaltén: hike and bus back to El Calafate
10) El Calafate: Perito Moreno Glacier
11) Flight to Bariloche. Car rental and surrounding areas
12) Seven Lakes Region
13) Nahuel Huapi National Park region
14) Flight to Salta. Car rental
15) To Tilcara
16) To Humahuaca
17) To Purmamarca
18) To Jujuy via the salt flats
19) To Cafayate
20) Around Cafayate
21) To Cachi
22) Back to Salta
23) Flight to Iguazu
24) Waterfalls on the Argentine side
25) Waterfalls on the Brazilian side and flight to Buenos Aires
26) Buenos Aires
27) Return flight
28) Morning arrival
Happy reading!..
We landed in Victoria Falls, Zimbabwe, and headed straight to Kasane in Botswana to pick up our car.
Our vehicle is a 4x4 because in Zambia, it's practically impossible to use anything else, especially in the national parks. I’ve already had the pleasure of visiting South Luangwa National Park—it’s one of the reasons for this trip, the main one being to travel in Africa with one of my sons.
First stop: Livingstone on the banks of the Zambezi River. Along the way, we discovered a lovely restaurant at Socrates with a super-friendly owner (we’ll actually stop there again on our way back). We spent our first night in the rooftop tent after a stunning sunset, accompanied by the grunting of hippos in the river.
The next day, we set off early, heading to Kafue NP. In fact, we’ll always leave early—waking up between 5:00 and 5:30 AM and hitting the road an hour later. Kafue is a lesser-known park, mostly forested, and the animals are skittish because they’re not used to human presence. We crossed the park from south to north and came across various antelopes. Near Lake Itezhi-Tezhi, there are plains where wildlife is easier to spot.
After Kafue, we headed to South Luangwa. This journey requires stops in Mumbwa and Petauke. Two pleasant stops where we found lodges (a nice change from the rooftop tent) at affordable prices and met welcoming people.
For me, South Luangwa is Zambia’s most beautiful park—the river is stunning, the landscapes are gorgeous, and there’s a wide variety of wildlife, including, of course, big cats. A tip for those, like us, who aren’t with a guide: if you’re staying near the park for several days, don’t hesitate to do a "game drive" to scout out where the animals are so you can return the next day with your own vehicle. Of course, in the dry season, you’ll want to focus on waterholes to see the animals—and you’ll need a bit of luck too. The elephant population is growing, and we were lucky enough to see around sixty elephants crossing the Luangwa at dawn, spread across several groups. South Luangwa is the westernmost point of our trip, and we’re now heading east to Lower Zambezi.
Lower Zambezi is Zambia’s side of Mana Pools on the Zimbabwe side. We took a boat ride on the Zambezi to see elephants, hippos, crocodiles, and a multitude of birds living along the water and on the river’s islands. The sunset there is also magnificent.
To explore the park, we followed the waterways parallel to the Zambezi, mostly on the western side (see our route). Lower Zambezi is the last park we visit, and the final leg of our trip will be Victoria Falls.
Victoria Falls—or Mosi-Oa-Tunya ("The Smoke That Thunders")—are truly impressive, even during the dry season. We saw the falls from both countries: in Zambia for the overall view and the bridge that serves as the border, and in Zimbabwe to get as close as possible to the most spectacular parts of the falls.
This marks the end of our trip, which, despite a blown tire on the road, went off without any major issues. Zambia is a beautiful country that immerses you in wild, still-preserved nature.
The latest travel journal about Turkmenistan dates back to 2019. Here’s a quick update on this vast desert country, which is now a bit easier to visit than before.
This is my first travel journal. If you have any questions, don’t hesitate to ask. The country is slowly opening up, but it’s still possible to visit sites where you’ll be completely alone. In five days, I saw two Hongkongers, a few Germans, and a Chilean at the crater, ten Chinese people in a capital bazaar, and that’s it!
It’s possible to visit Turkmenistan from Uzbekistan. The easiest and most economical way is to take a taxi to the border from Bukhara. The trip takes a little over an hour.
Crossing the border takes quite a while because many Turkmen bring back items bought in Uzbekistan to resell in Turkmenistan. For example, diapers, baby products, or beauty products.
It took me over 2.5 hours to cross the border. To visit Turkmenistan, it’s mandatory to have a guide and go through a travel agency. British agencies often offer three-, five-, or seven-day trips for over 1,500 or 2,000 €.
But if your budget is more limited, you can contact a few Turkmen agencies directly by email, and they’ll make you an offer between 700 and 1,300 € for three to seven days. I took a five-day trip from Turkmenabat in the northeast of the country to Dashoguz in the north. The goal was to visit the main UNESCO-listed sites, including Merv, and archaeological sites like Nisa or Gonur Tepe.
Your guide will also be your driver. They’ll pick you up at the border. The formalities are very long because customs officers have to stamp multiple documents, and obtaining the visa you previously requested from your travel agency requires several checks. But the process goes relatively smoothly, even if each step takes a while.
Once on the other side, the first surprise is the brand-new highway all the way to Turkmenabat. A very long line of trucks stretches for several kilometers on the Turkmen side to cross the border into Uzbekistan. According to my guide, Turkmen trucks transport gas and cotton (though not this season, since the harvest is in September), but they mainly fill up their tanks because fuel is much cheaper in Turkmenistan. A full tank for a car costs about 3 €, which is unbeatable.
From the Farap border post, the goal is to reach the city of Mary, which is home to the UNESCO-listed site of Merv in its suburbs, about thirty kilometers away. This city is known as a foundation by Alexander the Great in the 4th century BC under the name Alexandria of Margiana. Several fortresses are visible.
After more than three hours on the road, we have lunch at a Turkish restaurant called Aladdin. Several quotes from the president are visible along the highway, but the road is in good condition, and we move along easily. This will be by far the best road in the country—things will get much worse later.
Roundabouts are particularly interesting because they feature emblems of Turkmen culture, like the dog, a carpet, the Ahal Teke horse, or Muslim symbols, even though the presence of Islamic artifacts is quite limited.
After as many weeks as I have fingers on my right hand, we're hitting the road again, fully recovered from our pharaonic adventure. Back in France to drop off our daughters (sorry, girls!), this time it's just the two of us, ready to be welcomed by a new destination. They say it offers one of the richest cultural heritages in the world for those willing to put in the effort. It's the land of the ancient Silk Road, where we'll follow a journey steeped in history and discoveries straight out of *One Thousand and One Nights*. A former Soviet bloc region independent only since 1991, we'll be walking in the footsteps of Genghis Khan, Tamerlane, Alexander the Great, Marco Polo...
Another fun fact about this country: it's strictly forbidden to import porn on your phone. True story. The same goes for painkillers! Unless it's about sodomy—though the two don’t seem connected, that’s just how it is. Don’t ask me why! Anyway, I’m getting off track. Here’s the big question: Where do you think we’ve just landed?... To give you a hint, the locals are known for being incredibly welcoming. No sooner said than done—our first taxi driver, proud to transport French travelers, refused to let us pay for the ride. Great vibes for these two weeks ahead. So, any guesses?
Uzbekistan!!!
"How about a Christmas market this year, huh? A little romantic weekend getaway...
- Yes! That’d be cool! Strasbourg? Colmar?
- Feels a bit déjà vu, doesn’t it? Plus, slim chance of snow there... And I’d love something a bit more exotic with a touch of originality..."
"Okay, Google, give me the list of the five most beautiful Christmas markets in Europe.
- In fifth place, the Christmas market in Vilnius, the capital of Lithuania.
- Save your breath! Lithuania, here we come!"
We wanted cold, and cold is exactly what we got the moment we set foot in this new, unknown land. As for landscapes, forests and lakes stretch as far as the eye can see across this vast plain, its vegetation scorched by the frost of a winter that’s clearly already well underway here.
Lakes, in fact, set the scene for our first visit to Trakai Castle, whose brick-red towers and walls rise proudly against the azure sky of our first day. Lakes, because this castle was built on an island and is only accessible on foot via a series of walkways spanning half-frozen lake offshoots. I couldn’t have picked a better spot to build my castle! Translation: We’re totally sold! Proof is we spend two hours hiking around the area, alternating between forests, reeds, and cozy houses tastefully decorated for Christmas.
This time, I landed in Monastir on a direct flight from Nice, again with Tunisair. We left about ten minutes late, and the flight lasted around 1 hour 30 minutes. A meal was served on board (cucumber salad with Edam-like cheese, carrots, and two small portions of dishes I couldn’t identify—semolina with peppers, olives, and parsley, two small rolls, a square of processed cheese, and a chocolate cake). It’s worth noting because it’s not common on flights this short.
In February, France and Tunisia were in the same time zone, but now Tunisia is one hour behind. This time difference and the flight duration work perfectly for a short 15-day trip since it takes me a few days to adjust to jet lag.
Luckily, I’d asked my hotel about the taxi fare from the airport because the drivers (there were several around me) didn’t hesitate to quote outrageous prices. The actual fare is 20 dinars, but one asked for 120 dinars. I refused, and another offered 60 dinars. I replied, "That’s too expensive—I’ll take the metro!" (Having tried the Tunis metro, I had no desire to repeat the experience in Monastir with a suitcase!). I started walking toward the metro, and one of the drivers caught up with me, saying, "20 dinars is fine!" I’ll skip the details, but the negotiation took a little while.
When I arrived at the hotel, I told the receptionist someone had asked for 120 dinars. He put his hands to his head and said, "They’re awful!" He remembered our phone call two days earlier when I’d booked (he’s the one who told me I could take the metro).
The Mezri Hotel isn’t expensive. I got a sea-view room for 75 dinars (22 €). (I’d booked a balcony room for 90 dinars but wouldn’t have had time to enjoy it.) It’s well-located but noisy because there’s no double glazing.
The receptionist is a very kind older gentleman. He called a friend whose wife is from Tozeur to find out if I should take a bus or a *louage* tomorrow and what time.
I arrived at the hotel around 7:00 PM and had time to stroll along the corniche to the ribat. Despite some run-down buildings, the seaside seemed livelier and cheerier than Sousse’s.
Monastir is the hometown of former president Bourguiba. I passed his mausoleum by taxi. There are Tunisian flags along the avenue by the sea because every year on April 6—the anniversary of Habib Bourguiba’s death—the president of the Republic visits the Bourguiba Mausoleum in Monastir to pay respects.
The taxi driver mentioned other Tunisian presidents. He complained about rising prices and insecurity, blaming President Kaïs Saïed (I’d already heard that security was better under Ben Ali).
At the end of my stay, I’ll take time to explore Monastir, but tomorrow morning, I’m off to Tozeur—a long bus ride awaits me.
Here we go!!!
I left home at 4 AM on October 31st and headed to Barcelona. Driving through Barcelona on the ring road stresses me out a bit, but at 6 AM the traffic is smooth, and I arrive at the airport without any issues. I call the valet, who quickly comes to pick up my car. He takes photos of it from all angles before letting me go.
Baggage check-in hasn’t started yet, and there are already several of us waiting.
Once free, everything happens very quickly. The flight to Abu Dhabi is on time and goes smoothly. I’ve never had any problems with this airline, which I’ve been using for several years.
The flight to Bangkok arrives at 7 AM as scheduled. This is my first time in Thailand and Bangkok. I’m used to traveling in India, and I notice that everything here is well organized—the customs process is quick, and the luggage is already on the carousel.
I booked a taxi on Booking. All I have to do is find the right exit and door based on the agency’s instructions. A large sign with the names of people who booked is posted on a wall. A hostess greets me and calls the taxi, which arrives 5 minutes later. I booked one night at the Lost Inn BKK hotel in the Phra Nakhon district, and we arrive at 9 AM. The welcome isn’t warm, and I have to wait until noon, sitting on a chair, before I can check into my room. I’m exhausted, and sleeping sitting up isn’t ideal. Noon finally arrives—the room is small but clean, which is fine for one night. I quickly take a shower to wake up because I plan to spend the afternoon visiting the Grand Palace. First, I need to exchange some money, and the banks are all close together on the same street, which is very convenient. When I enter one, a hostess gives me a ticket and invites me to sit down. There are about twenty counters, and I wait quietly until my number is called. The exchange is quick, so I can head out to find the Royal Palace. It’s actually very easy, and the walk is pleasant.
Entry to the Royal Palace (500 baht).
It’s magnificent and grand, and there are quite a few of us visiting. The sky is gray, it’s very humid, and a shower interrupts the visit. It’s a vast complex of temples and palaces. The buildings are colorful and sparkling, with a great sense of serenity (without the tourists, of course). I quietly enjoy the place and try to take photos without tourists, which isn’t easy.
Very close to the Grand Palace is Wat Pho, one of the oldest Buddhist temples in the capital.
It’s very famous for its 46-meter-long reclining Buddha statue.
Walking around the temple, you can see different representations of Buddha, all covered in gold leaf.
Inside the temple, on one side, monks recite their prayers, while the other side is reserved for tourists who come to meditate in silence.
Before returning to the hotel, I have dinner at an Indian restaurant. I go to bed early because tomorrow’s wake-up call will be very early again.
Saturday, November 2nd
Wake-up at 4 AM, departure from the hotel at 4:30 AM. The taxi I booked via Booking is waiting for me and takes me to the airport. The trip is fairly quick—he takes small roads, and at this hour, there’s no traffic.
The flight to Phnom Penh is on time. Before boarding, I realize I left my fleece jacket on the carousel, but it’s too late to go back for it.
The flight goes well, and customs is quick.
At the exit, I take a tuk-tuk to Julieka’s GH near the museum. The welcome is friendly. I won’t be able to check into my room until noon, so I take the opportunity to exchange some euros on the market street. The street is lined with restaurants, and I’ll have my first meal there.
The museum is right across the street, so I don’t waste any time visiting it.
The representations of Hindu deities are very different from those in India, and I don’t recognize them. Many beautiful Buddhas are on display.
The museum is very pleasant, and there aren’t too many people, which is a plus.
At the exit, I return to the GH, settle into my room—which is decent and clean.
The Royal Palace is 1 km away. I walk along a garden, and at the end of the street is the Tonlé Sap, but I turn right. I arrive at a large esplanade and see the buildings with tiered roofs and glazed tiles. The entrance to the palace is a little further away.
At the entrance, I notice there isn’t the same crowd as at the one in BKK.
Khmer architecture is magnificent. The complex consists of gardens, palaces, pagodas with golden roofs, and slender spires.
The Silver Pagoda houses the small Emerald Buddha, which is actually made of jade. The silver flooring is covered with carpets. Photos are not allowed.
The walls surrounding the pagoda are covered with frescoes depicting scenes from the Ramayana.
My partner and I traveled from Sunday, July 5, 2026, to Wednesday, July 22, 2026.
We spent a long time debating whether to rent a car or use public transportation. In the end, after reading so many posts about travelers getting scammed by police or rental companies—even those recommended by blogs and reviews—we decided to stick with public transport. It worked out really well. Sure, we had a little less freedom to go where we wanted, but it was way less stressful for us.
Sunday, July 5:
Arrived at Cancun Airport. Withdrew cash from the ATM in the terminal just before exiting. The ADO bus counter (they pronounce it "A-Jee-O") is right behind you when you're facing the ATM. Bus to downtown Cancun cost 145 pesos per person.
Stayed at "Rose 5," booked on Booking. The studio was super clean and perfect for one night. The owner’s instructions for accessing the place were very precise, with photos included. Check-in was self-service with a code. The ADO bus terminal isn’t far, and there are shops and restaurants nearby. We really appreciated that the AC was already on when we arrived. By the way, I’d recommend always booking places with AC—it’s *really* hot in Mexico.
Monday, July 6:
Bought a SIM card with data from a TELCEL store. My partner, who’s on Free Mobile, was able to use her regular plan. Just so you know, I found the network pretty unstable. As soon as we left the cities, neither of us—me with TELCEL or her with Free—had any signal.
Another thing to watch out for: roaming charges. I had to turn my SIM back on for less than 30 seconds to get a bank SMS code, and my phone apparently connected to the internet—resulting in an 8-euro roaming fee.
Left on an ADO bus to Chiquila for 278 pesos per person. During our trip, ADO buses were always on time, comfortable, and clean. The AC is *cranked* though, so bring something to cover up with—it gets cold. Some routes were fully booked even in the low season, so try to reserve 1 or 2 days in advance either via the app (when it works) or at the counter.
When we arrived at the ADO terminal in Chiquila, the ferry company counters were right next to it. Ferries leave every 30 minutes, alternating between companies, so no need to book ahead. Just take whichever one is leaving next (330 pesos per person).
When we got to Holbox (pronounced "Hol-bosh"), we’d booked a place via Booking called "Casa de Nana." It was a huge studio with a fridge, cooking plate, and utensils. The best part? The *location*. It was 100 meters from the beach and 200 meters from a Chedraui supermarket. They provided bath towels and beach towels, and the AC worked perfectly. There’s a key box so you can leave your keys inside when you go out. The only downside was that no one was there to let us in when we arrived, so we had to wait a while. The Wi-Fi was good, which was lucky because during our 4-day stay in Holbox, the phone network *never* worked. According to locals, that’s pretty common in Holbox, along with water outages.
Luckily, I’d had the good idea to download an offline map, which helped us find our way back to the place more easily. You can walk there from the dock.
The restaurant next to our place (La Barracuda) was great if you like seafood—I’d recommend their octopus dishes.
Tuesday, July 7:
We did a kayak tour in Holbox’s mangroves at 6 AM. We were looking for a sunrise kayak tour with a French-speaking guide. That’s exactly what we got with "Kayaking Holbox," where Diego, the owner, speaks English and French. He was joined by Gustavo, another guide.
We’d booked for a group tour, but we were the only ones. Diego still went ahead with it instead of canceling due to lack of participants, so we got a private tour at the group rate—really professional of him. They showed us this amazing ecosystem for over 3 hours. We saw all kinds of birds: pink flamingos, pelicans, egrets, frigatebirds... rays, a horseshoe crab, and a little crocodile that was *so* well hidden. Diego and Gustavo have a real eye for spotting animals—I could’ve passed by the crocodile 100 times and never seen it, it blended in so well. Their explanations about the flora and fauna were super interesting. We also got a little break where we tasted mangoes and bananas that taste *nothing* like the ones in France. A real treat—those little Mexican yellow mangoes! I’d definitely recommend Diego and his agency for a French-language kayak tour (1000 pesos per person).
In the evening, we walked to Punta Coco to see the bioluminescence. No need for a guided tour—if you really don’t want to walk, you can take a taxi. At Punta Coco, you have to pass the beach bar/restaurant and then go left into a kind of inlet that forms a lagoon. You have to wiggle your feet or move your hands in the water to create movement, which makes the light appear. Just don’t expect the kind of photos you’ve seen online—they’re all edited! It’s fun to see, but you won’t be dazzled by the light...
Wednesday, July 8:
Whale shark tour with "My Holbox Tours." Why recommend this agency over others for swimming with whale sharks? Simply because Valérie surrounds herself with top professionals to make your experience unforgettable. We were with Captain Fernando, who does everything to position the boat perfectly and make your swim easier. In the water, we were with Humberto, who also goes above and beyond to make sure you have an incredible time. He doesn’t just "supervise" like some guides from other companies who leave you on your own. No, Humberto reads the whale shark’s trajectory and guides you—all you have to do is follow him. He really puts in the effort, even holding your hand to guide you through this quick but intense encounter. Humberto also films the moment and will offer to show you the videos and sell them to you. His footage is really high quality.
Fernando and Humberto also prepared food for us. Special mention for their guacamole! Valérie is there to make sure everything goes smoothly on the boat and to answer your questions in French, English, or Spanish about these animals. If you choose My Holbox Tours, you can be sure you’ll get a top-notch experience.
About the tour itself: before you go, you should know that the sharks can be *really* far away. The day we went, it took 3.5 hours by boat to reach them. The boats are small, and let me tell you—on the way there, when we weren’t going with the waves, it was *rough*. Out of 9 passengers, 4 got seasick. But once you’re face-to-face with the shark, you forget all about that. Even if swimming with a whale shark isn’t exactly a walk in the park—they swim pretty fast, so you need some endurance to keep up. You’ll usually get 2 turns. Our first swim lasted a little over 4 minutes, and the second about 2 minutes because the shark was moving fast and we were still tired from the first swim. It might seem short, but when you’re swimming, it feels *long*. Either way, it’s an experience you *have* to do—but choose your company wisely. On the way back, there’s a stop at Cabo Catoche. Honestly, the snorkeling is pretty disappointing if you’ve done it elsewhere in the world. But the lunch stop at Cabo Catoche is really nice for relaxing (white sand and hammocks).
Thursday, July 9:
Short morning walk to Punta Mosquito at 6 AM. Really nice.
Ferry to Chiquila (330 pesos per person) + ADO bus to Valladolid (300 pesos per person).
In Valladolid, we booked "Casa Lucia" via Booking. The hotel is gorgeous, with a colonial style, and very close to the ADO bus terminal and downtown. It’s super quiet and clean. There’s a shared kitchen you can use with a fridge, microwave, and water dispenser, plus a big table by the pool and a nice indoor terrace. Breakfast was simple but included. The only small downsides were the tiny room and bathroom, no mirror in the room, and a noisy fan.
Friday, July 10:
Not far from the ADO bus terminal is the colectivo station for Chichen Itza. They offer a round-trip to Chichen Itza with an option to stop at Ik Kil cenote on the way back and then drop you off in Valladolid for 370 pesos per person (Ik Kil entrance included).
For the Chichen Itza visit, we’d booked a tour with a guide often mentioned in groups—his name is Juan Pat. He’s a Maya who lives near the site and speaks excellent French. He reserves spots in advance for you and queues up to be the first on-site. It cost 500 pesos per person + entrance fees. His tour lasts 2 hours and focuses mainly on the main pyramid and the ball court. He’s passionate and fascinating, even if some of his claims, as a Maya, might be a little biased. I think it’s *really* important to have a guide—otherwise, you’ll miss so much. You can contact Juan Pat on WhatsApp at +52 985 121 2381.
Afterward, we went to Ik Kil cenote (showers and life jackets mandatory, lockers available). It’s *very* crowded, but still really beautiful with its lush vegetation.
Saturday, July 11:
Since we didn’t have a car but still wanted to visit other cenotes that seemed hard to reach by public transport, we decided to book a taxi for the day. We agreed on 1200 pesos to take us to 3 different cenotes and wait for us at each one. (To find taxis, just look where they park near the ADO bus station.)
He picked us up at Zaci cenote, which we’d walked to. We got there at opening time and were the first ones there—had the place to ourselves for a while! 150 pesos per person. A pretty cenote in the city center with lush vegetation. It’s a bit like Ik Kil but without the deep cylindrical effect.
Cenote Xcanahaltun: the most beautiful cenote we visited. Entry 250 pesos per person. It’s a closed cenote with a hole that lets light in—a cave-like setting. You can kayak inside. There are little fish at the edge that nibble dead skin off your feet. Since it’s closed, the water is *freezing*!
Cenote Palomitas: entry 250 pesos per person. Another stunning closed cenote, even more enclosed than Xcanahaltun. The hole in the ceiling is smaller, so it was pretty dark when we arrived—kind of an eerie vibe. But when the staff turned on the lights, it looked like a "Gothic cathedral" full of bright stalactites.
Cenote Sac Aua: entry 290 pesos per person. The ticket includes a guided cave tour (tip-based). This cenote is really unique with its central island and way less crowded than Suytun. Just so you know, the water is *really* cold in cenotes. In these three, in July, we had the place to ourselves for a while and never saw more than 2 families at once—so peaceful!
Sunday, July 12:
ADO bus to Bacalar (536 pesos per person).
In Bacalar, we stayed via Airbnb with a host named Luli, who offers several rooms with shared bathroom and kitchen.
The room is nicely decorated in a pleasant setting. It’s ideally located near the lagoon and downtown. The shared kitchen is handy. The mosquito net over the bed is useful because there are *a lot* of mosquitoes in Bacalar. Luli provides a water jug, which is really nice. The only big downside is the lack of water pressure in the shower—we had to rinse off by filling a bucket. Also, there’s no real door separating the room from the bathroom. We never met Luli in person, but she was very responsive via messages. The terrace in the middle of the vegetation is lovely.
From the ADO terminal to the place, we took a taxi for 40 pesos. Since this driver was honest about the price (we’d checked beforehand), we decided to use him every time we needed a taxi in Bacalar. Here’s his WhatsApp: +52 983 184 3585.
Monday, July 13:
We did a boat tour on the lagoon with "Bacalar Francophone Activities." Since we were just the two of us, it cost 3500 pesos. If we’d managed to be 4 people, it would’ve been 1000 pesos per person.
We had a private 4-hour tour on the lagoon with Steeve and his very comfortable boat. He’s from Quebec, so his French is perfect. During those 4 hours, Steeve showed us the lagoon’s iconic spots *and* places other boats don’t go. He told us about the lagoon’s history and gave great tips on where to go and where to eat. As a little bonus, he gave us a video taken with his drone during our swimming break.
Tuesday, July 14:
We went to Los Rapidos by taxi (400 pesos round trip) and entry was 225 pesos per person. It’s *very* touristy but really beautiful. You can eat there (expensive), relax, and go down the "rapids" as many times as you want. It’s worth it if you spend a few hours there. You can’t bring in food or drinks—you leave them at the entrance and pick them up on the way out.
Wednesday, July 15:
On Wednesdays, navigation is banned on Bacalar Lagoon, so we’d planned another excursion.
Visit to Calakmul from Bacalar with ABCtours (WhatsApp +52 983 319 8359).
This agency organized a trip from Bacalar to Calakmul with a French-speaking guide. Communication beforehand via WhatsApp was smooth. Mr. Checo, the driver, and Fernando, the guide (who spoke great French), picked us up on the day. Mr. Checo drove very carefully on the long road and always made sure we were comfortable. Fernando is passionate about flora and fauna—he’s a biologist with a degree in ornithology, so he knows *everything* about animals. The slightest sound or song, and he knows what it is. He’s got an eye for spotting them, from the biggest to the smallest.
During the trip, we stopped at km 27 for a short forest walk, then went to see the two main pyramids on the site. On the way back, we stopped at the bat cave for the magical spectacle of millions of bats flying out at dusk. In the end, we saw or glimpsed (some briefly) spider monkeys, howler monkeys, a toucan, 2 tapirs, turkeys, 2 deer, and lots of birds. If, like us, you’re more into flora and fauna than archaeology, I’d *highly* recommend this agency and tour with Fernando.
It’s not cheap, but the road between Bacalar and the site is *long* (3.5 hours). Price: 3900 pesos per person for 2 (3500 for 3, 3200 for 4).
Thursday, July 16:
ADO bus to Playa del Carmen (614 pesos per person).
In Playa del Carmen, we stayed in an Airbnb. The building is on the town hall square, next to the casino.
The best thing about this place is the *location*—super close to Fifth Avenue (La Quinta). The kitchen is pretty basic, but the fridge works well. There are supermarkets nearby. The rooftop pool is really nice. The two big downsides, though, are the soundproofing (you can *hear* the neighbor’s alarm and all the events on the square) and the *total* lack of water pressure in the shower. We had to fill a trash can with water to pour over ourselves. When we told the owner, he said it wasn’t normal and someone would come fix it, but we never heard back. Based on previous reviews, this seems to be a known issue that never gets resolved.
Playa del Carmen is *very* touristy on Fifth Avenue, but in a fun, musical vibe—we never felt unsafe. There are *tons* of little souvenir shops for tourists on this street. There’s a beautiful monumental sculpture on the beach (the two figures meeting in the air), next to which you can see the Voladores show (men climbing a pole, tying themselves with ropes, and descending headfirst while "flying" around the pole). The show is tip-based and happens several times a day. In our opinion, Calle 38 is prettier than Fifth Avenue—it’s lush, green, and quieter, with the sea at the end. Great for an early evening stroll. We had really good meals at great prices at "El Tio Noy" tacos, just a few meters from Fifth Avenue in a side street.
For souvenirs, we’d recommend going to Walmart instead of Fifth Avenue—you’ll find skulls, tequila, mezcal, keychains, mugs, glasses... at good, fixed prices.
Friday, July 17:
We did the excursion to Isla Contoy. Isla Contoy is an uninhabited, highly protected island. Only 200 people are allowed to land per day on a rotating basis, so only a few companies have permission to dock there. Most agencies subcontract the day to a third-party company.
We booked through VRM (Viviendo Riviera Maya), but it was Ocean Tours Mexico that handled the tour. Contoy is a little paradise. We were accompanied by multilingual guides, including French speakers, throughout the day. Steffy gave us info about the island during a short walk on the marked trails, and Leño Tlatemoa kept the mood up on the boat rides with music and dancing. Isla Contoy is *truly* stunning, and the lunch was delicious: grilled fish and chicken, guacamole and tortilla chips, rice, fruit, drinks (everything is brought and taken back by the guides). The snorkeling part was pretty disappointing if you’ve done it in Cozumel, though. The stop at Isla Mujeres isn’t very interesting either—it’s too short to explore, and the island is *extremely* touristy. Still, the excursion was very well organized, and we had a great day (2970 pesos per person).
Saturday, July 18:
We wanted to go snorkeling in Cozumel but thought the prices from French-speaking agencies were too high. Plus, for snorkeling, we figured we didn’t *need* a French-speaking guide.
So we found a much cheaper solution by taking the ferry from Playa del Carmen ourselves and choosing an agency in Playa. The round-trip ferry cost 663.50 pesos per person. Then we took a taxi to the snorkeling boat (100 pesos). The agency we chose is called Mystic Snorkel—they don’t have a physical office. The tour cost 1400 pesos per person. It was a small boat, but that day we were the only ones, so we got a private tour at the group rate. We stopped at 4 different sites, all very different and beautiful. We saw all kinds of fish, corals, a nurse shark, and turtles. El Cielo, with its huge starfish, is *exceptional*. If you’re going snorkeling in the Yucatan Peninsula, this is *the* tour to do—the other sites are pretty "poor" in comparison.
Sunday, July 19:
Morning dive with Triton Diving. I chose the Cozumel dive option. Great experience.
Booking via WhatsApp was easy. On the day of the dive, Selene, who speaks French, was our guide. She’s *very* attentive to the group’s safety. The briefings are clear and precise. In Cozumel, we did 2 very different sites: the first was a drift dive with lots of life—beautiful corals and fish. The second was a wreck, the C53, a 56-meter boat you can enter. Not much marine life, but a beautiful wreck intentionally sunk for divers—still in great condition. An unforgettable moment. Selene even took videos during the dive, which the club sends you for free afterward. I’d *highly* recommend this club.
Just so you know, in Playa del Carmen, the beaches were full of sargassum during our stay, despite barriers and daily cleanup. Locals told us the problem is getting worse and the sargassum is arriving earlier in the season. Tourism has taken a *big* hit this summer, and they’re wondering if tourism can even survive the sargassum season anymore. A lot of tourists are heading to the islands—Isla Mujeres and Cozumel—to enjoy the beaches, as the west side of those islands is sargassum-free.
Monday, July 20:
Colectivo to Puerto Morelos. First, a colectivo toward Cancun that drops you off between Puerto Morelos town and Puerto Morelos beach (40 pesos per person), then another from that junction to the beach (10 pesos per person).
In Puerto Morelos, we’d booked a room via Airbnb at "Piedra del Caribe." *Best* place we stayed in Mexico. It’s an aparthotel. Our room was ready before check-in, so they let us in early. The place matched the description—spacious, with a comfortable king-size bed. The shower had *great* pressure, which isn’t a given in Mexico. The staff was super friendly and welcoming. They let us use the pool, restrooms, and rooftop shower after check-out while we waited for our ride to Cancun Airport. They even kept our luggage. I *highly* recommend this place.
In Puerto Morelos, there was *way* less sargassum than in Playa del Carmen—it was actually swimmable.
We did the snorkeling tour with the fishermen’s cooperative for 450 pesos per person for 2 hours. The reef is close to the beach (you’re not allowed to swim there), so the boat ride is short. It’s not as pretty as Cozumel, but it’s nice and affordable. On Puerto Morelos’s page, you can also access a small, not-very-well-preserved reef. There’s also a cenote in the sea where fresh water mixes with saltwater—the water is murky there. We had a great dinner and excellent cocktails at "La Choza del Puerto."
Tuesday, July 21:
Wandered around Puerto Morelos (check out the church and read everything—it’s entertaining!), relaxed by the hotel pool, and left for Cancun Airport by taxi (400 pesos) booked via InDrive to head back to France.
Our highlights:
- Holbox
- The whale shark tour
- The cenotes
- The local flora and fauna (so present!)
- Isla Contoy
- Cabo Catoche (except for the snorkeling)
What we liked least:
- The bioluminescence (barely visible despite good conditions)
- The food—we found it not very diverse in taquerias
- The constant tipping
- The lack of water pressure in showers (fixed, wall-mounted, no hose or showerhead)
Don’t hesitate to ask if you have any questions while it’s still fresh in our minds.
Traveling with just one spare pair of underwear, considering a hot shower a miracle, never staying in the same place too long by sleeping wherever night catches us, taking whatever local, improbable, and rickety transport we can find—this is the DNA of us wanderers. Except this time, the script for our movie is going to be a whole different genre. On paper, the destination doesn’t exactly scream epic adventure: Réunion! And what’s more... we won’t be two, or four, or even ten. We’ll be a solid thirty. All from the same family. Yes, thirty. At this point, it’s not just a trip—it’s a summer camp on the move! Why inflict this on such a peaceful island? Because my brother decided to get married there with his lovely bride. A great idea, you might say... especially when it involves relocating the equivalent of a small Ardennes village 10,000 kilometers from home for three weeks! So who’s stepping up to be the guide and wave the little flag?
So, for an exceptional trip, exceptional stories! Don’t worry, the debates at the supermarket over whether to choose plain chips or roast chicken chips, the beach picnics washed down with ti’ punch, and other rougail sausages to digest by the pool will only make it into the family archives. Here, I’ll stick to the tales of our beautiful escapes, the ones where we explore the wild corners of this little volcanic rock planted in the middle of the Indian Ocean. So where exactly are we headed?
For the first week—the subject of this first installment—we’re taking it easy. We’ll start by rediscovering the coastline, from the Souffleur in Saint-Leu to the Hermitage lagoon, before a little trip to the Cirque de Cilaos and its legendary road with 400 turns, just to get our legs warmed up.
It was winter, a winter with beautiful weather,
A season that only exists in the southwest of America,
I remember very well what I told you that morning
A month ago... A century ago, an eternity ago...
We’ll go... wherever you want, whenever you want...
Well, yeah, back from our adventure in our enchanting American West just a month ago, we’re already taking a bite out of one of its lesser-known competitors. "Flo, if you had to pick just one reason to justify your love for the U.S., what would it be?" The greasy, dripping burgers? No, I don’t think I’m going out on a limb by saying it’d be the wide-open spaces... And that’s exactly what our new quest is taking us to—a land on the other side of the globe where the horizon also seems endless, where silence tastes like salty wind and sand, where freedom is measured in kilometers of desert tracks, where the GPS is mostly there to confirm you’re lost in the middle of nowhere... Add to that magic formula the fact that you’ll see more zebras, giraffes, wildebeest, and elephants than people per square kilometer, and you can imagine us setting foot in Southern Africa for the first time, more precisely at the small airport in Windhoek, capital of... of...? Brush up on your geography, damn it! We’re landing in Namibia!!!
To be honest, Namibian landscapes have been flirting with me for ages. So how did I resist this island of temptation for so long? First, the budget. Let’s just say that for the same amount of effort (and kidneys), the bank lets you choose two other adventures almost anywhere else on the planet. Then there were my girls. Yeah, back then, they were too little to dose up on Malarone, the only malaria remedy at the time... Long story short, ten years later, all the planets have aligned. First, I won the Euromillions! Well, almost... Let’s just say my girls are now old enough... not to take Malarone, but to stop following me on all my adventures! Jackpot! "Flo, how about a little two-person caprice, just the two of us, tackling the Namibian tracks?"
As we landed on the runway, first wow effect: The horizon is immense. It’s flat as can be, incredibly flat... So much flat space! Did I mention it was flat?... Looking into the distance, it feels like your gaze could circle the Earth without hitting a single obstacle—until you end up staring at your own backside. "Oh, what a nice view!" Well, it’s the first time I’ve seen my butt from this angle! Touching moment... Sorry, I’m rambling—must be the exhaustion from the three-flight marathon we just powered through via Ethiopia and South Africa... And yet, no time to philosophize about my anatomy. As usual, we want to rack up our first kilometers to be front and center at dawn tomorrow. After wrapping up the tedious Namibian immigration formalities and meeting the 4x4 that’ll be our companion day and night for the next fifteen days, we’re off! We’re not exactly fresh, but we’re ready to tackle the next five hundred kilometers in night mode, cruise control set due south! Just outside Windhoek, the local wildlife—a jackal—welcomes us with a smile: "Welcome to Namibia!" That’s what it said! Honest... Okay, first endless straight road, first flaming sunset, first corrugated dirt track, first Milky Way with zero light pollution... You get it—it’s definitely the day of firsts... First night camping, too, in the big trunk of our Toyota Fortuner parked by the side of the track... The real adventure, the kind that smells under the arms, can finally begin...
Here we go—finally, the big day has arrived! A trip the whole family (my two kids, my husband, and me) had been looking forward to for so long.
To keep it short, we left from Nice, arrived in Namibia on June 25, 2025, and left again on the 21st—four weeks later.
We used an agency for all the camping reservations, activities, and the car rental. At least that side of things was taken care of. Michaël was our contact throughout the planning and the trip itself.
We spent our first night at Londiningi BB. A bit out of the city center but very quiet. The rooms were spacious and clean, and we could eat on-site that evening. Perfect for recovering from the flight.
This travel journal is our second on VoyageForum, following last year’s where we recounted our four weeks in Vietnam.
The goal remains the same: since some members on this site share tips, experiences, and great deals that help us prepare for our trips, we do the same after returning—both to give back a little and in the hope that our experiences might be useful to others in some way.
Our route was as follows: Bangkok, Siem Reap, Krabi, Suratthani, Koh Phangan, Koh Tao, Chumphon, Bang Saphan, Prachuab Khiri Khan, Sam Roi Yod, Hua Hin, Phetchaburi, Bangkok.
Beyond rediscovering Bangkok, our objectives were the long-held dream of seeing Angkor and exploring southern Thailand, much of which isn’t overly touristy.
A quick big thank-you to Barbot, who took the time to answer several of our questions.
12/07/2013
The cheapest flight we found earlier this year was a Paris-Bangkok route with a layover in Moscow for 1440 €, total for two people.
So, this time we tried Aeroflot. Airbus A318 for the first leg, A330 for the second. Nothing particularly annoying to report—the passengers were very calm, the cabin temperature was comfortable, and we had enough legroom.
That said, the quality of the meal trays was pretty mediocre, and the flight attendants weren’t exactly comedians.
We’d like to remind everyone that it’s best to exchange as little money as possible at the airport upon arrival, since the rate is about 5% worse than at city banks.
Of course, we made sure to take the airport exit where you can catch official taxis to avoid getting scammed. So, we queued up, a little lady gave us the ticket, and off we went with the driver.
Generally, this system works well because these drivers are registered, know their duties, and the risks they face if they break the rules. Except that day, right off the bat, we got the scammer of the day. His first move was to snatch the ticket from my wife’s hands—the one you’re supposed to keep in case of a complaint. My husband saw it, but after a full day of travel, we were a bit out of it, and honestly, there was no reason to be suspicious. But once we started driving, the guy refused to turn on the meter. We insisted more and more firmly, but nothing. So, I used the famous method of opening the door and starting to step out of the car. At 40 km/h, that scares the driver more than the passenger. He finally turned on the meter, but that didn’t calm him down—quite the opposite. For the next half-hour, he ruined the ride by demanding extra fees here and there. Having dealt with several scam attempts last year in Vietnam, this wasn’t exactly new, and we were proud of ourselves for staying pretty zen. Still, this guy was a little scary—he was completely wired and aggressive. Honestly, it was hard not to think he was on something. He’d be perfect for a *Scarface* remake. When we finally arrived at the hotel, he followed us to the entrance. We paid the two tolls (25 and 45 baht), gave him the usual 100 baht extra for the ride, and stayed polite but firm. So, meter: 245 baht + 100 baht + 25 and 45 baht for tolls—we paid the exact amount, no way we were tipping this guy. He left furious, but he was already like that before picking us up... Anyway, avoid Mr. Chartree Chidchen, number 089 826 7308, car E2663!
We were so relieved to finally settle in at Feung Nakorn Balcony hotel in the temple district. 42 € per night, great reception, all the staff is friendly. The AC works fine, the bed seemed hard at first but turned out to be comfortable. The hotel is quiet, away from the nightlife, but at this time of year, many places are less crowded than in high season. Even with a nice fish pond and outdoor breakfast area, it’s a decent hotel, though we felt we could’ve found something better.
After a night on the plane, the first afternoon is always a bit of a slog. We napped for a few hours, and when we woke up—guess what—we were starving. We visited a temple across from the hotel (nothing special) and then decided to take the Chao Phraya Express, the river shuttle that serves many piers along the river. It was a really enjoyable experience. The steel gangway wobbles when you board and disembark, the boat sits low in the water, and sometimes you get splashed. During peak times, you’re packed in like sardines, but most of all, there’s that exotic urban landscape passing by, especially the temple rooftops.
At that exact moment, the boat was packed. We didn’t see a ticket booth at the pier, and we tried in vain to pay the few baht for the ride. The cashier on the boat was too busy, and another employee we called didn’t have time to help us. Oh well, we weren’t going to force the issue. Still, this mode of transport is super practical for avoiding traffic, and at the piers, the lines with station names are clearly marked, with colors matching the flags on the boats. Combined with a map like the *Routard* guide, it’s easy to navigate.
We easily made it to the restaurant *Harmonique*, located near one of these piers. It’s a unanimous favorite on this forum, and let us tell you—it’s well-deserved. What a wonderful experience that evening! We only saw the outdoor gazebo because there was no way we were dining inside. It’s not flashy, so those looking for a luxurious setting should look elsewhere.
That night, the staff was a bit slow, and we had to track them down several times to move things along. But oh, my friends—what a feast on the plate! Start with the appetizer platter for two at 250 baht, featuring four specialties, each more tempting than the last, followed by their famous crab curry for 200 baht. There’s *so much* crab in there! The dish is so delicious and rich that when you finish, you feel—how to put it—like it was almost *too* good, to the point where you’re almost put off eating for days. And also, oh yes, we *will* be back. Their satay chicken is just as amazing, and it would be a crime not to mention their generous dessert with ice cream, warm banana, and chocolate, plus their *excellent* almond milkshake.
Later, we took a taxi to Kao San Road, mainly to book a Ko Tao-Chumphon trip for 600 baht per person at the Lomprayah counter. In hindsight, we should’ve booked all three of our trips there right away.
Kao San Road is *ultra*-touristy—better for younger crowds, but it’s still worth seeing. There’s rock ‘n’ roll, hippies, and crowds everywhere.
We walked back to the hotel, and when we got a little lost near a canal, a really nice older Thai man spontaneously appeared out of the night to kindly point us in the right direction.
Finally, a real long night of sleep ahead—we cranked up the AC. Sweet, the vacation has begun!
Hi there,
I just got back from a trip to Sri Lanka from December 18th to January 1st with 2 adults and 2 kids (12 years old).
If it helps, here’s my itinerary.
We left on December 18th from Madrid with Qatar Airways. No complaints. I booked my tickets back in March for 800 € per person. (I flew from Madrid because I live near the Spanish border and was too worried about strikes in France.)
We arrived on December 19th at 4 PM (local time). Before leaving France, I’d booked a taxi through MyTransfer for 59 € to Sigiriya. A van was waiting for us at the airport exit.
A never-ending 3-hour drive to Sigiriya. We stayed at Samana Guesthouse—very simple, clean, with a pool and an excellent Sri Lankan breakfast. Shower and straight to bed.
Friday, December 20th: Beautiful weather, but very humid and hot. We visited Lion Rock (36 € for adults) and then Pidurangala.
I loved both sites—they’re a must-do in my opinion.
Spent the late afternoon by the pool.
Saturday, December 21st: Another gorgeous day. The guesthouse manager offered us a free 2-hour tuk-tuk tour. We first visited a lake, rice fields, the temple, and the Sigiriya market, plus the usual tourist trap—the botanical garden (no pressure to buy anything at the end).
Then we took a tuk-tuk to Dambulla Temple, the Golden Buddha, and the wholesale market.
Sunday, December 22nd: Still beautiful weather. I’d booked a taxi for 8 AM. We did all the long trips by taxi to save time. I’d ask for prices from 2 or 3 WhatsApp taxi agencies 2 days or the day before—super responsive, always got replies within 5 minutes. We headed to Ella (4-hour drive) for 22,000 LKR.
Arrived in the afternoon at Rest Full Homestay—a small, family-run guesthouse. Clean, cozy, and an amazing Sri Lankan breakfast.
In the afternoon, we went to Nine Arches Bridge. It was a Sunday, a Sri Lankan holiday, so it was *packed*—mostly locals and very few white tourists! Even though it was crowded, it was cool because it was all Sri Lankans. We waited an hour for the train. It’s worth seeing, but honestly, I didn’t think it was that amazing.
Then we headed to the station to check if we needed to book tickets for the train to Haputale—turns out, no.
Monday, December 23rd: Beautiful weather. We hiked Ella Rock—a gorgeous trek. The final stretch is steep but shaded, so it wasn’t as tough as I’d read. The whole hike is stunning from start to finish. We saw the train pass twice (one blue, one red) and lots of women picking tea.
After that, we did Little Adam’s Peak. It’s not hard, but it was *packed* with tourists—meh. Luckily, at the top, you can walk a bit farther (down one side and back up) to get some space to yourself.
What I *didn’t* like was the commercial vibe at the big café/restaurant with a pool at the entrance of Little Adam’s Peak. Loud music, all that money being made right next to little souvenir stands run by Sri Lankans or tea-picking women. Felt off.
Ended the day buying souvenirs at one of the few shops we found during the trip.
Tuesday, December 24th: Beautiful weather. Took the train to Haputale. We got to the station 30 minutes before the 9:30 AM train. We could’ve taken 2nd or 3rd class—I went with 2nd (160 LKR per person).
It was crowded, but we managed to get seats—first 2, then 3. Only a 1-hour ride, but I *loved* it—windows and doors open the whole time.
Arrived in Haputale around 11 AM, and the mist was already rolling in.
We walked to our guesthouse, The Mist Holiday Bungalow. Simple but clean, with a great view of the tea plantations. The owner’s wife is Vietnamese and used to work for French tour operators, so her French is still pretty good—helpful for us since our English is terrible. They booked us a tuk-tuk for 4:45 AM the next day (2,000 LKR) to Lipton’s Seat.
Spent the afternoon wandering around Haputale. Not much charm, but there’s a nice fruit and veggie market and a short walk through the tea plantations.
Wednesday, December 25th: Beautiful weather. The tuk-tuk was on time to take us to Lipton’s Seat. We were the first ones there—the sky was just starting to turn pink. In the end, only about ten of us watched the sunrise. The guesthouse had packed us breakfast, and we walked back down (half on the road, half through the plantations). Didn’t see any tea picking since it was Christmas, but the walk was still incredible. We took detours through villages full of kids.
After that, we visited the tea factory. The tour was really interesting, and we took the bus back down to Haputale. Such a great moment—whole families were heading to mass, dressed up and made up. All so beautiful.
At noon, we left for Udawalawe National Park. Taxi for 14,000 LKR. Stayed at River Inn Safari Cottage. *Warning*: It’s the same place as Eagle Safari Cottage. I don’t recommend it. We’d always stayed with families before, but here it was just staff—totally different vibe. The pool was nice but not very clean (water was murky). The bungalow was big and fine, but it was brand new—so new the asphalt floor wasn’t fully dry. It’s in the middle of nowhere, so we had to eat on-site. Couldn’t leave a review on Booking because they never confirmed we’d stayed, and they canceled our reservation the next day.
Thursday, December 26th: Beautiful weather. I’d booked a safari through the hotel for 5:30–10 AM for 54 USD. Honestly, yes, there are a lot of jeeps, but it was great. The kids loved it—we saw everything there was to see.
Left by taxi at 11:30 AM for Welligama (12,000 LKR).
We didn’t stay in Welligama city but at Coconut Beach, between Welligama and Midigama. *Total crush* on the guesthouse: Sky Mountain Café with View. Such a lovely family. The mom makes amazing meals at reasonable prices. The view from the hill over the sea is unreal.
Spent the afternoon walking along the beach.
Friday, December 27th: Beautiful weather. My kids are surfers. Unfortunately, there weren’t any boards their size to rent at Coconut, so we took a tuk-tuk to Welligama Bay (1,000 LKR). They surfed from 8 AM to 5 PM—rental was 5,000 LKR for the day. Meanwhile, we walked the beach and swam. Water was 29°C.
Saturday, December 28th: Beautiful weather, rain from 4 PM until midnight. Same surf day. They were so well-behaved the whole trip, so this was their reward.
Sunday, December 29th: Beautiful weather. Beach day at Coconut. *Warning*: It’s a reef break. For surfers, there are three spots (Coconut Left, Middle, and Right). The boys bodysurfed (with fins) all morning, and at 1 PM, we took the bus to Hikkaduwa.
Stayed at Hotel Universal Beach. Nothing special—right on the water, but the rooms were dark even though they were clean. The manager was super nice, but the rest was meh, and breakfast was mediocre compared to what we’d had before (2 eggs and 3 slices of toast). Plus, it was late—8 AM.
First impression of Hikkaduwa wasn’t great—way too many Russians for our taste.
Monday, December 30th: Beautiful weather. Spent the whole day exploring. Turtle Beach, then the other side of the beach (toward Galle) near the fishing port. The beach there is much wider, with scattered hotels and super quiet. It’s beautiful—I should’ve booked somewhere in that area. Ended up having a great day away from the crowds.
Tuesday, December 31st: Overcast, then beautiful, rain at 4 PM. Had to end the year (and the trip) with some surf. Rented boards for the kids (3,000 LKR per board for the day). Bad luck—the waves were on a reef break but small. Not great for them, but no big deal. They still got out of the water by 2 PM. Walked the beach (which is gorgeous), had a juice, and went for a swim. Then back to surfing in the rain at 4 PM.
Wednesday, January 1st: Left by taxi at 5 AM (18,000 LKR). Flight at 10 AM. Arrived in Madrid at 8 PM.
I could have titled my travel journal like Carmen: "Some trips are born twice." Indeed, we had considered this destination back in February 2020. However, an honest tour operator advised us against traveling at that time due to the climate. So, we gave up and opted for Guatemala instead (see "On the Mayan Lands" on this site).
So, why this title? When I was in primary school, over 65 years ago, the illustrations in my history books (Machu Picchu) and geography books (Lake Titicaca) made me dream, and those images stayed in my mind. It took until 2026 to finally make this dream come true!
We prepared our trip with Tout Pérou, a French-speaking "agency." Everything was handled via email and WhatsApp exchanges with our contact: Laurent, who was both competent, friendly, and full of good advice.
For 200 €, Tout Pérou provided us with drivers and guides whenever we wanted, helped us buy our domestic flights (cheaper when purchased in Peru), booked shuttles between airports and hotels, and got us a discount on the train ride to Aguas Calientes, as well as on the buses between Chivay and Puno and between Puno and Cusco. In short, Laurent took care of all the logistics and the Machu Picchu tickets. It was up to us to book our hotels. Tout Pérou provided a list, but we weren’t obliged to follow it. Another advantage of the package: we didn’t have to pay in advance; we paid the service providers directly day by day.
We didn’t meet Laurent in person because he was on vacation in Europe. Before his departure, he gave us a briefing, provided a summary table with the entire program, the service providers, their phone numbers, their fees, the schedules, and gave us plenty of advice (money, exchange, safety, etc.). After returning at the end of our stay, he kept checking in on us.
Lastly, we had also gathered information from Arnaud Lagadec, who runs a hotel in Cusco and offers tours of the region. He gave us a lot of useful information. Another contact: Thomas Montaigne, very friendly, who runs an agency in Arequipa (Agence Pérou Exclusif).
Day 1 – Paris to Lima
Foreword
I’ll share our trip without any pretension—I don’t have the talent of some contributors on this forum—and I’ll illustrate it with a few photos (taken with an ordinary smartphone). My comments are personal and only reflect my own views. So, please be kind! Feel free to comment on my story as you like, but let’s avoid pointless debates.
Even though we live in the south of the Paris region, true to our habits when the flight is in the morning, we chose to spend the night before our departure in a hotel near CDG and parked our car in a parking lot in Garches. This way, we avoid the stress that often comes with traveling around Paris (accidents, roadworks, traffic jams, etc.).
Check-in and border control went smoothly on that Sunday morning. Our Air France flight was uneventful. In Lima, border control took a particularly long time, and for the first time, we didn’t get an entry visa stamped in our passports.
As planned, a driver took us to the Miraflores district, where our hotel was located. We were surprised by the numerous signs about possible tsunamis, having forgotten that Peru is prone to such events and regularly experiences earthquakes. We’d see the consequences of these during our journey.
Exhausted from the early wake-up, the 13-hour flight, and the 7-hour time difference, we had dinner at the hotel before a restful night.
Note that this day was Peru’s presidential election day. As a result, we weren’t served beer—the sale of alcohol was banned that Sunday.
We did the Langtang trek (hike) from September 10th to 17th, with the first and last days being the trip from Kathmandu and back—so 6 days of actual walking. It’s a fairly well-known trek but certainly not as famous or crowded as those in the Annapurna or Everest regions, which is why we chose it.
In theory, it’s mandatory to have a guide for this trek. In reality, it seems there are ways to bypass the regulations: we met at least two people hiking without a guide—a South Korean, a New Zealander, and possibly also a couple of English women and an American couple, though we’re not sure if they had a guide.
The agency we booked with had told us it was an affordable trek for relatively older people in good shape—which is our case (I’m 72 myself). I have to say upfront that we found it quite challenging, maybe because we didn’t have good weather—it was the end of the monsoon season. To be clear, no matter your fitness level, I’d say doing this trek in the middle of the monsoon season would be suicidal.
Day 1 – Journey from Kathmandu to Syapru Besi
On Monday, September 8th, there had been violent protests in Kathmandu against the government, which had, among other things, blocked access to social media and been accused of nepotism and corruption. There were 19 deaths. The situation was very tense on the day of our departure, Wednesday the 10th. The agency warned us that public transport was very unreliable. So, we decided to take a jeep, at an additional cost of $100 ($160 minus what was already budgeted for the bus).
We left a little before 7 a.m. and it took us a good hour just to reach the outskirts of Kathmandu. Along the way, we saw several houses and vehicles set on fire by protesters.
The road to Syapru Besi is only 120 km, but it’s frankly awful. It’s always narrow, winds through endless mountains, and the shoulders range from bad to confusing to nonexistent. Several sections are just dirt tracks. We didn’t regret opting for the jeep, as we could stop several times at our convenience—if only to let Y (my Thai partner) throw up everything she had. She’d taken her usual motion sickness medication, but the constant turns, accelerations, and braking eventually made her terribly carsick.
In Nuwakot, we stopped for breakfast at a nice little restaurant, Jimbu. It was around 8:30 a.m., and we’d barely covered 60 km. The restaurant has a lovely garden overlooking the Trishuli Ganga, the river flowing down from Syapru Besi. First photo: the river in the bottom right corner, mist and clouds over the mountain on the other side.
An hour later, my second photo: the hills along the Trishuli Ganga. You can see the different crops—lush green rice paddies in the lower right and corn, already yellowed and likely harvested, in the foreground on the left. And of course, the mist and clouds through which you can glimpse the mountain on the other side of the river.
Last October, we landed in Marrakech to spend a few days with family exploring Morocco’s roads.
Transport: a rented Dacia.
Accommodations: small guesthouses.
Our first stop was just a few kilometers from Marrakech, at a lovely house perfect for relaxing and recharging before continuing. It’s called Bleu House, a little paradise on the outskirts of Marrakech. The welcome was very warm, with a beautiful pool and a lovely garden.
Next, we headed toward the Tichka Pass. The road has really improved in recent years—it’s much easier to drive now. No more getting stuck behind trucks, and today, the construction is practically finished.
Morocco has turned green after the recent rains. It’s a joy for the herds and shepherds.
I hesitated about writing this travel journal...
This summer, we only did the classics (the 3 northern parks and Zanzibar) and let a local agency take care of everything from start to finish.
No craziness, no risks, no sleeping under the stars, no self-drive, no venturing off the beaten path, no incidents, and not even any delays in the pre-planned itinerary...
But don’t think we were disappointed!
The whole family (there were 6 of us) came back with smiles and memories of great moments spent together.
So, if you're looking for a "classic" way to discover Tanzania, this is the place to be.
Our 2-week itinerary:
- Arusha (1 night upon arrival)
- Tarangire (1 night)
- Ngorongoro (2 nights in Karatu then Irmisigiyo)
- Serengeti (3 nights in Robanda, Togoro Plains, and Seronera)
- Zanzibar Stone Town (1 night)
- Zanzibar Matemwe (3 nights)
- Zanzibar Jambiani (3 nights)
Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...
This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions...
So, now that I've just finished my Japan travel journal here, I figured it was high time to honor this destination we came back from so enchanted.
Disclaimer 1: This is a written travel journal. There’ll be text! Too much, for some!
Disclaimer 2: This is an illustrated travel journal. There’ll be photos! Too many, for some!
I have to say, every time I try to discipline myself, to keep it shorter, to include fewer photos... I end up adding more. It feels like my dear Aunt Nicole, who exhausted us with her slide-show evenings in the 70s/80s, decided to take her revenge. The upside for you, readers, is that you can slip away anytime without offending Aunt Nicole. I won’t even notice!
Anyway, since I love maps, here’s one to give you an idea of where I’m taking you. As you can see, we only saw a tiny part of Laos (the areas circled in red); we only had 3 weeks for ourselves (my husband’s newly retired, I still work), and we prefer taking our time over rushing around like crazy.
In broad strokes, it was very classic:
First, we “settled in” at Luang Prabang (8 days), because we wanted and needed to.
From there, we took three days to venture a little further north—not far in kilometers, but as we know, distances aren’t just about km!
Then we flew south to Paksé, letting ourselves drift down to the 4,000 Islands while stopping by the pre-Angkorian archaeological sites.
We wrapped up with the Bolaven Plateau.
A few practical notes: We arrived via Bangkok, then took a Bangkok-Luang Prabang flight, having picked up our luggage in Bangkok to check it in for Luang Prabang. No issues—the Bangkok airport, which many of you know, is very well organized.
We got our visas on arrival in Luang Prabang. Quick, but to be fair, we were on a “small” plane, and the big flights had arrived earlier, so we weren’t too crowded in line!
At the end of our trip, we didn’t fly out of Paksé but from the nearby airport in Thailand, Ubon Ratchathani (a 2.5-hour drive from Paksé), then Bangkok and Paris.
You’ll notice we skipped Vientiane to stay longer in Luang Prabang. That said, there’s now a high-speed train between Vientiane and Luang Prabang—good to know—and soon the (Chinese) train will go all the way to Bangkok and even Kuala Lumpur!
With that intro out of the way, let’s dive into the heart of the matter.
To be continued: Slowing down the pace... in Luang Prabang
It’s an ancient city that breathes, a living spring.
Here, no kitschy signs like “I miss you in Fengyu,” nor mass-produced fake antiques.
The century-old houses still bear the marks of wind and rain; in the morning, you hear roosters crowing, and at dusk, smoke gently rises from the kitchens.
This city doesn’t try to please anyone—like the spring water flowing through it, it simply keeps living at its own pace.
Located in Eryuan County, in the Dali Prefecture of Yunnan, the ancient town of Fengyu is a nationally designated historical and cultural city. It’s nicknamed the “land of scholars and ink”—during the Qing Dynasty, the Fengxiang Academy produced four *jinshi* and eleven *juren* in the imperial examinations. The Bai families made studying and farming a true legacy. Even on market days, you’ll find stalls of calligraphy and paintings, while lintels and screen walls are covered with family mottos.
Fengyu was also an important stop on the ancient Tea Horse Road. It preserves the second-largest Bai architectural complex in China, just after Xizhou. The famous traveler Xu Xiake spent seven days here and compared it to the “peach blossom paradise.”
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
Let’s start with the shotengai...
Our first "wow" moment came as we stepped out of the subway in Asakusa, the Tokyo neighborhood where we’d booked our hotel for our first five nights. Exhausted after our long flight, we finally arrived and took an exit that led straight into a shotengai—one of those covered shopping streets that pop up in city centers and flourished between the 1950s and 1980s.
It was an instant aesthetic shock, like a close encounter of the third kind between the modern city, a typical Asian market with its street stalls, the vintage vibe of the arcade, the sheer abundance of goods, and the bustling crowd—a mix of tourists, pilgrims (thanks to nearby Senso-ji Temple), and locals (it’s a very working-class area).
In the end, it set the tone for a feeling we’d experience throughout the trip. Wherever we went, shotengai turned out to be fantastic spots for finding little restaurants, shops, or even fresh produce. Some are like real mazes, like in Kyoto, where we spent ages trying to relocate a restaurant we’d loved ;-)
In Kanazawa, the Omicho Market:
And in Kyoto, Nishiki Market: